Titanic - Coffret deluxe
Titanic- REALISATEUR:James Cameron (I)
- ACTEURS:Leonardo DiCaprio, Kate Winslet, Billy Zane
- GENRE:Drame, Aventures, Historique, Romance
- EDITEUR:20th Century Fox Home Entertainment
- DATE DE SORTIE:30 novembre 2005
TEST TECHNIQUE
Si l'interactivité de cette nouvelle édition prestige laisse encore quelque peu perplexe, la partie purement technique valait la peine d'attendre, à commencer par l'image. Exit le 4/3, les quelques rares taches de copie précédemment visibles (cf. les petits points noirs à droite sur la capture n°2) et l'encodage vacillant pour cause de film trop long inséré au forceps sur un DVD trop petit à l'aide d'une technologie d'encodage aujourd'hui désuète (les pavés de compression font peur à revoir désormais).
Si vous avez toujours rêvé de (re)découvrir le film de James Cameron dans les meilleures conditions home cinéphiles qui soient, n'hésitez plus, ce nouveau master haute définition et de surcroît 16/9 est pour vous. S'il persiste bien une ou deux chiures de mouche (qu'il faudra toutefois aller chercher à la loupe image par image, n'oublions pas non plus que le film date déjà de 1997 à une époque où le tout numérique des Star Wars et autres Sin city n'était pas encore implanté comme aujourd'hui), les images sont dorénavant d'une propreté immaculée, les couleurs magnifiquement saturées et contrastées (cf. les noirs de la coque du paquebot sur la capture n°1), sans oublier bien entendu l'incroyable niveau de définition conféré par le 16/9.

Zone 1 – Special collector's edition (capture 1)

Zone 2 – Édition prestige (capture 1)

Zone 2 – Première édition (capture 1)

Zone 1 – Special collector's edition (capture 2)

Zone 2 – Édition prestige (capture 2)

Zone 2 – Première édition (capture 2)
Grâce à un découpage fort judicieux sur deux DVD (1h 43min 34s et 1h 23min 18s), l'encodage ne laisse filtrer aucun défaut de compression quelque soit la scène, depuis les plus calmes (les salons huppés des premières classes) jusqu'aux plus agitées (la fête irlandaise sur le pont inférieur des troisièmes classes), depuis les plus colorées (le fameux baiser entre Jack et Rose à la proue du navire) jusqu'aux plus obscures (le naufrage dans toute la seconde moitié du film). La labellisation THX n'est nullement usurpée et l'on peut donc désormais (re)découvrir Titanic dans le confort de son home cinéma familial dans les meilleurs conditions qui soient à l'heure actuelle. Jusqu'à l'arrivée d'une future édition HD-DVD ou Blu-ray…
À noter enfin que le nouveau master employé est visiblement identique en Z1 et en Z2 comme en atteste la parfaite similitude des différentes captures (cadrage, colorimétrie…) ainsi que les sous-titres anglais à même la copie lorsque des personnages s'expriment dans une langue autre que l'anglais (ex : la partie de cartes dans le bar au début du film). Un constat déjà de rigueur sur la précédente édition Z2. En revanche, en y regardant de très près, on pourra constater quelques portions légèrement plus « verdâtres » sur le Z1 (cf. les reflets dans l'eau et les cheminées du paquebot sur la capture n°3). Un phénomène sans doute lié à une compression plus forte sur l'édition américaine, l'image occupant 4,2 Go sur le Z1 contre 4,7 Go sur le Z2. Ces menues différences mises à part, les deux éditions (Z1 et Z2) sont strictement identiques.

