Dune - Édition collector 3 DVD - DVD

Dune - Édition collector 3 DVD

Dune
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TEST TECHNIQUE

07 juin 2005 Par Thomas Douineau

Dune, en 1984, était attendu comme le plus grand film de science-fiction de tous les temps. Pensez-vous ! Les américains se lançaient dans l'adaptation sur grand écran du fabuleux roman de Franck Herbert, œuvre mythique par excellence, saga intersidérale réputée riche et complexe.


Finalement produit par Raffaella De Laurentiis, fille de célèbre producteur, et confié en dernier lieu à David Lynch, cinéaste de l'étrange à l'univers reconnaissable entre tous, Dune, lorsqu'il débarque sur les écrans, souffre de tous ces espoirs placés en lui, de la lourdeur de son budget, du gigantisme de sa production et de nombreux problèmes qui ont émaillé sa création. Car Dune,film de science-fiction original, proprement sidérant et remarquable dans ses ambitions, est fascinant dans son échec créatif et commercial. Comme beaucoup d'œuvres cinématographiques dont l'ampleur dépasse sa réalisation, il est et reste un grand film malade, dans lequel on trouve à la fois une étonnante modernité et de désolants archaïsmes qui le rendent rapidement obsolète pour les uns, forcément ennuyeux pour les autres. Manque de rythme, manque de cohésion, intrigue trop complexe, accumulation d'effets spéciaux pas toujours convaincants, vision excentrique d'un réalisateur trop éloignée du public nourri aux combats intergalactiques de Star wars, toujours est-il que Dune s'enlise dès que l'action nous emmène sur la planète Arrakis alors qu'auparavant, il était traversé de brefs mais intenses éclairs de génie.


Plusieurs questions se posent alors : fallait-il adapter Dune ? Fallait-il que cela soit Lynch ? Cette histoire de secrets de famille, d'humains, de races, de clans mâtinée de religions, de politique et de pouvoir pouvait-elle passer en deux heures et demi de film ? L'histoire lyrique et épique impliquant peuples et planètes, issue du terreau fertile d'une saga en plusieurs tomes, ne risquait-elle pas de tomber à plat en passant par l'entonnoir de l'adaptation ? C'est toutes ces questions que l'on se pose en abordant cette prestigieuse réédition 3 DVD du film de Lynch que nous présente Opening dans un beau packaging et de laquelle on attend nombre de réponses à la vue des suppléments prometteurs annoncés. Malheureusement, si cette édition procure un plaisir certain, ne serait-ce qu'en permettant de voir le film dans une qualité d'image et de son qui enterre tout ce qui a pu être constaté auparavant, d'appréhender enfin la version longue TV reniée par Lynch et inédite en France ou de voir des bonus certes intéressants, elle ne va pas complètement au fond des choses, n'étanchant ainsi qu'à moitié notre soif maladive de dvdphile toujours avide de savoirs. Détails…


Nous commençons par le deuxième disque qui propose donc cette fameuse version inédite contenant, comme nous l'annonce un menu déroulant d'introduction, pas moins de 35 minutes inédites. Comme nous l'indique l'éditeur, vu sa piètre qualité, cette version, recadrée en 1.33 (4/3) et accompagnée d'une piste anglaise Dolby Digital 2.0 stéréo sous-titrée français, doit être considérée comme un bonus et a donc valeur de document plutôt que de se poser en une vraie version alternative présentée comme telle. Les menus animés et sonores permettent de lancer cette version TV ou bien d'accéder à un chapitrage sous forme de texte qui permet un accès direct à l'un des 26 principaux changements. Ce chapitrage respecte le découpage en deux parties de la diffusion télé. En effet, le film passa scindé en deux morceaux à la télévision. Chacune de ces deux parties, malgré la pub, étant trop courte individuellement, des scènes ont été ajoutées à partir de plans supprimés du montage, de bouts d'essai ou pire, reconstituées de toutes pièces à partir de plans déjà utilisés mais recadrés ou inversés pour dissimuler la supercherie.

     

     
                                   Version cinéma                                                                  Version TV

Dès les premières images, nous comprenons immédiatement pourquoi cette version n'est pas reconnue par Lynch et se retrouve ainsi mise en scène par Alan Smithee : le prologue d'une dizaine de minutes va complètement à l'encontre de l'univers du film. Sur des dessins assez hideux très loin de l'esthétique originale et représentant les différentes planètes et leurs habitants, une voix off tente, tant bien que mal, de clarifier l'intrigue et de signifier expressément les forces en présence.

