Man on fire - DVD

Man on fire

Man on fire
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TEST TECHNIQUE

11 mar 2005 Par Thomas Douineau

Images surexposées, flashs, ralentis, accélérés, couleurs trafiquées, filtres colorimétriques à gogo, noirs artificiellement densifiés, tout ou presque était là pour mettre à mal le report sur support numérique et altérer le travail d'encodage et de compression. Mais le résultat force le respect tant le DVD s'en sort haut la main, présentant des images à la fluidité éprouvée et au rendu conforme à la vision en salle de cinéma si ce n'est une dominante verte un peu plus prononcée. Le master est propre et lumineux et possède une définition ciselée que seul vient perturber une légère rémanence sur les limites séparant des zones à très haut contraste. La compression se joue du grain d'origine, donnant aux images un rendu très argentique seulement perturbé par de très rares artefacts numériques dans les arrière-plans. Pas mal pour un seul disque comprenant le film (2h20min) accompagné de quatre pistes son et de plus de trois quart d'heures de vidéo supplémentaire (bandes-annonces, scènes coupées) !

Note : Dans son grand délire clipesque (cinégénique ?), Tony Scott répète parfois à l'image sous forme de titrage les dialogues qui varient alors en taille et en place en fonction de l'intensité de la scène (bonjour les frais de labo pour l'exploitation dans d'autres langues). On reprochera que ces cartons soient en français lorsqu'on sélectionne la VO. Pour ceux qui préfèrent s'immerger complètement dans la langue originale, ils n'ont plus qu'à se diriger vers le disque américain.



Il fallait s'en douter, nous visionnons un blockbuster supervisé par Tony Scott. Ainsi le son est traité à l'identique de l'image. Chaque effet (tic ?) de mise en scène est relayé par une réponse sonore en conséquence. Entre une musique omniprésente qui alterne la voix sublime de Lisa Gerrard avec des percussions lourdes en basses fréquences et des effets virevoltants en veux-tu en voilà, la bande-son de Man on fire profite d'un mixage efficace mais peu subtil qui mettra à mal votre installation.

En VO, les maîtres mots du Dolby Digital 5.1 sont : dynamique et percutant. Le genre «rentre-dedans et fonce dans le tas» qui profite d'une spatialisation étonnante et d'une répartition/séparation des différents canaux hallucinante. Le son nous enveloppe de manière saisissante sans étouffer la voie centrale dont les dialogues restent parfaitement intelligibles. Curieusement la piste Dolby Digital 5.1 française propose des canaux arrière un peu plus présents. Mais qui dit plus présents ne veut pas dire plus détaillés et mieux spatialisés. Au contraire et il vaut mieux se tourner alors vers le DTS français pour retrouver l'équilibre de la VO et sentir l'impact et la précision chirurgicale des effets. Ces différences sont néanmoins minimes. La principale réside surtout dans un doublage qui donne trop de présence aux voix, obligeant une voie centrale à supplanter d'autres informations. On notera que la piste DTS est encodée à quelques Db supplémentaires.

TEST DES BONUS

11 mar 2005 Par Thomas Douineau

On espérait sur notre territoire, à l'image de nos voisins belges ou anglais (voir notre news), une édition collector deux disques du dernier film de Scott. Il faudra nous contenter de cette édition simple, l'éditeur FPE ne prévoyant, pour l'instant, aucune autre sortie DVD plus fournie en bonus.

Une fois le disque dans la platine, nous sommes accueilli par 7 minutes de bandes-annonces de films prévus en DVD chez l'éditeur (Alien vs. Predator, Melinda et Melinda, L'Enlèvement…). Cette promotion laisse ensuite place à des menus 16/9e animés et sonores aussi épileptiques que le film car ils en reprennent les couleurs et l'esthétique clipesque. Le choix des langues, des sous-titres, des chapitres (28 vignettes fixes et muettes) nous est proposé ainsi qu'un accès vers les bonus de cette édition.

Le premier supplément prend la forme d'un commentaire audio (VOSTF) de Tony Scott. Le réalisateur nous livre nombre d'anecdotes, de secrets de fabrication, parle de ses intentions, de ses choix. Quelques blancs ponctuent ses propos mais ils sont plutôt les bienvenus, offrant des respirations au sein d'un commentaire riche et dense en informations. On apprend ainsi que le projet traîne dans la tête de Scott depuis 22 ans et que c'est Arnon Milchan, en revoyant par hasard la version d'Elie Chouraqui sur le câble, qui a remis sur le tapis ce projet qui devait être à l'origine le deuxième film de Scott après Les Prédateurs. Il aborde aussi les questions de choix de comédiens ou de direction d'acteur insistant sur l'implication totale de Denzel Washington dans chacun de ses rôles.

