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Six feet under - Saison 3 - DVD
Six feet under [Série], 2001
Test DVD - Six feet under - Saison 3
Rédigé le 04 juin 2005 par
Sandy Gillet
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Avis image
Avis son
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Test technique
À la fin de la saison 2, nous avions laissé l'ensemble des protagonistes de la série en pleine transition voire, pour certains, en plein désarroi. Chacun en effet semblant être à la fin d'un cycle de vie que tous se devaient de surmonter à sa manière, ne serait-ce que pour appréhender un futur, par définition, des plus incertains. On laissait ainsi la mère, Ruth Fisher, se dépatouiller avec sa solitude de plus en plus prégnante alors même qu'elle apprenait de la bouche même de son fils Nate qu'elle allait devenir grand-mère. Claire, sa fille, semblait enfin trouver sa voie dans la volonté d'intégrer une école d'art et de s'extirper ainsi de sa vie de lycéenne un peu barrée. David, son second fils, avait de sérieuses difficultés à mener de front sa vie professionnelle de croque-mort et celle de gay avec Keith, son compagnon black, qui venait juste de se faire virer des forces de police de Los Angeles pour cause de bavure.

Mais, par-dessus tout, on avait eu droit à un pur « cliffhanger » des familles à même de rendre chèvre n'importe quel fan ou non de la série. En l'occurrence, il s'agissait pour Nate Fisher de se soumettre à une opération très délicate du cerveau afin d'endiguer une malformation artérielle dont l'issue fatale pouvait intervenir à tout moment. Cela alors même qu'il venait tout juste d'accepter son nouveau rôle de père ainsi que sa nouvelle compagne Lisa qui mettait (enfin !) sur la touche la névrotique Brenda et toute sa famille.

Bon, dis comme cela, Six Feet Under s'apparenterait plus à un énième épisode des Feux de l'amour qu'à cette série complètement déstabilisante et profondément humaine unaniment reconnue. C'est qu'il est tout simplement difficile de rendre compte fidèlement du génie d'Alan Ball (American Beauty, c'était lui), créateur avec Alan Poul, de ces personnages à la densité intellectuelle et formelle rarement vue sur le petit et aussi le grand écran. Mais la force de Six feet under c'est aussi l'univers quasi névrotique et pourtant si proche de nous dans lequel évolue tout ce petit monde.

Et c'est bien là la grande réussite de cette troisième saison, de loin la plus accomplie et la plus réussie à date. Car si précédemment l'accent était bien mis sur le côté un peu fantastique ou décalé de la chose (les morts/clients d'infortunes s'adressent à leurs embaumeurs en guise d'exutoire psychotique, le père disparu dès l'épisode pilote revient hanter régulièrement sa famille, le gimmick du début ), les auteurs ont ici opéré un virement à 180°, décidant de moins faire intervenir ce qui aurait pu devenir et apparaître comme de grosses ficelles scénaristiques, et de prendre le risque majeure de ne s'intéresser quasi exclusivement qu'au bestiaire peuplant la série, l'augmentant même de nouvelles têtes (le stagiaire mormon, le nouvel amoureux de Ruth ) qui en font définitivement un objet à la fois branque et pourtant fidèle reflet d'une réalité familière.

En témoigne d'ailleurs la article-details_c-trailers de cette nouvelle saison que HBO diffusa en guise de teaser quelques semaines avant la diffusion du premier épisode intitulé Perfect circles (aka Chacun cherche sa voie, sans conteste le véritable morceau de bravoure de la saison, sinon le meilleur épisode de la série) où l'on voit les personnages principaux de la série déambuler en haut d'un gratte-ciel fictif avec ce sentiment de toujours être sur le fil du rasoir de la vie. Un extraordinaire petit film présent en préambule d'une featurette, visible sur le cinquième disque de cette édition, dans laquelle Alan Ball exprime toute sa gratitude à l'égard de la célèbre chaîne américaine pour lui avoir laissé tant de libertés dans la conception de cette série qui n'a rien à voir avec ce qui se fait sur les autres « networks ». L'éditeur profite aussi des treize minutes que dure ce document vidéo pour accrocher quelques réactions in situ (c'est-à-dire durant le tournage du teaser) des principaux comédiens, soit une véritable première puisque les deux autres coffrets ne proposaient même pas le début d'un commencement d'une interview des acteurs.


Car c'est bien eux qui finissent de porter Six feet under vers les sommets. Et si l'on ne devait en distinguer qu'un (bien qu'il n'y ait pas une seule faute de goût au sein de ce casting tout simplement magnifique), ce serait Peter Krause. Cet acteur qui ne mérite pas son statut de quasi inconnu du grand public amène en effet Nate, son personnage, vers des contrées vierges et insoupçonnées à tel point que l'on a réellement l'impression d'être les témoins privilégiés d'une personnalité qui se construit et/ou se détruit en même temps. Le fait qu'il ait survécu à son opération et que celle-ci semble avoir porté totalement ses fruits lui permet en effet d'embrasser la vie (il devient père de famille et semble se faire à sa vie d'homme marié), mais l'on est forcé de constater que cela ne lui suffit pas, reflétant ainsi les doutes (ai-je fait les bons choix ?), bientôt les frustrations puis un manque caractéristique de l'homme qui s'imagine toujours que l'herbe est plus verte ailleurs. Aidé par des scénaristes plus qu'inspirés, Krause illumine son personnage d'une aura à la fois ordinaire et quasi christique (voir le premier et dernier épisode où il n'est plus qu'un martyr sans sa croix) qui en fait sans conteste l'un des acteurs les plus doués de sa génération.

La troisième saison de Six feet under a ainsi franchi un palier que l'on croyait impossible car insoupçonnable, propulsant de fait cette série comme la plus aboutie, la plus mature et la plus enthousiasmante de toute l'histoire de la télévision américaine. Constat à mettre parallèle du travail éditorial finalement assez pauvre de l'éditeur confirmant ainsi ce qui avait déjà été le cas sur le deux précédentes saisons. Certes nous avons droit à un somptueux packaging qui permet de donner à ce joyau cathodique l'écrin numérique qu'il mérite. Mais comme on dit, l'habit ne fait pas le moine et si nous avons bien droit à une featurette somme toute intéressante, le reste se décompose en trois scènes coupées dont aurait bien voulu connaître les raisons de leur retrait, et cinq commentaires audio pour lesquels il serait vain de chercher des sous-titres français. On ne change pas une recette éprouvée

On sera par contre beaucoup plus réceptifs à la qualité technique de cette édition qui tranche radicalement des us et coutumes de l'éditeur. On a droit en effet à une image enfin présentée au format 1.78 et en 16/9 (à comparer au 1.33 des deux premières éditions), procurant indéniablement un confort visuel accru et le sentiment que nous avons droit là aux cadres voulus originellement. Il va sans dire que nous gagnons aussi en définition et contrastes sans oublier un rendu enfin argentique de la très belle photo qui oscille invariablement entre des compositions riches en couleurs pour l'extérieur, délavées, mornes et sombres pour l'intérieur de la maison funéraire des Fisher, véritable énième personnage de la série.

Un soin identique a donc aussi été apporté à la piste son en VO 5.1 qui, bien que jamais démonstrative, reste un modèle de précision dans les informations qu'elle doit retranscrire. Inutile de préciser que la VF est à prohiber même pou ceux qui ont pris l'habitude de regarder à des heures incongrues la série sur France 2, tant le doublage est à mille lieues du talent des acteurs. Il serait vraiment dommage de s'en priver.


