Banlieue 13
Banlieue 13- REALISATEUR:Pierre Morel
- ACTEURS:David Belle, Cyril Raffaelli, Tony D'Amario
- GENRE:Policier
- EDITEUR:EuropaCorp
- DATE DE SORTIE:11 mai 2005
TEST TECHNIQUE
Parmi les innombrables productions Besson cinématographiquement navrantes, Banlieue 13 sort quelque peu du lot. Non pas qu'on assiste enfin à la naissance d'un cinéma ambitieux susceptible de redorer le blason d'un producteur et de ses méthodes très critiquables pour faire du fric mais seulement, le film de Pierre Morel possède d'indéniables qualités visuelles et techniques pour faire passer un bon moment (surtout dans sa première partie) au DVDphage venu simplement rechercher son lot de scènes d'action rondement mené.

À ce titre, Banlieue 13 prouve indéniablement qu'en France, on est largement capable si on le veut d'offrir des scènes nettement plus spectaculaires et efficaces que certaines grosses productions US comme les sinistrés Resident Evil 2 ou encore Blade 3 pour ne citer que deux films de genre ricains récents qui en imposent dans l'action merdique. C'est sans doute bien là la plus grosse satisfaction que l'on peut avoir à la vision de Banlieue 13 : ça a techniquement de la gueule ! Mais y a-t-il autre chose au programme ?

Pas sûr mais reconnaissons à Besson et sa bande de nous annoncer clairement la couleur avec un prégénérique qui s'inspire totalement de New York 1997, de Carpenter, tout comme la majeure partie du récit avec quelques emprunts ici ou là dont un bien beau aux Spécialistes de Patrice Leconte (le flic et le voyou enchaînés à leurs menottes). Banlieue 13 n'est donc pas là pour renouveler le genre mais simplement pour impressionner son public en essayant de lui asséner le maximum d'action dans un minimum de temps, quitte à manquer sérieusement de rebondissements dans sa deuxième partie qui file bien trop vite.

Malgré un discours simpliste accompagné de dialogues frisant plus d'une fois le ridicule, des personnages inexistants ou presque (le héros au grand cœur, le flic juste et droit, le caïd qui meurt comme Scarface, la méchante brute qui deviendra presque gentille,…), une fin cheap très décevante et un récit qui globalement fait du surplace une fois Damien et Leïto réunis, Banlieue 13 séduit grâce à quelques séquences brillamment mise en boîte : le (faux) plan-séquence d'ouverture sous influence « finchienne », ou encore les deux énormes scènes d'action présentant les héros au découpage et à l'inventivité visuelle épatants ; de loin les meilleures séquences d'un film qui atteint dans ses grandes largeurs le simple objectif qu'il s'était fixé : divertir.

L'édition DVD de Banlieue 13 est de prime abord intelligemment conçue grâce au graphisme très réussi de ses menus en accord avec le film (surtout celui d'accueil) et par sa manière d'en prolonger l'esprit éditorialement par l'intermédiaire de deux courts-métrages. Mais elle est aussi frustrante par son incapacité à aller au fond des choses dans des domaines (la conception des cascades et autres scènes d'action) qui sont la raison même de la réussite mineure du film de Pierre Morel.

Ainsi, le making of d'une durée plus que conséquente de 54min 26s, alterne le bon (l'habillage visuel du document et les moments volés des répétitions des combats et cascades) et le nettement moins bon (les interviews des comédiens et du réalisateur qui versent le plus souvent dans l'autocongratulation visiblement sincère mais vite ennuyeuse). Si on est ainsi ravi de pouvoir découvrir succinctement comment ont été élaborées les scènes d'action de Banlieue 13 (on devine plus qu'on perçoit), on est nettement plus mitigé de voir face caméra les différents intervenants dire du bien sans cesse de leurs partenaires et à quel point le tournage fut une excellente expérience. C'est d'autant plus dommageable au vu de l'absence de commentaire audio susceptible de revenir plus en détails sur les dites séquences mouvementées.

Des explications, on aurait également aimé en trouver sur la séquence allongée du combat dans le casino (2min 18s). Pourquoi les 41 secondes supplémentaires (et quelques morts supplémentaires) n'ont finalement pas été retenues ? Un bien beau mystère quand on se rend compte que la scène fonctionne aussi bien dans sa version longue (voire mieux) que dans sa version salle.

Figure incontournable du bon contenu éditorial d'un DVD, le bêtisier (2min 53s) assure son lot de fous rires et dialogues bafouillés mais ne propose pas de manière surprenante de prises ratées concernant l'action. Les cascadeurs de Banlieue 13 seraient-ils si forts que ça ?

C'est donc finalement du côté des courts-métrages que nous vient la satisfaction la plus légitime. Mettant d'un côté en vedette David Belle en soldat plongé au cœur d'une fusillade intense (Un monde meilleur) et de l'autre Cyril Raffaelli (Mukiai) dans un duel homérique au katana puis aux poings et pieds, les deux films sont visuellement et « thématiquement » totalement en adéquation avec Banlieue 13. Deux œuvres imparfaites mais qui ont incontestablement un quotient sympathie élevée pour qui aime le cinéma de genre. À noter que Mukiai s'offre le luxe d'un making of et d'un bêtisier.

Étant donné notre attente quant à découvrir un produit techniquement irréprochable, les productions Besson étant généralement soignées de ce côté-là , il est difficile de cacher notre légère déception à la vision du DVD de Banlieue 13. Enfin plus exactement à l'écoute du film car c'est surtout du côté du son que cette édition présente quelques carences. Proposé d'abord uniquement en « simple » 5.1 (DD et DTS) alors que le film a bénéficié d'un mixage EX et ES (cf générique de fin), la bande son de Banlieue 13 manque de dynamisme toutes proportions gardées et d'ampleur. Les enceintes surround sont certes mises à contribution mais là encore leur impact n'est pas aussi impressionnant qu'il aurait du l'être. Bref, si les pistes DD et DTS (rien réellement ne les sépare en qualité d'écoute) font illusions, elles laissent un goût d'inachevé.

Ce n'est par contre pas du tout le cas de l'image du DVD qui offre un master numérique de toute beauté. Le rendu argentique est extrêmement séduisant, la définition exemplaire, la saturation des couleurs épatante et la compression s'avère impeccable malgré la présence d'une piste DTS gourmande en place et plus d'une heure et quart de bonus vidéo.
CETTE EDITION
Emballage: Amaray
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 1 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL
DISQUE 1
Making of (54min 46s)
Scène rallongée le Casino (2min 18s)
Courts-métrages : Mukia (6min 48s) et Un Monde Meilleur (7min 49s)
Bêtisier (2min 53s)
Bande-annonce (1min 38s)
Captures
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02/04/2007 20:10 par La Rédaction
[DVD] Banlieue 13 - Zone 2Vous pouvez discuter ici du DVD/HD Banlieue 13.
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