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I, robot - Édition Collector - DVD
I, robot, 2004
Test DVD - I, robot - Édition Collector
Rédigé le 13 jan 2005 par
Thomas Douineau
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique

Les images de I, robot sont la plupart du temps étonnantes malgré la présence de trois pistes-son et de trois pistes de commentaire. La définition est pointue et offre un piqué des plus réjouissants sur les gros plans de visages. La vision du futur de Proyas conserve toute sa dimension en DVD. Les images sont souvent froides, glacées, et même lissées, mais ce rendu est tout à fait volontaire et correspond à une volonté d'obtenir une image aseptisée, une vision du futur chirurgicale et déshumanisé, doublées d'un impératif technique dû à l'intégration de multiples couches d'effets spéciaux numériques. Malgré cela, les textures sont souvent splendides et font apparaître beaucoup de matière, notamment dans les scènes sombres, les scènes d'intérieur ou les scènes plus « organiques » au fur et à mesure que naissent les émotions. Cela augure d'un travail d'étalonnage et de compression respectant l'origine argentique de la pellicule. Le master lumineux possède des couleurs idéalement saturées et est exempt de toute poussière nuisible. La très bonne intégration des effets spéciaux, les noirs profonds, la fluidité exemplaire des images procurent un spectacle total que les quelques très rares artefacts dans les arrière-plans ne parviennent pas à entacher.


Les différentes pistes sonores proposées ne possèdent que très peu de différences à la première écoute. L'anglais Dolby Digital est puissant, dynamique et parfaitement bien spatialisé, utilisant à bon escient tous les canaux sans donner dans la surenchère inutile. Les basses sont profondes et vigoureuses. La musique est enveloppante à souhait et certaines scènes sont particulièrement impressionnantes (la poursuite dans le tunnel). Cette piste anglaise possède légèrement plus de nuances qu'en français, certains détails d'ambiance sur les canaux arrière étant plus perceptibles (le bruit des machines dans le bureau du patron d'USR, par exemple). Les voix françaises sont un peu trop présentes, mais l'ensemble en VF reste pour une fois bien équilibré. L'apport du DTS est minime, mais il permet de « rattraper » une légère baisse de la dynamique et la perte de certains détails sur la version doublée. On regrettera l'absence de piste DTS anglaise (phénoménale sur le zone 1 !) et d'un vrai mixage ES/EX avec flag de détection, conformément à l'exploitation en salles.

Test des bonus
Au travers de cette édition 2 DVD, l'éditeur nous offre, comme vous allez le voir, un DVD d'une grande richesse et qui va mettre de côté l'aspect promotionnel trop souvent de mise dans les éditions sur galette numérique des blockbusters américains pour mieux se pencher sur la fabrication de I, robot. On ne pourra que remercier FPE, puisque cette plongée riche et passionnante dans le processus de création du dernier film d'Alex Proyas (grâce entre autres à deux commentaires audio supplémentaires et à un journal de bord qui suit jour après jour le tournage) est une exclusivité de la zone 2. Avant même d'entrer dans les détails, nous disons bravo !
Si l'on exclut le spot agressif contre le piratage (48s) qui se lance dès l'introduction du premier disque dans le lecteur, on entre en douceur dans l'exploration de ce DVD, accueilli par de beaux menus animés 16/9 sonorisés au moyen de superbes ambiances sonores (toujours mieux que des phrases de dialogues). Ces menus donnent accès au choix des langues, des sous-titres, ou d'un chapitre par l'intermédiaire de 39 vignettes fixes et muettes.
Outre les sempiternelles bandes-annonces de l'éditeur (Le Jour d'après, Dodgeball, Alien vs. Predator ou le spot pour Fox France), ce disque, le même que celui de l'édition simple, contient déjà quelques bonus, et pas des moindres... À commencer par une rubrique Documents exclusifs qui s'ouvre sur trois commentaires audio !

