Effet papillon (L') – Édition Collector 2 DVD - DVD

Effet papillon (L'), 2004

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Effet papillon (L') – Édition Collector 2 DVD
4,2
Image Star Rating 8
Son Star Rating 9
Interactivité Star Rating 8
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Test DVD - Effet papillon (L') – Édition Collector 2 DVD

Rédigé le 15 déc 2004 par Laurent PéchaLaurent Pécha

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Star Rating 8
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Star Rating 9
Avis bonus
Star Rating 8
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Test technique

Malgré la présence de trois pistes 5.1, dont une en DTS gourmande en place sur les DVD, l'image de L'Effet papillon possède une belle tenue tout en rendant parfaitement hommage aux intentions visuelles de leurs réalisateurs. À ce titre, il est pertinent d'écouter l'excellent commentaire audio des deux hommes (présent sur la director's cut) qui mentionnent souvent la spécificité de leur travail sur la photo et le look visuel du film. Ils nous apprennent en véritables maniaques de l'image qu'ils ont accentué numériquement le rouge du manteau de leur héroïne pour en faire un rouge « Miller » (47min 3s sur la director's cut), ou encore qu'à chaque fois qu'Evan évoque son père, un élément du décor de couleur verte est mis en évidence (38min 15s dans la director's cut et les serviettes vertes sur la table).


En apparence relativement banale, la photo de L'Effet papillon possède donc un look très particulier et très travaillé (la chroma évolue en fonction de l'état psychologique du héros et selon la situation dans laquelle il se trouve), et la force de ce transfert 16/9 est de le restituer dans ses grandes largesses. Toutefois, tout n'est pas parfait, comme en atteste notamment une copie parfois très légèrement abîmée (première image du chapitre 13 et son beau scratch blanc) et une définition pas toujours optimale (lors de certaines séquences en basse lumière, le piqué manque de précision, situation bien visible sur un écran de taille imposante). Si l'image reproduit de façon probante le grain entr'aperçu au cinéma, il existe des passages, plus ou moins brefs, où les arrière-plans fourmillent un poil trop pour que cela ne soit pas dû à quelques déficiences de compression.


Pour finir et après avoir longuement comparé les deux versions du film, cinéma et director's cut, il est impossible de noter une quelconque différence significative entre les deux images proposées, toutes les deux répondant largement à nos attentes sans toutefois les combler totalement.


Si, par rapport à l'édition zone 1 de New Line, on perd le DTS ES de la VO, la VF se voyant ici attribuer un « simple » encodage DTS, on retrouve avec bonheur les pistes DD 5.1 EX particulièrement démonstratives. Enfin, seulement sur la version director's cut, car sur le DVD 1, contenant la version cinéma, l'encodage EX sur la VF DD 5.1 n'est malheureusement pas présent.


L'apport du canal arrière est indéniable et nous oblige donc, s'il en est besoin, à se diriger vers la director's cut pour apprécier à sa pleine mesure la bande-son de L'Effet papillon. Devant le rendement épatant des deux mixages DD 5.1 EX, la présence de la piste DTS française s'avère presque superflue et ne comblera finalement que les maniaques de ce format.

À l'instar d'une image particulièrement stylisée et consciencieusement élaborée, le rendu des pistes de L'Effet papillon fait preuve d'une étonnante variété. On passe ainsi allégrement de séquences relativement calmes et insignifiantes au niveau sonore à des moments incroyablement démonstratifs (les scènes de passage dans le temps), où l'utilisation des enceintes arrière impressionne par sa virulence et la précision de sa localisation, tandis que les basses se mettent en branle avec une efficacité redoutable.

Pour démontrer la déroutante spécificité de la bande-son, il suffit d'aller aux séquences se déroulant en prison et plus précisément à 68min 14s (pour la director's cut, à 63min 37s pour la version salles) et de tendre l'oreille. Si vous n'entendez alors plus que l'enceinte centrale, ne paniquez pas, votre ampli n'est pas du tout déréglé : c'est totalement voulu, comme le soulignent les réalisateurs dans leur commentaire audio. Là, durant six minutes (jusqu'à 74min 13s), la bande-son a été volontairement mixée en mono par les deux compères afin de coller à l'impression de documentaire (ils avouent avoir cherché à retrouver l'esprit de Slam, un film qui a aussi pour cadre l'univers pénitencier).

À noter que, si les pistes EX ont plus ou moins le même rendement, la VO s'en sort mieux grâce à un décodage plus fin, plus subtil des ambiances et effets du film, la VF ne tirant pas totalement profit de toutes les capacités offertes par la séparation des canaux du 5.1 (certains sons se retrouvant alors sur les avant et les arrière alors que ce n'est pas le cas sur la VO).

