Minority report - Édition collector
Minority report- REALISATEUR:Steven Spielberg
- ACTEURS:Tom Cruise, Max von Sydow, Steve Harris
- GENRE:Science-fiction
- EDITEUR:20th Century Fox Home Entertainment
- DATE DE SORTIE:02 avril 2003
TEST TECHNIQUE
A leur vision en salles, il est des films dont on redoute à l'avance le passage sur support numérique et tout particulièrement le DVD et sa fameuse (fâcheuse ?) compression MPEG2. Janusz Kaminski, le directeur photo attitré de Spielberg depuis La liste de Schindler (1993) est passé maître dans l'art de produire des images particulièrement « travaillées », notamment depuis Il faut sauver le soldat Ryan et son rendu granuleux aux couleurs désaturées. Et si ce dernier s'en sortait (très) haut la main lors de son transfert numérique, A.I. : Intelligence artificielle n'eut pas cette même chance ! Une certaine inquiétude pouvait donc être de mise pour la sortie DVD de Minority report, d'autant que celui-ci propose des caractéristiques identiques à A.I. : Intelligence artificielle : 2h25 de film pour trois pistes 5.1 (deux Dolby Digital et une DTS), soit beaucoup (trop ?) de choses pour un « simple » DVD double couche ! Qu'en est-il à l'arrivée ?

Les trois composantes primordiales à bien avoir en tête avant une petite séance de Minority report sont : primo, un grain très prononcé (à faire passer celui d'Il faut sauver le soldat Ryan pour du sable fin) ; secundo, une surexposition lumineuse si intense par endroit que les formes en deviennent à peine distinguables et enfin tertio, une palette de couleurs quasi-exclusivement composée de nuances de bleus et de gris. Comment le DVD se sort-il de tous ces pièges ? A la perfection ! Grâce à une copie exempte de tout défaut et à un traitement compressif savamment maîtrisé à chaque seconde du film, Minority report se montre en tout point fidèle à la vision en salles mais surtout et avant tout à celle voulue par Steven Spielberg et son directeur photo : grain, couleurs, contrastes (des noirs abyssaux)… pas le moindre faux pas à l'horizon des 145 minutes de long-métrage. Le résultat est d'autant plus éclatant que Minority report est le premier film en dix ans (depuis Hook en 1991 pour être exact) que Spielberg tourne au format scope 2.35 (tous ses films des années 90 l'ont été en 1.85).

Plus généralement habitué aux festivals de couleurs et de précision (L'attaque de clones pour ne citer qu'un seul exemple), le spectateur – DVDphage d'aujourd'hui risque d'être fort surpris devant un rendu vidéo aussi inhabituel mais une fois encore, la perfection du disque produit ici est en tout point fidèle et respectueuse des souhaits initiaux du réalisateur et de son directeur photo.
Si le visuel du film risque d'en surprendre plus d'un, il ne saurait en être autant de la partie sonore. Tous les canaux sont en effet exploités sans discontinuer mais attention toutefois car, à deux ou trois exceptions, on a plus souvent affaire à de la subtilité qu'à du rentre-dedans. Outre des dialogues clairs et parfaitement centralisés, le reste des effets, tantôt discrets, tantôt plus appuyés (cf. l'affrontement dans la ruelle et dans l'usine de voitures) se répartissent à merveille sur toutes les voies mises à la disposition de la bande son, basse comprise (ah, les armes soniques !). De même la partition de John Williams exploite merveilleusement ce subtil mélange frontale / léger retour dans les surrounds. En clair et pour résumer : un vrai régal.

Dans les combat qui oppose les différentes options sonores proposées, la VO et la VF font jeu égal en DD 5.1 tandis que la VF DTS 5.1 (mi-débit) apporte un petit plus en terme de puissance et de précision, même si l'on est loin de l'excellente piste VO DTS 5.1 du DVD Z1.
TEST DES BONUS
Étant donné la place occupée par le film sur le premier disque, un second entièrement dévolu aux suppléments (tous VOSTF) a été mis en place pour cette édition dite « collector » de Minority report. Un mot tout d'abord sur le design des menus en parfaite adéquation avec l'univers du film (tons gris / bleutés) et exploitant d'avant en arrière des extraits / flashbacks de celui-ci, le tout accompagné par la musique de Sir Williams. Pour en revenir au disque de bonus, celui-ci se présente en cinq grandes parties : histoire et personnages, design, cascades, effets numériques et enfin les archives.

