Fingers - DVD

Fingers

Mélodie pour un tueur
dvd note 2 country_flag

CLIQUEZ POUR LA JAQUETTE HD


FICHE DVD LIRE LA CRITIQUE FILM LIRE LE TEST DVD
LE FILMStar Rating 6
IMAGEStar Rating 7
SONStar Rating 7
BONUSStar Rating 6
CAPTURES VOIR LA FICHE FILM

TEST TECHNIQUE

16 mar 2005 Par Sandy Gillet

Fingers, pour ceux qui ne le saurait pas encore, est le film originel qui a motivé Jacques Audiard à signer De Battre mon cœur s'est arrêté et de changer quelque peu son fusil d'épaule en terme d'écriture puisqu'il ne s'agissait pas ici de partir d'une histoire originale comme avec Sur mes Lèvres mais bien de procéder à une adaptation à partir d'un matériaux déjà existant.
Écrit et réalisé par James Toback pour qui c'était alors son premier film (on lui doit entre autre depuis le scénario de Bugsy ainsi que quelques réalisations oubliables telles que Harvard Story ou encore Black and White), Fingers est une œuvre emblématique à plus d'un titre et traite de différents thèmes suffisamment intemporels pour avoir décidé notre Jacques Audiard national à reprendre le flambeau.

Tourné en 1978, Mélodie pour un tueur (titre français assez bien trouvé) s'inscrit au sein du cinéma indépendant américain essentiellement localisé à New-York et dont les chefs de file à l'époque n'étaient autres que Cassavetes et Scorsese. Il n'est pas interdit en effet de voir en Fingers une variation à Taxi Driver, tout du moins dans sa forme (tournage à l'arrache, acteurs inconnus mais qui vont le devenir, ville de New-York comme personnage principal…), et de réaliser qu'il matérialise à lui tout seul le chant du cygne d'une certaine idée d'un cinéma proche de la politique des auteurs en France ou du néo-réalisme en Italie (scénario en évolution constante pour tenir compte des impératifs de tournage difficiles, décors et lumières naturels, pas de musiques additionnelles, interprétation proche de l'improvisation dirigée…).

Le fait est que la forme a un peu tendance à envahir le fond larguant au second plan une histoire aux thèmes sous-jacents pourtant ambitieux et qui perdurent malgré un traitement pour le moins « laxiste ». Il y est donc principalement question de la relation entre un père et son fils, du passage à l'âge adulte avec ce que cela peut comporter de désillusions et de recherche d'identité (le personnage joué par Harvey Keitel, dont c'était le premier rôle majeur juste avant les Duellistes, est un homosexuel refoulé qui se cherche doublé d'un pianiste raté et d'un homme de main au service de son bookmaker de père). Même si au sein de quelques scènes, une certaine réalité crue se fait jour au détour d'une mise en scène épurée à l'extrême, on cherche encore le liant entre elles et par la même occasion le signifiant à cet ensemble fait en bout de course de bric et de broc.

Petit film ancré sur le tard d'une décennie bientôt frappée par le talent foudroyant d'un Ferrara (son Driller Killer, réalisé en 1979, relancera pour un temps le « genre » vers les années quatre-vingt), Fingers ne vaut finalement que par le témoignage d'une époque et de la façon de l'appréhender et par l'exhumation indirecte qu'en aura fait Audiard chez nous.

Sorti fin 2002, le DVD édité par Warner s'entiche de compléments somme toute assez pertinents pour ceux qui ne veulent pas rester à fleur d'un film un peu autiste. On en veut pour preuve le très bon commentaire audio qui voit James Toback défendre son film avec fermeté tout en explicitant certaines de ses orientations scénaristiques et de mise en scène. Les anecdotes pleuvent (la mémoire du gars est impressionnante) et concernent principalement le choix des acteurs ainsi que l'historique de la production : soit un film produit par un magnat du parfum (Fabergé pour ne pas le citer) et tourné en dix-neuf jours avec entre autre une ex star du football américain (son ami Jim Brown qui s'est imposé depuis à Hollywood dans des seconds rôles savoureux) ou encore avec deux acteurs que l'on retrouve aujourd'hui dans la série des Soprano (Dominic Chianese soit l'oncle Junior et Tony Sirico dit Paulie). On regrettera l'absence de Keitel que l'on retrouve en fait dans un entretien trop court aux côtés du réalisateur. L'occasion pour lui de revenir sur la formidable expérience que fut pour lui ce film et de parler du cinéma indépendant américain entre hier et aujourd'hui.

Coté technique, l'éditeur nous propose une copie de très bonne tenue même si non exemptes de taches et poussière. Mais compte tenu du côté fauché de la production, on ne sera au final pas trop regardant d'autant que l'encodage retranscrit avec bonheur la photo « arty-craspec » de Michael Chapman qui avait déjà signée la lumière de Taxi Driver avant de collaborer à nouveau avec Scorsese sur The Last Waltz et surtout sur Raging Bull. Le mono 1.0 en VO est à la hauteur de ce qu'un tel encodage peut permettre à savoir légèrement étriqué mais suffisamment clair et aéré pour ne rien rater de ce qui se passe à l'écran. La piste en VF est par contre une véritable curiosité avec son doublage littéralement d'un autre temps (jamais timbres de voix n'auront été aussi en décalage avec la personnalité des personnages) et une quasi disparition des ambiances de la ville donnant la fâcheuse impression que tout le monde parle à l'intérieur d'un bocal. Très drôle finalement !

CETTE EDITION

Disque 1: Fingers
Emballage: Snap Case
Duree: 91 min
Format d'image: 1.78:1
Type de disque: 1 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: NTSC

DISQUE 1

  • Commentaire audio du réalisateur James Toback (VO)
    Entretiens : A Conversation About Independent Film With Harvey Keitel and James Toback (VO, 5min49s)
    Bande-annonce (VO, 3min25s, DD 1.0, 1.78 compatible 16/9)

Captures


LIENS SPONSORISÉS

La Rédaction 02/04/2007 20:08 par La Rédaction

[DVD] Fingers - Zone 1

Vous pouvez discuter ici du DVD/HD Fingers. Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/dvd-details-661.php  LIRE LA SUITE

À ne pas manquer

Newsletter