Rivières Pourpres (Les)
Rivières Pourpres (Les)- REALISATEUR:Mathieu Kassovitz
- ACTEURS:Jean Reno, Vincent Cassel, Nadia Farès
- GENRE:Thriller
- EDITEUR:Gaumont Vidéo
- DATE DE SORTIE:27 février 2009
TEST TECHNIQUE
À sa sortie en 2001, l’édition double DVD des Rivières pourpres était considérée comme un summum sur le support. Huit ans après, qu’en est-il de sa déclinaison Blu-ray ? Réponse.
Inutile de faire durer le suspense plus longtemps : entre les deux supports, c’est littéralement le jour et la nuit. Si l’image du DVD était déjà une gigantesque claque dans la gueule à l’époque, comment qualifierait-on aujourd’hui celle du Blu-ray ? Dès le générique d’ouverture et ses plans macroscopiques morbides, jamais la définition n’était apparue aussi poussée (ainsi que le travail de maquillage sur le corps en question soit dit en passant). De l’infiniment petit à l’infiniment grand, le même éblouissement sera de mise quelques minutes plus tard lors du travelling aérien sur le véhicule serpentant en contrebas avec une profondeur de champ là encore sans commune mesure avec son prédécesseur DVD. Bienvenue à bord du Blu-ray des Rivières pourpres. Et c’est donc parti pour 1h45 d’émerveillement visuel.
La mise en scène à base de mouvements de caméra léchés est idéalement retranscrite par un encodage AVC au cordeau au même titre que la photographie signée Thierry Arbogast (lire notre interview carrière). Le chapitre 12 (l’arrivée aux abords d’un couvent recouvert sous un épais manteau neigeux suivi quelques instants plus tard d’une conversation dans la pénombre) est parfaitement représentatif de la solidité de l’ensemble grâce à des contrastes optimums et une densité colorimétrique sans faible permettant de facto une parfaite lisibilité de ladite conversation en dépit d’un éclairage quasi-absent. Parmi les rares petits bémols, les regards les plus perçants pourront éventuellement repérés quelques rares petzouilles sur la copie (ex : une petite tache furtive à 13min 13s à droite de la tête de Jean Reno) ou encore de très rares baisses de définition sur certains plans ou certaines séquences (ex : les deux courses-poursuites de nuit, à pied au chap. 16 et en voiture au chap. 20). Mais rien de foncièrement gênant.
Côté son, le constat est le même que pour l’image, à savoir un véritable fossé (pour ne pas dire un gouffre gigantesque) entre le DVD, qui proposait pourtant un DTS 5.1 plein débit (1,5Mb/s) anthologique, et le Blu-ray désormais armé du DTS-HD Master Audio 5.1. Inutile là encore d’aller bien loin pour constater où nos oreilles viennent d’atterrir : dès les toutes premières secondes, ce n’est plus uniquement le logo Gaumont mais aussi les basses fréquences et la puissance déployées qui déchirent tout tandis qu’immédiatement après, ce sont au tour des compositions signées Bruno Coulais de prendre une toute autre ampleur lors du générique d’ouverture susnommé. Bienvenue à bord du Blu-ray des Rivières pourpres (bis repetita). Et c’est donc parti pour 1h45 d’émerveillement acoustique en complément de la claque visuelle.
Ainsi, les 5.1 canaux sont sollicités pratiquement sans discontinuer du début à la fin, y compris lors des séquences à priori calmes (ex : l’autopsie au chapitre 3 où des petits effets viennent « jeter un froid » supplémentaire sur les canaux ambiants). Quant à l’équilibre parfait du mixage originel, le début du chapitre 13 constitue le meilleur exemple qui soit entre une musique ample et puissante, les bruits de l’hélicoptère qui survole les montagnes tandis que Jean Reno et Nadia Farès discutent à bord de l’appareil. Ces trois éléments constitutifs de la séquence sont parfaitement répartis sans qu’aucun ne vienne empiéter sur les deux autres. Parmi les autres petits plaisirs audibles au cours du film, on citera pêle-mêle : un petit fight dans un hangar et ses dialogues gamers gauche / droite au niveau des Surround (chap. 14), la course-poursuite en voitures (chap. 20) et ses innombrables effets (tirs, travaux sur la route, tonneaux…), l’intégralité du chapitre 16 avec comme point d’orgue des tirs surpuissants à 70min 10s ou encore l’avalanche finale (chap. 23), pas franchement le plus fin de tous mais l’efficacité est garantie.
