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Alien vs. Predator Édition extrême - DVD
Alien vs. Predator, 2004
Test DVD - Alien vs. Predator Édition extrême
Rédigé le 21 avr 2005 par
Thomas Douineau
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
Une production récente d'une durée ne dépassant guère les 90 minutes permet d'obtenir en DVD des images de haute tenue. Celles de Alien vs. Predator sur support numérique sont absolument de toute beauté. Le master anamorphique d'une propreté et d'une précision diaboliques offrent des images à la définition ciselée et d'un piqué extraordinaire (Ah ! Le grain de peau des visages et la texture du costume du Predator !).

Les couleurs, volontairement désaturées, sont parfaitement rendues et les scènes en basses lumières (l'essentiel du métrage) transpercent l'écran par la qualité de leur restitution, notamment grâce à un contraste parfaitement géré, une luminosité jamais prise en défaut et une échelle des gris idéalement calibrée. L'encodage réalisé offre naturel et fluidité aux images qui conservent leur origine argentique. La compression n'est jamais prise en défaut. Seuls quelques très légers artefacts apparaissent de temps à autre mais il faut vraiment (mais alors vraiment !) ouvrir l'oeil.
Disons le tout de suite, le mixage de Alien vs. Predator n'est pas là pour faire dans la dentelle et la subtilité (c'est la raison pour laquelle nous ne mettrons pas la note maximale, disons que c'est le petit point artistique manquant...). Reste une bande-son qui va pulvériser votre installation. Si, à l'image, le choc titanesque n'a pas vraiment lieu, le son comble aisément cette absence. Les trois pistes rivalisent d'effets virevoltants en tous genres témoignant d'une spatialisation hors pair et d'une séparation idéale des différents canaux. Quand une dynamique ravageuse et des basses lourdes et profondes s'en mêlent, ce sont carrément les murs qui se fissurent... Comme quoi, le son sert l'image, puisque à l'écran, c'est toute la pyramide antique qui se lézarde !

Ambiances, musiques, bruitages, effets rivalisent de puissance sans empiéter les uns sur les autres. Malgré cette déferlante, les voix parviennent à se frayer un chemin et restent parfaitement audibles en VO comme en VF. Lorsque l'on enclenche la piste DTS (réservée à la VF), nous gagnons encore en précision de la restitution, grâce notamment à un son plus doux, plus rond, plus agréable à l'oreille, preuve des qualités orientées audiophiles du format DTS. En effet, certains détails et certaines basses et hautes fréquences possèdent un rendu plus fin et nuancé.
Test des bonus
FPE met les bouchés doubles pour convertir le dvdphile, acheteur compulsif, à acheter un film qu'il n'a pas aimé. En effet, l'éditeur surcharge son édition de bonus et en soigne la présentation : packaging, qualité technique irréprochable, avalanche de suppléments prometteurs sur le papier Mais la question est la suivante : en a-t-on vraiment quelque chose à faire sachant que le premier contrat du film, comme son accroche publicitaire le souligne, était de nous offrir un affrontement titanesque (attendu par tous les fans) entre deux figures mythiques du cinéma fantastique, et que ce contrat n'est hélas, pas rempli ? La réponse est non.
C'est donc plein de suspicion que nous nous attaquons à la première galette. Nous passons rapidement sur les habituelles bandes-annonces de l'éditeur (dont celles des direct-to-video du Vol du Phoenix et d'un Taxi américanisé), les menus d'accueil musicaux en 3D (assez laids), différents suivant la configuration de votre lecteur (thématique Predator une fois, Alien l'autre fois), le chapitrage copieux de 28 vignettes et les exclusivités coulisses (une article-details_c-trailers de Trouble jeu et une featurette de 5min35s sur Elektra et la production de Robots) pour s'intéresser à la première option de ce disque : la possibilité de visionner la version longue du film. Cette dernière consiste simplement en l'ajout d'une courte séquence pré-générique de deux minutes, dont l'action se déroule dans le port des baleiniers, cent ans avant que notre groupe de héros-chair-à-canons y débarque.

Les deux commentaires audio proposés, l'un placé sous l'angle artistique, la parole étant à Anderson et son casting, l'autre sous un aspect technique au travers des interventions de l'équipe créatrice des monstres, n'apportent pas grand-chose comme informations pertinentes. Celui du réalisateur et des acteurs est souvent redondant avec les images et se révèle très anecdotique. Quand vous commencez à vous endormir, passez à l'autre, celui du superviseur des effets visuels et des célèbres designers des créatures, Gillis et Woodruff Jr., qui se révèle moins avare en détails et qui décortique avec intérêt les plans à effets spéciaux ou l'animation des deux invincibles combattants. En plus, leur passion est communicative et, à les entendre, on se doute que de donner vie à ces créatures procure un réel plaisir et une vraie excitation, même si, dans son entier, le projet artistique est d'un intérêt plus que limité. Il faut dire que l'équipe est à l'aise avec ses bébés puisque cela fait la cinquième fois qu'un Alien apparaît dans un long-métrage (Et dire qu'une rumeur a circulé un moment d'un possible Alien 5 mis en scène par Sigourney Weaver !)
Le deuxième disque nous plonge ensuite dans la fabrication du film à proprement parler au travers de cinq sections : Pré-production, production, post-production, franchise de la marque et marketing.

