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Illusionist (The) - DVD
Illusionniste (L'), 2006
Test DVD - Illusionist (The)
Rédigé le 17 jan 2007 par
Flore Geffroy
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Avis son
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Test technique
Voilà une critique comme on rêve de les écrire. Voilà aussi une critique qu'on se passerait bien d'écrire, par peur de gâcher et briser tout ce qui fait la magnificence de The Illusionist. On pourrait donc se limiter à dire qu'il s'agit d'un film narrant la énième romance impossible entre un homme de condition modeste et une femme de la haute. Ou bien la biographie imaginaire d'un prestidigitateur aux pouvoirs si extraordinaires qu'ils défient l'entendement. Ou encore l'affrontement de deux hommes, l'un tout puissant, l'autre très intelligent. Un tel résumé serait forcément réducteur, sans rendre une justice que mérite amplement ce film inhabituel dans la production hollywoodienne.

Neil Burger est l'habile metteur en scène de ce prestidigitateur envoûtant. Neil Burger ? Ce quasi inconnu a écrit, en 2002, Interview with the assassin, qui revisitait la thèse du second tueur de John Kennedy à Dallas. The illusionist est sa première réalisation, sur un scénario tiré d'une nouvelle de Steven Millhauser. Film d'époque, d'abord, The Illusionist plonge dans le Vienne du début du XXe siècle. Les décors et les costumes enchantent, sur une belle lumière jaune sépia, qui ne fait que mieux ressortir cette atmosphère parfois lourde et toujours énigmatique, à l'image de l'imperturbable Eisenheim (Edward Norton, qui sort la grande classe avec sa prunelle sombre de chien battu). Comme pour mieux rester au plus près de son histoire, Neil Burger cadre toujours serré, lieux comme personnages à l'exception de deux plans larges éclaboussés d'une lumière safran, au tout début du film, qui embrasse et embrase un paysage irréel. L'effet est saisissant puisqu'on se prend parfois à se croire dans le public hébété devant les tours de passe-passe du maître-ès illusions. Curieux personnage, que cet Eisenheim. Génie classieux ou charlatan à deux balles ? On ne donnera point d'indices dans ces lignes, pour ne rien ôter au suspense.

Le film tout entier joue constamment sur des ambiguïtés : celles du prince héritier, celles du magicien, celles du chef de la police, Uhl (Paul Giamatti, raide du devoir à accomplir). Surtout, il pose des questions récurrentes : « Qu'est-ce que la réalité ? Peut-on se fier à ce que l'on voit ? » L'histoire avance au rythme d'une narration bousculée dans son déroulement, permettant aux pièces d'un puzzle en apparence simple de s'emboîter peu à peu. Mais là encore, quelle est la part de vérité et la part d'illusion ? N'oublions pas de mentionner la musique de Philip Glass, en digne accompagnement de cette histoire tricotée au millimètre, à mi-chemin entre le mystère et la romance. Parfois, on ne peut que rire aux éclats en découvrant qu'on a été manipulé. Si subtilement et si habilement que c'en est un véritable bonheur.

Ceux qui ont en aversion les pistes commentées vont trouver l'interactivité de cette édition pour le moins superficielle. Un making of ou plutôt un Electronic press kitt totalement insignifiant (3min 59s), une featurette insipide mettant en vedette quelques propos de Jessica Biel (1min 29s) qui réussit l'exploit de reprendre dans sa courte durée des éléments présents dans le making of, et une série de bandes-annonces dont celle du film de Neil Burger. On retrouve d'ailleurs ce dernier dans le seul bonus quelque peut pertinent du disque, à savoir un commentaire audio relativement bien mené où l'homme a des choses à dire visiblement même si l'intérêt de la chose reste mesuré.

Alors que c'est la Fox qui sort le DVD en zone 1 aux USA, c'est Alliance Atlantis qui s'en occupe pour le marché canadien. En résulte ici la présence d'une piste québécoise (malheureusement bien médiocre au niveau de la qualité de son doublage) et de sous-titres français. Techniquement, le master utilisé respecte joliment les teintes jaunes sépia et le côté flouté de certaines séquences tout en offrant des noirs profonds et un niveau de définition tout à fait convaincant. Quant aux mix 5.1, ils savent parfaitement mettre en avant la partition inspirée de Philip Glass qui enveloppe bien son auditoire.
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