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Blade runner : The final cut - Édition ultimate 5 DVD - DVD
Blade runner : The Final cut, 2007
Test DVD - Blade runner : The final cut - Édition ultimate 5 DVD
Rédigé le 05 déc 2007 par
Thomas Douineau
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
La première chose que l'on peut dire, c'est que jamais Blade Runner ne nous est apparu si beau, si propre, si précis et si stable. L'image issue de cette restauration est tout bonnement spectaculaire d'un strict point de vue technique. Très beau piqué faisant apparaître de nombreux détails, profondeur de champs ad hoc, respect du grain cinéma, précision des contours... Du grand art rehaussé par une superbe définition qui enterre toutes les précédentes éditions. La compression est parfaitement maîtrisée et les images extrêmement stables et fluides. Le négatif a été nettoyé de toutes ses taches et poussières. C'est beau !
En revanche, il es plus difficile de trancher dans les choix artistiques de ce nouveau montage en matière d'étalonnage. Les images tirent franchement vers le vert. C'est assez déroutant, tout en ayant l'avantage d'éliminer la teinte bleutée des extérieurs ou, en intérieur, les peaux rougeoyantes des versions précédentes. Tout cela faisait très « années 90 » . Ici, les scènes d'intérieur se rapprochent un peu plus de l'édition Laserdisc Criterion de la version de 82, l'étalonnage le plus chaud et sans doute le plus beau du film, mais cette intrusion de la teinte verte s'y fait pourtant clairement sentir. Chaque décennie a eu sa mode/dominante colorée en matière de SF : du bleu électrique d'Aliens ou de Terminator, nous sommes passés au vert de Matrix dans nos années 2000. À l'œuvre dans Blade Runner : The Final cut, cette dominante ajoute encore un peu plus de désespoir aux décors du film.
L'autre différence majeure réside dans l'abaissement considérable du niveau de noir plus conforme à nos habitudes de vision actuelles à l'heure de la HD et de la course à la profondeur des noirs. Du coup, certains détails se fondent dans les arrières-plans sombres (les matte-paintings s'intègrent mieux) qui paraissent bouchés bien que l'étalonnage numérique (qui permet de travailler sur des portions d'image seulement) permette très subtilement de les accentuer.
Nous avons affaire à un étalonnage au très beau rendu colorimétrique (exit les précédentes éditions DVD), très équilibré, plus conforme aux exigences actuelles, mais qui tranche avec notre souvenir de Blade Runner en salles ou sur les toutes premières éditions video du film (VHS, LD...). D'autant que certains plans, captures à l'appui, on été entièrement refaits au-delà de la simple approche colorimétrique, pour les conformer à la vision de Ridley Scott.
Mais c'est surtout du côté du son qu'il faut voir le remarquable travail de restauration. Le son, parlons-en, est une des composantes essentielles de Blade Runner (lire la partie du dossier sur le film consacrée à cette bande-son pour s'en convaincre). Et là le travail est en tout point admirable : Blade Runner redevient une expérience auditive hallucinante par la grâce de ce remixage en Dolby Digital 5.1 réalisé à partir des 6 pistes magnétiques originales des copies 70 mm. Exit la saturation sur l' « Enfer de Ridley » au début du métrage, exit les problèmes de synchro labiale sur le plan de Ford chez le marchand de serpent, terminé au passage les problèmes de continuité sur le nombre de répliquants restant à « retirer », problèmes liés aux nombreux montages qui ont crée des incohérences dans les dialogues.
Dès les premiers cartons du générique, on sent cette nouvelle jeunesse ! En anglais comme en français, la scène sonore s'élargit considérablement : basses profondes jamais entendues auparavant, spatialisation hors pair, multiples effets précis et subtils jusqu'à présent étouffés, stéréo avant ébouriffante et surtout, une dynamique enfin retrouvée. Bref, la bande-son de Blade Runner, qui mélange et confond habilement sons, bruitages et musique, redevient ce magma sonore futuriste qui immerge le spectateur dans le Los Angeles de 2019.