Test des bonus

L'édition double DVD de L'Effet papillon revêt un caractère particulièrement pertinent pour les fans du film puisqu'elle propose sur un second disque la director's cut. À l'heure où cette notion de montage du réalisateur ne veut plus dire forcement grand-chose (certains utilisant cet argument uniquement à des fins bassement commerciales, qui a dit Friedkin ?), celle de L'Effet papillon mérite toute notre attention puisqu'elle est, principalement par sa fin nettement plus tragique, l'émanation totale des désirs artistiques de ses deux réalisateurs-scénaristes.

Avant donc d'entrer à proprement parler dans l'analyse des bonus de cette édition, évoquons cette fameuse director's cut. Tout d'abord, si la différence de durée (108min 58s contre 114min 44s) nous laisse à croire qu'elle nous apporte 5min 46s d'images supplémentaires, il s'agit en fait d'un peu plus, la fin étant désormais plus courte que celle vue en salles (33s de moins).

Le premier changement intervient à 14min 10s et permet de placer en douceur les éléments qui permettront au film d'arriver plus ou moins logiquement à la fin tragique retenue. Dans cette scène de 1min 38s, on retrouve le jeune Evan dans le grenier de sa maison découvrant des vieilles photos de famille, révélant de ce fait l'aspect génétique de la maladie qui le touche et lui permet de voyager dans le temps.


Le deuxième ajout, encore plus important, intervient à 38min 36s (jusqu'à 41min 33s). La séquence nous montre Evan et sa mère allant, après avoir dîné ensemble, rendre visite à une voyante. Celle-ci lit l'avenir d'Evan et lui révèle qu'il n'a pas d'âme et qu'il n'aurait jamais du naître.



Avant d'évoquer les ultimes scènes ajoutées avant le bouleversement de la fin du film, notons un petit changement à 47min 6s où les pensées, en voix off, de la mère d'Evan relatives au père ont été supprimées.


À 72min 13s (jusqu'à 73min), la partie dans la prison a été prolongée, montrant désormais qu'Evan se fait violer la nuit par les détenus néo-nazis qui l'humilient un peu plus le lendemain matin en lisant à haute voix à tous les autres détenus le contenu de ses cahiers intimes.



Dernier ajout dans le cours du récit avant le final (à 98min 31s), la scène des retrouvailles à l'hôpital entre Evan et sa mère, gravement malade, possède quelques plans et dialogues supplémentaires, notamment quelques images flash montrant la mère en train de fumer activement suite à l'accident survenu à son fils, et une ligne de dialogue où Evan assure qu'il ne deviendra pas fou comme son père.



Toutes ces petites saynètes ajoutées renforcent admirablement bien l'aspect inévitable de la vie tragique d'Evan qui sème la mort, le doute, le malheur autour de lui. Attention méga spoiler : Pour bien faire, il comprend donc (la rencontre avec la voyante est à ce titre primordiale) que le seul moyen de ne pas interférer avec qui que ce soit, et ainsi forcément détruire sa vie, est de ne pas naître. D'où cette fin désormais inévitable et visuellement aussi impressionnante qu'éprouvante qui voit Evan, alors fœtus dans le ventre de sa mère, prendre le cordon ombilical et s'étrangler avec. Se faisant, tout ceux qu'ils auraient dû connaître ont alors une existence heureuse, le film se finissant sur Kayleigh, radieuse, en train de se marier (pour l'anecdote, l'acteur qui joue l'époux n'est autre qu'un des deux réalisateurs, l'autre s'étant gardé le rôle du nouveau mari de la mère d'Evan qui donne enfin naissance à un enfant, une fille).


Si cette fin est effectivement culottée et relativement logique, on peut toutefois lui préférer la fin presque tout aussi pessimiste de la version salles. Car, entre un Evan qui se suicide avant même de naître et un Evan qui sacrifie l'amour de sa vie, quel est l'acte le plus courageux ? Ne pas vivre ou vivre avec le sentiment d'être passé à côté de sa vie ? Quelle est l'issue la plus horrible, la plus pessimiste ? De plus, notons que l'acte d'Evan de se suicider ainsi peut certes protéger les personnes qu'il aurait dû connaître mais quid de sa mère ? Comment accepter comme totalement logique et crédible ce choix d'Evan alors même qu'il prend un risque énorme vis-à-vis de sa mère, ne sachant absolument pas si elle va pouvoir se remettre d'une troisième fausse couche, sans par exemple sombrer dans la folie ou mettre fin à ses jours de désespoir ?

