Critique : Seigneur des Anneaux (Le) : Les deux tours

Date de sortie 18/12/2002 02h58 Titre original Lord of the Rings (The) : The two towers Réalisé par Peter Jackson Avec Elijah Wood , Sean Astin , Ian McKellen , Viggo Mortensen , Orlando Bloom , John Rhys-Davies , Christopher Lee (I) , Bernard Hill , Billy Boyd (I) , Dominic Monaghan , Andy Serkis , Hugo Weaving , Liv Tyler , Cate Blanchett , Miranda Otto , Brad Dourif , David Wenham , Miranda Otto Genre Fantastique Nationalité États-Unis
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10/12/2007 - Critique Laurent Pécha

Comme pour La Communauté de l'anneau, Les Deux Tours a donc le droit à sa version longue. Version d'ailleurs de plus en plus longue, puisqu'on dépasse désormais les quarante minutes d'ajouts (42min 25s exactement) alors que l'épisode précédent n'atteignait pas les trente minutes supplémentaires.

 


Et comme ce fut déjà le cas pour La Communauté de l'anneau version longue, ce nouveau montage des Deux tours améliore grandement la qualité du récit. Ce sera donc, selon les goûts, le chef-d'œoeuvre absolu (et tant pis si c'était déjà le cas du montage cinéma) ou désormais, comme c'est le cas pour l'auteur de ces lignes, un film imparfait et longuet mais attachant. Bref, il s'agit de la version définitive à posséder.

 

Avec toutefois un petit bémol : il faut pour cela avoir (vu) la version longue du premier film, puisqu'une interconnexion entre les deux montages existe. Et ce dès les premiers instants du film puisque, lorsque l'on retrouve Frodon et Sam dans les montagnes, la première séquence est inédite et renvoie directement à celle de la remise des cadeaux par Galadriel, Sam utilisant en effet la corde elfique et ses pouvoirs spéciaux pour les aider dans leur descente.

 


Comme sur l'édition quatre DVD de La Communauté de l'anneau, les ajouts inédits sont astucieusement annotés dans le chapitrage, nous indiquant à chaque fois s'il s'agit de plans additionnels ou de séquences entièrement inédites.

 

Si dans la version longue de La Communauté de l'anneau c'étaient les Elfes qui se voyaient offrir un développement plus important, les grands vainqueurs sont ici et de loin les hommes. À commencer par le personnage d'Aragorn, qui est encore plus au centre du récit. Le héros, le personnage principal des Deux tours, c'est bien lui, et on ne peut que regretter que des scènes aussi importantes que l'évocation de son véritable âge ou encore de sa destinée (le dialogue avec Gandalf) n'aient pas été conservées pour le montage cinéma, de telles informations paraissant vitales pour les profanes de l'œoeuvre de Tolkien.

 


Un autre personnage clé se voit enfin offrir un vrai développement psychologique : il s'agit de Faramir. On découvre les raisons du comportement du frère cadet de Boromir, notamment grâce à un flash-back somptueux où l'on constate que leur père a une nette préférence pour son aîné et que Faramir sera toujours à ses yeux un moins que rien. Cette même séquence permet aussi de faire le lien avec un épisode important du premier film, à savoir la volonté exacerbée de Boromir de vouloir récupérer l'anneau (à la demande de son père pour protéger le royaume du Gondor).

 

Dans le clan des hommes, on retiendra aussi Théodred, qui n'est plus simplement le fils mort de Théoden. On le découvre ainsi à moitié mort sur le champ de bataille et l'on assiste à son enterrement.

 


Pour ceux qui avaient du mal avec les Ents (les arbres qui parlent), sachez que Jackson a poussé le vice jusqu'à ajouter toute une chanson-poème signé Sylvebarbe (il dit lui-même dans son commentaire audio qu'un Ent c'est chiant !).

 

Les séquences dans la forêt avec les Hobbits se voient également offrir un développement plus important, et notamment la découverte du danger que peuvent représenter les arbres, capables d'avaler ce qui passe à leur portée. Si la scène n'est pas fondamentale, son omission au montage cinéma nous a toutefois privé d'une autre scène, elle épatante, où l'on découvre le sort funeste réservé aux Orques qui se replient dans cette forêt après la défaite du gouffre de Helm (impossible de comprendre qu'ils sont en train de se faire avaler par les arbres si la première séquence avec les Hobbits n'existe plus).

 


Concernant la « star » du film, Gollum, ses admirateurs seront ravis d'apprendre qu'il a lui aussi le droit à quelques ajouts non négligeables, à commencer par l'accentuation du mauvais traitement qu'il subit des hommes (voir comment il est désormais tabasser violemment par les hommes de Faramir une fois prisonnier), faisant plus facilement accepter le fait qu'il redevient dangereux pour Frodon et Sam à la fin du film.

 

Cette version longue a le mérite de mettre enfin tout le monde d'accord (ou presque) : les fans du film ne rechigneront jamais sur de nouvelles scènes, et ceux qui ne connaissent pas assez l'oeœuvre de Tolkien trouveront (largement) de quoi expliciter certains trous scénaristiques qui apparaissaient dans la version cinéma. Et une fois encore, même si le film est maintenant plus long, l'enrichissement thématique qu'il reçoit avec ces ajouts le rend bien plus fluide, homogène et logique que par le passé. C'est définitivement un meilleur film, et il est juste dommage qu'il faille attendre à chaque fois près d'un an pour s'en rendre compte.

 

 

Résumé

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