Zone 1 – Special collector's edition (capture 3)

Zone 2 – Édition prestige (capture 3)

Zone 2 – Première édition (capture 3)

Zone 1 – Special collector's edition (capture 4)

Zone 2 – Édition prestige (capture 4)

Zone 2 – Première édition (capture 4)
La bande son de Titanic n'est pas lauréate de deux Oscars pour rien (Meilleur son et Meilleurs effets sonores). Le film était déjà une référence à l'époque en matière de LaserDisc NTSC AC-3 (et dans une moindre mesure en LaserDisc PAL Dolby Surround), puis sur la première édition DVD qui n'offrait hélas qu'une seule et unique piste Dolby Digital 5.1, sur la VF (sur la VO pour le Z1). Il n'y avait donc à priori aucune raison pour qu'un tel spectacle sonore soit altéré. Alors, après l'émerveillement des rétines, place au ravissement des tympans.
En dépit de toutes les qualités acoustiques de la première édition DVD de Titanic, la piste DD 5.1 de cette dernière était encodée à 384 Kb/s et un tel taux explique sans doute les raisons de la supériorité à tous les niveaux des nouvelles pistes DD 5.1 désormais encodées à 448 Kb/s. L'exploitation omnisciente et omniprésente de tous les canaux disponibles du début à la fin du film s'en trouve désormais décuplée. La musique de James Horner n'a jamais pris une telle ampleur, les effets fusent de toutes parts (vent, eau, craquements inquiétants du navire…), les dialogues sont parfaitement limpides en toutes circonstances (même dans le fracas général) et les descentes de graves sont tout simplement abyssales (attention à la porcelaine de mère grand !). Quelque soit la scène, l'espace sonore est sans cesse envahi par la bande son qui marrie à la perfection précision, puissance et dynamisme. Et que dire alors du tout nouveau canal arrière (flagué dans les trois cas) qui parachève désormais l'immersion complète au cœur du film.

Dans le match opposant les différentes pistes proposées, le tiercé gagnant (dans un mouchoir de poche) est le suivant : la VF DTS 6.1 ES (mi-débit) l'emporte d'une courte tête sur la VF DD 5.1 EX grâce à une ouverture et une homogénéité très légèrement accrue, tandis que la VO DD 5.1 EX est un petit cran en deçà sur une ou deux scènes en terme de puissance et d'ouverture par rapport à son homologue VF.
Pour ceux qui seraient intéressés, sachez enfin que la nouvelle édition Z1 offre une version originale DTS 6.1 ES (mi-débit) qui dépasse également d'une courte tête la VO DD 5.1 EX (encodée là encore à 448 Kb/s). Enfin, l'édition Z1 propose des mixages Dolby Digital 2.0 Surround en anglais, français (doublage québécois) et espagnol ainsi que des sous-titres anglais sur le film et français sur les suppléments (à l'exception des commentaires audio uniquement disponibles en VONST).
TEST DES BONUS
Il aura donc fallu patienter plus de six longues années pour voir la seule et unique édition de Titanic disponible à ce jour en DVD parue en septembre 1999 (soit aux toutes premières heures du support) et de surcroît vierge de tout supplément (à l'exception d'une malheureuse article-details_c-trailers) devenir enfin obsolète. Une si longue attente est-elle récompensée avec la sortie de ce coffret prestige 4 DVD et de sa « petite sœur », l'édition spéciale 2 DVD ? Malheureusement non. Ou tout du moins en partie seulement. Alors que de plus en plus de longs-métrages montrent la voie à suivre en matière d'édition DVD, notamment pour des films d'une telle envergure (on ne citera qu'un seul exemple : la trilogie du Seigneur des anneaux et ses éditions quadruple disques), le coffret prestige de Titanic, sans pour autant se révéler désastreux (bien au contraire), pourrait être qualifié de « père pantouflard ». Explications avec la visite guidée du paquebot…

Attardons-nous tout d'abord sur les menus avec pour commencer l'accès au menu principal précédé par une très (trop ?) longue introduction à base de scènes du film accompagnée par la musique de James Horner qui vous donne enfin accès aux différents choix de navigation possibles au bout de 45 secondes chrono en main. Certes cette entrée en matière est particulièrement raffinée avec le titre défilant (très lentement) en scrolling horizontal mais de son côté, le zone 1, qui bénéficie par ailleurs de la même présentation, offre un accès direct aux différents possibilités et continue ensuite en boucle là où le zone 2 se fige sur l'image du couple Jack – Rose tendrement enlacé (toujours accompagné par la musique). Le passage d'une page à une autre s'effectue ensuite sans aucune transition. On est bien loin de la navigation à la fois rapide et inventive de Abyss ou encore de Terminator 2 !
Passons à présent au contenu à proprement parlé. Le coffret prestige propose le film réparti sur 2 disques (que l'on retrouve également sur l'édition spéciale), soit un choix particulièrement judicieux pour un long-métrage d'une telle durée (3h10) qui, à l'image des DVD de la trilogie du Seigneur des anneaux, évite de nuire à la qualité technique (visuelle) du film. Si les disques 3 et 4 (absents de l'édition spéciale) renferment exclusivement des suppléments, les deux DVD contenant le film réservent également leur lot de bonus.