     

Dans l'ensemble, ces différentes scènes ajoutées n'apportent pas grand-chose à l'intrigue et trahissent d'ailleurs la plupart du temps leur objectif : elles ne sont là que pour étirer la durée du film. Quelques unes retiennent pourtant, à titre de curiosité, notre attention. Le vaisseau Harkonnen (46s) nous montre comment construire une séquence inédite qui ne figure pas dans le script original à partir d'autres plans déjà utilisés et de morceaux de pellicule récupérés ça et là. Une manipulation à hurler de rire (jaune ?) qui est sans doute une des raisons principales pour laquelle Lynch a retiré son nom du générique. Le test de la boîte (5min55s) est une version un peu plus longue et montée différemment de la résistance de Paul Altréides à la douleur. Autre scène coupée au montage, L'arrivée sur Arrakis (1min05s) où les effets spéciaux ne sont pas finalisés comme le prouvent les yeux des Fremen qui n'ont pas encore leur éclat bleu caractéristique. Plus loin, La conférence (4min01s) nous donne à voir une réunion au somment chez les Altréides qui discutent de la marche à suivre. On découvre aussi un Patrick Stewart mélomane dans Gurney joue de la guitare (2min07s), où il se sert d'un instrument de musique étrange aperçu au tout début de la version cinéma. Au cours de cette scène, le personnage de Max von Sydow accepte de se rallier aux Altréides.

     

La deuxième partie de cette version TV comprend elle aussi son lot de séquences inédites, comme un combat entre Kyle MacLaclan et Sting (Paul affronte Janus en duel, 2min03s), ou plus ou moins trafiquées. Treize changements principaux auxquels il faut ajouter sur tout le métrage de multiples et légères variations tant au niveau de l'image que du son (un effet absent ou tout d'un coup réintégré, un plan qui dure une ou deux secondes de plus que dans la version cinéma, un contre-champ supplémentaire) qu'il serait trop long de lister ici et dont l'intérêt est plus que limité, d'autant que ces infimes changements ne sont pas l'œuvre du réalisateur lui-même (nous ne sommes pas ici dans le cas des nombreux microchangements opérés par Michael Mann en personne sur Ali : Director's cut, recensés méticuleusement par Laurent Pécha dans son test du DVD).

     

Le troisième disque, celui des bonus, reprend l'esthétique des menus des deux premiers disques, et nous offre un regard sur l'histoire du film, de l'adaptation à la promotion en passant par le tournage. S'il ne répond pas à toutes les questions soulevées parce qu'il manque sans aucun doute un vrai document sur la production de Dune, il tente néanmoins de faire un tour intelligent des différentes étapes de la fabrication. Certaines étapes de la production sont peut-être survolées mais Dune étant un film maudit, les éléments entourant sa naissance doivent être plutôt rare ou difficilement accessibles.


Le travail d'adaptation est évoqué au travers l'interview du journaliste Olivier Delcroix, spécialiste de la SF, intitulée Le roman adapté (8min34s). Quelques images du film illustrent les propos du journaliste qui revient sur ce qu'a fait Lynch du roman et comment il en a gardé l'esprit, grâce à des idées qui lui sont propres et très cinématographiques, en particulier la manière dont il a traité et orienté le personnage du Duc Leto, rendant attachant cet homme à priori faible et lâche. Il reconnaît que l'apparition d'Arrakis à l'écran ensable le film, l'action et même le cinéaste qui était pourtant un bon choix de la part de De Laurentiis. Mais encore aurait-il fallu ne pas lui couper les ailes en plein envol !


Dans Un roman inadaptable (9min27s), Olivier Delcroix, interrogé par notre confrère Jérôme Wybon, évoque les différents projets qui ont précédé le Dune de David Lynch. Après avoir brièvement cité l'engagement de David Lean par Arthur P. Jacobs pour adapter Herbert (il a abandonné jugeant le projet trop riche et irréalisable) Delcroix nous parle longuement du projet pharaonique et célèbre de Jodorowsky qui ne vit jamais le jour. Le journaliste nous relate les évènements passionnants qui menèrent Jodorowsky a s'attaquer en 1975 à l'adaptation de Dune (dont les droits furent alors achetés par Michel Seydoux pour la modique somme de 10 000 dollars) qu'il entreprit de manière révolutionnaire : en réunissant les plus grands noms mondiaux dans chaque domaine et les fédérant autour de son projet titanesque, qui ferait passer le Titanic de James Cameron pour un film amateur ! Jugez plutôt : il convoque Giger au design des décors, Moebius pour le storyboard, arrive à convaincre Pink Floyd et Magma de composer la musique (un ambiance différente pour chaque planète), Douglas Trumbull pour les effets spéciaux, demande à Salvador Dali de jouer l'empereur (ce dernier réclame pourtant 100 000 dollars de l'heure !), engage Orson Welles, Mick Jagger dans le casting… Bref, du délire total, le film rêvé, les rumeurs les plus folles, le film de science-fiction le plus dingue. Pourtant tout le monde y croyait comme nous le montre des extraits du numéro 107 de Métal Hurlant qui ponctuent cette interview où l'on voit les premiers dessins préparatoires. Mais bizarrement, alors que nous sommes pendus aux lèvres de Olivier Delcroix qui nous explique que le film s'arrête stupidement (ah, bon ! Il aurait pu se faire ?), on ne connaît pas le fin mot de l'histoire, même si l'on devine entre les lignes que l'absence de réponse des studios hollywoodiens sonnaient le glas de ce projet qui risquait de coûter des millions de dollars.