Le premier commentaire fait intervenir le réalisateur, Alex Proyas et le scénariste, Akiva Goldsman. Enregistré six semaines avant la sortie du film en salles, on sent le réalisateur un peu tendu quant à l'accueil que réservera le public au film. À l'issue de son commentaire, il nous confie d'ailleurs ses angoisses concernant l'acceptation de la fin par les spectateurs. Fin dont, pour sa part, il est très satisfait Dans un premier temps, les deux hommes parlent de construction scénaristique et du développement de l'histoire. Chacun nous transmet sa vision du futur et sa perception de la science-fiction. Ils évoquent les nombreux thèmes abordés dans le film, transformant l'exercice en explication de texte qui révèle certaines intentions et certains points sous-jacents du film, souvent extrêmement intéressants, mais qui malheureusement ne sont pas toujours perceptibles à la première vision. Les deux hommes suivent ensuite des voix différentes dans leurs propos. Proyas s'attache à parler du look du film et de la mise en scène, tandis que Goldsman évoque les libertés prises avec les écrits d'Asimov, qui risquent de froisser les fans. Proyas termine son commentaire en se permettant quelques pics vis-à-vis des studios, dont les décideurs en costume-cravate n'ont certainement pas le bon point de vue sur la réalisation d'un film.
Le deuxième commentaire audio est plus spécifiquement axé sur la technique, puisqu'il donne la parole à Patrick Tatopoulos (un Français à Hollywood), directeur artistique, et à quasiment toute son équipe (pas moins de dix personnes) qui se fait un plaisir de décortiquer tous les plans à effets spéciaux (plus de mille !). Heureusement, pour que l'on s'y retrouve, chaque intervenant est introduit par une voix off avant de prendre la parole. Au vu du nombre de plans à effets (parfois extrêmement subtils ou indécelables) que toute l'équipe détaille, on prend la mesure du travail et du talent des ces créateurs d'images qui permettent au réalisateur de parfaire sa vision et de nous offrir un futur crédible et réaliste. Un travail de titan d'une incroyable complexité, qui s'est partagé, comme il est maintenant de coutume sur les gros films pour tenir les délais, entre plusieurs studios d'effets spéciaux, chacun se concentrant sur un type d'effets en particulier (maquettes, compositing 3D, motion capture, animations). Les différents superviseurs et autres animateurs des départements de ces studios se retrouvent donc ici, une fois le film fini, pour nous parler de leur contribution à la création de tel décor, tel effet ou telle animation. On ne peut être que soufflé par l'homogénéité et la richesse du résultat de certain plan dont la fabrication s'est faite en plusieurs endroits, parfois avec plusieurs mois d'écart, et faisant intervenir des personnes (des artistes !) à chaque fois différentes.
Le dernier commentaire donne la parole à Marco Beltrami, prolifique (et talentueux ?) compositeur de musiques de films d'action musclés. Ce commentaire se présente en fait sous la forme d'une piste de musique isolée. En effet, on n'y trouve que la musique en Dolby Surround, le compositeur ne s'exprimant que pendant les « trous ». Heureuse initiative, d'autant que la musique d'I, robot est très réussie et que les propos du musicien sont souvent passionnants. En prenant le temps d'introduire chaque nouveau morceau à venir par son véritable titre (qui figure sur la BO), Beltrami nous apprend qu'il n'avait que dix-sept jours pour composer la musique. On boit ses paroles lorsqu'il détaille sa manière de travailler avec un réalisateur, les différentes étapes d'écriture et de fabrication d'une BO, sa composition géographique idéale d'un orchestre symphonique pour l'enregistrement en studio. Entre deux morceaux de musique, on l'écoute encore avec intérêt nous parler de son approche musicale du film, de sa méthode de travail ou encore de sa carrière au cinéma commencée avec Scream, de Wes Craven.

Cette rubrique se poursuit avec un petit making of (12min 36s, VOSTF, 4/3) qui s'apparente plus à une longue featurette promotionnelle pour la télé. Images du film et rares images du tournage sont entrecoupées d'interventions de Will Smith, Alex Proyas, John Davis ou Bruce Greenwood qui insistent sur la volonté de créer une sensation de réalité du futur représenté dans le film. L'intérêt de ce document est quelque peu limité, mais tout à fait excusable au vu du véritable journal de bord proposé sur le deuxième disque. On se rend compte néanmoins de l'ampleur du travail sur les effets spéciaux lorsque Will Smith, au détour d'une conversation, avoue ne pas se souvenir d'un jour de tournage où le plateau n'était pas presque entièrement peint en vert électrique.
Enfin, la section se termine sur une galerie de photos (une trentaine) prises lors du tournage ou de la préparation, et dont quelques-unes illustrent la recherche visuelle pour le film.