DISQUE 1 & 2 – LE FILM
Commentaires audio
Pas moins de trois commentaires audio ont été inclus sur cette nouvelle édition de Titanic avec pour commencer un James Cameron qui, bien que solitaire dans cet exercice, nous démontre une nouvelle fois à quel point il est le véritable maître à bord de ses projets paquebots (entendre par là : budgets et tournages pharaoniques). Soulignant une quantité impressionnante de petits détails (la symbolique récurrente du papillon) sans oublier les immanquables anecdotes de tournage (une intoxication alimentaire de toute l'équipe), le scénariste – réalisateur – producteur – monteur se rappelle sans coup férir de l'élaboration de pratiquement chaque plan et de chacune des scènes (miniatures, infographie, décors en studios, prises de vue en extérieur…) sans oublier de mentionner à plusieurs reprises des chiffres étourdissants (taille des décors, temps de préparation…). Le débit de Cameron est tel que les temps morts se comptent pratiquement sur les doigts d'une main. Le seul point rarement abordé par le cinéaste, à l'exception d'une « main orgasmique » (comprendront ceux qui écouteront le commentaire), concerne sa direction d'acteurs.

Une lacune finalement assez peu préjudiciable puisque le deuxième commentaire audio par l'équipe du film, et notamment plusieurs comédiens, s'en charge à sa place. S'il convient de saluer ici le nombre impressionnant de personnes présentes pour nous éclairer tout au long de ce deuxième commentaire (39 en tout, enregistrés bien entendu séparément mais parfaitement mixés et insérés aux moments opportuns pour chacun), ce dernier est en revanche loin d'être facile d'accès. En effet, seul le nom de famille des intervenants est précisé là où le zone 1 nous indique les noms et prénoms ainsi que le poste exercé pour chacun (le poste n'apparaissant qu'à la première intervention). Mais là encore, l'édition ultimate de Terminator 2 reste la plus aboutie en matière de commentaire à multiples orateurs puisque le nom complet et le poste de la personne apparaissent systématiquement et restent présents jusqu'à ce que quelqu'un d'autre prenne la parole.

Histoire donc de vous éclairer sur les différents intervenants sur ce commentaire audio de l'équipe du film, en voici la liste complète en commençant par le staff technique : Russell Carpenter (directeur photo), James Horner (compositeur), Steven Quale (réalisateur de seconde équipe), Deborah Lynn Scott (responsable des costumes), Peter Lamont (designer de production), James Muro (opérateur steadycam), Lynne Hockney (chorégraphe et coach pour la gestuelle des années 1910), Kevin De La Noy (responsable de production), Martin Laing (direction artistique), Gary Rydstrom (monteur son), Joe E. Rand (monteur musique), Christopher Boyes (designer son), Ralph B. White (coordinateur technique pour les plongées sur l'épave du Titanic), Josh McLaglen (premier assistant réalisateur), Robert Skotak (superviseur des effets visuels), Roger Barton (assistant monteur), Robert Legato (superviseur des effets visuels) La deuxième partie du film (c'est-à -dire le deuxième DVD) cède naturellement davantage la parole aux équipes techniques et notamment à Simon Crane (coordinateur des cascades) tandis que Rae Sanchini (productrice exécutive) et Jon Landau (producteur) sont les deux intervenants « fil rouge » qui reviennent le plus souvent tout au long de ce commentaire audio.

