Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
36, quai des Orfèvres Édition Collector - DVD
36, quai des Orfèvres, 2004
Test DVD - 36, quai des Orfèvres Édition Collector
Rédigé le 26 mai 2005 par
Stéphane Argentin
|
Avis image
Avis son
Avis bonus
|
|
Test technique
Si quelques retenues peuvent être émises du côté de l'interactivité, il sera bien difficile en revanche de trouver à redire sur le plan technique, à commencer par l'image. Pourvu à la base d'une copie exempte de tout défaut (tout juste une ou deux taches en tout pour ceux qui écarquilleront les yeux tout en passant le film image par image), un soin tout particulier a été apporté à l'encodage de 36 quai des Orfèvres en vue de restituer au mieux la granulosité et les différents choix photographiques et colorimétriques du film.

Le résultat est tout simplement renversant et la labellisation THX n'est aucunement usurpée puisqu'on retrouve toutes les tonalités froides voulues à la base par Olivier Marchal ainsi que cette ambiance poisseuse et poussiéreuse, le tout restitué avec des contrastes remarquablement appuyés (des noirs abyssaux) et une compression qui ne trésaille à aucun moment. Sans le moindre jeu de mots, on peut donc dire qu'on a affaire ici à du vrai travail d'orfèvre.

La partie sonore n'est pas en reste avec au choix du DD 5.1 encodée à 448 Kb/s ou bien du DTS plein débit à 1536 Kb/s. Première remarque : les dialogues sont beaucoup plus facilement perceptibles que lors de la vision en salles où ces derniers se trouvaient très souvent étouffés (voire écrasés) par le reste de la bande-son, à commencer par la musique. De manière plus générale, le mixage 5.1 de ce DVD nous réserve tout ce que l'on souhaiterait retrouver en permanence à domicile : puissance, précision et clarté.

Qu'il s'agisse de la musique, des effets ou encore des dialogues, chaque élément de la bande son exploite sans retenu toutes les possibilités offertes par les mixages numériques 5.1 actuelles, aussi bien dans les moments les plus calmes (scènes intimistes) que dans les séquences les plus agressives (la fusillade). Du début à la fin du film, pratiquement aucune voie n'est laissée à l'abandon, et certainement pas le canal de graves.

Concernant à présent la comparaison Dolby Digital / DTS, on notera que la première, bien que disposant de toutes les qualités énumérées ci-dessus, offre néanmoins un rendu légèrement plus étouffé et moins ouvert que son homologue DTS (peut-être du à la différence de taux d'encodage et/ou à la séparation des canaux, le DTS étant mixé sur six canaux distincts) qui n'avait pas obligatoirement besoin d'un tel avantage pour prendre l'ascendant tant le résultat se révèle là encore à tomber à la renverse. La précision de placement / déplacement des effets, l'utilisation des deux extrémités du spectre sonore ou encore la puissance dont fait preuve le DTS laisse véritablement sur place le Dolby Digital dans tous les domaines. Il n'y a, là encore, rien à redire. Ceux qui disposent du matériel ad hoc savent donc ce qu'ils leur restent à faire
Test des bonus
Pour la sortie vidéo de 36 quai des Orfèvres, l'éditeur a particulièrement soigné le DVD avec pour commencer des menus visuellement et acoustiquement sobres (musiques du film en DD 5.1) en parfaite adéquation avec le film.

Du côté des suppléments, on commence sur le premier disque avec un commentaire audio d'Olivier Marchal, scénariste, dialoguiste, réalisateur (et interprète d'un petit rôle). Les informations fournies par Marchal sont aussi riches que vastes, allant des anecdotes de tournage jusqu'au traitement visuel (photographie, costumes) sans oublier bien entendu les nombreuses références cinématographiques : Les sentiers de la perdition de Sam Mendes, Le cercle rouge de Jean-Pierre Melville, French connection de William Friedkin et sa suite réalisée par John Frankenheimer, Contre enquête de Sydney Lumet et, d'une manière plus générale, le cinéma de Georges Lautner ou encore Henri Verneuil.

Le cinéaste fait également référence à plusieurs reprises à ses précieux storyboards ou encore à la direction d'acteurs, très importante à ses yeux tandis qu'il évoque par endroits les scènes coupées (certaines au stade de l'écriture) et une retenue de la violence dans d'autres. Vers la fin, Olivier Marchal évoque également le bouclage du film dans la précipitation, reconnaissant bien volontiers que les 20 dernières minutes sont trop rapides et confuses et qu'il souhaiterait ultérieurement pouvoir se pencher sur un remontage en même temps qu'une version longue. Enfin, le dernier point, omniprésent dans les interventions d'Olivier Marchal, concerne bien entendu ses antécédents de flic et les nombreux emprunts à des évènements et personnes réels qu'il a injectés au cur de cette histoire. En résumé, les informations délivrées par ce commentaire sentent non seulement le vécu mais également le spontané.