Du récit à l'écran
Cette première section se scinde en deux documentaires : le premier, intitulé L'histoire / Le débat (9min 35s), est introduit par Steven Spielberg et Tom Cruise où les deux hommes nous dévoilent leur envie respective de travailler ensemble depuis de nombreuses années. Puis les scénaristes (Scott Frank et Jon Cohen) nous exposent le pilier constitutif du récit à savoir les fameux rapports minoritaires ainsi que le paradoxe exploité dans le film d'arrêter et d'emprisonner des meurtriers en devenir (i.e. qui n'ont encore commis aucun délit). Le second documentaire, Les acteurs (9min 26s), donne à chaque interprète la possibilité de nous présenter son personnage. Spielberg en profite pour rapprocher l'univers de son film de celui des mises en scène de John Huston.

La déconstruction de Minority report
Probablement la section la plus enrichissante et par conséquent la plus attrayante où chaque documentaire s'attarde sur la conception de l'univers futuriste mais néanmoins plausible du film.
L'introduction (9min 20s) nous dévoile, bien que ce ne soit plus un secret pour personne, la réunion de plusieurs scientifiques à laquelle convia Steven Spielberg au cours d'un week-end afin de déterminer quelles seraient les avancées technologiques d'ici cinquante ans (notamment les fameux scanners optique). La parole est ensuite laissée (bien trop brièvement) au directeur de la photographie Janusz Kaminski puis au compositeur John Williams (environ tout le dernier tiers du reportage) qui nous dévoilent, chacun dans leur domaine, leur approche très sombre, très noire sur le film. John Williams y explique également les différents thèmes musicaux attribués à chaque personnage (une récurrence chez le compositeur) : Sean (le fils de Tom Cruise dans le film), Lara (la femme de ce dernier), Anne Lively…

Pré-Crime et les visions des Pré-Cogs (8min 20s) offre à Alex Mc Dowell (le designer de la production) et Deborah Scott (la designer des costumes) la possibilité de s'attarder sur la conception du QG de l'unité Pré-Crime (tout en verre et en métal), le symbole de cette même unité (correspondant à la disposition des trois Pré-Cogs dans leur bassin), le fameux « temple » au sein duquel se trouve les Pré-Cogs (conçu comme une immense chambre acoustique), les tenues de ces derniers (une sorte de deuxième peau) ainsi que sur les uniformes, armes et jetpacks des officiers de Pré-Crime.

Décrit par Alex Mc Dowell comme un pager conçu par Porsche, La séquence des araignées (5min 23s) confronte astucieusement l'approche respectivement plaisante et déplaisante qu'ont eu John Williams et Janusz Kaminski pour cette scène. Le premier car il fallait maintenir à différents niveaux d'intensité le suspense de la séquence sans aucune interruption de la musique et le second car, en raison du plan séquence de survol des appartements, il eut bien du mal à placer tous ses éclairages au milieu du décor. Pour l'aider dans cette tache, il eut recours à un logiciel de prévisualisation 3D permettant non seulement de concevoir entièrement les décors mais également de simuler la position et le déplacement de la caméra au cours de la scène ainsi que l'intensité lumineuse de chaque partie du décor.

Conçues par la société Imaginery Forces (déjà responsable du très remarqué générique d'ouverture de Se7en) et intégrées aux scènes par la société Asylum, les Visions des Pré-Cogs (4min 51s) s'attardent sur deux séquences : l'examen desdites visions par Tom Cruise sur sa console tactile et la scène du pénitencier où chaque individu voit défiler indéfiniment devant ses yeux les images du meurtre qu'il s'apprêtait à commettre au moment de son arrestation.
Conçus par la société Pixel Liberation Front, les Les véhicules du futur (5min 10s) se consacre quasi-exclusivement aux différents modèles de Maglev et à son fameux système de déplacement magnétique. Gary Rydstrom (le designer son) explique avoir eut bien du mal à attribuer un son à ces véhicules, ces derniers n'existant pas encore. En l'absence de référence contemporaine exploitable, il finit par utiliser le bruit d'une machine à laver enregistré au niveau du sol. Le documentaire se conclut très rapidement sur l'élaboration de la Lexus et de l'Overcraft.

Des cascades à mourir
En guise d'introduction à cette section, Il s'échappe (2min 58s) cède la parole à Tom Cruise et à son doubleur attitré depuis maintenant près de dix ans, Keith Campbell. On y apprend que l'équipe responsable des cascades de Minority report fut la même que sur Mission : Impossible 2 et que, comme pour ce dernier, Tom effectua lui-même une grande partie de celles-ci.
Deux séquences sont ensuite passées en revue : la première, La poursuite en aéropropulseurs (3min), nous dévoile la ruelle de l'affrontement entre Tom Cruise et ses poursuivants / ex-collègues flics. Celle-ci se révèle en réalité être un décor construit de toutes pièces en extérieur au sommet duquel trône une armature métallique destinée à accueillir les câbles soutenant les acteurs / cascadeurs supposés se déplacer à l'aide de leurs hoverpacks. La seconde, L'usine de voitures (2min 47s), montre Colin Farrell répéter la chorégraphie de l'affrontement avec Keith Campbell (le doubleur de Tom Cruise donc) puis donne également la parole à Brian Smrz (le coordinateur des cascades) qui ne se cache pas de chercher à pousser toujours un peu plus loin le niveau de celles-ci.