Du côté des comédiens, on trouve (dans l'ordre du générique avec entre parenthèses le nom du personnage que chacun interprète dans le film) : Kate Winslet (Rose Dewitt Bukater), Billy Zane (Cal Hockley), Kathy Bates (Molly Brown), Frances Fisher (Ruth Dewitt Bukater), Gloria Stuart (Rose Dawson Calvert), Bill Paxton (Brock Lovett), Bernard Hill (Capitaine Smith), Victor Garber (Thomas Andrews), Jonathan Hyde (Bruce Ismay), Suzy Amis (Lizzy Calvert), Lewis Abernathy (Lewis Bodine), Danny Nucci (Fabrizio), Jason Barry (Tommy Ryan), Ewan Stewart (officier Murdoch), Ioan Gruffudd (officier Lowe), Jenette Goldstein (la mère irlandaise qui endort ses enfants juste avant le naufrage), Rochelle Rose (la Comtesse de Rothes), Ellen Mower et Judy Prestininzi (figurantes après le naufrage final du paquebot). Autant dire que cette liste parle d'elle-même et que les informations fournies sans le moindre temps mort au cours des 3h10 de film complètent à la perfection les renseignements précédemment délivrés par James Cameron. Quid de DiCaprio ? Inutile de le chercher, le beau Leo ne fait absolument pas parti de ce supplément. Un comble alors qu'il est en tête d'affiche aux côtés de Kate Winslet !

Si les deux précédents commentaires étaient hautement recommandables, le troisième en revanche, celui des historiens Don Lynch et Ken Marschall (les deux consultants du film pour tout ce qui touche de près ou de loin au Titanic), est nettement moins fourni et soutenu. Paraphrasant le récit tout en racontant leur propre expérience sur le tournage (que l'on devine formidable étant donné leur enthousiasme) avec à la clé plusieurs remarques redondantes avec les deux précédents commentaires (comment telle ou telle scène a été réalisée), les deux hommes ne cessent de s'extasier devant la beauté tant formelle que narrative du film de James Cameron et en oublient d'apporter leur savoir pédagogique et historique sur le naufrage du Titanic.

Mode suppléments (16/9, DVD 1 :30min 39s, DVD 2 : 32min 28s)
Cet autre bonus présent sur les deux premiers DVD est composé en réalité de 62 reportages d'une à deux minutes chacun, accessibles soit directement en cours de visionnage du film, auquel cas le disque se charge d'aller et venir entre le long-métrage et les reportages sans la moindre intervention de votre part une fois l'option activée, soit en dehors du film, individuellement ou bien en intégralité. La quantité et la diversité des sujets traités sont une fois de plus source d'innombrables éclairages sur le tournage de Titanic et une parfaite illustration par l'image des propos tenus dans les commentaires audio.

Voici à nouveau un petit aperçu de ce qui vous attend : les plongées autour de l'épave du navire avec des prises de vue combinant des miniatures, des parties du paquebot vétustes reconstruites en studio et de véritables images filmées dans les profondeurs ; la rencontre entre les deux « Rose », Kate Winslet et Gloria Stuart, la seconde ayant insisté pour connaître son alter ego avant le début du tournage ; la fabrication d'une réplique quasiment grandeur nature du paquebot mais uniquement la partie tribord (les scènes étaient filmées puis l'image inversée, nécessitant au préalable quelques aménagements, notamment pour les inscriptions écrites à l'envers).

Nous sont également dévoilés les nombreuses maquettes nécessaires aux différentes scènes du film, les décors recréant à l'identité plusieurs parties du paquebot de l'époque (les premières classes, le grand escalier, le grand restaurant, le fumoir…), l'impressionnante garde-robe (également identiques en tout point aux tenues de l'époque), les différentes scènes faisant appel en partie ou en totalité à l'infographie (l'appareillage, le survol du navire en plan séquence de la proue jusqu'à la poupe, la salle des chaudières, la scène où Rose veut se jeter à l'eau, la collision avec l'iceberg…), sans oublier quelques modules historiques avec des interventions de Don Lynch et Ken Marschall, ainsi qu'un retour sur la place des femmes dans la société de l'époque.