L'autre rubrique présente sur ce premier disque s'intitule Exclusivités coulisses, et n'a finalement rien à voir avec I, robot puisqu'elle se résume en une featurette (4min 01s) présentant les prochaines sorties Fox (rebelote pour Alien vs. Predator, 24 heures chrono saison 3 en DVD). Une petite surprise cependant, montée à la suite : une première featurette promo de Elektra (4/3 à l'intérieur d'un 16/9 !? VOSTF) avec une brève intervention de Jennifer Gardner.

Le deuxième disque concentre ses bonus sur la fabrication du film à proprement parler et nous réserve quelques surprises de taille. Le DVD s'ouvre sur un menu un peu triste, mais qui a l'avantage de nous proposer de lancer directement les documentaires (à l'issue du premier, vous reviendrez à un menu fixe et sonore beaucoup plus réussi) ou de choisir de naviguer dans les bonus grâce à un index en « mode texte ».
L'interactivité commence par un document exceptionnel de plus d'une heure et demie (!), un vrai making of comme on aimerait en voir plus, et intitulé Jour après jour : le journal de bord de I, robot. Divisé en neuf parties et chapitré en détail, ce film du film est passionnant de bout en bout et ne ment absolument pas dans l'intitulé de son titre, puisqu'on y suit véritablement toutes les étapes du tournage, scènes après scènes, et qu'on a la sensation d'être continuellement avec l'équipe sur le plateau sentiment trop souvent absent des featurettes qui se font pompeusement appelées « making of ». Ici, point d'images du film, point d'interviews express sorties de leur contexte : le tournage, rien que le tournage.

Spoonerville Canada 2035 (10min 43s, 16/9, comme le reste des documents)
Ce premier chapitre, après une introduction de Proyas, nous emmène sur le tournage de la scène d'ouverture du film, une fois Will Smith sorti de l'appartement. On découvre donc la création de cette ville futuriste au travers des décors, effets spéciaux de plateaux et gestion de la figuration. On assiste aux différents jours qui ont été nécessaires pour tourner la séquence du sac à main, découvrant les plans où la doublure de Will Smith a été utilisée, assistant à un changement de dialogues de dernière minute.


USR (15min 55s)
Comme il le fait à chaque nouveau chapitre, Alex Proyas nous fait une brève introduction, nous indiquant que le siège d'USR (la compagnie fabriquant les robots) se devait d'être un personnage du film à part entière. En suivant le tournage de la mort de Lanning, les premiers scènes dans les bureaux ou dans le laboratoire avec des robots, on découvre l'énorme travail réalisé par l'équipe des effets visuels (la moitié des plans sont générés par ordinateur). On y voit les premiers effets visuels, les premières animations ou les prises de vue MOCAP (motion capture) qui serviront à créer Sonny (selon le même principe que Gollum dans Le Seigneur des anneaux). Sur le plateau, chaque métier est passé en revue. Cette section se termine par le tournage de l'évasion de Sonny.

Suivre les miettes de pain (8min 27s)
Une fois encore présenté par le réalisateur, ce chapitre s'attarde surtout sur les maquettes utilisées lors de la « scène du chat », autrement dit la destruction de la maison de Lanning. On y voit le travail de combinaison entre les prises de vues réelles (avec ce fameux chat, guidé par un dresseur) et les étonnantes prises de vue en maquettes. Cette section rend compte de l'incroyable interaction entre les éléments tournés « en live » et tous les effets spéciaux, I, robot mettant à contribution tous les spécialistes de toutes les techniques actuellement disponibles.


Vous expérimentez un accident de voiture (7min 35s)
Alex Proyas commence en nous disant que c'est la scène d'action qu'il préfère car il n'a pas eu à tourner grand-chose, se contentant de filmer les gros plans de Will Smith dans la voiture devant un fond vert. Le reste nous détaille toute l'animation des robots créés d'après des prises de vue MOCAP en studio, réalisée grâce à au concours d'acrobates exécutant de nombreuses figures artistiques et surréalistes autour de la voiture de Will Smith. Encore une fois, en visionnant ces multiples bribes d'images qui composeront les plans finaux, on ne peut qu'être sidéré de l'homogénéité du résultat, à la fois artistiquement et techniquement, et qui, dans une salle de cinéma, scotche le spectateur à son fauteuil (Oui oui ! Pourtant je voyais bien que c'était des images de synthèse !)