On y apprend aussi que Brian Hengeland devait réaliser le film ou Alfred Molina joué le père de Pita (mais il a préféré le gros cachet de Spider-man 2). Le réalisateur nous parle de l'histoire, de la construction du scénario, de la nécessité pour lui de s'inspirer à chaque fois de personnages réels pour créer un univers crédible. Plusieurs fois il cite La Cité de Dieu et revient d'ailleurs longuement sur une mésaventure de tournage qu'on aurait cru directement sortie de ce film : le tournage a été à plusieurs moments dangereux et l'équipe s'est retrouvée un jour attaquer par des jeunes armés de revolvers. L'incident fut évité de justesse mais le garde du corps de Scott s'est retrouvé à l'hosto avec de multiples fractures. La technique n'est pas en reste puisque Tony Scott nous parle des différentes méthodes pour obtenir cette esthétique particulière (pellicules, filtres…) dont la plus rocambolesque est l'utilisation d'une caméra à manivelle de 1910 que les caméramans, pour plus de souplesse, actionnaient grâce à une perceuse Black et Decker dont la mèche était directement fichée dans le moteur ! Hallucinant !

L'autre point fort de cette interactivité est la présence de 15 scènes coupées (dont une fin alternative) visibles en continu ou sélectionnables une à une par l'intermédiaire d'un index et qui représentent près de 33 minutes de métrage supplémentaire. Optionnellement, ces scènes peuvent être commentées par Tony Scott. Toutes ces séquences sont présentées dans une qualité d'image irréprochable, sous-titrées (commentaire compris) et dans leur format 2.35 (4/3). Cependant, beaucoup d'entre elles ne sont pas achevées au niveau du son : pas de mixage, pas de bruitage, pas de musique. Ce qui rend d'ailleurs compte de l'immense travail réalisé en aval par les ingénieurs du son.

Lisa réclame un garde du corps (1min 45s)
Une scène de dispute dans le couple. Scott dit aimer cette scène car l'actrice était sexy en sous-vêtements et apportait un peu de sensualité au film. Mais elle en disait dès le début un peu trop sur la situation financière de Samuel et sur les gardes du corps.

Lisa et Samuel font l'amour (1min 15s)
On dirait le dernier clip de J-Lo ! Absolument pas sensuelle, cette scène a d'ailleurs été supprimé pour cette raison : elle faisait vidéoclip. Scott lucide ? On se demande d'ailleurs pourquoi il l'a finalement tourné puisqu'il nous confie que dès le scénario, la production a estimé qu'elle ne fonctionnait pas.

Lisa parle à Creasy et ce dernier rencontre Jordan Kalfus (2min 46s)
Elle permet de montrer dans quel état d'esprit professionnel Creasy est pour protéger la jeune fille et pourquoi le risque d'enlèvement, malgré sa présence, était élevé. Elle révélait par ailleurs un peu trop tôt les intentions du personnage joué par Mickey Rourke. Scott nous apprend que beaucoup de scènes avec Mickey Rourke ont été coupées car pas nécessaires au film.

Pita prie pour un chien (1min 21s)
Cette scène montre la relation père/fille mais a été supprimée en raison de ses intentions finalement peu claires.

Pita pose des questions à Creasy sur sa famille (1min 47s)
Elle était là pour dévoiler un peu du passé du personnage de Creasy et lui permettre de se rendre compte qu'il avait raté son rôle de père. Une manière de renforcer ce que l'on comprenait déjà entre les lignes. Résultat : supprimée !

Pita questionne Creasy sur sa main (1min 57s)
On y voit Pita avec des béquilles, preuve qu'il y a encore d'autres choses qui ont été coupées dans le film qui n'apparaissent pas ici. Pita se remet à l'avant de la voiture, prétextant que, à cause de son pied, elle y sera plus confortablement installée. À travers ses questions, elle sonde le passé du personnage joué par Washington. La scène fut supprimée parce que trop redondante avec une scène similaire où Christopher Walken et Creasy évoquent leur passé commun.

Creasy sauve Lisa / Amour avec Lisa / Conséquences (6min 33s)
Cette scène devait créer une tension sexuelle dans une situation de danger (un assassinat en plein jour et en pleine rue). Il y avait même un plan où Lisa se masturbait dans la voiture en regardant Creasy de l'autre côté de la rue faire sa déposition. Et Scott d'ajouter : même pour des scènes coupées, c'est trop chaud ! Auparavant, tout au long du film, se créait entre eux une relation ambiguë qui aboutissait à cette scène. Puis, nous est montré le sentiment de culpabilité qui s'ensuit quand Sam remercie Creasy d'avoir veillé sur sa femme. Scott aime à penser que Samuel est au courant. Mais Scott précise que lors d'une projection-test, les spectateurs ont éclaté de rire quand Sam remercie Denzel Washington pour ce qu'il a fait pour sa femme. La raison de la suppression de cette scène ?