À l'image du commentaire audio de l'équipe du film, les informations délivrées par les reportages du deuxième DVD gravitent essentiellement autour de tous les moyens employés pour montrer le naufrage du navire à l'écran : inclinaison de la caméra, décor sur plate-forme hydraulique, cascadeurs équipés de roulettes dans le dos, mannequins jetés à l'eau, personnages 3D pour les chutes les plus hautes et dangereuses pour un cascadeur de chair et de sang, maquette prédécoupée pour la rupture en deux du paquebot, vapeur d'eau qui s'échappe de la bouche des naufragés ajoutée par ordinateur, maquillage des personnes mortes de froid, sans oublier un dernier petit segment sur le tournage du clip de la chanson interprétée par Céline Dion, My heart will go on, vidéoclip par ailleurs visible à part (1.85 4/3, 4min 33s DD 2.0).

Enfin, dernier supplément disponible sur le deuxième DVD, la fin alternative (2.35 16/9, VOST DD 5.1, 9min 3s) dont on taira la nature histoire de ne pas gâcher le plaisir de tous ceux qui souhaiteraient la découvrir de leurs propres yeux. Dans son commentaire optionnel, James Cameron précise que cette scène était présente dans le script d'origine pour mieux souligner la fin d'un long voyage et l'accès à la quiétude pour le personnage de Rose.

DISQUE 3 & 4 – LES SUPPLÉMENTS
Si comme on va le voir plus bas, le DVD 4 possède une belle capacité à nous frustrer en nous laissant à penser à tout ce que l'on aurait pu découvrir sur la genèse du film, le disque 3 est d'un tout autre niveau et risque fort de ravir les fans de Titanic. Et pour cause, on y retrouve les fameuses scènes coupées, soit au total 44min 40s constamment intéressantes voire parfois aussi fascinantes que ce que le film propose dans son montage final. C'est donc parti pour 29 séquences inédites que l'on peut visionner avec ou sans le commentaire audio plus ou moins éclairé de James Cameron (les raisons des coupes ne sont pas toujours avancées ou pas totalement convaincantes) et dans une qualité techniques optimale (transfert 16/9 aussi irréprochable que celui des DVD 1 & 2 et piste VO 5.1).

Alors que le plus souvent, ce genre de bonus laisse de marbre quand il ne déçoit pas totalement (d'un autre côté, comment raisonnablement s'attendre à ce que des scènes coupées soient biens ?), on constate avec joie et un poil d'amertume pour les fans du film que lesdites séquences sont presque toutes intéressantes à visionner (le développement de la psychologie des personnages), voire parfois très enrichissantes lorsqu'il s'agit d'approfondir les péripéties du naufrage. On a ainsi des scènes fonctionnant à merveille individuellement mais qui ne font finalement que souligner ce que le montage cinéma avait parfaitement établi (le mal être de Rose en tête)


ou alors qui développent des sous intrigues pas forcement utiles (la love story de Fabrizio)

ou bien encore qui font double emploi (le baiser très stylisé dans la chauderie entre Jack et Rose).

Lorsqu'on passe à la deuxième partie du récit et le lent engloutissement du Titanic, l'intérêt des séquences inédites s'accroît considérablement et on en vient à se dire que certaines coupes ont été avant tout effectuées pour des impératifs de temps et de respect d'un nombre minimum de séances à la journée. Pour les amateurs de longue séquence inédite, on dénote une scène d'action montrant Spicer Lovejoy (David Warner) partir pistolet au poing à la poursuite de Jack et Rose dans la salle à dîner envahi par les flots, séquence fort judicieusement jugée inutile lors des previews (cf commentaire audio de Cameron) tant le suspense à ce moment là ne concerne plus que la capacité de nos héros à sortir ensemble vivant du naufrage.

Pour le reste, on sourit à l'humour noir de la scène où Kathy Bates, un verre de whisky à la main, demande des glaçons alors que passe derrière elle, l'iceberg qui vient de heurter le Titanic.

On s'amuse de la séquence qui permet à Van Ling, collaborateur de longue date et responsable des éditions DVD (et à l'époque LD) des films de Cameron (à commencer par la présente édition) de faire une apparition en survivant du naufrage.

