Étrange histoire de Benjamin Button (L')
Étrange histoire de Benjamin Button (L')- REALISATEUR:David Fincher
- ACTEURS:Brad Pitt, Cate Blanchett, Tilda Swinton
- GENRE:Drame, Fantastique
- EDITEUR:Warner Home Video
- DATE DE SORTIE:05 août 2009
TEST TECHNIQUE
Un an pratiquement jour pour jour après Zodiac et en attendant la parution du reste de la filmographie de David Fincher sur support haute définition, voici donc venir le Blu-ray de Benjamin Button dans une édition aux prestations techniques tout sauf étranges.
L’image pour commencer est tout bonnement renversante. Quoi de plus normal après tout puisque, tournage HD oblige (Fincher filme désormais ainsi depuis Zodiac), le master de départ est d’une propreté immaculée. Les seules exceptions se trouvent du côté de la séquence de Mr. Gateau au début ou encore des plans très brefs de « Monsieur Foudre » qui présentent des défauts de pellicule voulus ainsi. À cet excellent matériau de départ s’ajoute ensuite un encodage VC-1 tout aussi remarquable qui balaye illico d’un simple revers de la main toutes les éventuelles défaillances compressives : bruit, halos, fourmillements… Dès la première scène du film (un gros plan de Cate Blanchett sur son lit de mort), aucun doute possible : nous sommes ici en présence d’un rendu vidéo de compet avec une précision chirurgicale associée à des couleurs denses et contrastées à souhait.
C’est donc parti pour 2h45 de claque visuelle. Par la suite, le velouté de la photographie, la patine pleine de vie de l’histoire de Benjamin Button contrastera avec la froideur bleutée de cette chambre d’hôpital d’où la biographie nous est contée. Parmi les quelques exemples prompts à nous décoller la rétine, citons la romance consommée entre Benjamin et Daisy (122ème minute) qui alterne plans larges (en mer pour la plupart) et gros plans sur les visages des deux amants. Soit une séquence qui combine à merveille une profondeur de champ étourdissante et une précision hallucinante. Et pour ceux qui ne seraient pas encore totalement convaincus, outre la beauté d’une aurore crépusculaire à la 103ème minute accompagnée d’un flair somptueux, l’attaque en pleine mer au cours de la Seconde Guerre Mondiale (76ème minute) est sans aucun doute l’une des séquences les plus représentatives du brio du rendu puisqu’elle combine quantité de difficultés : la nuit, l’eau et ses nombreux reflets, les flammes, la fumée, le tout dans un mélange de différentes couleurs (du bleu, des pointes de jaunes orangés pour le navire en train de sombrer à l’horizon…). Pour autant, le rendu ne bronche pas d’un iota et retranscrit à la perfection toutes les subtilités présentes à l’écran jusque dans les moindres détails.
Pour en terminer avec cette image top démo, précisons que celle-ci est en tout point identique à celle délivrée par l’édition Blu-ray Criterion parue en mai dernier et frappé du sceau « Director approved » : même cadrage, même colorimétrie, même niveau de définition. Dès lors, il ne fait aucun doute que le master de départ soit rigoureusement le même entre la France (Warner) et les États-Unis (Criterion) et que la différence de codec (VC-1 pour Warner, AVC pour Criterion) ne change rien au résultat final à l’écran. À noter toutefois que certains trouveront peut-être l’image un peu trop lisse par rapport à des rendus plus argentiques / granuleux mais un tel constat était déjà de rigueur sur le Blu-ray de Zodiac et compte tenu de l’implication de David Fincher dans les éditions DVD/HD de ses films, il ne fait aucun doute que le rendu en question soit en tous points conformes aux désidératas du réalisateur (cf. notre galerie de captures du Blu-ray Criterion).