La section «Pré-production» commence avec un documentaire (25min53s, VOSTF, 16/9) sur la conception du film. Les différents intervenants nous parlent donc de la genèse du projet et Paul Anderson nous détaille les différents concepts de départ, formidables dessins préparatoires à l'appui (dont ceux de la seule bonne séquence du film : le flashback). Ce document réalisé avant tournage (comme en témoigne une phrase assez stupéfiante du réalisateur un peu angoissé) met en valeur la qualité et la technicité des artistes appelés à donner de la vie au créatures et à créer un look au film. Pour finir, le Woodruff Studio nous ouvre ses portes pour une visite passionnante. Atelier ADI (7min02s, 16/9, VOSTF) nous fait découvrir les différents essais et répétitions avant tournage dans les locaux de Amalgamed Dynamics Inc., que ce soit en terme de rendu des animatroniques ou de recherche de la bonne chorégraphie lorsqu'il s'agit d'acteurs moulés dans des costumes. Des galeries pléthoriques de story-boards classés par artiste et de dessins conceptuels concluent cette section.

Le chapitre «Production» s'ouvre sur le making of du film (59min41s, 16/9, VOSTF) où tous les aspects du tournage, décor après décor, sont recensés. Tous les chefs de postes clefs ont droit y vont de leur petit commentaire, donnant souvent dans le discours promotionnel et consensuel. D'évidence, beaucoup n'ont pas vu le résultat final ou n'imagine pas ce qu'il sera. Les nombreuses images de tournage nous donnent pas mal d'informations techniques. La présence systématique de trois caméras en même temps pour une simple scène de dialogue nous fait prendre conscience du niveau de confort d'une telle production, pas forcément gage de qualité. Un moment euphorisant, quand un responsable des effets spéciaux nous dit avec aplomb : « ce que je n'aime pas dans les deux derniers Alien, c'est qu'on voit trop la créature, ce qui enlève du mystère ». Un comble ! Question mystère, tu repasseras.


Le document Maquette du port baleinier (6min53s, 16/9, VOSTF) décortique la fabrication par John Bruno (collaborateur de longue date de Cameron) de toutes les séquences avec maquette et en particulier l'effondrement final du village. Une nouvelle fois, quand il s'agit de maquettes, nous restons fascinés par la patience, les astuces et le niveau de détail nécessaires pour rendre crédible à l'image une maquette à l'échelle 1/3 (une taille qui reste imposante !). Sauter au visage et fabriquer des ufs (14min55s, 16/9, VOSTF) revient sur la fabrication et l'animation de ces «saletés de bestioles» par qui tout arrive, depuis 25 ans que le sculpteur Giger les a imaginés.

Un tournage n'est pas de tout repos et il peut y avoir des jours où les ennuis s'accumulent ralentissant le rythme. C'est ce que relate Ennuis dans la tunnel (3min47s, 16/9, VOSTF) où, lors de la séquence d'éjection en luge à la sortie du souterrain, une caméra fut directement envoyée au cimetière (une luge en choc frontal, ça fait mal sur une mécanique de précision !) et où le décor, lors de son explosion, prit feu plus que de raison. Il faut dire que les litres d'essence conditionnés pour le feu d'artifice final y étaient pour beaucoup !

On notera qu'une fonction avec suppléments (Enhanced viewing en anglais) est disponible pour le making of et le documentaire sur le concept du film, mais on cherche toujours la différence et l'apport de cette option! Un bug de notre lecteur ayant servi pour le test, un défaut d'authoring du disque testé? Si quelqu'un a la réponse...

La rubrique «Post-production» commence avec une Déclinaison des effets spéciaux (30min11s, VOSTF, 16/9) où tous les effets spéciaux (CGI, animatroniques, live) sont décortiqués sont la houlette de John Bruno dont on vante l'approche dans son travail : il préférera toujours un effet «live» à une maquette, et une maquette aux images de synthèse, qui doivent toujours être utilisées en dernier recours. Une grande partie des techniciens ayant travaillé sur les SFX ont la parole.

Onze scènes inédites sont aussi proposées, visibles individuellement ou en totalité, accompagnées ou non d'un commentaire audio du réalisateur (8min41s au total et bizarrement au format 1.85 !). Rien de bien nouveau, ce qui, en l'occurrence, est normal puisque ces scènes sont restés sur le sol de la salle de montage. L'une d'entre elles est cependant assez cocasse puisqu'on y apprend que les Predators sont en fait des adolescents. Cette scène amenait, un peu comme un cheveu sur la soupe, le concept de la BD où la chasse aux Aliens était considérée comme un rite, un passage obligé pour les jeunes Predators, qui, une fois l'épreuve réussie, devait se marquer le visage avec le sang acide de leurs victimes.

Dans «Franchiser la marque», un premier document intitulé Alien vs. Predator : Le comic book (11min26s, VOTSF, 16/9) revient sur la BD inspiratrice dont le succès fut retentissant. Les éditeurs et créateurs de cette dernière évoquent la naissance de l'histoire et comment ils ont eu l'idée de se faire affronter deux franchises bien connues. Des Monstres en miniatures (13min32s) donne la parole à Todd McFarlane, qui, en plus d'avoir créé Spawn, a monté une société de fabrication de jouets et figurines dont la renommée est maintenant mondiale et dont la qualité des produits (à prix accessibles) n'est plus à démontrer. Il revient sur sa philosophie de la conception de ces figurines, objets de toutes les convoitises pour beaucoup de collectionneurs. De leur création à leur vente, en passant par leur fabrication, McFarlane parle avec passion de «ses bébés».

Cette interactivité se conclut sur la section «Marketing» qui contient la featurette de HBO (13min02s, VOSTF, 4/3) dont on connaît bien maintenant les travers promotionnels. Un défaut qui n'en ai pas un lorsque le film s'apprête à sortir en salles, mais qui n'a rien à faire sur un DVD quand il n'est plus nécessaire de nous vendre le film. Bande-annonce et teaser terminent notre tour d'horizon de cette édition.