Mais c'est surtout les scènes poignantes autour de la tragédie qui capte le plus notre attention. Ce plan jugé trop horrible par Cameron d'une famille (et surtout d'une jeune enfant) rattrapée par les flots, cette séquence attendrissante d'une dame âgée qui refuse d'abandonner son mari (le même couple que l'on voyait enlacé sur le lit dans le montage cinéma) ou encore cette scène bouleversante où le personnage de Kathy Bates tente en vain de faire revenir la barque pour récupérer des naufragés en train de mourir de froid dans l'eau glacée.



Vous l'aurez donc compris, ce bonus tant attendu ne déçoit jamais à tel point qu'on se serait bien imaginer découvrir une version longue du film réintégrant les meilleures séquences.

L'autre morceau de bravoure de ce troisième DVD est une série de parodies du film de Cameron, un bonus spécifique à la zone 2 puisque le zone 1 distribué sur le territoire nord-américain par Paramount ne le propose pas. Si celle présentant un condensé ultra rapide de l'histoire en film d'animation mettant en vedette des lapins (48s) s'avère plaisante, elle est vite éclipsée par les deux autres sketchs proprement désopilants. Reprenant la scène de Rose âgée expliquant à l'équipage dirigé par Brock Lovett (que Bill Paxton rejoue ici avec délectation) sa romance avec Jack, Saturday night live parodie (4min 48s) s'articule autour du fait que Brock et sa bande en ont complètement marre d'entendre « cet interminable roman d'amour de daube » et ne désirent plus qu'une chose : que la mamie crache son secret et qu'elle leur dise où est le diamant. La suite est des plus loufoques comme peuvent en donner un petit aperçu, les captures ci-dessous.

Encore plus fort, la MTV parodie nous invite à retrouver deux comiques d'exception : Ben Stiller et Vince Vaughn. Le duo va tenter durant 4min 23s de convaincre James Cameron de faire une suite à Titanic. Leurs arguments, leurs idées (c'est bien évidemment du n'importe quoi en puissance) et leur enthousiasme (Vaughn les bras écartés hurlant qu'il est le « king of the world ») apparaissent aussi désespérants à Cameron (qui joue très bien d'ailleurs) qu'hilarants pour nous heureux spectateurs. Tout simplement énorme !


Après s'être ainsi amusé, il est malheureusement temps de redescendre sur terre en insérant le DVD 4, celui qui contient le plus gros des suppléments de l'édition. La couleur est vite annoncée avec sans doute l'un des menus d'accueil les plus foireux vus sur un DVD (une photo presque pixelisée de Cameron), une sorte d'injure esthétique d'autant plus impardonnable au regard du prestigieux film qu'il accompagne.

Décomposée en trois parties, Bonus, Marketing et Galerie de photos, le disque va durant de longues heures (si on regarde bien tout surtout les très exhaustives galeries) nous mettre plus d'une fois l'eau à la bouche en laissant entrevoir les images innombrables captées durant le tournage tout en nous désespérant par son incapacité à produire une ligne éditoriale cohérente, empêchant une implication passionnée avec ce qui est pourtant l'un des projets et tournages les plus marquants de l'histoire du cinéma. Bref, alors qu'on espérait avoir affaire à un making of de la trempe d'un Cléopâtre, on doit se contenter de surfer d'un œil jamais captivé sur les multiples bonus du disque et de se voir imposer plus d'une fois les mêmes images.

Comme un signe qui ne trompe pas sur la valeur intrinsèque des suppléments, c'est dans la section Marketing que se trouvent les infos les plus enrichissantes du disque. On y trouve tout d'abord deux documentaires : HBO first look : The Heart of the Ocean (27min 33s), un bonus exclusif à la zone 2 (par rapport au zone 1 Paramount) et Fox special : Breaking new ground (42min 27s). Reconnaissons que ces deux modules s'avèrent relativement complémentaires même si on ne nous épargne pas quelques redites (qui seront amplifiées par la section Bonus). D'un côté, le doc HBO s'évertue à mettre l'accent sur le tournage et les choix artistiques et techniques imposés par Cameron et de l'autre, le reportage de la Fox montre en quelque sorte le résultat de cette obstination en insistant bien sur l'exact similitude entre les faits historiques et leur adaptation cinématographique.