S’il n’apparait pas aussi renversant que l’image de prime abord, le mixage sonore n’en demeure pas moins une petite merveille du genre. Pour s’en assurer de ses propres oreilles, rien de tel là encore que la bataille susnommée en pleine mer ou quand une séquence combine à elle seule le meilleur en matière de son entendu au cinéma : Titanic pour les craquements au rythme des roulis et autres tangages du navire et le Soldat Ryan lorsque l’artillerie lourde est de sortie. Mais cette scène, assurément la plus démonstrative du film, n’occulte en rien les mérites acoustiques du reste du métrage, à commencer par la prodigieuse amplitude des compositions d’Alexandre Desplat, ni trop effacées, ni trop envahissantes (tout le contraire de La Boussole d’or). À cette virtuosité musicale s’ajoute, à l’image de L’Échange, quantité de bruits et autres effets permanents sur les 5.1 canaux disponibles. Une richesse cristallisée par l’effervescence des scènes au sein de la Big Apple, aussi bien en intérieur (le Night Club) qu’en extérieur (la circulation). Parfaitement positionnés et équilibrés, tous ces éléments constitutifs de la bande son n’altère à aucun moment les dialogues (à l’écran ou en voix off) qui égrainent le récit et ces derniers demeurent parfaitement audibles en toutes circonstances.
Devant tant de louanges, pourquoi dès lors ne pas attribuer la note maximale ? La raison, toute simple, est à chercher du côté de l’édition Criterion et son exceptionnelle VO DTS-HD Master Audio 5.1. Là encore, la séquence navale susnommée (et plus précisément à partir de la 81ème minute) permet d’apprécier les différences que les ouïes les plus fines ne manqueront pas de déceler. À volume sonore équivalent (la VO Dolby TrueHD 5.1 du Blu-ray Warner est mixée à -4dB), la piste DTS-HD se révèle beaucoup plus précise quant aux différents effets (tirs, ricochets, bris de verre, bruits d’eau) qui se dessinent de façon bien plus marquée sur chaque enceinte. Sans compter l’explosion finale, un cran plus profonde dans le bas du spectre par rapport à l’édition française. Cette supériorité s’explique finalement sans grande surprise en allant jeter un rapide coup d’œil du côté des bitrates : là où le DTS-HD oscille entre 4 et 6Mb/s au cours de ladite séquence, le Dolby TrueHD affiche un débit quasiment divisé par deux ! Quant à la VF encodée à 640Kb/s sur les deux éditions (avec à la clé un doublage français et non québécois sur le Criterion), elle tente tant bien que mal de suivre le niveau de la VO sans parvenir toutefois à l’égaler.
TEST DES BONUS
Si image et son délivrent des prestations techniques irréprochables (ou presque), l’interactivité n’est pas en reste et s’articule autour de deux morceaux de choix : un commentaire audio et un making of. Le premier, proposé hélas uniquement en VO (comme toujours de la part de Warner), se révèle une fois n’est pas coutume d’une richesse incroyable. Seul au micro, David Fincher se montre tout à la fois agréable et passionnant grâce à une diction très posée et soutenue (les silences sont rares et n’excèdent jamais une poignée de secondes). Le réalisateur couvre ainsi tous les départements possibles et imaginables, depuis les choix de casting (une autre actrice que Tilda Swinton était prévue à l’origine) jusqu’au scénario en passant par la mise en scène, les effets spéciaux… Non content de nous abreuver de détails en tous genres, Fincher argumente chaque choix effectué sur le film, à l’image de cette réponse à l’attention des personnes indignées par la scène où un octogénaire se retrouve en pleine nuit sous une table avec une fillette de sept ans : « That’s the fucking point of the scene ». Lorsqu’un réalisateur se permet de lâcher une remarque de la sorte sur un projet d’une telle ampleur financée par deux majors d’Hollywood (Warner et Paramount), on ne peut qu’applaudir des deux mains.
Second morceau de choix proposé sur un deuxième disque, L’étrange naissance de Benjamin Button se positionne illico comme l’un des tous meilleurs making of de l’histoire, non seulement de par sa durée (3h 02min 57s, soit un quart d’heure de plus que le film), mais aussi et surtout de par sa richesse et son exhaustivité. Rien de bien surprenant à cela puisque le responsable dudit making of n’est autre d’un certain David Prior, véritable sommité dans le monde du DVD à qui l’on doit, entre autres, les prodigieuses éditions de Fight Club ou encore Panic Room (pour ne citer que deux autres films de David Fincher).