DVD 1
Pourvu de menus pas toujours tous réussis (les sous-menus sont graphiquement pauvres) et de transitions sophistiquées mais un peu longuettes, ce premier DVD possède deux angles d'attaque. D'un côté, dans une section intitulée Au-delà du réel, des bonus consacrés aux thèmes développés dans le film ou plus exactement aux thèmes sur lesquels s'appuie le récit de L'Effet papillon, à savoir la théorie du chaos et le voyage dans le temps. De l'autre, dans la section Autour du film, des suppléments dédiés à la genèse complexe du film.

Au-delà du réel
Le premier document, La Théorie du chaos (8min 59s, VOST), tente vainement d'élever le débat sur cette théorie qui se résume souvent au fait qu'un simple battement d'ailes de papillon en France peut provoquer un typhon au Sri Lanka. Le postulat de départ a beau attiser la curiosité, les élucubrations des professeurs et autres médecins interrogés restent bien trop superficielles pour permettre au document de n'être autre chose qu'une fausse bonne initiative.


L'autre reportage, Le Voyage dans le temps (13min 24s, VOST), est dans la même veine (avec les mêmes intervenants « scientifiques »), même si on peut s'amuser à voir des historiens du cinéma disserter sur des films ayant comme thème principal le voyage dans le temps (Somewhere in time, La Machine à explorer le temps, Retour vers le futur, Terminator, Timecop…)

Autour du film
La Genèse du film (17min 49s, VOST) traite, grâce à de nombreux intervenants (les réalisateurs, le directeur de la photo, les principaux acteurs, dont Ashton Kutcher), de manière très convaincante et concise du processus de création douloureux de L'Effet papillon, qui s'apparente ici à un long accouchement de sept ans pour cause de script absolument invendable à Hollywood et de volonté farouche des deux scénaristes, à l'instar de Stallone en son temps pour Rocky, de ne pas simplement « vendre leur scénario ».


Tout aussi réussi, le module Les Effets visuels (16min 5s, VOST) permet aux créateurs des effets spéciaux du film de revenir sur la manière dont ils ont pu créer des effets saisissants avec pourtant peu de moyens. Des propos et idées énoncés qui montrent à quel point le manque d'argent n'est pas forcément un obstacle pour créer un film visuellement impressionnant à partir du moment où on a de l'imagination et du talent.


Particulièrement riche, la rubrique, Comparaisons storyboards / film permet de découvrir sur onze séquences (écran splitté en deux) les différences minimes entre les scènes initialement prévues par le storyboard et le résultat finalement tourné.


Avant de conclure sur l'interactivité de ce premier DVD par une série de bandes-annonces (celle du film, mais aussi celles de Monster, Godsend et L'Armée des morts), on peut jeter un œil très rapide sur la section des scènes coupées ou alternatives, qui comprend sept séquences et deux fins alternatives (6min 16s, VOST), le tout disponible avec ou sans le commentaire audio très franc et direct des réalisateurs (on sait pourquoi les scènes n'ont pas été retenues). Pour la plupart anecdotiques, ou simplement parce qu'elles retardaient l'arrivée à l'écran d'Ashton Kutcher ou qu'elles étaient maladroites (la marche des amoureux dans le parc), ces séquences ne présentent que peu d'intérêt. En revanche, on pourra toujours s'amuser avec les deux fins tournées pour faire plaisir au studio, et qui étaient pour le moins optimistes et donc en totale inadéquation avec le reste du métrage.

DVD 2

Le seul bonus de ce second disque, si l'on considère que la director's cut n'en est pas un, est un commentaire audio (VOST) des réalisateurs-scénaristes, Éric Bress et J. Mackye Gruber. Amateurs du genre, vous allez vous régaler tant les deux hommes fournissent un lot interrompu d'anecdotes pertinentes, de secrets de tournage fascinants et souvent surprenants.
N'hésitant jamais à dire ce qu'ils pensent (ils balancent sur le studio et justifient constamment leur director's cut, et cela avec la plus grande correction), parvenant à jongler avec habilité entre détails techniques (les révélations sur l'utilisation chromatique bien spécifique de certains éléments, le son passant en mono durant de longues minutes…) et justifications captivantes de leur histoire, tout en insistant sans condescendance aucune sur les qualités de leurs comédiens (Ashton Kutcher est souvent encensé), le tout en maniant parfois un humour bien graveleux (voir leur remarque sur la manière d'opérer un cunnilingus), les deux intervenants nous entraînent avec eux sans aucune réticence.

En fait, on a quelque peu menti en écrivant qu'il n'y avait qu'un seul supplément sur ce DVD, puisque l'on peut aussi sélectionner une piste d'anecdotes s'affichant durant la vision du film. Seulement voilà, la teneur de ces anecdotes associée à leur disparité durant la projection (on peut parfois attendre de longs instants avant d'en voir une) font que l'intérêt est des plus limités, certaines étant toutefois tellement incongrues qu'elles peuvent déclencher un bon fou rire.

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