Malheureusement si tout cela est bien emballé (surtout le HBO), on reste constamment à la surface des choses. Pour exemple, on découvre lors d'un bref plan Cameron donné dans l'eau ses indications à Kate Winslet concernant la manière de manier la hache. Mais alors qu'on aurait aimé voir tout le processus de création de la dite séquence, cela reste totalement furtif et anecdotique (deux secondes et on passe à autre chose). Les méandres de la création d'un des génies actuels du 7ème art resteront ainsi un mystère quasi total tant le cinéaste ne prend jamais vraiment la parole pour évoquer directement ses aspirations mis à part quelques phrases clés quand on connaît un peu le personnage comme ce « si vous innovez pas, à quoi ça sert ».

Si les deux reportages ne se montrent donc jamais vraiment convaincants, il est logique que le bonus suivant de cette section intitulé Mini documentaires presse laisse encore plus de marbre. Même si là encore, il y a des choses à sauver des 18min 21s proposées et découpées en 7 accès bien spécifiques, on reste dans le domaine du promotionnel d'époque.

On finit le tour de la section avec une imposante galerie de bandes-annonces : 7 au total pour une durée impressionnante de 19min 07s (pas de sous-titres sur les BA en VO, format respecté, encodage 4/3, pistes en 2.0). À noter qu'on y trouve de l'inédit. Les amateurs apprécieront fortement. Dans le même genre, le module consacré aux spots TV propose 8 clips pour une durée là aussi inhabituellement longue pour le genre de 3min 44s.

S'il y a une des trois sections du DVD qui n'a rien à se reprocher, c'est de toute évidence celle des Galeries de photos. Ceux qui ont connu les longues heures de manipulations de télécommande sur l'édition ultimate (ou pas) de Terminator 2 savent que le monsieur DVD des œuvres de Cameron, Van Ling, est un adepte des documents écrits (un virus sans doute pris à l'époque où il confectionnait les meilleurs bonus LD du marché). Il le prouve une nouvelle fois ici avec d'impressionnantes et surtout interminables galeries qui rassasieront les plus mordus d'entre nous. Jugez plutôt : Page du script (482 pages en anglais), Séquence de storyboard (532 planches), Graphisme (148 pages), Photographie (628 pages), Archives de Ken Marschall, consultant historique d'un point de vue visuel (82 pages), Dans l'ordre (25 pages sur les recettes du film dans le monde) et Bibliographie (72 pages). Bref, de quoi largement épuiser les piles de sa télécommande à force d'appuyer sur la flèche droite ou gauche si on veut de nouveau admirer la richesse des éléments proposés.

Sous l'appellation basique Bonus, on trouve 7 suppléments dont la qualité et l'utilité varient beaucoup. Les nouvelles de 1912 (2min 13s, avec ou sans le commentaire d'Ed Marsh, documentaliste vidéo sur le film) est un segment vidéo où l'on retrouve à la façon des films du début du siècle, les personnages du Titanic ainsi que le fameux paquebot. Un bonus avant tout anecdotique. Avec Déroulé de la construction (4min 20s, avec ou sans le commentaire d'Ed Marsh) vient le temps une nouvelle fois de la frustration. On y découvre en accéléré l'intégralité de la fabrication du Titanic. Forcément impressionnant, ce document nous fait dire qu'il y avait donc matière à en proposer bien plus autour de ce tour de force technique.

Plongée en profondeur présentation (15min 33s, avec commentaire du cinéaste) nous rappelle que la découverte de l'épave du Titanic pour Cameron ne date pas des Fantômes du Titanic. Le document nous propose de découvrir les premières images tournées par le réalisateur et les sous-mariniers russes qui l'accompagnèrent dans l'aventure du paquebot enfoui au plus profond de l'Océan Atlantique. À réserver donc à ceux qui ne connaissent pas le long-métrage en relief sorti en 2003.

Pour rester dans le domaine de la prouesse technique, on jettera un œil distrait sur Vidéomatique (3min 13s) et Effets visuels (5min 38s) qui montrent trop succinctement et de manière peu emballante les diverses astuces visuelles pour recréer la magie du Titanic (fond vert à gogo, préparatifs intensifs à base de maquette pour créer les plans les plus complexes…).

