Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Légende de Zatoïchi (La) La blessure - DVD
Légende de Zatoïchi (La) La blessure, 1972
3,0
Image
Son
Interactivité
Test DVD - Légende de Zatoïchi (La) La blessure
Rédigé le 13 juin 2005 par
Patrick Antona
|
Avis image
Avis son
|
|
Test technique
Lors du passage d'un pont, Zatoïchi est témoin de la mort accidentelle d'une vieille femme. Se sentant responsable de l'accident, il se rend dans le port de Choshi, pour porter assistance à la fille de la défunte. Celle-ci, Ogiya, est pensionnaire d'une maison close, gérée par le yakuza Mangoro. Rachetant la liberté de la prostituée et s'installant avec elle, Zatoïchi ne se rend pas compte en fait que celle-ci est en train de le manipuler, afin de laisser les coudées franches à Mangoro qui cherche à mettre les pêcheurs locaux sous sa coupe.

Mis en scène par Shintaro Katsu lui-même (c'est son deuxième long-métrage en tant que réalisateur), La Blessure prend parfois la voie du cinéma expérimental. Alternant plans larges pour illustrer les scènes en bord de mer, avec ses flots dont la tranquillité est souillée par la malignité des hommes, et celles plus étouffantes qui cernent les agissements crapuleux des yakuzas, Katsu donne à sa mise en scène une identité qui font de La Blessure une uvre unique dans toute la saga Zatoïchi. Il n'hésite pas non plus à dynamiser son récit en l'émaillant de scènes choquantes et en prenant des options parfois extrêmes. De la scène de masturbation de l'idiot du village (ponctuée par son éjaculation à la gueule d'un soudard !) jusqu'à celle du lynchage en public d'un enfant, certes hors écran mais terriblement cruelle, c'est tout un éventail d'une humanité marquée par le sceau de l'infamie qui est décrite par Shintaro Katsu.

Restant souvent hors de l'action pendant une majeure partie du film, toujours secoué par le souvenir qui le hante, et aveugle à la détresse qui l'entoure, Zatoïchi est un être qui se cherche. Mais lorsque la violence se manifestera, le frappant dans sa chair comme dans son honneur, il se révèlera à nouveau implacable et sans une once d'honneur, massacrera les méchants comme des rats, non sans un sadisme particulièrement complaisant. La fin est ainsi un condensé de toute la brutalité que l'on a pu voir au gré des épisodes de la série, ici poussée à un degré extrême.

La Blessure ressemble beaucoup à un autre film malade illustrant la vision d'un acteur-réalisateur lui aussi à l'esprit torturé : La Vengeance aux deux visages de Marlon Brando. Tout comme lui, Shintaro Katsu se fait martyriser et brutaliser les mains, ce qui ne l'empêchera d'accomplir sa vengeance toutefois !

Au niveau image, à part quelques contrastes mal gérés et des blancs trop prédominants en ce qui concernent les scènes tournées en bord de mer, le transfert est excellent, respectant le travail effectué sur la pellicule, avec ces teintes rouges (les scènes du bordel) ou métalliques (l'affrontement final). Le son, lui, est à nouveau de très bonne qualité, absolument rien à redire.
Seul bonus à signaler, une illustration originale inédite de Yoshitaka Amano sous forme de poster.


