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Super Inframan - DVD
Super Inframan, 1975
Test DVD - Super Inframan
Rédigé le 10 juin 2005 par
Erwan Desbois
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Avis son
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Test technique
Un « nanar réjouissant ». Voilà comment Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la Cinémathèque de Paris décrit Super Inframan dans son interview très décomplexée que l'on trouve dans les suppléments du DVD. Produit par la Shaw Brothers en 1975, ce film faisait déjà à l'époque figure d'OVNI tant le célèbre studio de Hong-Kong était alors au faîte de sa gloire, grâce en particulier aux réalisateurs Liu Chia-Liang (La 36è chambre de Shaolin) et Chang Cheh (La rage du tigre). Si ces derniers ont à leur actif certains des plus grandes réussites du cinéma d'arts martiaux, Hua Shan, le metteur en scène de Super Inframan, peut se targuer d'avoir touché du doigt la quintessence de la série Z.


Malgré leurs costumes en papier mâché, leurs bottes en caoutchouc et leurs cris de singes lorsqu'ils se battent, ces méchants revenus de l'ère glaciaire représentent un réel danger pour l'humanité. D'autant plus que celle-ci est a priori loin d'avoir les moyens de repousser leur attaque, puisqu'elle ne peut compter que sur une bande de scientifiques qui ne savent pas trop ce qu'ils racontent (entre les « séismes de force 12 » et une latitude de « 205,6° nord ») et qui n'ont pour seul matériel que des casques de playmobils et un assortiment de lampes, solutions et combinaisons de couleur blanc, bleu et rouge fluo. Ces séquences introductives donnent le ton : Super Inframan représente la substantifique moelle du nanar, ce mélange si subtil entre des situations, des costumes et des dialogues si ridicules d'un côté et un sérieux indéfectible de la part du réalisateur et des acteurs de l'autre. Comme le dit Jean-François Rauger, Super Inframan séduit immanquablement de par « sa candeur et sa naïveté touchantes ».

Les gentils scientifiques ont toutefois une arme secrète, l'opération BDX. Celle-ci consiste en la transformation d'un des leurs en Super Inframan, qui se déroule toujours selon le même rituel qu'il se trouve en extérieur ou en intérieur : deux pirouettes en arrière, une pirouette en avant et un vol plané vers la gauche. Héros invincible doté de multiples capacités (infra-vision, astro-armure, pieds photoniques, lames laser, poings-éclairs et même la mégalo-foudre), Inframan est le plus qualifié pour sauver la planète mais il ne peut s'inscrire aux Jeux Olympiques, ayant été génétiquement modifié par injection d'hormones d'animaux.

Une fois le super-héros arrivé, le film se résume à une succession de combats opposant Inframan aux sbires de la Reine des Glaces et qui ne sera interrompue que le temps de courtes cascades à moto dignes de Karaté motos (autre nanar HK culte peut-être sera-t-il présent dans la prochaine fournée de films édités par CTV ?). Perce-montagne, Monstre-plante, Démone-vision et les autres sont interprétés par des acteurs qui font de leur mieux sous leurs costumes pour faire exister leurs personnages comprenez qu'ils gesticulent et sautillent sur place sans arrêt, déclenchant des éclats de rire à foison. Les meilleurs bonus possibles pour Super Inframan auraient d'ailleurs été des interviews de ces acteurs, ou encore des extraits du casting et des essais de costumes.

Lorsque ces gesticulations se déroulent au cours des affrontements avec Super Inframan, on a carrément les larmes aux yeux devant la conviction que tous les acteurs mettent à effectuer de grands plongeons une seconde après avoir été touchés par les rayons lasers envoyés par leurs ennemis et dessinés à l'écran sur des images fixes (oui, exactement comme dans Monty Python : Sacré Graal !). Là encore, Jean-François Rouger trouve la formule juste lorsqu'il parle de « cinéma primitif » à propos de Super Inframan, véritable voyage dans le temps qui nous ramène aux prémices du cinéma et en particulier aux effets spéciaux de Méliès.

C'est finalement cette cohérence entre le simplisme du fond (un super-héros défend la Terre contre un attaque de monstres, point barre) et le bricolage de la forme (décors, costumes, effets spéciaux) qui rend Super Inframan si irrésistible. Si le nanar est un genre cinématographique en soi, alors Super Inframan est son chef-d'uvre absolu.

Il mérite donc une édition à la hauteur de ce statut, ce que CTV lui offre de fort belle manière. La article-details_c-trailers originale présente dans les suppléments (beaucoup plus drôle que la nouvelle article-details_c-trailers qui tente tant bien que mal de camoufler tout l'aspect kitsch du long-métrage et de le faire passer pour un film d'action explosif) permet ainsi de se rendre compte du travail effectué au cours de la remasterisation. Le master est beaucoup plus propre (seuls subsistent quelques rares points blancs) et le rendu des couleurs de bien meilleure qualité même si la luminosité a tendance à varier de façon sensible d'une scène à l'autre. L'indéniable point fort de cette édition se situe au niveau de la compression et de la définition de l'image, qui sont irréprochables et franchement étonnantes pour un film des années 70.




En ce qui concerne le son, Super Inframan n'est proposé qu'en version originale, du cantonais en mono d'origine. Une piste audio qui se révèle tout bonnement excellente, et qui tient sans souci la comparaison avec plus d'un remixage 5.1 en termes de puissance et de précision dans le rendu des différentes composantes de la bande-son très travaillée. On savoure tout particulièrement la vaste gamme de bruitages et d'effets sonores qui accompagnent le film, des explosions aux sons des rayons laser.


