Trainspotting – Definitive Edition - DVD

Trainspotting – Definitive Edition

Trainspotting
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LE FILMStar Rating 8
IMAGEStar Rating 8
SONStar Rating 9
BONUSStar Rating 8
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TEST TECHNIQUE

18 jan 2005 Par Erwan Desbois

Choisissez un roman culte outre-Manche. Choisissez pour l'adapter le quatuor à la mode, qui surfe sur le succès de son premier film, Petits meurtres entre amis : Boyle (réalisateur) / Hodge (scénariste) / Macdonald (producteur) / McGregor (acteur). Choisissez Trainspotting, le prototype du film « hype ». La section de suppléments consacrée au festival de Cannes se concentre sur cet aspect du film, en ne s'intéressant qu'à la fête donnée le lendemain de la projection, via une vidéo et quatre interviews des acteurs Ewan McGregor et Martin Landau, ainsi que des chanteurs Damon Albarn (Blur) et Noel Gallagher (Oasis), qui trouvent tous que le film est génial. Ce qui est presque vrai.

La plus grande réussite de Trainspotting est le ton unique – et risqué – trouvé pour parler de la drogue (dans le cas présent, l'héroïne), ni moralisateur ni incitatif. Ce que certains ont dénoncé comme de la complaisance n'est que le réalisme froidement pessimiste qui traverse tous les films de Danny Boyle, pessimisme dont il se justifie lui-même dans son interview présente sur le deuxième disque. Selon lui, un film, aussi bon soit-il, ne peut résoudre le problème de la drogue ; et de plus il serait malhonnête de passer sous silence le plaisir immédiat procuré par un shoot d'héroïne. Le scénario suit donc de l'intérieur les pérégrinations de son groupe de « héros », entre combines pour récupérer du fric, shoots euphoriques, drames (violence physique, overdoses, et même la mort d'un bébé), tentatives de décrocher et crises de manque. Boyle et ses compères exécutent avec talent un numéro ininterrompu de funambule entre des situations d'une crudité extrême et le souci de rendre le film divertissant – au sens large de « accessible au grand public ». Afin d'être le plus réaliste possible sur le fond, l'équipe du film s'est renseignée auprès d'un club de football composé d'anciens toxicomanes, qui sont cités à plusieurs reprises par les intervenants du commentaire audio (Boyle, Hodge, Macdonald et McGregor) pour leur aide en ce qui concerne l'aspect pratique (la préparation d'un shoot, la réaction aux crises de manque) et mental (la difficulté de décrocher, la honte ressentie face aux parents) de la dépendance à l'héroïne. Un documentaire sur l'aspect visuel du film présent sur le second disque montre de son côté comment les équipes artistiques se sont inspirées de photos de drogués et de squatts pour définir l'apparence des décors et des personnages.

Ceux d'entre vous qui se sont procuré le DVD de 28 jours plus tard... savent déjà que Danny Boyle est une mine d'or pour DVDphile, de par ses idées très arrêtées sur la réalisation de ses films et la passion avec laquelle il en parle dans les bonus. C'est encore lui qui nous offre dans cette édition « définitive » (jusqu'à la prochaine ?) de Trainspotting les interventions les plus intéressantes, voire polémiques, au sein du commentaire audio, des neuf scènes supprimées (avec commentaire optionnel) et des interviews réalisées en février 2003. Si tous les intervenants répètent à l'envi que Trainspotting fut un travail d'équipe, on sent bien que c'est Boyle qui a été le catalyseur du style virtuose et décapant du film : cadrages léchés, montage au rythme effréné, musique omniprésente. On apprend par exemple dans le documentaire sur la bande-son que le réalisateur souhaitait que Trainspotting ait comme « pulsation » l'album Dubnobasswithmyheadman, du groupe Underworld, ou encore que les chansons choisies ont été regroupées par ordre chronologique (le film démarre avec du Iggy Pop, du Lou Reed, du Blondie, pour ensuite dévier vers du Blur, du Pulp, de la dance) pour exprimer l'écoulement du temps dans le récit. Les autres interventions de Boyle sont du même acabit, guidées par le plaisir constant d'expliquer chaque choix de mise en scène, alors que les autres participants au DVD en restent la plupart du temps au stade des anecdotes sur la genèse et le tournage du film.

