1941 – Collector’s Edition - DVD

1941, 1980

Alertes
1941 – Collector’s Edition
2,8
Image Star Rating 4
Son Star Rating 6
Interactivité Star Rating 7
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Test DVD - 1941 – Collector’s Edition

Rédigé le 25 mar 2005 par Sandy GilletSandy Gillet

Avis image
Star Rating 4
Avis son
Star Rating 6
Avis bonus
Star Rating 7
Test technique

Bon on ne va pas y aller par quatre chemins. Devant l'image de 1941 que propose cette édition on peut-être soit nostalgique, soit réprimer un petit haut-le-cœur bien justifié. La note tient compte en fait des deux.
Nostalgique, l'image l'est, car elle nous rappelle le bon vieux temps du Laserdisc qui nous donnait à voir ce que l'on croyait à l'époque être le summum de la chose. De fait le report analogique permettait un rendu argentique bien plus naturel et proche des conditions de la salle de cinéma que l'expérience visuelle en numérique qui peine encore aujourd'hui à masquer le côté froid et métallique du procédé. Le haut-le-cœur venant justement de ce mariage, datant de l'ère préhistorique du support, qui tente d'unir le transfert analogique réalisé en son temps pour le coffret Laserdisc NTSC et un encodage numérique encore balbutiant qui tente accessoirement de caser plus de quatre heures de programmes vidéo (film plus suppléments).


Le résultat est donc une petite monstruosité en 4/3 (excusez du peu !) où l'on retrouvera un catalogue assez complet de tous les défauts à éviter : violence du grain, définition quasi absente, contrastes aux abonnées absents, master d'un autre âge bien qu'issu d'une restauration qui permet de mesurer les avancées effectuées en ce domaine depuis, colorimétrie déviante…
Reste qu'à ce jour il s'agit de la meilleure image possible (sic !) et qu'aux vues de l'empressement de l'éditeur vidéo américain pour s'atteler à une restauration en profondeur de l'image de 1941 à l'évidence longue et coûteuse au regard du potentiel commercial du film), autant dire que le DVD HD, ou tout autre nouvelle génération de medium numérique, aura depuis longtemps fait partie de notre quotidien.


On sera en la circonstance beaucoup moins sévère même si la seule piste en DD 5.1 VO s'accommode aisément de basses ronflantes qui bavent un peu (entendre par là qui ont tendance à phagocyter l'ensemble du spectre sonore), d'une dynamique un peu léthargique et d'un équilibre dialogues / ambiances très nettement en faveur de ces dernières surtout lors des passages musicaux signés John Williams.
Score que l'on pourra écouter isolément sur une seconde piste dédiée en DS, témoignage de pratiques prisées au temps du Laserdisc et qui sont tombées depuis en désuétudes.

Test des bonus

Bien entendu le tout premier bonus de cette édition est la présence de cette version comportant plus de vingt minutes de métrage en plus vues pour la première fois lors du premier passage à la télé américaine et reprise depuis lors en Laserdisc et donc ici en DVD. Autant dire qu'il s'agit là de la version définitive voulue par Spielberg. En quelques mots les ajouts se situent en divers endroits et donnent plus de chairs à certains personnages (celui de John Candy est par exemple clairement identifié comme raciste). Une séquence entière a aussi vu le jour et elle concerne le personnage joué par Slim Pickens (alias Hollis Wood) au prise avec des sapins de noël d'origine, disons, asiatiques. Hilarant et d'inspiration « Three Stooges ».


C'est donc au sein d'une arborescence d'un autre siècle (encore que nombre d'éditions d'aujourd'hui adoptent le même profil à savoir les bons vieux menus fixes et muets) que le DVD reprend la totalité des suppléments produits pour la fameuse « Signature Collector's Edition » du Laserdisc vendu en son temps aux alentours de 130 dollars, soit encore aujourd'hui la modique somme de 120 euros tout de même.

Nostalgie quand tu nous tiens !

