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Légende de Zatoïchi (La) Le défi - DVD
Légende de Zatoïchi (La) Le défi, 1967
Test DVD - Légende de Zatoïchi (La) Le défi
Rédigé le 13 juin 2005 par
Patrick Antona
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Avis son
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Test technique
Notre cher masseur aveugle et sabreur émérite se trouve à nouveau impliqué dans un noeud d'intrigues, dans lequel il aura fort à faire, car même pour un non-voyant, les apparences sont souvent trompeuses. Après avoir réglé leur compte à quelques malandrins qui lui cherchaient querelle (nous valant un très beau jet de sang digne de la série Baby Cart à venir), Zatoïchi fait la rencontre de fugitifs, qui se dissimulent dans le grenier d'un moulin désaffecté d'un petit village. Ces derniers sont en fait de parfaits truands tentant de manipuler le chef de police, lui aussi un corrompu de première à la tête d'une bande de soudards. Véritable ange protecteur, Zatoïchi n'aura de cesse de sauver la charmante Oshizu (la magnifique Kayo Mikimoto), tombée dans les griffes de proxénètes, avant de comprendre que lui aussi a été manipulé. De retour au village, il sera non seulement confronté aux yakuzas mais aussi à ceux qui se sont joués de lui.

18° épisode de la série, [I]La Légende de Zatoïchi : Le Défi [/I]([I]Zatôichi hatashi-jô[/I] en VO) est celui qui commence à amorcer la mutation de la série, délaissant le pur chambara vers un style de cinéma d'action fortement influencé par la western-spaghetti. Ici à part le médecin (joué par Takashi Shimura, le chef des Sept Samouraï), tous les protagonistes masculins sont des parasites et criminels, et Zatoïchi, magnifique en pourfendeur de l'autorité autant que des profiteurs, se revèlera implacable dans un final hallucinant de violence. Shintaro Katsu réussit encore à nous surprendre avec une palette de jeu de plus en plus complète, de la scène où, magnanime, il refuse d'exécuter une femme jusqu'au final où il sera confronté à un dilemne cornélien, lourd en conséquences. Mais comme dans de nombreux épisodes de la série, sa bravoure ne sera nullement récompensée et il devra reprendre la route seule, générique accompagnée de la chanson tragique de Zatoïchi, interprété par Shintaro Katsu lui-même.

Niveau mise en scène, le travail accompli par Kimiyoshi Yasuda, déjà réalisateur d'un Zatoïchi et du premier épisode de Maijin, est d'une grande qualité, ménageant une montée progressive du suspens, et enchaînant les retournements de situation avec astuce (dont un twist final certe vite éventé mais utilisé avec efficacité) avec une propension à la violence équivalente à celle de Kenji Misumi. Même si l'influence du western-spaghetti est nettement plus décelable que dans d'autres volets de la série (avec quelques zooms et une musique « moderne » et rythmée), Le Défi constitue un des épisodes les plus sombres mais aussi les plus réussis de la saga.

Côté suppléments, nous avons le droit comme de coutume pour les premier volets sortis chez Wild Side, à une introduction de Takeshi Miike (4min 32s), où il est question de l'éviction de Katsu du tournage de Kagemusha ainsi que des déboires que la drogue lui occasionna, handicapant la carrière de ce grand acteur.

Au niveau de l'image, comme la plupart des Zatoïchi des années 60 qui ont été remastérisés, autant les scènes en intérieurs bénéficent d'un degré de restitution au top (couleurs respectées, contrastes irréprochables) avec une bonne gestion de l'ombre et de la lumière, autant les scènes en extérieurs situées dans la pénombre donnent l'impression de souvent être un peu voilées.

Par contre, on note une ttrès bonne tenue de la bande-son, que ce soit au niveau de l'ambiance des scènes de combat que de la musique (signée cette fois-ci Hajime Kaburagi et pas Akira Ifukube).


