Qui m'aime me suive - DVD

Qui m'aime me suive, 2006

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Qui m'aime me suive
3,2
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Son Star Rating 8
Interactivité Star Rating 5
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Test DVD - Qui m'aime me suive

Rédigé le 14 mar 2007 par Erwan DesboisErwan Desbois

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Test technique

Changer de vie, poursuivre ses rêves, pour surtout ne pas se laisser dévorer par la routine. Voilà le programme à la fois ambitieux et déjà vu mille fois de Max, brillant chirurgien de trente-cinq ans qui est rentré dans la profession sous la pression parentale et qui décide un jour de tout plaquer pour reformer le groupe de rock de sa jeunesse. Puéril ? Peut-être. Casse-gueule ? Assurément. Mais Max a une énergie à renverser les montagnes, qui bouleverse ou entraîne dans son sillage tous les autres personnages du film et le film lui-même.


La belle réussite de Qui m'aime me suive tient principalement au fait que l'évidente sympathie du réalisateur Benoît Cohen et de sa co-scénariste Éléonore Pourriat pour Max transcende le film sans pour autant trop en sacrifier le réalisme. Bien sûr, le parcours de Max comporte des étapes un peu faciles, mais il reste crédible grâce à la grande qualité d'écriture des personnages et de l'évolution de leurs rapports à la suite du tremblement de terre créé par Max. La troupe d'acteurs de Nos enfants chéris, le précédent long-métrage de Cohen, est à nouveau réunie pour incarner cette galerie de portraits, dont aucun n'est utilitaire ou schématique.


La complicité entre les comédiens est évidente, et permet au réalisateur de s'appuyer sur eux dans le rire comme dans l'émotion, sans avoir à forcer sur les effets de mise en scène. On se retrouve ainsi plongé dans la vie parfois tragique (l'éloignement inéluctable entre Max et son épouse Anna – Romane Bohringer, aussi étonnante ici en avocate stricte qu'en copine marrante dans Nos enfants chéris), parfois comique (la reformation du groupe de rock démarre par une hilarante scène de séparation qui reprend tous les clichés du genre) de la bande, dépeinte dans tous les cas avec justesse. Cohen a assurément réussi son ambitieux pari, avec un film qui s'écarte encore plus que son précédent du carcan simplement comique en tenant de bout en bout l'équilibre entre légèreté et gravité, y compris au cours d'un final ardu et pourtant remarquablement émouvant et adulte.


L'autre défi du film était la place prépondérante tenue par la musique. On sent en Cohen et Pourriat des connaisseurs, qui savent faire ressentir la vie d'un groupe en tant qu'entité pleine de tiraillements et d'ambitions, et l'existence distincte menée par les chansons, qui finissent toujours par échapper à leur créateur. Des chansons dont les arrangements et les paroles (en français, une gageure) sont de premier choix, et qui sont portées par des acteurs dont la débauche d'énergie est en osmose avec leurs rôles. La métamorphose – d'une scène à l'autre, littéralement – de Mathieu Demy, qui passe du fils de bonne famille propre sur lui au rocker à la Noël Gallagher, est proprement stupéfiante. Sa performance l'est tout autant, en particulier dans la scène la plus forte du film, où il sublime des paroles qui pourraient sembler toutes faites pour en tirer une poignante profession de foi sur son besoin physique de prendre sa vie en main et sa hantise de mourir à petit feu s'il ne le fait pas. Une chose est sure : lui, Benoît Cohen et toute la bande, on les suit sans hésiter.


L'interactivité proposée est assez bâtarde : alléchante sur le papier, trop vite expédiée dans les faits. Le making-of est un plat montage d'images captées sur le tournage, desquelles on n'apprend rien d'autre que la sempiternelle bonne ambiance des plateaux de cinéma. Pour trouver trace d'une intervention du réalisateur, il faut se diriger vers les deux scènes commentées – le peu d'entrain qu'il met à se plier à l'exercice explique qu'un commentaire audio du film entier n'ait pas été enregistré.


Les deux scènes coupées présentent un peu plus d'intérêt, en développant habilement le personnage de Julie Depardieu et sa relation passée avec le héros. Enfin, le court-métrage Les citrouilles grossissent, je maigris, quelle chaleur ! est aussi amusant et original que son titre – où comment trouver l'amour en déclamant des haïkus au supermarché…


C'est devenu une habitude avec les DVD France Télévisions (voir les récents Irréductibles), le rendu visuel n'y est jamais une franche réussite. L'encodage moyen altère les scènes en basse lumière et/ou jouant sur la profondeur de champ, avec l'apparition de fourmillements et des contours qui deviennent flous. De même, si les couleurs sont vives, les contrastes auraient pu être mieux gérés – les blancs en particulier sont légèrement brûlés.


On est bien plus enthousiasmé par la partie sonore, avec une piste DD 5.1 soignée et pleine d'énergie. La spatialisation est une réussite, avec des dialogues concentrés sur la voie principale et laissant ainsi les enceintes latérales et arrières à la musique, la vraie star du film et sa raison d'être. Le message du récit passe ainsi encore mieux, puisque nous nous trouvons enveloppés et réellement transportés par le rêve éveillé de Maxime.

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