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Sabreur manchot (Le) La trilogie - DVD
Sabreur manchot (Le) La trilogie, 1967
Test DVD - Sabreur manchot (Le) La trilogie
Rédigé le 21 mar 2005 par
Stéphane Argentin
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
Comme tous les précédents films du catalogue de la Shaw, la trilogie du sabreur manchot a eu droit à une restauration très minutieuse. Les masters employés sont d'une propreté immaculée (il faut vraiment regarder de très près pour déceler les quelques petites taches qui traînent encore ici et là), offrent des couleurs d'une richesse renversante et des contrastes particulièrement appuyés. Pour couronner le tout, l'espace disponible sur les DVD étant presque intégralement dévolu aux films (on ne trouve pour tout supplément qu'une petite article-details_c-trailers), l'encodage est lui aussi de très haute tenue et ne flanche pour ainsi dire jamais (à quelques fourmillements près). Seule une fois encore quelques adoucissements de l'image peuvent être décelés par endroits, sans doute du à la phase de restauration.

Tout comme l'image, le son a eu droit à son petit nettoyage et si quelques saturations se font encore entendre, on ne distingue en revanche aucun souffle ni craquements inhérents aux outrages du temps. En revanche, les rendus, par ailleurs identiques sur chaque film pour chacune des langues, différent assez significativement entre la VF et la VO. Les pistes françaises offrent en effet une plus grande ouverture sonore avec quelques bruitages (vent, oiseaux ) curieusement absents du mixage VO mais souffrent également d'un effet de réverbération tandis que la VO, certes un peu plus étouffée, offre un mixage plus homogène. À noter enfin que les musiques diffèrent elles aussi plus ou moins significativement au cours des films.

Test des bonus
Sur les trois premiers DVD, on trouve tout d'abord les bandes-annonces (2.35 16/9 VOSTF) en accompagnement de chacun des films ainsi qu'une galerie d'affiches et de photos qui, dans le cas de La rage du tigre, a été placée sur le quatrième disque du coffret intégralement dédié aux bonus (tous VOSTF avec certains passages en français parlé) avec pour commencer une rubrique À propos de la trilogie.

On y trouve tout d'abord un entretien avec Ku Feng intitulé Souvenir d'un « tyran » (13min) au cours duquel le comédien revient sur le succès instantané d'Un seul bras les tua tous, sur son arrivée au sein du film, les chorégraphies de celui-ci par Liu Chia-Liang et Tang Chia (tous deux futurs metteurs en scènes) et notamment l'apprentissage du nunchaku. Il témoigne également de toute la difficulté des prises de vue, à l'époque en plans-séquences, qui nécessita une centaine de prises pour la scène de son combat avec Ti Lung. Il nous apprend également que la scène du pont (un décor construit grandeur nature) est l'une des deux séquences au cours de laquelle il fut doublé par un certain Yuen Woo-Ping. Le peu d'évolution des personnages masculins dans les films de Chang Cheh amena Ku Feng à s'orienter vers d'autres metteurs en scènes (Chu Yuan, Li Han-Hsiang).

On trouve ensuite un deuxième entretien intitulé David Chiang, le rebelle (13min) où l'acteur revient sur ses débuts de cascadeur dès l'age de sept ans avant de signer avec la Shaw sur les conseils de Chang Cheh, qui le dirigea pour la première fois dans Dead End aux côtés de Ti Lung, soit les deux acteurs fétiches du metteur en scène. David Chiang qui, dans un premier temps refusa de prendre part à La rage du tigre, évoque également le tournage le plus éreintant de sa carrière : La manteuse religieuse, avant de conclure sur ses propres réalisations : The drug addict, Silent love, The wrong couples.

Le troisième entretien intitulé Il était une fois Chang Cheh, volume 2 (13min) cède la parole à Sam Ho qui revient sur l'amputation du bras d'Un seul bras les tua tous que beaucoup considérèrent comme un hommage voire un plagiat au roman de Jin Yong, The return of the condor heroes. Toujours très attaché aux personnages masculins (il remplaça d'ailleurs l'héroïne par un homme dans Le retour de l'hirondelle d'or, la suite de L'hirondelle d'or), Chang Cheh projeta également beaucoup de lui-même dans les rôles tenus à l'écran par Jimmy Wang Yu tout en mettant de plus en plus de côté les personnages féminins (ex : La rage du tigre), ce qui n'empêcha aucunement le metteur en scène de remporter un franc succès durant les années 70 où il tourna jusqu'à neuf films par an.