Tout, absolument tout, est passé en revue : les motivations personnelles de Fincher (une préface très touchante à propos du décès de son père), le parcours semé d’embuches de ce projet cinématographique depuis ses origines en 1987, les 145 jours de tournage d’octobre 2006 à mai 2007 (décors, caméras HD…), les 15 semaines de post-production (effets visuels, son, musiques…) avant de se refermer sur l’avant-première caritative à la Nouvelle-Orléans, ville où se déroule l’action du film en lieu et place de Baltimore dans le roman. Alternant à merveille coulisses et interviews dans un style très posé et instructif en opposition complète avec les featurettes promotionnelles elliptiques qui composent 99% des éditions DVD/Blu-ray, ce making of fait ainsi le tour complet du projet sans rien oublier, le tout au format d’image HD et en VOSTF (aussi bien sur le Blu-ray Warner que Criterion). Retrouvez ci-dessous le listing détaillé de cet imposant making of où seules les galeries ainsi que le reportage intitulé La technique ne sont pas disponibles à l’aide de l’option de lecture générale :
Premier trimestre
– Préface (3min 59s)
– Développement et pré-production (28min 07s)
– La technique (12min 23s)
– Galerie du storyboard
– Galerie de la direction artistique
Second trimestre
– Production première partie (26min 14s)
– Production deuxième partie (29min 04s)
– Les costumes (7min 37s)
– Galerie des costumes
Troisième trimestre
– L’interprétation (7min 42s)
– Effets visuels : Benjamin (16min 54s)
– Effets visuels : Le rajeunissement (6min 20s)
– Effets visuels : Le Chelsea (8min 47s)
– Effets visuels : La simulation (12min 51s)
– Le son (16min 05s)
– Interview avec le compositeur Alexandre Desplat (14min 52s)
Naissance
– Première (4min 19s)
– Galerie de la production
Deux bandes-annonces (VO DD 5.1) ainsi qu’un récapitulatif des quatre galeries referment l’interactivité. Parmi les quelques regrets (outre le commentaire audio dépourvu de sous-titres), on retiendra les absences suivantes :
– Celle d’un bonus de type Picture-in-Picture alors que le making of dure encore plus longtemps que le film et aurait donc pu apparaitre sous cette forme tout au long du métrage. Mais la présence d’une telle option sur le premier disque se serait sans doute faite au détriment des prestations techniques, à commencer par l’image.
– Celle de scènes coupées alors que l’une d’entre elles est pourtant entre-aperçue au cours du making of.
– Celle du couple vedette Brad Pitt / Cate Blanchett au micro du commentaire audio.
À l’attention des puristes, notons pour finir que le making of en question (encodé en VC-1 sur le Blu-ray Waner) affiche un bitrate divisé par deux par rapport à son équivalent américain (encodé quant à lui en AVC). D’où une taille du disque dédié aux bonus de 20 Go en lieu et place des 43,6 Go de son homologue US. Dernière petite précision : la différence de durée dudit making of (3h 02min 57s sur l’édition française contre 2h 55min 24s sur l’édition US) s’explique par l’inclusion du reportage sur les costumes, ce dernier n’étant disponible qu’à part sur le Blu-ray américain.
Apport HD : Que l’on cautionne ou non ce véritable adoubement cinématographique de David Fincher, force est de constater qu’il sera en revanche impossible de bouder son plaisir face aux prestations techniques délivrées par la présente édition Blu-ray de Benjamin Button, quasi-parfaite de bout en bout (seule l’édition Criterion fait mieux côté son). Un must have sur le support.
Retrouvez la liste récapitulant tous les titres Blu-ray du marché français à cette adresse.
CETTE EDITION
Emballage: Boîtier Blu-Ray
Duree: 167 min
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 1 BD-50
Encodage: VC1
Résolution: 1080p
Emballage: Boîtier Blu-Ray
Duree: 0 min
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 1 BD-25
Encodage:
Résolution:
DISQUE 1
- Commentaire audio
DISQUE 2
- Making of
Galeries de photos
Bandes-annonces
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17/04/2008 15:43 par La Rédaction
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