Bienvenue stranger!
Les enchères
Les jeux
Jarhead - HD DVD
Jarhead, la fin de l'innocence, 2005
Test HD DVD - Jarhead
Rédigé le 23 fév 2007 par
Laurent Pécha
|
Avis image
Avis son
Avis bonus
|
|
Test technique
Déjà classé numéro 1 de notre top image 2006 avec son édition DVD, Jarhead prend fort logiquement une place de choix dans les meilleurs HD-DVD sortis jusqu'ici. On est ici en présence d'une image en tous points exceptionnelle. La profondeur de champ offerte par la résolution 1080p est tout simplement inouïe. L'étendu désertique irakien n'a jamais paru aussi immense. Quant au piqué de l'image, il est d'une précision diabolique et permet d'atteindre un niveau de détails phénoménal donnant l'impression d'avoir affaire à un Pixar en live. On pourrait continuer les superlatifs également concernant la gestion des contrastes (des noirs ahurissants de profondeur), la saturation des couleurs ou encore la maîtrise parfaite de la compression. Jarhead en HD-DVD, c'est énormissime et pour le moment, ça n'existe pas en Blu-ray
La note tient compte de l'exploitation du potentiel du support HD-DVD et de l'éventuelle amélioration technique que l'on a pu dénoter par rapport aux DVD existants.
Les pistes Dolby Digital 5.1 Plus mettent à mal le souvenir pourtant mémorable des pistes 5.1 du DVD. Tout est ici décuplé que ce soit en terme de puissance, dynamique, précision et localisation des effets et ambiances. Quant à la musique de Thomas Newman, elle jouit d'une ouverture du champ sonore totalement bluffante qui culmine dans la séquence nocturne des puits de pétrole.
La note tient compte de l'exploitation du potentiel du support HD-DVD et de l'éventuelle amélioration technique que l'on a pu dénoter par rapport aux DVD existants.
Test des bonus
Universal propose ni plus ni moins la même interactivité que celle offerte sur l'édition collector DVD sortie en juillet 2006. On dénote également un changement de dénomination sur certains bonus, sans doute dû à une traduction faite à l'échelle européenne. Un sentiment renforcé par la traduction exécrable de la section suppléments qui devient ici « génériques » ! Question menu, on est toujours en présence, comme pour tous les titres de l'éditeur, d'une barre verticale grisonnante bien triste que l'on peut faire apparaître à tout moment durant la projection du film.
Le contenu éditorial proposé tente de sortir de l'ordinaire hollywoodien, le plus souvent avec succès, même s'il ne s'agit pas non plus d'une révolution instaurant un nouveau standard d'excellence. On trouve en premier lieu des bonus bien classiques : scènes coupées et commentaires audio. Ces derniers, sous-titrés en français, sont au nombre de deux, le premier étant enregistré par le réalisateur Sam Mendes et le second par l'auteur du livre d'origine, Anthony Swofford, et le scénariste William Broyles Jr. D'un intérêt inégal (quand ils n'échangent pas leurs souvenirs de guerre du Golfe et du Vietnam, Swofford et Broyles se contentent de paraphraser le film), ces pistes montrent que Jarhead est réellement l'uvre de son réalisateur. Au fil des révélations et explications très intéressantes de Sam Mendes, on comprend en effet comment ce dernier a utilisé le script comme un matériau de base, qu'il a modelé à sa manière par la mise en scène (en caméra à l'épaule), l'utilisation de la musique ou encore le travail avec les acteurs (beaucoup d'improvisations) pour le faire correspondre à sa vision personnelle.

Les sections consacrées aux scènes coupées confirment cette mainmise du cinéaste sur son long-métrage. Elles sont divisées en trois parties : les rêves de Swoff (fantasmes délirants qui nous font partager le regard décalé du héros sur son environnement), les interviews des soldats (en version intégrale), et toutes les autres. Parmi ces dernières, trois ou quatre sur les onze valent franchement le détour : des scènes développant la relation entre Swoff (Jake Gyllenhaal) et Troy (Peter Sarsgaard), et surtout une ouverture complètement différente, avec Sam Rockwell (Confessions d'un homme dangereux, La ligne verte) dans le rôle de l'oncle de Swoff qui vante à ce dernier, encore gamin, les mérites et la grandeur de l'armée. Dans ses commentaires, Mendes explique que ces séquences, même les plus percutantes (l'ouverture alternative, certains des fantasmes), ont été sacrifiées afin de préserver l'intégrité du message du film et l'homogénéité de son ton : bel exemple d'un réalisateur qui privilégie la qualité d'ensemble du long-métrage à des coups d'éclat ponctuels offerts par telle ou telle scène.

Les interviews des soldats, pour lesquelles les acteurs ont improvisé la quasi-intégralité de leurs réponses, ouvrent sur un autre aspect de Jarhead : la mise en situation extrême des acteurs, qui ont finalement vécu une aventure comparable à celle de leurs personnages, entre passage par le camp d'entraînement et isolement dans le désert au sein d'un groupe sans contact avec le monde extérieur. Les documentaires du second DVD Le tournage de Jarhead (sur les acteurs principaux) et Le contexte (sur les figurants) se concentrent sur cette particularité du projet, que Sam Mendes a su exploiter pour rendre le film le plus réaliste possible, et en faire un instantané de l'expérience vécue sur place par les soldats. Le second documentaire montre en particulier comment la présence de figurants ayant réellement vécu la première Guerre du Golfe, et pour qui le film prend des allures de libération vis-à-vis de ce passé, aux côtés des stars hollywoodiennes, a participé pour beaucoup à l'immersion de celles-ci dans leurs rôles.

Si l'objectif de ces documentaires, annoncé par Sam Mendes dans son introduction à chacun d'entre eux, d'offrir un point de vue différent et moins formaté que d'habitude sur un tournage est atteint, tout n'est pas pour autant parfait. Les deux modules n'échappent pas toujours aux poncifs du genre (autocongratulation mutuelle, platitudes énoncées par les producteurs), et ils s'étirent trop en longueur un seul documentaire de trente minutes (la durée de chaque) regroupant les deux présentés ici aurait pu largement suffire.

L'interactivité se conclut par le documentaire Semper Fi, qui prolonge le propos du film en recueillant les paroles de cinq Marines sur la difficulté de leur retour au pays après leur service dans le Golfe, en 1991 ou en 2004. Les conditions dans lesquelles ils se retrouvèrent furent identiques : tous parlent de leur enthousiasme idéal, du « conditionnement » (le mot revient dans chaque témoignage) subi à l'armée, et de la perte totale de repères une fois sortis de cet environnement. L'intelligence de ce reportage est de montrer à travers ces cinq exemples toutes les variantes de comportements en réponse à ce choc du retour, du soldat le plus dévasté par ce qu'il a vécu à celui qui reste convaincu du bien-fondé de son choix et de ses agissements sur place. Sans prise de position face à ces hommes, mais avec des répliques qui claquent (« C'est bizarre d'être allé en Irak avant d'avoir eu l'âge de voter »), ce bonus qui réussit à aller, de manière intelligente au-delà du cinéma, est une vraie réussite.

Matériel utilisé pour ce test (cliquez sur le nom du testeur pour plus d'informations) :
Vidéoprojecteur Mitsubishi HC-5000 projettant une image de 2,40m de base
Lecteur Toshiba HD-AX1 qui sort un signal en 1080i
Ampli Yamaha DSP-A1


