Troisième homme (Le) – Édition collector - DVD

Troisième homme (Le) – Édition collector

Troisième homme (Le)
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LE FILMStar Rating 8
IMAGEStar Rating 7
SONStar Rating 6
BONUSStar Rating 7
CAPTURES VOIR LA FICHE FILM

TEST TECHNIQUE

09 juin 2005 Par Erwan Desbois

Inchangée depuis la précédente édition, l'image du Troisième homme souffre d'un master qui porte sur lui son âge (beaucoup de rayures et de tâches). Avec quelques blancs quelque peu brûlés (voir la deuxième capture), il s'agit du seul réel défaut car pour le reste on est en présence d'un rendu visuel de qualité, en particulier en ce qui concerne le piqué de l'image. La gestion des contrastes est également très satisfaisante, mettant ainsi en valeurs les superbes clair-obscurs du chef opérateur Robert Krasker (qui remporta pour ce film l'Oscar de la meilleure photographie noir et blanc en 1950).



Soyons clairs, la version française du Troisième homme est à éviter absolument, tant elle présente une liste quasi-exhaustive de toutes les défectuosités classiques des versions françaises. Doublage hasardeux (le prénom du héros n'est plus Holly mais Johnny), synchronisation labiale et intonations de voix sans rapport avec la version originale, et présence constante d'un fort souffle sur la piste audio. Ce dernier problème, absent de la piste anglaise, conforte le caractère incontournable de cette dernière, à sélectionner ne serait-ce que pour la voix suave et envoûtante d'Orson Welles.

TEST DES BONUS

09 juin 2005 Par Erwan Desbois

Premier constat concernant cette édition collector : l'habillage des deux DVD et des bonus est globalement décevant. Mettant exagérément en avant Orson Welles (chaque disque s'ouvre sur son nom emplissant presque tout l'écran comme s'il s'agissait de Citizen Kane), StudioCanal fait également preuve d'une faute de goût assez impardonnable en proposant comme accompagnement sonore aux différents menus des extraits de dialogues en version française. Les suppléments ne sont pas logés à meilleure enseigne : ainsi, le documentaire Shadowing the third man qui occupe le second disque (et qui a également bénéficié d'une sortie en salles le 25 mai dernier) n'est pas chapitré malgré sa durée d'une heure et demie.


Écrit et réalisé par Frederick Baker, ce documentaire reprend toutes les étapes de la pré-production, du tournage et de la distribution du Troisième homme en les accompagnant d'anecdotes et d'informations diverses mais toujours pertinentes. Celles-ci sont distillées au cours de témoignages d'archives (de Graham Greene et Orson Welles entre autres) ou enregistrés spécialement pour l'occasion (le premier assistant Guy Hamilton, les enfants respectifs des co-producteurs Selznick et Korda). On apprend ainsi beaucoup de choses savoureuses sur la difficulté de travailler avec le grand nabab hollywoodien David O. Selznick, impliqué dans la production du Troisième homme au moment du casting en échange du « prêt » de ses vedettes Joseph Cotten et Alida Valli, et célèbre pour son besoin maladif de tout contrôler sur chacun de ses films. Un besoin qu'il assouvissait au moyen d'innombrables mémos, dont quelques uns nous sont lus au cours du film. Les « méfaits » de Selznick dureront jusqu'au moment de distribuer Le troisième homme aux Etats-Unis, où le film fait l'objet d'un remontage aseptisé (le personnage de Holly Martins y est bien plus héroïque) et de bandes-annonces aguicheuses sans rapport avec l'esprit du long-métrage.