Un à un (9min 05s)
Après avoir déniché à cet endroit un petit bonus caché qui fait sourire (un autre était déjà accessible au chapitre précédent), « notre » Proyas nous accueille pour présenter le combat qui oppose Will Smith à un robot. Nous ne détaillerons pas trop ce qui nous est dévoilé dans cette section pour ne pas « spoiler » le film, mais ces séquences, malgré leurs difficultés, n'ont pas empêché l'équipe de travailler dans la bonne humeur, puisqu'on y voit circuler en sous-main sur le plateau une carte d'anniversaire que toute l'équipe était invitée à signer.


Perdu et retrouvé (10'30)
Alex Proyas nous parle de l'éprouvante séquence dans la décharge de robots. Il nous explique pourquoi il leur a fallu transporté à grands frais des dizaines de conteneurs en plein terrain vague à l'autre bout du Canada plutôt que de trouver un entrepôt en décor naturel, plus économique, et qui aurait pu tout aussi bien convenir au film. On y revoit aussi les techniques d'animation de Sonny au cours de la scène de son transfert, et le formidable travail du comédien Alan Tudyk qui a prêté ses traits au personnage.

Nuit de tempête pour Will Smith (16min 43s)
Ce chapitre dévoile en détail le tournage de l'impressionnante scène de révolte des robots tournée de nuit, en pleine rue, avec des centaines de figurants qui tirèrent des centaines de coups de feu à deux heures du matin dès que le signal fut lancé. Une scène difficile et éprouvante à mettre en boîte, qui valut à la production quelques ennuis avec les paisibles riverains ! Heureusement, lors de la dernière nuit, Will Smith, feignant d'être ivre, détend l'atmosphère en allant voir chaque technicien et en leur proposant de signer une pétition destinée à destituer Proyas de son poste de réalisateur pour cause d'incompétence. Cette dure semaine se termine par les anniversaires d'Alex et de Will, qui coïncident à quelques jours près.


L'Échappée sauvage de Will Smith (12min 33s)
La scène de bataille finale est ici évoquée. À travers un montage simultané d'images de l'enregistrement de la musique et d'images du tournage, on découvre les techniques employées pour créer cette scène dantesque (des milliers de robots, la caméra qui pivote autour de Will Smith). Tous les détails de l'entraînement et des répétitions nécessaires à l'acteur qui incarne Sonny nous sont dévoilés pour arriver à rendre crédible cette affrontement. À noter qu'un nouveau délire d'animateur (47s) se cache quelque part dans ce sous-menu.


Conclusion (4min 40s)
« C'est dans la boîte ! », annonce le titre du chapitre selon l'expression consacrée : le tournage s'achève et Will Smith, à peine revenu dans sa caravane, confie à la caméra ses impressions sincères et très positives sur ce tournage. L'équipe se sépare avec émotion sur un discours d'(auto)congratulation de Alex Proyas et Will Smith, mais qui sonne juste et vrai. Tous les techniciens semblent avoir passer un excellent moment et être ravis du travail accompli. Une bonne humeur qu'on ne démentira pas après avoir passé plus de quatre-vingt dix minutes en leur compagnie. Ce document s'achève sur les crédits du DVD.

À ce stade, on pense avoir fait le tour du film. Loin s'en faut ! Car l'éditeur nous propose encore d'autres documents, dont la qualité et l'intérêt est constant.
CGI et design est un documentaire en cinq chapitres (35min 27s) qui tourne autour d'un personnage essentiel au look du film : Patrick Tatopoulos, le Français d'origine grecque émigré aux États-Unis et déjà responsable de quelques réussites (d'abord illustrateur sur Se7en, responsable des effets visuels sur Pitch Black, production designer sur Dark City) et de moins bonnes choses, il faut bien le dire aussi (Alien vs. Predator, Godzilla, Batterfield earth, oups !). Avec lui, qui nous présente quelques-unes de ses très beaux dessins de préproduction, nous abordons le design général de I, robot, sa conception, la création de la ville, la création de la ville. Viennent ensuite la fabrication proprement dite de ses idées, de la réalisation des maquettes à l'intégration des images numériques en passant par les répétitions pointues avec les figurants pour trouver la démarche qui siérait aux robots.


