Collateral - DVD

Collateral

Collateral
dvd note 2 country_flag

CLIQUEZ POUR LA JAQUETTE HD


FICHE DVD FICHE Blu-Ray LIRE LA CRITIQUE FILM LIRE LE TEST DVD
LE FILMStar Rating 8
IMAGEStar Rating 9
SONStar Rating 8
BONUSStar Rating 7
CAPTURES VOIR LA FICHE FILM

TEST TECHNIQUE

09 déc 2004 Par Thomas Douineau

Qu'allaient devenir les images tournées en HD de Collateral lors de leur passage en DVD ? Retrouverait-on ces nuances particulières obtenues par le chef opérateur Dion Beebe, ce rendu ni numérique ni argentique mais quelque chose situé entre les deux, inconnu jusqu'alors ? Le DVD permettrait-il de retranscrire cette volonté artistique de capter de manière réaliste les lumières nocturnes et uniques de Los Angeles en mettant en œuvre de nouveaux procédés techniques ?

La réponse est oui ! Et plutôt deux fois qu'une. L'expérience salles est parfaitement conservée grâce à un master numérique d'excellente tenue d'une propreté incroyable. La colorimétrie est conforme en tout point à notre souvenir grâce à un étalonnage soigné qui respecte les teintes parfois étranges du film (ciel teinté de rose par les lumières de la ville par exemple), saturant à bon escient certaines couleurs, en délavant d'autres à tel point qu'elles nous apparaissent presque grises (la séquence des coyottes). La texture particulière des images est parfaitement rendue au travers d'un contraste bien géré accentuant judicieusement les nuances et les effets du numérique à la prise de vue (des capteurs et non de la pellicule, rappelons-le) : blancs parfois brûlés, noirs légèrement teintés, halos lumineux autour des silhouettes, reflets très « métalliques »…

Les noirs sont profonds et la définition, à son meilleur niveau, ne souffre d'aucune suraccentuation des contours ou d'une image surpiquée à outrance. Elle montre sa précision par l'intermédiaire d'un Scope de toute beauté, que Mann enrichit d'un travail exceptionnel sur la mise au point et la profondeur de champ, signant des cadres d'une composition et d'une force cinématographiques étonnantes. (Heu… stop ! Qui a dit que Mann était un des plus grands réalisateurs américains actuels ?). La compression est idéalement maîtrisée à part quelques rares arrière-plans légèrement bruités ou des scènes particulièrement granuleuses plus difficiles à encoder. L'image hallucinante, tant d'un point de vue artistique que technique, obtenue par Mann sur Collateral conserve, en DVD, toute sa saveur.


Comme la plupart des films «urbains» de Michael Mann, Collateral bénéficie d'un travail sur le son extrêmement soigné et toujours orienté vers une approche réaliste et une transcription acoustique des ambiances de la ville. Collateral ne déroge pas à la règle et alterne moments de calme ou de contemplation, enrichis d'une musique émotionnelle (la scène des coyottes en est le meilleur exemple) et d'instants fulgurants de frénésie sonore (le morceau de bravoure de la boîte de nuit).

Le mixage et l'encodage Dolby Digital 5.1 anglais rend parfaitement compte de ces ambiances subtiles grâce à une spatialisation exemplaire et à une stéréo avant et arrière qui montre une excellente séparation des canaux. La musique et les pulsations de la ville sont étonnement bien mises en valeur, enveloppant le spectateur et le faisant participer d'autant plus activement au film. La violence soudaine d'un corps s'écrasant sur le toit du taxi de Max et éparpillant des éclats de verre dans tous les canaux, ou le premier coup de feu tiré par Vincent claquant comme un coup de tonnerre permettent de se rendre compte du dynamisme et de l'impact de cette bande-son qui garde cependant une grande richesse de détails. Lorsque l'on enclenche la piste DTS anglaise, on ne distingue au premier abord que très peu de différences. Puis, au fur et à mesure de l'écoute, on y perçoit de subtiles nuances : les basses sont légèrement plus rondes et plus percutantes, certains détails et effets semblent ressortir avec un zeste de précision supplémentaire. On y gagne en clarté dans le haut-médium, et lorsque arrive l'apothéose sonore de la scène de la boîte de nuit, on serait tenté de dire que oui, c'est mieux en DTS, ne serait-ce que par l'impression d'avoir des couches sonores mieux étagées les unes par rapport aux autres (musique, effets, bruitages, dialogues off et in, cris de la foule, coups de feu, voix dans les talkies), offrant une tessiture sonore plus agréable à l'oreille.

Si la différence entre les deux formats anglais 5.1 est très subtile, il n'en est rien (c'est normal, me direz-vous) lorsque l'on compare ces deux pistes à la bande-son encodée en Dolby Surround 2.0, tant cette dernière paraît étriquée, concentrée sur la façade avant. Quid du relief généré par les canaux arrière ? L'étonnant environnement sonore laisse ici place à une bande-son hélas bien trop plate et qui ne semble pas du tout avoir été mixée de la même manière. Quant à la piste DD 5.1 française, bien qu'elle garde l'essentiel des informations de la version originale, les restituant avec le même impact, la bien trop grande présence des dialogues nuit à l'équilibre de l'ensemble et tend à brouiller la clarté du message diffusé par les autres enceintes. Du coup, tout paraît plus étouffé, phagocyté par une voix centrale beaucoup trop mise en avant.

