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Exorcist The Beginning - DVD
Exorciste : Au commencement (L'), 2004
Test DVD - Exorcist The Beginning
Rédigé le 21 fév 2005 par
Laurent Pécha
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
Si les bonus déçoivent, l'image du DVD tout comme sa partie sonore, emporte notre totale adhésion. Mis à part quelques très légers fourmillements lors de certains passages en base lumière ou exposés à la photo dorée de Storaro, le rendu numérique de Exorcist : The Beginning est absolument superbe.

Que ce soit la définition (ciselée), les contrastes (superbement appuyés offrant des noirs à la profondeur abyssale), la colorimétrie magnifiquement saturée (les tons chauds ou froids étant retranscrits avec autant de bonheur) ou encore la compression qui se joue habilement de la durée du film et de la présence de trois pistes 5.1 dont une DTS, tout est fait pour plonger le spectateur dans l'ambiance pesante voulue par Harlin et son équipe.

La section sonore de Exorcist : The Beginning réserve donc une surprise de taille : Warner se (re)met enfin au DTS. Après avoir proposé en zone 1 lors de certaines rééditions plus ou moins prestigieuses (les Lethal Weapon, Interview with a vampire, Twister) le si convoité mixage DTS, le studio décide soudainement sans publicité (rien n'avait été annoncé officiellement) de « balancer » du DTS sur une de ses nouveautés. S'il y a en revanche de grandes chances que l'édition française ne suive pas cette initiative (les éditions spéciales des Armes fatales ne disposent pas de piste DTS), la présence d'une VO DTS constitue une bel événement.

À ceux qui pesteront sur cette « première » pour un film aussi mineur (raté), on saurait tenté de dire qu'il y a finalement une sorte de logique que l'éditeur offre du DTS à un film du réalisateur le plus sympathiquement bourrin en activité. Et il ne faut que quelques secondes pour donner raison à cette initiative puisque comme tous les films de Renny Harlin, la bande son de Exorcist : The Beginning fait valoir dès la séquence d'ouverture ses solides arguments pour s'imposer comme piste de démo pour installation home cinéma bien équipée et surtout bien insonorisée. Par une dynamique et une ampleur nettement supérieures, la piste DTS s'impose à ses homologues DD (surtout la piste québécoise nettement en retrait au niveau du rendement, pour les amateurs, sachez que l'accent y est peu, voire pas du tout prononcé). Recélant nombre d'effets spectaculaires, utilisant avec gourmandise l'espace surround (dommage qu'il n'y ait pas d'encodage ES ou EX) et usant d'une stéréo avant tonitruante, le mix DTS et à un degré moindre donc le DD permettent à Exorcist : The Beginning de s'offrir une efficacité en terme d'ambiances qu'il n'avait pas forcement en salle.
Après avoir goûté à la chose, on serait gré à Warner de ne pas nous frustrer pour ses prochains titres. En attendant que l'éditeur propose à nouveau du DTS sur ses futures éditions, le DVD de Exorcist : The Beginning a des allures de collector (sic !).
Test des bonus
Annoncé un temps dans une édition supra collector avec les deux versions du film, celle de Renny Harlin et celle jusqu'à ce jour inédit de Paul Schrader (lire le compte rendu de la présentation du montage de Schrader), le DVD de Exorcist : The Beginning se contente finalement d'une interactivité des plus chiches. Et pourtant, la sortie de cette édition constitue un petit événement avec la présence d'une piste DTS. Warner et le DTS sur ses nouveautés, le début d'une longue histoire d'amour ou un simple argument marketing pour tenter de vendre quelques exemplaires de plus de Exorcist : The Beginning ? En tout cas, on va guetter les futures sorties de l'éditeur avec plus d'attention désormais surtout que la présence d'une piste DTS sur cette édition n'avait pas été annoncée officiellement.

Si Warner n'a pas étoffé le disque de bonus passionnants, l'éditeur a au moins eu le mérite de proposer des menus (peu) animés et variés qui réussissent plutôt bien à coller à l'ambiance du film. La page des Special Features permet de découvrir les filmographies d'usage (bien plus détaillées qu'à l'ordinaire chez Warner), la article-details_c-trailers du film, une featurette (8min 10s) totalement promotionnelle où la seule information pertinente provient de Harlin qui évoque son accident au tout début du tournage (il a été renversé par une voiture). Il faudra donc tendre l'oreille pour apprécier le seul supplément d'envergure de cette édition puisqu'il s'agit du commentaire audio de Renny Harlin.

On se jette forcement dessus avec intérêt pour deux raisons : le réalisateur finlandais a déjà prouvé par le passé qu'il maîtrisait bien l'exercice (Peur bleue, Cliffhanger) et surtout on est curieux de voir comment il va aborder le « cas » Schrader. Au bout de 114 longues minutes, la réponse est limpide. Le plus simplement du monde : en n'en parlant jamais. Montée par l'éditeur, la piste commentée de Harlin ne fait ainsi jamais mention d'une version antérieure tournée par Schrader (on peut tout juste entendre une vague illusion à un nouveau script que Harlin et ses collaborateurs ont développé) et il faut se contenter d'insipides interventions avant tout techniques du réalisateur de Driven. S'il n'évoque donc jamais son prédécesseur au poste, le cinéaste revient régulièrement sur L'exorciste, cherchant constamment à justifier son film par rapport à celui de Friedkin tout en insistant sur le fait que les éventuelles similitudes sont avant tout des hommages (sacré Renny !).
Entre un hommage appuyé (et mérité) à son chef op, Vittorio Storaro, les remarques intéressantes sur l'habilité de l'équipe technique à créer un décor africain dans les studios de Cinecittà (seuls les plans larges, en fait des stock shots, proviennent d'Afrique), l'évocation des multiples plans truqués grâce aux CGI, la piste possède quelques atouts. Seulement, en commençant sur les chapeaux de roue, Harlin se fatigue trop vite et si le début du commentaire laisse entrevoir un flot ininterrompu de paroles et d'anecdotes, la suite est souvent plombée par de longs silences.
Au lieu de l'édition énorme espérée, celle qui aurait offert une richesse éditoriale colossale, on se retrouve avec un DVD que l'on pourrait qualifier de « révisionniste » tant il s'évertue à gommer toute existence d'une version préexistante tournée par Schrader. Heureusement, les semaines et mois à venir vont nous permettre de la découvrir, que ce soit au festival fantastique de Bruxelles (le BIFFF) ou pourquoi pas à Cannes comme son réalisateur l'espère.