Cette section plutôt orientée sur la pré-production se termine par une série de dessins préparatoires du film de Lynch présentés sous forme de diaporama (1min15s). Placés à ce moment de l'interactivité, ils risquent de tromper un peu le spectateur puisque l'on parlait jusqu'à présent des projets avortés et non du film de David Lynch lui-même, évoqué dans la suite des bonus.

     

La section concernant le tournage commence par une featurette promotionnelle Destination Dune (6min17s), montée par Paul Sammon (l'auteur du célèbre livre making of de Blade Runner) alors responsable de la publicité chez Universal. C'est la seule trace qu'il reste des nombreuses heures de rushes tournées par deux caméramans qui assistèrent à tout le tournage à la demande du studio qui pensait voir la naissance d'un des plus grands films de science-fiction. Hélas, devant l'échec du film, tous ces enregistrements furent détruits. Il ne reste que cette featurette de piètre qualité mais qui a le mérite de nous montrer le tournage d'une scène finalement coupée au montage et surtout l'image rare de la présence sur le plateau d'un Franck Herbert très enthousiaste. Une galerie de photos (2min20s) assez rare, légendée et bien présentée complète cette section.

     

On connaissait jusqu'à présent bien des films de Lynch édité en DVD sans la moindre image du réalisateur, peu enclin à commenter son travail. À notre grande surprise, l'éditeur a réussi à mettre la main sur une courte interview d'époque de Lynch (8min23s) de 1985 remontée pour l'occasion. Bien que superficielle, puisque le réalisateur entre très peu dans les détails, (on apprend quand même que l'équipe comprenait au total 1700 personnes ou que Lynch a consacré trois ans et demi à Dune), saluons sa présence, d'autant qu'elle est agrémentée d'images, de photos et d'extraits du film ainsi que de la filmographie complète du réalisateur.


La section Scènes coupées comprend une interview drôle et instructive de Philippe Lombard intitulée Qui est Alan Smithee ? (10min20s). De la première apparition en 1969 de ce fameux pseudo, des régles strictes de la Director's Guild of America qui font que ne devient pas Alan Smithee qui veut, en passant par des exemples célèbres, c'est un bref aperçu de l'histoire de ces films maudits qui échappent à leurs géniteurs qui est ici dévoilé. Une galerie photos (35s), essentiellement centrée sur les scènes inédites, enrichit le propos.


Enfin, trailer (1.33 recadré en 2.35, 4/3, VO, 1min33s), article-details_c-trailers (1.66, 4/3, VF, 3min01s), galerie d'affiches (1min15s) et galerie de produits dérivés (1min54s) viennent étayer le chapitre consacré à la promotion.


Ce disque de bonus se conclue sur un document (un peu gadget, il faut bien l'avouer) qui détaille les différentes étapes de la fabrication de la nouvelle VF 5.1 (avec comparatifs avant/après) : la restauration (1min30s) où les techniciens suppriment souffle et craquements et normalisent les informations sonores, la remasterisation en 5.1 (1min07s) qui créée une nouvelle spatialisation de la bande-son originale en stéréo pour un environnement multicanal et enfin la phase artistique (1min19s), la plus importante, qui consiste à une révision de chaque détail sonore en fonction des images. Ce document ne nous parle que de la restauration du son, faite en France, et pas du nouveau master image qui, à l'évidence provient des États-unis.


