Critique : Âge des ténèbres (L')

Date de sortie 26/09/2007 01h51 Titre original Âge des ténèbres (L') Réalisé par Denys Arcand Avec Marc Labrèche , Diane Kruger , Sylvie Léonard , Caroline Néron , Rufus Wainwright , Macha Grenon , Emma de Caunes , Didier Lucien Genre Comédie , Fantastique Nationalité Canada
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23/09/2007 - Critique Jean-Noël Nicolau

La plus grande qualité de l’Age des ténèbres de Denys Arcand est son foisonnement thématique, un mélange des genres partant dans tous les sens. C’est aussi son principal défaut. A trop vouloir toucher à tout, démontrant une ambition d’œuvre « totale » qui ne lui sied pas vraiment, le film ne sait jamais où poser son univers. Démarrant comme un scénario d’anticipation sur fond d’Apocalypse (les nouvelles radiophoniques qu’on jurerait issues d’un épisode de ReGenesis), surfant sur la chronique existentielle acerbe (les scènes de bureau façon The Office, la vie familiale à la mode Arcand), l’Age des Ténèbres hésite entre drame et comédie paillarde. Si les rêveries fantasmées par le personnage campé par Marc Labrèche (excellent au demeurant) s’avèrent hilarantes lors de la première moitié du film, elles font peu à peu place à une errance totale de la narration.

A tel point que l’on assiste littéralement à la perte de l’histoire, lorsque son héros se retrouve au beau milieu d’une bande d’allumés du folklore médiéval, tentative de dresser un parallèle entre le monde contemporain et le moyen-âge (le fameux « âge des ténèbres ») qui ne fonctionne pas du tout. En pleine explosion en vol, le film développe alors une maladie intrigante : la dépression autodestructrice. Le réalisateur élimine consciencieusement (et un peu laborieusement) tout l’univers qu’il a créé pour s’acheminer vers un final bergmanien, entre retour à la Terre et contemplation réaliste et désabusée.

L’Age des ténèbres ne cesse de poser des questions en se heurtant à la souffrance de l’homo modernus et, sous nos yeux, Denys Arcand avoue sa défaite : il n’a pas de réponse à nous proposer.  Bien moins consensuel que les mielleuses Invasions barbares, l’Age des ténèbres risque d’avoir beaucoup de mal à séduire le public, tant son radicalisme glaçant s’avère aussi inattendu que courageux.

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