Quatrième et dernier supplément de cette section « à propos de la trilogie », le documentaire Chang Cheh et le sabreur manchot (26min) au cours duquel interviennent de nombreux journalistes, metteurs en scène et comédiens, débute par le premier film de la trilogie, Un seul bras les tua tous, avec une histoire à laquelle Chang Cheh, également scénariste, tenait énormément. Même s'il n'en était qu'à ses balbutiements, le style visuel du cinéaste était déjà sous forte influence japonaise et de ses duels à l'épée et n'atteindra son apogée qu'avec La rage du tigre qui mit KO au box-office le projet concurrent de la Golden Harvest, Le boxeur manchot. La seconde partie du reportage, plus diffuse, aborde la violence très stylisée des films de Chang Cheh, sa misogynie, revient sur ses deux acteurs fétiches (David Chiang et Ti Lung) avant de se conclure sur la distribution du film en Occident (et plus particulièrement en France) où il fut catalogué « film de kung-fu » (un terme générique pour indiquer un long-métrage en provenance de Hong Kong ?), la distinction avec le Wu Xia Pian ne venant que bien plus tard.

Vient alors le supplément exclusif à ce coffret du sabreur manchot intitulé Cinéma Hong-Kong : Le film de sabre (50min 11s) datant de 2003. Particulièrement bien construit, ce documentaire débute avec l'explosion du Wu Xia Pian aux yeux du monde entier en 2000 avec Tigre et dragon pour un genre régi par des codes bien précis depuis des décennies en Chine. Un genre qui trouve ses racines dans le cinéma de Shanghaï au cours des années 20 avec ses premiers trucages visuels et le premier long-métrage marquant en 1928, L'incendie du monastère du Lotus Rouge et sa jeune actrice Chin Tsi-Ang, seize ans à l'époque.

Fuyant l'invasion japonaise de 1939 puis l'essor du communisme en 1949, de nombreux metteurs en scène contribuèrent ensuite peu à peu à l'émergence du cinéma hongkongais qui décolla pour de bon en 1964 avec le désormais célèbre Buddha's palm et son aigle interprété par le cascadeur Chan Siu Pang. Un remake vit le jour en 1982 où des techniques cinématographiques plus élaborées empruntant notamment à l'univers du cirque (câbles, trampolines) prenaient peu à peu le pas sur les chorégraphies des décennies passées influencées par l'opéra de Pékin (des comédiens de l'opéra étaient d'ailleurs engagés dans les films).

L'apogée du Wu Xia Pian eut lieu dans les années 60/70 avec des films tels que L'hirondelle d'or (1965), Pirates et guerriers (1975) très influencé par les Zatoichi japonais ou encore Un seul bras les tua tous (1967) réalisé par Chang Cheh pour qui la mission des personnages passait avant leur mort (le héros du Justicier de Shanghai continue de se battre pendant un quart d'heure avec une hache en plein ventre). Une surenchère de combat et de violence qui ne faisait que répondre aux désirs du public et faisait la part belle aux directeurs de combat (Liu Chia-Liang pour les films de Chang Cheh) et à l'emploi d'armes, aussi bien traditionnelles (Les 18 armes légendaires du Kung-Fu réalisé par Chia-Liang en 1982) qu'inventées de toutes pièces (Un seul bras les tua tous, The flying guillotine) même si l'arme incontournable demeurait le sabre.

Au milieu des années 70, Chu Yuan injecta davantage de dramaturgie dans les films de Wu Xia tandis que des long-métrages mettant en vedette des personnages de femmes fortes voyaient le jour (Les quatorze amazones), même si les doublures cascades étaient toujours tenues par des hommes. Le genre accusa ensuite un très net recul au cours des années 80/90 avec l'émergence des films de kung-fu immiscée par un certain Bruce Lee au début des années 70, puis l'arrivée des films d'action plus « pyrotechniques », même si les gunfights des polars de John Woo n'étaient ni plus ni moins que des combats où les armes à feu remplaçaient les sabres. Le Wu Xia Pian n'amorça son retour qu'à la fin des années 90 sous l'influence de metteurs en scène tels que Tsui Hark et Ching Siu-Tung avec notamment Stormriders en 1998 avant que le Tigre et dragon d'Ang Lee ne relance définitivement le genre deux ans plus tard.

Enfin, pour clore ce disque de suppléments, on trouve pas moins de 29 bandes-annonces de films de la Shaw Brothers, déjà parus ou bien à paraître, réparties selon leurs huit réalisateurs (2.35 16/9, 31min 33s VOSTF).