TEST DES BONUS
Quant à l’interactivité, Gaumont a repris la quasi-totalité des excellents bonus présents sur l’édition double DVD susnommée, tous proposés au format d’image standard sauf précision contraire. Quelques bricoles ont bien été laissées de côté au cours du changement de format mais rien de vraiment crucial : galerie de photos, filmographies, teasers et autres bonus cachés (ou alors ces derniers sont vraiment très bien cachés et l’auteur de ces lignes n’est pas parvenu à mettre la main dessus). Quelques nouveautés tirant partie des possibilités du support n’auraient pas été de refus mais à quoi bon au final lorsque des bonus « traditionnels » remplissent aussi brillamment leur fonction.
– Commentaire audio de Matthieu Kassovitz, Jean Reno et Vincent Cassel : Autant être prévenu d’entrée de jeu, les hommes sont bavards (ils parlent jusqu'à la toute fin du générique) et on a du mal parfois à éviter un certain brouhaha. Si le début du commentaire peut laisser présager une intéressante comparaison livre / film montrant la difficulté d'adaptation d'un roman à l'écran, les propos changent vite d'orientation. En fait, leurs interventions enjouées (Kassovitz et surtout Cassel n'hésitant jamais à se vanner gentiment) peuvent se résumer par une phrase que lâche sur la fin Jean Reno (très posé et toujours prêt à relancer ses partenaires quelque peu dissipés) : « le cinéma, c'est un mensonge magique ». En effet, toutes les astuces de prises de vues (un coup, on est dans un décor à Grenoble, le plan suivant, on se retrouve dans un studio à Paris) et de logistiques pour se jouer des impératifs de narration, de temps (dans tous les sens du terme) et d'argent nous sont dévoilées avec une franchise réjouissante. Pour ceux qui n'écouteront pas ce commentaire pourtant fort plaisant, ils ne perdent toutefois pas grand chose car les grandes questions abordées sont reprises dans les excellents suppléments vidéo.
– Musique originale isolée en DTS-HD High Resolution Audio 5.1 (3,8Mb/s) avec commentaire de Bruno Coulais : les propos du compositeur sont certes pertinents, ils n'en demeurent pas moins sporadiques (musique omniprésente oblige) et très ciblés.
– Enquête (52min 13s) : Derrière ce nom se cache un documentaire passionnant ayant comme but non avoué mais évident de faire comprendre l'histoire du film et d'évoquer les galères mais aussi les erreurs commises sur le tournage. Les propos rapides des intervenants (surtout Cassel) qui ouvrent le reportage montrent que la compréhension de l'histoire était loin d'être acquise, même par les principaux intéressés. Ce qui fascine ici, c'est l'absence totale de langue de bois pourtant trop souvent la règle dans ce genre de bonus. Ainsi, Cassel n'hésite pas à raconter comment s'il s'en prit violemment à Kassovitz car il en avait marre que celui-ci réécrive continuellement ses textes. Le réalisateur, lui, assume certaines de ses erreurs comme la disparition d'un des personnages clés du roman. Il n'hésite pas non plus à évoquer que certaines scènes ne lui plaisent pas totalement. Les difficultés d'un tournage en pleine nature sont également à l'ordre du jour. Et principalement une qui, selon Kassovitz, a rendu tout le projet bancal. Lors de la scène d'ouverture où Jean Reno arrive sur les lieux du premier crime, le tournage s'est étalé sur deux jours. Le problème est survenu au cours de la nuit, lorsque la neige est tombée, rendant les raccords impossibles et obligeant ainsi le réalisateur à incorporer les explications dans d'autres scènes (et ainsi de suite puisqu'une explication en chassait une autre). On est également frappé par la volonté de Kassovitz de vouloir à tout prix couper la moindre tentative d'explication, prétextant que cela aurait ralenti le rythme du film (c'est d'ailleurs dans ces moments-là que l'on peut voir les seules scènes inédites, très brèves). Au vu de ces propos, on ne s’étonnera pas de ne rien comprendre au dénouement. Heureusement donc, la fin du reportage arrive tel le messie pour donner enfin les clés du mystère des Rivières pourpres. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Autopsie
– La scène au scalpel (26min 41s) évoque avec minutie sous forme d'interviews et d'images du tournage l'une des scènes les plus importantes, cruciales du film (dixit Kassovitz himself) : la découverte du cadavre à la morgue. Tout le ton et la suite de l'histoire repose sur la véracité de la situation et du corps. Kassovitz explique ainsi en détails comment a été créé de toute pièce le premier cadavre (le deuxième étant un vrai acteur). Les explications ne s'arrêtent pas là puisque le réalisateur, la monteuse et le directeur de la photo parlent de la façon bien précise et spécifique dont ils ont tourné la scène.