TEST DES BONUS

09 déc 2004 Par Thomas Douineau

Parce que le film est une commande de Dreamworks (un blockbuster transformé en film d'auteur), Collateral bénéficie d'un vrai traitement de faveur en DVD, a contrario des autres éditions des films de Michael Mann, chiches en bonus et où le réalisateur est peu présent. Heureusement, on commence à prendre la mesure du talent de ce réalisateur extrêmement doué, et, en attendant l'édition Collector de son western urbain, Heat (voir notre news du 8 novembre 2004), découvrons cette édition deux disques de Collateral qui lève enfin un peu le voile sur sa méthode de travail et sa réputation justifiée de perfectionniste.

Le premier disque s'ouvre sur de jolis menus animés sonorisés en Dolby Surround. Ils se composent d'images du film aux couleurs accentuées apparaissant en fondu enchaîné. Une présentation désormais marque de fabrique des DVD Dreamworks. Ces menus aux transitions agréables permettent le choix des langues et des sous-titres, la sélection des chapitres (par l'intermédiaire de vingt vignettes musicales) et l'accès à l'unique bonus de ce premier disque, mais pas des moindres : le commentaire audio de Michael Mann. Une heureuse surprise pour tous les fans du réalisateur puisque, jusqu'à la dernière minute, il n'était annoncé nulle part, pas même sur la jaquette que nous avons entre les mains.

Ce commentaire audio est donc une bénédiction. Mann parle vite, avec un accent américain très prononcé et d'un ton monocorde. Heureusement, la qualité de ses propos nous tient en haleine tandis que la présence de sous-titres anglais permet aux non-anglophones de n'en rien rater. Certains seront déçus par le manque d'anecdotes, l'absence d'information technique ou de mise en scène. Car visiblement, ce qui intéresse Mann ce sont les comédiens et l'histoire. Il recense donc tous les détails qui permettent de créer les personnages et de renseigner le spectateur par l'image, et non de manière didactique. Après nous avoir expliqué que ce qui l'intéressait dans le scénario c'était la compression du temps – une nuit – et le challenge de faire entrer le spectateur dans une histoire dont on ignorait tout des enjeux et des personnages, Mann explique que la mise en scène passe d'abord par ce qu'il y a entre les lignes d'un scénario ou d'un film. C'est tout ce qu'un réalisateur va créer et qui va entrer de manière subconsciente chez le spectateur. De fait, il travaille énormément en amont avec ses acteurs (jusqu'à, nous dit-il, expliquer à Jada Pinkett Smith tous les rouages de l'Organisation que son procès risquait de mettre en pièces, ou de donner à Jamie Foxx tous les documents qui lui permettront de monter sa compagnie de limousines alors que ces infos ne figurent pas dans le film). Tout en se livrant à une véritable explication de texte de son film (toujours du point de vue des personnages), le réalisateur prend le temps de citer Billy Wilder, dont il est fan, et dont le travail sur Front page l'a inspiré pour créer les quelques répliques ironiques de Cruise, ou bien de nous apprendre que le scénario, au départ, se situait à New York sur fond de mafia russe. Il nous parle également des décors, des repérages, de tout ce qui fait partie de ce qu'il appelle « l'environnement » d'un film ou le « background », et qui montre que Michael Mann EST un grand réalisateur. C'est ce qui rend ses films si captivants. Frédéric Schoendoerffer, réalisateur d'Agents secrets, nous confiait d'ailleurs il y a peu de temps lors d'un entretien, qu'un film de Michael Mann pouvait se regarder sans le son, tellement ses images possédaient un pouvoir de captation phénoménale.

Le deuxième disque nous accueille par des menus à l'esthétique semblable à celle de la première galette. Ils donnent accès à plusieurs documents, tous plus intéressants les uns que les autres et tous sous-titrés français.



Le premier, City of lights (40min 58s, 16/9), est le making of de Collateral. Même s'il a tendance à survoler divers aspects de la préproduction (une impression sans aucun doute accentuée par notre souhait de vouloir en savoir toujours plus), on est loin de l'aspect promotionnel de certains documents de ce type. Mann y parle souvent de la direction d'acteurs, qui semble être sa priorité, sa raison d'être. Au travers d'extraits de films, de répétitions filmées, d'interviews de toute l'équipe, d'images du tournage, on entre dans « l'université Mann », comme le dit Jamie Foxx.


On assiste à la préparation des comédiens d'un point de vue émotionnel et physique (entraînement au corps à corps, à la conduite d'un taxi, aux maniements des armes). Entre deux anecdotes, quelques images de scènes non montées, le montage ou la musique y sont également évoqués pour finalement faire ressortir un unique leitmotiv : le soin méticuleux et obsessionnel de Mann pour les détails dans sa direction d'acteurs et sa mise en scène (on y apprend que cinquante-deux essais de peintures furent effectués pour trouver la bonne teinte de taxi que cherchait Mann et qui accrocherait la lumière tel qui le voulait ; des échantillons de carrosserie furent même emmenés sur différents décors pour les confronter à l'ambiance lumineuse du lieu !).