Cette nouvelle copie, parlons-en justement puisque c'est le but premier de cette réédition, nous ramène tout naturellement au premier disque. Les menus, sonorisés en 5.1, donnent accès aux différentes versions sonores, aux 21 chapitres (par vignettes animées) et bien évidemment, au film en version cinéma d'origine dans une copie tirée d'un nouveau master haute définition. Et là, force est de constater que ce master enterre littéralement tous les précédents. Pour rappel, les anciennes éditions DVD et Laserdisc du film de Lynch, en 4/3 uniquement, souffraient d'un horrible problème de colorimétrie qui faisait passer le film d'un plan vert à un plan rose à tout bout de champ et sans crier gare. Plus rien de tout ça maintenant, les couleurs sont riches, éclatantes, parfaitement saturées, correctement étalonnés et renforcées par une excellente gestion des contrastes et une belle profondeur des noirs. La définition est excellente et l'impression désagréable de voile rendant les images un peu «molles» a complètement disparu. Le reproche dommageable, et c'est un peu une constante chez Opening, concerne la compression, visible sur certains plans, notamment les étendus de sables sur la planète Arrakis. Quelques carrés de pixels apparaissent et le ciel fourmille plus que de raison. De temps à autre, la luminosité vascille au sein d'un même plan (c'est surtout visible sur les plans à effets spéciaux). L'encodage se révèle quant à lui dans la norme mais on se demande quand Opening maîtrisera parfaitement le support numérique !


Question son, c'est là aussi le jour et la nuit. Les nouvelles pistes 5.1 françaises et anglaises, Dolby Digital et DTS, redonnent un coup de jeune au film. Et lorsque l'on connaît l'attachement de Lynch à la bande-son de ses films, on en est que plus satisfait. Certes, les différents remixages (d'après nos informations, même la piste anglaise a été remixée en France) paraissent par moment un peu artificiels dans la spatialisation ou quelques bruitages semblent peu naturels mais c'est sans considérer l'énorme apport en terme de dynamique, d'ambiance et de relief que procurent ces nouvelles pistes. C'est d'abord la musique qui profite de ce renouveau, retrouvant ainsi toute son ampleur. Les voix sont un peu plus étouffées en VF qui par ailleurs semble un peu plus percutante au niveau des basses fréquences, surtout en DTS (cf : la scènes des marteleurs, très à même de tester votre caisson de graves). On peut regretter par ailleurs que, de temps en temps, la VF fasse disparaître quelques effets bien présents sur la VO (à 1h08min55s, par exemple, «La Voix» sort de tous les canaux en VO mais est cantonné aux enceintes avant en VF). Mais globalement, les différences entre les quatre pistes proposées sont minimes. Tout au plus note-t-on une présence accrue en DTS, nourrie de détails un peu plus pointus.


Ne serait-ce que par la qualité du nouveau master proposé, cette édition mérite donc le détour pour tous les ardents défenseurs du film. Quand cette restauration s'accompagne de deux disques de bonus, nous sommes conquis même si la fabrication du film n'est que très peu évoquée, ce long-métrage étant, pour beaucoup de gens de la production, un fort mauvais souvenir. Il manque le vrai documentaire présent sur le zone 2 UK que, sûrement pour des questions de droits, l'éditeur français n'a pas pu ou n'a pa su se procurer et qui aurait pu apporter des éléments de réponse à cette question qu'effleurent à peine les différents bonus présentés pourtant intéressants et bien pourvus en images rares : pourquoi un tel raté ?

CETTE EDITION

Disque 1: Dune - Édition collector 3 DVD
Emballage: Slim
Duree: 134 min
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 3 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1

  • Disque 1 :
    Film en version cinéma dans un nouveau master HD au format 2.35 (16/9 compatible 4/3)
    Sous-titres français

    Disque 2 :
    Film en version longue TV dans un master au format 1.33 (4/3)
    Sous-titres français

    Disque 3 :
    Les différents projets de Dune
    Interviews
    Dessins préparatoires
    Documents
    Le tournage
    Making of
    Interview d'époque de David Lynch
    Galerie de photos
    Photos exclusives des scènes coupées
    La promotion
    Bandes-annonces
    Affiches
    Produits dérivés
    La restauration sonore

Captures


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La Rédaction 02/04/2007 20:08 par La Rédaction

[DVD] Dune – Édition collector 3 DVD - Zone 2

Vous pouvez discuter ici du DVD/HD Dune – Édition collector 3 DVD. Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/dvd-details-681.php  LIRE LA SUITE
Jérôme Wybon 07/09/2004 22:08 par Jérôme Wybon

Pas de nom svp !!! restons simples. :honte:  LIRE LA SUITE
Groucho Marx 07/09/2004 20:21 par Groucho Marx

Sache mon cher Groucho que Jérome a ses petites entrées !!! :D Ah ok! Ceci expliquerait cela ;-)  LIRE LA SUITE

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