Par le biais d'images d'archives, Baker montre également que le réalisme du Troisième homme était loin de s'arrêter à l'utilisation de décors réels. Ainsi, à l'exception des têtes d'affiche, l'ensemble des acteurs et figurants étaient des habitants de Vienne, tout comme le musicien Anton Karas que Carol Reed rencontra de manière tout à fait fortuite au cours d'un dîner peu de temps avant le début du tournage, tombant immédiatement amoureux de ses airs de cithare. Tout au long du récit du tournage, Baker alterne habilement développements sérieux (le contexte politique trouble de l'époque et ses répercussions sur le scénario et le film), éclaircissements techniques (la découverte des ombres portées gigantesques créées par les projecteurs employés, l'arrosage des pavés afin de gagner en luminosité grâce aux reflets obtenus) et anecdotes humoristiques dont les plus savoureuses concernent le caractère ingérable d'un Orson Welles devenu complètement mégalomane depuis le succès de Citizen Kane. L'acteur refusa ainsi de s'aventurer dans les tunnels des égouts de Vienne (siège de la poursuite finale), qu'il a donc fallu reconstruire en partie en studio. Shadowing the third man nous donne même une astuce pour différencier les scènes tournées en studio de celles tournées dans les vrais égouts : l'haleine des personnages n'est visible que dans ces dernières, à cause d'une température ambiante bien plus froide qu'en studio.


Exhaustif jusque dans les secrets d'écriture du scénario (Orson Welles n'est l'auteur que d'un seul de ses dialogues – celui comparant l'Italie des Borgia à la paisible Suisse en termes de créativité artistique ; Carol Reed et Graham Greene étaient en désaccord sur la fin à donner au film), Shadowing the third man serait parfait s'il était plus court. Les quatre-vingt-dix minutes qu'il dure font trop souvent la part belle à de longs extraits du Troisième homme qui brisent le rythme et rendent l'ensemble redondant et presque ennuyeux par moments. Shadowing the third man est malgré tout la nouvelle référence en termes d'étude sur le film de Carol Reed, au point de rendre obsolètes la plupart des suppléments du premier disque (qui sont tous repris de la précédente édition sortie par StudioCanal). Les courts documentaires sur le tournage dans les égouts de Vienne et sur Anton Karas à la cithare ainsi que les deux bandes-annonces sont en effet présents dans leur intégralité dans Shadowing the third man et y sont de plus replacés dans leur contexte, ce qui renforce leur intérêt.


Seuls demeurent donc intéressants les notes écrites sur le prologue américain (qui diffère principalement du prologue européen par… l'inversion de l'ordre d'apparition au générique des noms de Selznick et de Korda), qui illustrent la guerre à laquelle se sont livrés les deux producteurs, et le document Le troisième homme à la radio. Il s'agit de l'une des émissions radiophoniques qu'Orson Welles enregistra à la suite du film et qui conte une aventure d'Harry Lime, Un billet pour Tanger. Ce récit à suspense agréable à suivre mais de facture très classique vaut surtout pour son ambiance sonore excellente, où la voix inimitable d'Orson Welles est accompagnée de bruitages et de musiques très soignés. Dommage que le mixage étonnamment bas (attendez-vous à devoir pousser le vol de votre ampli ou télé à fond pour entendre quelque chose) empêche de profiter pleinement de cette très bonne initiative, qui fait naître en nous un doux rêve : et pourquoi pas la version radio de La guerre des mondes par le même Orson Welles sur une édition DVD de Citizen Kane ou de La splendeur des Amberson ?

CETTE EDITION

Disque 1: Troisième homme (Le) – Édition collector
Emballage: Digipack
Duree: 104 min
Format d'image: 1.33:1
Type de disque: 1 DVD-9 et 1 DVD-5
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1

  • Disque 1 :
    Bande-annonce originale (2min20s)
    Bande-annonce de la réédition (1min45s)
    Prologue américain
    Anton Karas à la cithare (2min05s)
    Le Troisième homme à la radio (28min45s)
    Documentaire : Tournage dans les égouts de Vienne (3min05s)
    5 Filmographies
    Galerie d'affiches et de photos

    Disque 2 :
    Documentaire : Shadowing the Third man (90min, VOSTF)

Captures


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La Rédaction 02/04/2007 20:14 par La Rédaction

[DVD] Troisième homme (Le) – Édition collector - Zone 2

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