Test des bonus
Le premier disque, contenant le Final cut (retrouvez-en la critique) introduit par le réalisateur propose, en guise de bonus, trois commentaires audio. L'un de Ridley Scott, le deuxième des producteurs et scénaristes et le dernier de l'équipe des effets visuels au grand complet (Syd Mead, Douglas - 2001- Trumbull...). Malheureusement, ces commentaires audio, bien que passionnants, riches en anecdotes et en souvenirs, ne s'adressent qu'aux seuls anglophones : Warner, comme a son habitude, s'est dispensé de sous-titrage.
Disque 2 : LE MAKING OF
Le deuxième disque contient le fabuleux documentaire Des temps difficiles (VOSTF) réalisé spécialement pour cette édition. Ce making of, dont la durée dépasse les 3h30, s'offrent tous les participants de l'époque qui reviennent sur leurs souvenirs plus ou moins heureux, du tournage. Mais plus qu'un making of, c'est l'histoire d'un film qui s'est étalée sur 25 ans qui se révèle à nos yeux et dont ce documentaire clôt le dernier chapitre.
Trois versions du film sont proposées sur ce disque, chacune introduite par Ridley Scott. On a ainsi le plaisir de revoir la version de 82, indisponible depuis des lustres en vidéo, à la fois dans son montage « Theatrical cut » US (voix-off et happy-end) et dans sa version « International cut », soit la même mais augmenté des plans violents (Pris cassant le nez de Deckard et Roy perforant les orbites de Tyrell).
Enfin, le réalisateur nous présente la version « Director's cut » de 1992, sortie mondialement, et qui intègre le célébrissime plan de la licorne qui a alimenté les rumeurs les plus folles. Cette version, comme bon nombre le savent, est expurgée de la voix-off et de la fin heureuse imposées par le studio à l'époque en réponse aux désastreuses projection-tests.
Ces trois versions sont proposées dans une qualité tout à fait correcte et, chose intéressante, montrent les différents étalonnages du film à travers le temps puisque ces différents montages ont été peu modifiés en vue de cette édition. VO et VF 2.0 d'origine les accompagnent, mais il est également possible de sélectionner la piste anglaise 5.1 refaite pour l'occasion, même sur la version de 82.
Document unique s'il en est quand à la construction narrative d'un film, cette Workprint vient se superposer au Final cut. Ces deux « calques » que des années séparent, s'ajustent presque sans effort. C'était ce qu'il y avait à démontrer, la boucle est bouclée !
- Toute la fin au Bradbury's bulding est illustrée par une musique non-définitive qui sert plus ici de "maquette", sa mélodie étant très éloignée du travail de Vangelis.
- La mort de Roy Batty est montée un peu différemment. Un plan plus large vient s'intercaler dans le champ/contre-champ entre Harrison Ford et Rutger Hauer. Une voix-off de Deckard constatant la mort du Nexus 6 se superpose aux images.
Cette version Workprint est également visible avec le commentaire de Paul Sammon qui fournit de longues explications sur les différentes versions du film. En parfait connaisseur du sujet (il a accompagné et s'est fait le chroniqueur de l'histoire du film pendant des années, au point de devenir Monsieur Blade Runner), l'auteur de Future noir nous livre également ses propres anecdotes sous l'angle de l'histoire.
L'interactivité de ce dernier disque qui conclue une édition définitive incontournable prend la forme d'un documentaire intitulé Tous nos futurs possibles (30min, VOSTF). Là, le producteur de ce Final cut et toute son équipe détaillent tout le processus qui leur a permit de nous offrir cette version 2007 restaurée, remastérisée et remontée selon les directives de Ridley Scott. De nombreuses images du travail technique (en particulier le retournage des scènes avec Joanna Cassidy afin de remplacer son visage sur la doublure), de réunions avec Ridley Scott et la Warner ou encore des recherches des éléments originaux avec les différents techniciens illustrent les propos des différents intervenants.


