Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Iron Giant (The) - DVD
Géant de fer (Le), 1999
Test DVD - Iron Giant (The)
Rédigé le 25 nov 2004 par
Sandy Gillet
|
Avis image
Avis son
Avis bonus
|
|
Test technique
Issue d'un nouveau télécinéma, l'image bénéficie du soin méticuleux apporté à la compression, qui permet aux dessins de trouver toute leur démesure visuelle, depuis les décors d'une densité prégnante, jusqu'aux personnages, dont les traits épurés participent à cette impression de visionner une sorte de BD animée. La définition est exemplaire, on ne note aucun artefact de compression, les arrière-plans sont ciselés au possible et la fluidité d'ensemble est époustouflante. La palette des couleurs utilisées est ici retranscrite avec force et harmonie, alors que le format en Scope, qui accentue aussi cette impression virtuose, est magnifié au détour de chaque plan.
Un travail objectivement parfait, subjectivement réalisé avec un goût certain et une connaissance affirmée des contraintes visuelles de l'animation. Chapeau bas !

À l'évidence, il s'agit là du même 5.1, tant en VO qu'en VF, entendu sur la précédente édition. Si l'on aurait aimé, par exemple, trouver un nouveau mixage en DTS (un doux rêve, puisque Warner fait toujours partie de ces rares éditeurs réfractaires à ce format sonore), le travail qui avait été réalisé à l'origine garde toute notre estime et n'aurait même pas mérité un quelconque dépoussiérage tant l'ensemble reste cohérent, avec un canal de dialogues très clair et bien présent tout du long (encore plus en VF, comme toujours), des basses tonitruantes (la démarche du géant) mais utilisées à bon escient, et des effets Surround enveloppants sans pour autant manquer de subtilité. Il suffit pour s'en convaincre de suivre, au chapitre vingt-deux, la course d'élan puis le saut de l'ange du robot dans le lac, avec utilisation intelligente des cinq enceintes plus le caisson de basses, pour s'en convaincre.

Test des bonus
Après plus de trois ans d'attente, assortie de son lot contingenté d'annonces officielles contradictoires, Le Géant de fer voit enfin le jour dans une édition estampillée « spéciale », mais quelque peu décevante.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, notons l'absence, normale chez l'éditeur, de sous-titres quelconques sur ses suppléments. Si certains y verront un blocage légitime et attendront la sortie du zone 2 français, il faut tout de même savoir que le plus intéressant ici est sans aucun doute le commentaire audio de Brad Bird et d'une partie de son équipe, que Warner Home Video, sauf changement de politique éditoriale mondiale peu probable, proposera aussi chez nous sans sous-titres.
C'est donc entouré de Jeffrey Lynch (responsable du département scénario), de Steve Markowski (superviseur de l'animation du géant) et de Tony Fucile (qui chapeautait tous les dessinateurs) que Brad Bird commente son Géant de fer. Au regard des intervenants, on aurait pu craindre un flot ininterrompu de détails techniques sur la conception de tel ou tel personnage, ou de difficultés rencontrées sur telle ou telle méthode d'animation. Il n'en est rien en fait, et chacun de revenir sur l'historique d'une production marquée par le manque de temps où les « dead lines » étaient impossibles à tenir, et le manque d'argent obligeant sans cesse à revoir à la baisse les ambitions initiales. Des conditions difficiles qui, selon eux, ont obligé chacun à s'adapter continuellement, et qui ont finalement permis au film de gagner en efficacité par rapport à ce qui était prévu. Un discours réellement étonnant qui prouve, s'il en était encore besoin, l'honnêteté et l'intégrité de cette équipe vis-à-vis de son film.

Le second morceau de choix est la présence de huit scènes supplémentaires, présentées sous la forme de planches de dessins à peine animées, qui furent abandonnées soit pour des raisons budgétaires, soit dans une volonté de gagner en efficacité au niveau de l'histoire. Systématiquement introduites par un Brad Bird prolixe, elles sont autant de crève-cur brûlés sur l'autel du dieu dollar, à l'image d'un générique de début originellement crayonné beaucoup plus spectaculaire. Les personnages y gagnaient encore en épaisseur, jusqu'au géant qui devait se voir octroyer une séquence onirique permettant d'avoir une idée plus précise de ses origines extraterrestres.

Le reste se décline en des bio / filmos et des multiples featurettes, visibles pour la plupart durant la vision du film après avoir actionné la fonction « Behind the armor » (on aurait aussi aimé les voir regroupées dans un segment ad hoc des suppléments, ce qui, soit dit en passant, nous aurait évité, après avoir écouté le commentaire audio, de visionner le film trois fois de suite !). Au nombre de cinq, elles reviennent sur les origines du logo utilisé en ouverture, la musique originale de Michael Kamen, la conception de l'enfant, les origines du géant et du projet, soit en tout plus de quinze minutes fort utiles et en rien redondantes avec le commentaire audio. Le reste des featurettes, d'un accès plus classique, se compose d'un court entretien avec le storyboarder un peu branque, Teddy Newton, qui commente une séquence complètement barrée de son cru, du court métrage Atomic holocaust (2min) dans son intégralité (irrévérencieux au possible !), d'une intervention de Vin Diesel commentant son travail sur la voix du géant, et enfin d'une galerie de dessins préparatoires et finaux en forme de synthèse express du film.

Enfin, cette édition propose deux bandes-annonces du Géant de fer, l'officielle et celle réalisée par Brad Bird lui-même, ainsi que trois bonus cachés assez faciles à trouver.
Au final, donc, s'il est évident que ces compléments sont d'un intérêt certain, c'est peu de dire que l'on attendait mieux et plus. Il est par exemple regrettable de ne pas voir figurer un vrai documentaire qui aurait abordé l'histoire d'une production chargée et passionnante. Et que dire de l'absence de Jennifer Aniston, complètement oubliée, ou du traitement en faux-semblants de Vin Diesel devenu entre-temps une super star, sinon que Le Géant de fer n'a pas encore reçu en DVD le traitement digne de sa réputation, qui n'est définitivement plus à faire ?

