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Légende de zatoïchi (La) Le justicier - DVD
Légende de Zatoïchi (La) Le justicier, 1967
Test DVD - Légende de zatoïchi (La) Le justicier
Rédigé le 13 juin 2005 par
Patrick Antona
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Avis image
Avis son
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Test technique
Pour ce 16° opus de la série, Zatoïchi se retrouve de nouveau confronté à un dilemme. Offrant ses services à un caïd local, le sournois Asagoro (Rentaro Mikuni), le masseur aveugle aux talents surréalistes se rendra coupable d'un meurtre et, rongé par le remord, tentera de protéger la sur de sa victime, devenue la cible de la bande des yakuzas. On reconnaît ici le point de départ qui sera réutilisé dans Le Défi ou Les Tambours de la colère, mais ici la tâche de Zatoïchi sera rendue encore plus ardue par sa confrontation psychologique avec le pacifique Ohara (Ko Nishimura). Ex-samouraï, il a abandonné le métier des armes pour devenir le guide spirituel des paysans, et est harcelé par Asagoro qui juge son influence néfaste pour son trafic. Lorsque Zatoïchi se rendra compte enfin de la vilenie de son patron, il fera justice comme lui seul sait le faire, quitte à se mettre la justice à dos

Sur le canevas classique de la dette à payer et de la déception générée par la tromperie, le metteur en scène Satsuo Yamamoto (un vétéran qui tourne depuis les années 30) aborde l'histoire du justicier itinérant avec efficacité, utilisant les codes de la série initiée en 1962 de manière contentieuse. Mais il sait se montrer inspiré, en jouant sur l'opposition entre le monde des paysans et celui des truands, avec un Zatoïchi évoluant entre les deux univers, ainsi qu'une utilisation astucieuse de la nuit ou de la pluie battante pour illustrer les affrontements. Shintaro Katsu est à nouveau insurpassable dans son interprétation : drôle quand il le faut (la scène d'introduction), souvent retors, vertueux et implacable sur la fin. La scène des dés (obligatoire dans un Zatoïchi) est à elle seule devenue un classique du genre.

Premier film où Shintaro Katsu devient maître à bord, via sa société de production, Le Justicier est aussi marquant pour sa violence graphique extrême (avec de nombreuses scènes gores) que pour son inflexion vers un nihilisme de plus en plus marqué.

La copie bénéficie d'un master de bonne qualité, aucun défaut à signaler, avec un rendu des couleurs excellent et une gestion de la luminosité exceptionnelle, principalement lors des scènes se passant de nuit ou sous la pluie. Quant à la compression et à la définition de l'image, vu l'ancienneté du film, elles sont parfaites.

En ce qui concerne le son, la VOSTF en mono d'origine se révèle tout bonnement excellente. On dénote juste quelques petits défauts au niveau des bruits d'ambiances qui auraient nécessité d'être travaillés.

Comme supplément, nous avons le droit à l'intervention de Takeshi Miike (4min 45s) qui, plutôt prolixe sur le coup, nous donne les clés de la personnalité de Zatoïchi, de la technique du sabre Laï à son amour du jeu, en passant pour son goût pour la boisson. Un tout qui fait du personnage de Zatoïchi un cas unique dans l'histoire du cinéma.
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