Un sentiment que l'on retrouve par la suite sur le second DVD dédié aux bonus et disponible uniquement au sein de l'édition collector. Avec Qui veut la peau d'Olivier Marchal ? (1h 09min 42s), un documentaire presque exclusivement axé sur la préproduction du film (écriture, storyboards, repérages ), le ton est donné d'entrée de jeu avec un coup de gueule de Marchal sur le plateau de tournage où il n'arrive pas à obtenir ce qu'il souhaite. L'heure suivante sera du même acabit, sans la moindre langue de bois où l'on découvre un cinéaste épuisé et à fleur de peau, qui tient tellement à réussir son « bébé » (dixit le réalisateur) qu'il supervise lui-même la moindre étape du processus créatif (choix des voitures, des décors ).

Souvent obligé de réfréner ses ambitions pour des raisons financières, le cinéaste n'en demeure pas moins d'une incroyable modestie. Les remarques du style « Tu vas vite te rendre compte qu'on est pas sur un film de Michael Mann », « Eux, c'est Frankenheimer, Mann, c'est des grands, moi je suis une truffe » ou encore « Je ne suis pas Sergio Leone, j'ai aucun talent » ne sont pas le genre de réflexions que l'on entend tous les jours de la part d'un cinéaste en charge d'un projet de 12 millions d'euros. Seul petit regret : en l'absence de précision, on ignore la plupart du temps quelles sont les personnes qui gravitent autour du réalisateur dans cette préparation.

En complément du précédent reportage, on trouve ensuite une section Annexes qui permet de s'attarder sur deux points précis : les costumes et les armes. Dans Essais costumes (13min 40s), on suit Olivier Marchal qui passe de loge en loge pour décider des tenues, chaussures mais également des coiffures, lunettes et tout autre accessoire porté par les acteurs. Dans Le choix des armes (13min 07s), on découvre cette fois Olivier Marchal qui sélectionne les armes à feu mais aussi les armes blanches en fonction des personnages ou groupes de personnages (BRI), de leur utilité et de leur rendu visuel à l'image. Les amateurs apprécieront les nombreux termes techniques et les différentes modifications et trouvailles imaginées par Christophe Maratier, l'armurier du film.

Les Carnets de tournage (41min 41s) contraste dès les premières minutes avec la tension de « Qui veut la peau d'Olivier Marchal ? » puisqu'on y découvre à présent le tournage du film avec un réalisateur, des acteurs et les personnes des différents corps de métier tout souriant la plupart du temps et qui s'embrassent au petit matin. Si certains coups de gueule restent encore de la partie, le ton est à présent franchement à la déconnade, domaine dans lequel Marchal n'est pas le dernier de la classe.

Au sein de la section Les dossiers de 36, on trouve tout d'abord un Making of (27min 57s) qui propose de nouvelles images du tournage qui débuta en février 2004, un Promo reel (2.35 16/9, 6min), sorte de longue article-details_c-trailers destinée à promouvoir le film auprès des annonceurs. Le teaser (2.35 16/9, 51s), la article-details_c-trailers (2.35 16/9, DD 5.1, 2min) et plusieurs projets d'affiches (dont certaines lorgnant assez ouvertement du côté d'un certain Scènes de crimes ou encore Les rivières pourpres) clôturent les suppléments du second DVD. Sur le premier disque, les plus fouineurs trouveront sans trop de peine en bonus caché les crédits du studio Mastery, responsable de l'élaboration de cette édition (à partir du menu principal, positionnez-vous sur le logo THX et allez ensuite à droite).

Si cette édition collector de 36 quai des Orfèvres est donc particulièrement soignée au niveau de son interactivité, avec des suppléments d'une authenticité et d'une spontanéité comme il a rarement été possible d'en voir, on pourra néanmoins regretter quelques petites absences. Parmi les points qui ne sont que peu ou pas abordés, on notera ainsi : le casting des différents acteurs, les effets spéciaux en direct sur le plateau ou encore toute la post-production du film (effets visuels, montage, musique, mixage sonore). De même, une rubrique permettant d'avoir accès aux nombreux storyboards (voire mieux, un comparatif film / storyboard) aurait également été très appréciable, ainsi que la présence des fameuses scènes coupées mentionnées par le réalisateur dans son commentaire audio (pour l'explication de cette dernière « absence », rendez-vous sur notre interview d'Olivier Marchal à l'occasion de la sortie DVD du film).