– Naissance d’un cadavre commenté par Jean-Christophe Spadaccini et Denis Gastou (9min 17s) revient images à l'appui sur la création des différents cadavres qui jalonnent le récit. En tant que responsables des maquillages, les deux intervenants sont donc les mieux placés pour en parler.
– Tournage musclé avec commentaire optionnel de Vincent Cassel et Nicky Naude (7min 36s) montre les répétitions et le tournage du combat entre Cassel et les skinheads. Beaucoup d'efforts et de don de soi (ils prennent de sacrés coups malgré les précautions et les répétitions) où l’on apprend ainsi exactement sur quel coup Cassel s'est fait casser le nez.
– Tournage de nuit (9min 16s) : Kassovitz nous apprend, storyboard à l'appui, que la poursuite en voiture était beaucoup plus longue et spectaculaire mais faute de budget, la scène n'a pas pu être tournée dans son intégralité. Il explique aussi que le pont, originalité de la séquence selon lui avec la présence d'un (faux) Hummer, a posé des galères de logistiques incroyables du fait de son étroitesse. La parole est également laissée à la monteuse qui raconte de quelle manière elle a abordé le découpage de la scène.
– Tournage en altitude (10min 42s) démontre la difficulté de tourner en pleine nature. Pour cela, les acteurs évoquent la séquence où le chasse-neige s'écroule sur eux. La cascade a mal tourné et sans la rapidité d'exécution de Reno et Cassel, Nadia Farès serait sans doute morte. Kassovitz semble assez fier de nous apprendre que toutes les scènes de montagne sont vraies, que tout a été tourné en décors naturels et que ce sont les acteurs qui jouent la plupart du temps leur rôle.
– Les rivières blanches - Making of (15min 55s) met à l'honneur les responsables des effets spéciaux (animations 2D et 3D) qui reviennent en détails et avec une pédagogie appréciable (bravo pour les voix posées qui permettent de suivre facilement les explications) sur l'avalanche qui clôt le film. Voilà un document épatant qui n'a strictement rien à envier aux meilleurs reportages que l'on peut trouver d'ordinaire sur des DVD de films américains.
In Memoriam
– Intégrale des storyboards (HD) : Quatre séquences sont proposées sous cette forme : Scène d’ouverture non tournée, La morgue, La poursuite en voitures et L’avalanche.
– Archives du chef décorateur (13min 08s) permet à Thierry Flamand d'expliquer ses recherches et ses choix par l'intermédiaire d'un commentaire audio. Il répond ainsi aux interrogations sur l'université. On apprend qu'il s'agit d'une ancienne soufflerie des années 30, quels sont les plans ayant nécessité l'intégration d'effets spéciaux. La bibliothèque est un vrai décor et non une reconstitution en studio puisqu'il s'agit d'une bibliothèque grenobloise abandonnée depuis les années 50. Les autres explications (notamment la morgue) ont déjà été entendues dans les bonus précédents.
– Film-annonce (1min 55s, HD)
Apport HD : Image et son enterrent littéralement son prédécesseur DVD tandis que les bonus se révèlent toujours aussi passionnants à défaut de nouveautés interactives tirant partie des possibilités du support.
Retrouvez la liste récapitulant tous les titres Blu-ray du marché français à cette adresse.
CETTE EDITION
Emballage: Boîtier Blu-Ray
Duree: 106 min
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 1 BD-50
Encodage: AVC
Résolution: 1080p
DISQUE 1
- Commentaire audio
Piste musicale isolée
Making of
Featurettes
Storyboards
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Captures
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LA COMMUNAUTE
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19/10/2007 11:42 par La Rédaction
[DVD] Rivières Pourpres (Les) - Zone 2Vous pouvez discuter ici du DVD/HD Rivières Pourpres (Les).
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