L'autre documentaire, Machines sensibles : comportement robotique (36min) se révèle passionnant et pointu. Syd Mead, éminent dessinateur industriel et, accessoirement (!), conceptual designer (les « spinners » de Blade runner, c'est lui !), ouvre la discussion en nous parlant de la science appliquée à la robotique. Des spécialistes du sujet se relayent ensuite pour nous faire un bref historique des robots (ils commencent assez loin, d'ailleurs !). Leurs entretiens sont ponctués d'images d'archives et se concluent par un état des lieux des avancées technologiques. Leurs réflexions et théories sur l'intelligence artificielle qui clôturent leurs propos raviront ceux que le débat sur le chaos ou la conscience des machines passionne.


Le dernier documentaire, divisé en sept chapitres et intitulé Les 3 Lois : entretiens sur la science-fiction et les robots (31min 19s) donne la parole à Jeff Vintar, le scénariste du film (qui planchait sur le sujet depuis dix ans), et dont la passion et l'enthousiasme sont communicatifs. Il passe en revue toutes ses influences et les thématiques qui l'ont inspirées, analysant l'excellent mythe de Frankenstein créé par Mary Shelley, établissant un bref historique du concept de robots dans les arts, évoquant au passage le robot féminin de Metropolis, pour finir longuement sur les fameuses « 3 Lois » inventées par Asimov dont ce sont inspirés les ingénieurs, les scientifiques et les cinéastes. De robots dans les années soixante (qui n'ont plus rien d'effrayants), les machines sont devenues des cyborgs (mi-homme, mi-machine) et la menace est de nouveau ravivée. Il explique l'approche scientifique d'Asimov qui fait du robot un être mécanique sous contrôle. Ces 3 Lois ont été créées dans un but éthique pour contrôler le chaos qui pourrait naître de robots capables d'avoir des émotions. Il termine en expliquant qu'il a essayé, avec son script, de pousser ces 3 Lois plus loin (leur conception date des années cinquante), espérant avoir ouvert d'autres brèches. Ce document se poursuit avec un entretien du scripte doctor Akiva Goldsman qui, à travers le scénario, nous parle racisme, différences et préjugés. On veut bien aimer le film de Proyas pour ce qu'il est un divertissement intelligent , mais de là à en faire une réflexion sur l'humanité ! L'intention à beau y être, elle est recouverte par beaucoup de vernis hollywoodien. Un entretien combiné pas très intéressant de l'éditrice de l'auteur (décédé en 1992) et de sa fille, qui comparent ces 3 Lois à un code de moralité, clôture ce document.


La partie Outils des réalisateurs termine cette interactivité. On y trouve quatre scènes coupées. La première, Basket (45s), est une scène de match de basket (évidemment), où le gamin que Will Smith croise dans son quartier au début du film bénéficie d'une carte maîtresse dans son équipe : un robot NS-5 dernière génération qui semble très habile pour ce genre de sport. La deuxième, nommée Hilltop : tu me manques (3min 16s), est la version étendue de la rencontre entre Will Smith et l'hologramme de Lanning sur la colline. Beaucoup plus émotionnelle, elle renforçait les liens affectifs entre Spooner et le docteur, mais avait sûrement le défaut de révéler un peu trop vite les enjeux du film. On la regrette malgré tout. Les deux dernières scènes sont en fait des fins alternatives (1min 41s et 57s), qui ne présentent que peu d'intérêt. La version finale du film est en fait un subtil mélange des deux.

Cette partie englobe aussi ce que l'éditeur a appelé les How to's. Ce sont, en images, toutes les étapes de création des effets spéciaux. Les plans à effets nous sont montrés couche après couche jusqu'à l'image finalisée. Ces images sont regroupées par studio, chacun ayant sa spécialité. Les animations et incrustations CGI sont faites par Digital Domain (5min 19s), les plans larges à ajouts d'images par matte paintings numériques ont été confiés à Weta Digital (3min 52s), tandis que les maquettes ont échu à Rainmaker (5min 04s). Il est d'ailleurs étonnant de constater que ce travail sur les maquettes fonctionnent toujours sur le principe antique de caches optiques (cache/contre-cache pour détourer le sujet). Toutes ces images nous permettent de voir le travail de titan réalisé par ces studios et la qualité de finition des effets.


Autant d'un point de vue artistique que technique, de fond comme de forme, on est presque là en possession d'un DVD irréprochable, ce qui, pour un blockbuster, est une très agréable surprise, car ce produit est à mettre en perspective avec la piètre qualité éditoriale des dernières productions du genre.
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