Le document suivant, Special delivery (1min 08s), est l'exemple même de cette intention de ne rien laisser aux hasard et de travailler les personnages dans leurs moindres détails. Vincent, le personnage de tueur que Tom Cruise interprète, doit se fondre dans la foule et passer complètement inaperçu dans Los Angeles. Mann proposa donc à Cruise un exercice de fou que l'on suit en caméra cachée : l'acteur devait se déguiser en agent FedEx, entrer dans une galerie marchande bondée, livrer le colis contre signature, et ressortir sans s'être fait reconnaître. Cruise (un grand acteur ?) s'en est sorti haut la main, prenant même un café avec un inconnu dans le magasin !

  

Delete scene (1min 57s, 16/9) est, comme son nom l'indique, une scène supprimée du métrage, proposée avec un commentaire sous-titré de Michael Mann. On y voit le véhicule de Max entrer dans l'aéroport et se mélanger aux autres taxis pour tromper la surveillance aérienne du FBI et du LAPD. Comme l'explique Mann, il n'a pas choisi de garder cette séquence pour une question de rythme, et surtout parce qu'il estimait qu'à ce moment du film cette scène avait tendance à nous éloigner de la convergence imminente des différentes intrigues nouées pendant le film.

Le document suivant, Shooting on location (2min 33s), est un court document avec extraits de film, mettant l'accent sur les repérages du bureau d'Annie, et la volonté de Mann de créer un jeu d'ombres devant les baies vitrées laissant transparaître les lumières de la ville (une des plus belles séquences du film). Quelques photos de repérage avec la productrice nous sont présentées.

Tom Cruise and Jamie Foxx rehearse (4min 13s) sont les répétitions filmées des comédiens, présentées à trois moments différents, preuve d'un travail approfondi de Michael Mann avec ses acteurs. On voit donc les premières lectures dans le bureau de Mann, ensuite au studio en situation, et enfin telle que la scène apparaît dans le film. Une utilisation du split-screen permet de voir ces trois étapes conjointement.

  

  

Les effets spéciaux sont aussi approchés au travers d'un court document (2min 27s) intitulé Visual FX : MTA train, qui revient sur la scène finale du train filmée devant un feu vert pour laisser à Mann le choix des décors, couleurs et plages lumineuses défilant en arrière-plan et contrastant avec les corps en mouvement. Lorsque Cruise raconte l'anecdote qui ouvre et clôt le film, Mann voulait un fond sans lumière et un arbre qui passait au second plan, évoquant une atmosphère funèbre (nous n'en dirons pas plus ni ne mettrons l'image correspondante pour ne pas spoiler la fin du film !).

Cette interactivité se clôt par des bandes-annonces (VO, 1.85, 4/3) de productions maison (La Mort dans la peau, Anchorman… mais pas de Collateral !), les biographies de l'équipe et des acteurs, et de copieuses notes de production que l'on préfère toujours voir sous forme de livret plutôt que de les lire à l'écran, même si elles sont passionnantes.

Pour conclure, on ne peut qu'être satisfait de cette édition d'un film de Michael Mann qui nous permet de découvrir d'autres facettes de son talent. On regrettera seulement que l'essentiel de ces bonus, commentaire compris, soit axé uniquement sur le scénario et la direction d'acteurs. La plupart des films du réalisateur sont de grands films de ce point de vue, mais aussi car Mann possède une maîtrise technique et un sens de la mise en scène proprement hallucinants qui sont ici très peu évoqués. On aurait donc aimé voir aborder le cadre, la lumière, les choix de mises en scène en compagnie d'un des réalisateurs américains les plus importants du moment.

CETTE EDITION

Disque 1: Collateral
Emballage: Slim
Duree: 120 min
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 1 DVD-9 et 1 DVD-5
Encodage: MPEG2
Disque standard: NTSC
Résolution: 1080p

DISQUE 1

  • Disque 1 :
    Film
    Commentaire audio de Mann, sous-titré anglais
    Disque 2 :
    Making of de Collateral : City of night
    Livraison spéciale
    Scène supprimée
    Document : Shooting on location
    Répétitions de Tom Cruise et Jamie Foxx
    Effets spéciaux : La scène du train
    Trailers DVD Dreamworks
    Biographies des acteurs et de l'équipe technique
    Notes de production

Captures


LIENS SPONSORISÉS

La Rédaction 02/04/2007 19:58 par La Rédaction

[DVD] Collateral - Zone 1

Vous pouvez discuter ici du DVD/HD Collateral. Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/dvd-details-394.php  LIRE LA SUITE

À ne pas manquer

Dossier Spielberg
Bazar Blu-ray
L'annuaire Blu-ray le plus complet du web
Ecran Large ouvre sa base de données

Newsletter