Pour finir, si Visite guidée du Titanic (7min 36s, avec ou sans le commentaire d'Anders Falk, auteur du reportage) permet « juste » de découvrir les différents lieux du tournage dans le Titanic reconstitué et vierge de tout acteur et autres membres de l'équipe du film, on ne saurait trop vous conseiller de faire un arrêt sur L'équipage du Titanic (17min 29s).

À défaut de connaître les évidentes difficultés et challenges techniques et logistiques rencontrées par Cameron et son équipe via un documentaire rétrospectif, on peut découvrir l'aspect ludique et décontracté du tournage avec ce reportage-bêtisier. Vraiment très drôle (avec un encart salutaire au début pour minimiser l'humour vis-à -vis de la tragédie du Titanic), ce bonus nous montre des comédiens toujours partant pour faire les pitres tout en se moquant plus d'une fois de Cameron en personne (on n'oubliera pas de sitôt ce montage ultra speed dévoilant LA phrase du cinéaste : « You know what i mean », prononcée plus de trentaine fois en l'espace de quelques secondes à quiconque veut l'entendre).


CONCLUSION
Alors que cette édition 4 DVD de Titanic se devait d'être infaillible de par l'attente qu'elle a suscitée, on reste sur un sentiment un tantinet mitigé, celui d'être passé à côté d'un véritable événement. À force de découvrir des éditions d'exception, on en devient forcement très exigeant. Et encore plus quand déboule la réédition du film qui explosa les box-offices du monde entier après avoir engendré l'un des tournages les plus mémorables de l'histoire. À ce jour et malgré la quantité de bonus proposés, ce dernier garde encore bon nombre de ses secrets. Partie remise ?
CETTE EDITION
Emballage: Slim
Duree: 189 min
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 4 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL
DISQUE 1
Disque 1 & 2 : Film & Suppléments
Image entièrement remasterisée
9 minutes de scènes inédites et une fin alternative
Dans les coulisses : 50 minutes d'images inédites sur les coulisses du tournage
Trois commentaires audio : Un commentaire de James Cameron, un commentaire de l'équipe du film et des acteurs et un commentaire historiqueDisque 3 & 4 : Suppléments
45 minutes de scènes coupées finalisées en terme d'image, d'effets spéciaux et de son et visibles pour la première fois
Documentaires sur les effets spéciaux et la production du film
De nouvelles découvertes : Découvrez les moyens monumentaux déployés lors de la création du film
Le coeur de l'Océan : Émission exclusive de la chaîne câblée HBO
Trois parodies de Titanic
Bandes-annonces
Captures
LIENS SPONSORISÉS
LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!|
|
02/04/2007 20:08 par La Rédaction
[DVD] Titanic - Coffret deluxe - Zone 2Vous pouvez discuter ici du DVD/HD Titanic - Coffret deluxe.
Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/dvd-details-665.php
LIRE LA SUITE
|
Les encheres
- DVD L'irlandais
- DVD On the Ice
- Blu-ray La grande illusion + To be or not to be
- Blu-ray + DVD The Artist
- Blu-ray + DVD Mondwest
TOUTES LES ENCHERES
>>> QU'EST-CE QUE C'EST?
À VOUS DE JOUER:
- Quiz du 18 avr. 2012
- Quiz du 17 avr. 2012
- Quiz du 16 avr. 2012
- Quiz du 13 avr. 2012
- Quiz du 12 avr. 2012
TOUS LES QUIZ
>>> QU'EST-CE QUE C'EST?
Newsletter
Les tests DVD/Blu-ray
- BR - Anonymous
- BR - Bounty (Le)
- BR - Ordre et la morale (L')
- BR - Men in black 2
- BR - Jardin du Diable (Le)
- DVD - Looking for Nicolas Sarkozy
- DVD - Mer à l'aube (La)
- BR - Flèche brisée (La)
- DVD - Molex, des gens debout (Les)
- BR - Dix Commandements (Les)
- BR - Illegal traffic (Reykjavik Rotterdam)
- DVD - Irlandais (L')
- DVD - Mission : Impossible, 20 ans après - Saison 1
- DVD - On the ice
PLUS DE TESTS DVD/BLU-RAY






