Critique : Alice

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23 octobre 2005 - Vanessa Aubert

S'éclipsant de l'écran le temps d'un film, Allen pousse Mia Farrow sous les projecteurs pour une véritable mise en lumière. Les dix rôles qu'il lui a confiés précédemment ont permis d'asseoir le talent d'une actrice dont la transparence première laissa progressivement place à une réelle force de jeu. Alice semble attester de cette évolution. En endossant le costume et le chapeau de cette petite bourgeoise new-yorkaise, Mia Farrow rentre aisément dans les vêtements trop ajustés d'un personnage en mal d'épanouissement. Allen se fait un malin plaisir à confronter cette mère de famille stéréotypée à un Docteur Yang peu conventionnel qui lui prescrit des herbes pour calmer une douleur bien sourde.

[img_right]Alice1.jpg [/img_right]Les scènes surréalistes sont utilisées sciemment et le spectateur embarque aisément dans le pays des merveilles d'une femme autour de laquelle gravitent William Hurt, Joe Montegna et Alec Baldwin. Les retrouvailles nocturnes d'Alice et son ancien prince charmant sont pleines d'une féerie et d'une conscience de la mort bien alleniennes. Cette déconnexion avec le réel également favorisée par l'écriture fait office de psychanalyse. Écoutant enfin ses instincts, Alice se libère et le film semble à l'image de l'influence d'Allen sur son égérie. En guise de pied de nez, il transforme la citadine manucurée en assistante de Mère Teresa pour mieux coller à la réalité d'une actrice dont l'adoption d'enfants défavorisés relève pour le cinéaste angoissé de la sainteté. Mia Farrow resplendit, son talent éclate et Allen réalise une fois encore une fable contemporaine d'une rare beauté.

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