Baby boy Frankie - DVD

Baby boy Frankie, 1961

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Baby boy Frankie
3,3
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Test DVD - Baby boy Frankie

Rédigé le 02 fév 2007 par Erwan DesboisErwan Desbois

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Star Rating 8
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Test technique

Présenté l'an dernier à Cannes hors compétition et sorti dans la foulée en salles pour la première fois en France, Baby boy Frankie compte parmi les meilleurs polars de 2006. Cette première, et quasiment unique (seuls deux autres films suivront), réalisation de Allen Baron est une œuvre véritablement unique en son genre. Le radicalisme des partis pris et l'aboutissement de leur mise en application formelle la rendent en effet intemporelle.


Baby boy Frankie a été réalisé en 1960, en plein creux de la vague du genre policier. Les derniers feux du film noir hollywoodien classique ont brillé il y a quelque temps déjà – avec En quatrième vitesse en 1955 par exemple – et les Scorsese et Cie qui inventeront leur propre voie dans les années 70 viennent juste de recevoir leur première caméra Super-8 pour Noël. Baron est donc seul dans le désert, comme son personnage principal (qu'il interprète lui-même) de tueur à gages froid et inflexible est seul dans l'hiver de New York pour exécuter son dernier contrat.


Tourné avec un budget minuscule et une bonne dose de débrouille, Baby boy Frankie compense en profitant à plein des ressources naturelles offertes par le décor new-yorkais. Sur fond de lancinants airs de blues, le plus souvent filmé en plans volés, Frankie traîne sa solitude et son insensibilité de Harlem à Brooklyn, du Bronx aux décorations de Noël de Manhattan. Le récit est minimaliste, d'une sécheresse et d'une tension angoissantes. Comme s'il faisait le lien entre le passé et l'avenir du polar, Baron applique avec talent les archétypes du genre – la rencontre avec une femme tendre et douce, un complice qui pose des questions gênantes, des relations conflictuelles avec les employeurs – tout en dynamitant le rapport entre le récit et le spectateur par l'ajout d'une géniale voix-off.


Omniprésente dès que Frankie n'interagit pas avec d'autres personnes, celle-ci commente d'un ton narquois et omniscient non seulement ses faits et gestes mais aussi ses pensées intimes, ses doutes, son enfance et son possible destin à venir. La nature de cette entité qui tutoie Frankie n'est jamais explicitée, ce qui rend le flot de paroles encore plus fascinant et effrayant. Alors que son travail et son comportement devraient le rendre puissant à nos yeux, Frankie est rabaissé par la voix-off à l'état d'un être fragile, sans contrôle sur sa vie. Son attitude lors des supposés morceaux de bravoure (le final sur fond de tempête de neige, entre autres), par ailleurs superbement mis en scène, confirme ce sentiment et dévoile le thème profond de Baby boy Frankie : nous mettre face à notre propre fragilité et absence de contrôle.


L'image du film n'a bénéficié d'aucune restauration pour cette édition. La copie est donc sale (poussières, rayures et points blancs en tout genre), voire même très sale à certains moments. Cette gêne est compensée par un encodage de qualité, qui permet une très belle gestion des contrastes ainsi qu'une définition et une compression très solides. Les fourmillements et artefacts sont ainsi quasiment absents des nombreux plans larges de la ville. Le rendu est encore plus remarquable pour le son, puisque la piste mono d'origine (en version originale) est exempte de toute imperfection, hormis un très léger souffle. Les dialogues sont clairs et les solos de saxophone presque aussi purs qu'au premier jour.


En complément du film nous est présenté le documentaire Requiem for a killer, dans lequel Allen Baron revient sur les lieux du tournage à New York. Ces images servent de fil rouge à un making-of original, puisqu'à chaque arrêt le réalisateur-acteur dévoile quelques informations sur les raisons des choix des décors et la signification de ceux-ci dans le récit, sur la psychologie de Frankie ou encore sur la production du film à base de système D. Le résultat est plutôt agréable à suivre, le franc-parler et l'humour de Baron faisant la plupart du temps oublier l'impression qu'il n'est jamais parvenu à assumer l'aura du film et à passer à autre chose. Mais tout de même, on aurait aimé trouver dans cette interactivité des témoignages extérieurs (de cinéastes influencés par le film, par exemple) afin d'élargir l'horizon de l'ensemble.

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