La technologie en avance sur son temps
Cette rubrique débute par une Introduction (4min 31s) nous dévoilant un Tom Cruise quelque peu déboussolé par le travail sur fond bleu / vert et un Scott Farrar (superviseur des effets visuels) nous expliquant l'objectif d'effets numériques futuristes réalistes désiré par Steven Spielberg. On y découvre également les magiciens d'ILM assistant jour après jour et dans une salle de projection dédiée à l'évolution de leur propre travail jusqu'à obtenir la satisfaction du metteur en scène.

Viennent ensuite cinq séquences passées au peigne fin. Hologrammes (3min 09s) se penche sur la scène où John Anderton (Tom Cruise) visionne des enregistrements de son fils disparu et de sa femme (un modèle 3D de base réalisé à l'aide de l'actrice filmée sous différents angles puis déformé avant d'être intégré au métrage final). Le couloir de rétention (3min 09s) montre les dix-neuf figurants filmés sous quinze angles de caméra différents puis dupliqués et insérés dans le décor entièrement numérique de la prison futuriste. Mag-lev (3min 12s) s'attarde sur la spectaculaire séance de saute-mouton de véhicules en véhicules qu'effectue Tom Cruise le long de la route verticale. Après avoir visionné une prévisualisation 3D de la séquence, ce dernier exécuta l'action sur fond bleu avant d'être intégré au reste des décors synthétiques.

L'altercation dans la ruelle est à nouveau mise en avant au cours de Hovercraft / Hoverpacks (3min 08s) où l'on découvre que non seulement les bâtiments de part et d'autre de l'allée furent prolongés numériquement en hauteur mais également que l'infrastructure métallique située au sommet du décor et servant à soutenir les acteurs suspendus par des câbles se reflétait sur le sol, humide pour les besoins de la scène, et que, par conséquence, ces reflets durent être gommées et remplacées par ceux du ciel ou bien des différents protagonistes. Un vrai travail de fourmi passant une fois n'est pas coutume totalement inaperçu à la vision du film ! Enfin, Cyberparloir (1min 55s) s'attarde sur la séquence où un individu se voit congratulé de toutes parts au magasin de réalités virtuelles. Chaque groupe de personnages fut filmé individuellement sur fond vert puis rendu translucide avant d'être combiné à l'acteur central filmé lui aussi séparément.

Pour finir, Steven Spielberg et Tom Cruise : Conclusion (3min 57s) se résume à une succession de congratulations des deux intéressés l'un envers l'autre et aussi envers tous les intervenants sur le projet. Enfin, le (long) générique en fin de reportage tend à prouver que tous les documentaires énumérés ci-dessus sont en réalité issus d'un même et unique making of découpé en différentes parties afin de proposer en apparence un contenu interactif plus riche.

Archives
Au sein de cette ultime rubrique se cache encore pas mal de choses, à commencer par différents Concepts de production, soit des galeries d'images (treize au total contenant chacune de dix à quarante photos chacune) sur des thèmes aussi variés que les véhicules, les spyders, les buildings… à différents stades de conception. On trouve également trois séquences storyboard (de 2 à 4 min chacune). Viennent ensuite les traditionnelles bandes-annonces que complètent les filmographies et autres notes de production.

Une fois achevé le parcours de ces suppléments, deux constats s'imposent : l'inégalité des différents documentaires (à vouloir aborder tous les aspects du projet, tous ne sont pas vraiment traités en profondeur) et d'autre part, puisque tous ces reportages sont issus d'un même et unique making of (cf. le documentaire de conclusion) réalisé par le désormais célébrissime Laurent Bouzereau, pourquoi imposer au DVDphage de laborieuses manipulations de télécommande et ne pas tout simplement lui offrir la possibilité de tous les visionner d'une seule traite ?
CETTE EDITION
Emballage: Digipack avec fourreau
Duree: 145 min
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 2 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL
DISQUE 1
La déconstruction de Minority Report (3 documentaires : Pré-Crime et les visions des Pré-Cogs, La séquence des araignées et Les véhicules du futur)
Des cascades à mourir (3 documentaires : L'usine de voitures, Il s'échappe et La poursuite en aéropropulseurs)
La technologie en avance sur son temps (4 documentaires : Hologrammes, Le couloir de rétention, Hovercraft/Hoverpacks et Cyberparloir)
Spielberg et Cruise : conclusion
Captures
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02/04/2007 20:09 par La Rédaction
[DVD] Minority report – Édition collector - Zone 2Vous pouvez discuter ici du DVD/HD Minority report – Édition collector.
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