Les artifices de mise en scène voulus par Boyle, loin de prendre le pas sur le message du film, l'appuient en suivant le train de vie des personnages, qui fuient l'impasse que représente leur existence en profitant au maximum de l'instant présent – l'héroïne n'est pas une fin en soi dans Trainspotting, elle ne sert que d'échappatoire aux personnages. La débauche d'effets visuels et sonores décuple leurs joies et leurs peines et implique d'autant plus le spectateur dans cette vie menée à 2 000 à l'heure. Les pistes audio DD 5.1 et DTS disponibles en français mais aussi en anglais (excellente initiative rendue possible par la faible durée du film) rendent l'expérience encore plus prenante de par leur dynamisme et leur puissance, en particulier lors des (nombreux) passages musicaux au cours desquels tous les canaux sont mis à contribution avec bonheur. L'image, qui respecte le format d'origine (1.85:1), est elle aussi à la hauteur d'une édition « définitive ». Les couleurs très marquées du film sont rendues avec éclat, et la compression ne souffre presque d'aucun défaut (sauf lors de certains plans larges). Quelques défauts (poussières, griffures) sont présents, mais ils restent rares et ne sont en aucun cas gênants.

Malheureusement, tous les choix de Danny Boyle n'ont pas la même pertinence. On reste ainsi sceptique face à sa volonté (réaffirmée à plusieurs reprises au cours de ses interventions dans les bonus) de limiter la durée du film à quatre-vingt-dix minutes. Cette inflexibilité l'oblige à resserrer la seconde moitié du scénario sur le désir de réinsertion dans la société de Renton (interprété par un Ewan McGregor métamorphosé), au détriment des destins des autres personnages. Trois des scènes coupées (les #142, #143 et #191), retirées du montage final pour cette raison de durée, enrichissaient ainsi substantiellement le récit en offrant deux contrepoints radicalement opposés au choix de Renton : un des personnages devient dealer et proxénète, un autre, mendiant estropié. Ces scènes constituent un sacrifice regrettable, et Trainspotting, dans la version « complète » que permet d'imaginer cette édition DVD, devient un film plus homogène et équilibré, sans pour autant perdre son énergie rageuse qui n'a rien à voir avec des questions de durée.

Le reste de l'interactivité de cette édition se compose d'un documentaire sur le tournage, trop court pour présenter un réel intérêt, d'une galerie photo défilant de manière automatique, des biographies des acteurs et de l'équipe, et des deux bandes-annonces cinéma originales et qui répondent parfaitement au souhait de Danny Boyle d'attirer un large public dans les salles. Un bonus caché est également présent, dans lequel Boyle, Hodge et Macdonald annoncent leur intention de porter à l'écran le nouveau roman d'Irvine Welsh, Porno, qui reprend les mêmes personnages que Trainspotting dix ans après. Ces bonnes intentions semblent toutefois être restées sans suite, puisque aucune nouvelle n'a filtré à propos de ce projet depuis cette annonce faite début 2003.
Les menus, transitions et lancements de bonus de cette édition sont particulièrement soignés, avec comme seul point noir les boutons, à la signification peu évidente.

CETTE EDITION

Disque 1: Trainspotting – Definitive Edition
Emballage: Amaray
Duree: 94 min
Format d'image: 1.85:1
Type de disque: 2 DVD 5
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1

  • Disque 1 :

    Commentaire audio du réalisateur, Danny Boyle, du producteur, Andrew Macdonald, du scénariste, John Hodge et de l'acteur Ewan McGregor
    Neuf scènes coupées (avec commentaire en option) (21min 18s au total)

    Disque 2 :

    Documentaire sur le tournage (14min 13s)
    Interviews du réalisateur, du scénariste et du producteur (30min 54s au total)
    Interview d'Irvine Welsh, auteur du roman (4min 44s)
    La soirée Trainspotting au festival de Cannes 1996 (1min 27s)
    Quatre interviews réalisées lors du festival de Cannes 1996 (4min 39s au total)
    L'aspect visuel du film : à l'époque / maintenant (9min 13s)
    La bande-son du film : à l'époque / maintenant (13min 38s)
    Derrière l'aiguille : making of multi-angles d'une scène, avec commentaire de Danny Boyle) (6min 8s)
    Interview d'Ewan McGregor à propos du Carlton Athletic Club (37s)
    Galerie de photos (5min 02s)
    Deux bandes-annonces originales (3min 37s au total)
    Filmographies

Captures


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La Rédaction 02/04/2007 20:00 par La Rédaction

[DVD] Trainspotting – Definitive Edition - Zone 2

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