La pierre angulaire de toute l'interactivité de ce DVD est bien entendu la présence du fameux making-of, troisième collaboration de rang (après avoir fait celui des Dents de la mer et d'E.T.) entre Bouzereau, Universal et Spielberg. Il est de celui qui a participé à la légende de ce français débarqué à Hollywood avec pour seul bagage sa passion du cinéma et des rêves pleins la tête. Il est aussi le témoin d'une époque où l'on donnait un peu plus de temps au temps permettant de réunir en l'occurrence la quasi intégralité de l'équipe du film et de réaliser un documentaire qui avait du sens et du cœur, éléments qui ont dorénavant disparu des productions Bouzereau pour ne laisser la place qu'à des documents vidéo tout juste didactiques et informatifs.



C'est donc non sans déplaisir que l'on se replonge dans près de deux heures d'interviews, entrecoupés (rarement) d'images de tournage provenant des archives personnelles de Spielberg et d'extraits du film en guise d'illustration visuelle. Pas de narration off, juste Spielberg, dans un premier temps, qui nous expose les circonstances qui l'ont amené à tourner 1941 : « J'attendais le feu vert pour Rencontre du troisième type et je n'avais donc rien de mieux à faire dans l'intervalle que de lire ce scénario complètement barge qui deviendra 1941 », ou son point de vue quant à l'échec commercial du film : « Trop en avance sur son temps ». Intervient ensuite le producteur John Milius qui revient sur ce script initialement intitulé Bordello of blood (littéralement Bordel sanguinaire) avant de devenir The night the japs attacked puis 1941 et de s'attarder sur le duo déjanté formé par Robert Zemeckis et Bob Gale et de la difficulté à monter le film avant que Spielberg donne son accord. Ceux-ci n'hésitant pas non plus par la suite à préciser leurs influences et leurs premières expériences de travail avec Spielberg en plein tournage de Rencontre du troisième type. Sont aussi présents le célèbre A.D. Flowers, responsable des effets spéciaux qui, avec 1941, mettait un terme à sa carrière (décédé en 2001, il a travaillé entre autre sur Apocalypse Now, Le Parrain I et II, La Tour infernale, Tora ! Tora ! Tora !...), Michael Khan le monteur, John Williams qu'il serait inutile de présenter, William A. Fraker le directeur de la photo jusqu'à Gregory Jein, le responsable des maquettes.
Bref que du beau linge dont on ne regrettera au final que l'absence des acteurs, même si à l'évidence, compte tenu de leur nombre, il aurait fallu pour cela un autre documentaire dédié.



L'on pourra ensuite découvrir plus de huit minutes de scènes coupées différentes de celles que l'on peut repérer au sein du making-of (deux en fait dont l'une voit le regretté Belushi tenter de boire un coulis de tomate tout en pilotant, sorte de séquence alternative à celle retenue dans le film avec une bouteille de coca) : la plus touchante étant sans aucun doute la rencontre dans l'eau entre Dan Aykroyd et James Belushi qui, finalement, dans le métrage final, ne se croiseront jamais ; La plus drôle est sans conteste le brouillon du gag du cintre qui sera repris avec plus de succès dans le premier Indiana Jones.



La dernière bonne surprise que nous réserve cette interactivité est la présence de trois bandes-annonces dont le fameux teaser réalisé par Milius lui-même qui voit Belushi, tel un recruteur de l'armée US, exhorter le spectateur que nous sommes à aller voir 1941.

Le reste se décompose en des galeries d'images d'une extrême richesse : photos de tournage et d'exploitation, différentes affiches du film (inclus la française)…On trouve aussi des notes de production ainsi que la retranscription de critiques de l'époque en majorité très négatives, sans oublier les biofilmographies très prisées à l'époque et tombées en désuétude depuis.


Voilà in fine un contenu éditorial qui pourrait encore tenir la dragée haute à bien des éditions actuelles soit disants « Collector ». Son seul problème est cette volonté d'avoir voulu tout mettre sur un seul DVD au détriment, allez au hasard, de l'image.

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