Lisa dit à Samuel que Creasy doit partir (49s)
Par un effet domino, en supprimant la scène précédente, Scott fut obligé de couper d'autres parties. En effaçant la relation entre Creasy et Lisa, toutes allusions futures, comme celle-ci doivent être abandonnées. Finalement, toute la relation affective entre les deux personnages mise entre parenthèses évite que Lisa n'apparaisse plus comme une mère aux yeux du public.

Samuel joue du piano / Creasy parle à Manzano / Lisa prie (1min 20s)
Trop révélatrice, cette scène qui suit le rapt montrait trop vite que quelque chose clochait et que Samuel pouvait être impliqué.

Le fantôme de Pita apparaît dans la cour (1min 23s)
Elle se situe après la scène où la jeune mère demande à Creasy de tuer tous les gens qui ont fait du mal à sa fille. Ces images de fantômes ont été ajoutées par Scott au tournage car ce dernier avait peur que le public ne croit pas à sa mort. Cette scène fut coupée car il commençait à y avoir trop de ces «apparitions».

Creasy tue le kidnappeur Sandri (54s)
Creasy abat un des ravisseurs de sang-froid. Cette coupe a été ordonnée par le studio qui trouvait déjà le film trop violent. Pas la peine d'en rajouter lorsqu'il s'agit de personnage secondaire.

Jordan Kalfus explique l'enlèvement de Rita (54s)
Cette scène fut coupée pour éviter de donner trop d'informations et laisser plutôt le spectateur déduire qui sont les responsables du rapt au travers d'informations déjà distillées ça et là dans le métrage.

Samuel tue Jordan (58s)
Il est ici explicitement montré qui tue Jordan alors que dans la version cinéma, ce n'est que suggéré. Une nouvelle façon de montrer qu'il est parfois plus utile d'impliquer le spectateur en le laissant faire lui-même le travail d'enquête.

Creasy parle à Marianna et Manzano (3min 32s)
Cette scène montrait comment ces trois personnages travaillaient ensemble et interagissaient. Encore une fois (Scott se répète), elle fut supprimée car le spectateur avait déjà assez d'éléments. De plus, elle ralentissait le rythme qui, à ce moment de l'intrigue, devait s'accélérer.

Fin alternative (3min 58s)
La fin gardée par Scott est, selon lui, la bonne et nous ne sommes pas loin de partager cet avis. C'est une fin sur la dignité. Les financiers voulaient finir sur un Denzel Washington plus héroïque. Sur suggestion de l'acteur celle-ci fut donc tournée (on en dira pas plus pour ne pas spoiler le film). Mais pour tout le monde, il lui manquait finalement le mystère, l'intégrité et le pathos de la fin actuelle. L'honnêteté et la poésie du final retenu ont semblé plus justes. Le film aurait-il pu être plus jusqu'au-boutiste ?

Ces suppléments se clôturent sur la section Exclusivités coulisses. Rien de bien transcendant puisqu'il s'agit simplement de la article-details_c-trailers de Trouble jeu (1min 07s) introduite par le réalisateur du film.

En conclusion, on peut dire que cette édition se révèle être, en terme de bonus, bien plus intéressante que le film qu'elle contient et ce malgré l'absence d'un deuxième disque de suppléments dont il fut un temps question (et qui existe donc bien dans d'autres pays européens). Cet état de fait devient une constante du cinéma des frères Scott (Tony et Ridley) où il est souvent plus passionnant de les entendre s'exprimer sur la fabrication de leurs productions plutôt que de visionner les films en eux-mêmes. Un comble qui montre qu'ils sont avant tout de formidables techniciens.

CETTE EDITION

Disque 1: Man on fire
Emballage: Amaray avec fourreau
Duree: 140 min
Format d'image: 2.40:1
Type de disque: 1 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1

  • Commentaire audio du réalisateur Tony Scott
    Quatorze scènes coupées (31min) avec commentaire optionnel du réalisateur
    Fin alternative avec commentaire optionnel de Tony Scott
    Bandes-annonces Fox

Captures


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La Rédaction 02/04/2007 20:07 par La Rédaction

[DVD] Man on fire - Zone 2

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