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Alien director's cut - Edition Prestige - DVD
Alien, le huitième passager, 1979
Test DVD - Alien director's cut - Edition Prestige
Rédigé le 31 oct 2006 par
Stéphane Argentin
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
Cette ressortie de la bête creuse un gouffre béant avec la première édition DVD : copie impeccable, restitution des couleurs et des contrastes sans faille bref, du tout bon. Seul l'encodage se montre à de très rares occasions quelque peu fluctuant (conséquence de la présence du DTS en plus du seamless branching ?) mais rien de suffisamment préjudiciable à la vision d'un film qui date tout de même de 1979 rappelons-le.

Le nouveau mix sonore d'Alien diffère assez sensiblement de l'édition précédente. Tout en étant plus homogène et précis dans ses effets, le mixage se montre un peu moins expressif. Bien que disposant d'un encodage inférieur (384Kb/s contre 448Kb/s pour la VO), la VF se révèle encore plus probante dans l'exploitation du 5.1 tandis que le DTS (mi-débit sur la VF uniquement) aura beau s'époumoner tant qu'il voudra, dans l'espace, personne ne l'entendra crier davantage que le Dolby Digital.

Test des bonus
Des menus simples, sobres, rapides, efficaces et parfaitement dans le ton de la saga qui reprennent un affichage du type ordinateur de bord du Nostromo dans Alien, premier du nom (cf. galerie de menus). Tous les suppléments sont proposés en VOSTF.

DISQUE DU FILM
Director's cut
Des changements très subtils pour ce Director's cut de 45 secondes plus court que la version cinéma de 1979. Tout d'abord des « ouvertures » de scènes plus courtes, dixit le réalisateur lui-même lors de ses interviews à l'occasion de la ressortie du film mais aussi deux changements plus flagrants : la disparition de la séquence où Dallas (Tom Skerritt) interroge Mother, redondante avec une scène identique mettant en scène un peu plus tard le personnage de Ripley et surtout l'apparition de la scène dite du cocon où Ripley découvre le lieu où l'alien a entreposé les corps de l'équipage (séquence par ailleurs visible parmi les scènes coupées de la première édition DVD).

Commentaire audio (version cinéma uniquement)
Un commentaire audio très polyvalent puisqu'il réunit rien moins que Ridley Scott (réalisateur), Dan O'Bannon (scénariste), Ronald Shusett (producteur et co-scénariste), Terry Rawlings (monteur) ainsi que les acteurs Tom Skerritt (Dallas), Veronica Cartwright (Lambert), Harry Dean Stanton (Brett), John Hurt (Kane) et bien sûr Sigourney Weaver (Ripley). Si cette dernière ne se présente pas en même temps que les autres au tout début du film, elle fait néanmoins bel et bien partie du commentaire, surtout au cours du dernier tiers du film puisqu'il n'y a alors plus que son seul personnage à l'écran (ou presque). Les renseignements fournis sont pour le moins riches et variés depuis les inévitables anecdotes (de la part des acteurs surtout), les problèmes rencontrés sur le tournage (le producteur) notamment avec les scaphandres, les thèmes sous-jacents du scénario (sexualité de l'alien et entre les personnages : Dallas et Lambert) ou bien encore d'où vient l'idée d'un humain/hôte. Ridley Scott intervient majoritairement dans les domaines plus techniques, visuels notamment (décors, éclairages, positions et angles des caméras ), comment les trucages ont été faits (la recette complète d'un oeuf d'alien), l'historique de la création des aliens (avec l'aide ô combien précieuse de Giger) mais aussi l'importance du mixage sonore et de la musique de Jerry Goldsmith. Dans la rubrique scoop, on pourra également apprendre que Scott fut le cinquième réalisateur contacté ou bien encore que le film devait se conclure sur l'explosion du Nostromo. Avec autant de personnes derrière le micro, on pourra toutefois regretter qu'il n'y est pas une inscription nous précisant celle en train de s'exprimer. À noter également que ce commentaire diffère de la première édition DVD qui laissait la parole à Ridley Scott seul.

DISQUE DE BONUS
Le disque de bonus est découpé de la façon la plus simple et efficace qui soit en trois sections : préproduction, production et postproduction.
Préproduction
La créature (18min 13s)
Ce premier documentaire nous offre un aperçu des différentes péripéties que durent affrontées les scénaristes Ronald Shusett et Dan O'Bannon (ce dernier travailla avec Carpenter à son projet de fin d'étude, Dark Star) avant de voir enfin leur histoire transposée à l'écran suite au succès d'un certain Star Wars. Les producteurs du studio qui jusqu'à cet instant précis ne croyait pas vraiment au potentiel commercial de la SF sautèrent sur le premier script disponible afin de le mettre le plus rapidement possible en chantier : celui d'un certain Alien.

Les animateurs (16min 45s)
Venait alors le problème du choix du mettre d'oeuvre. Hors, tous les réalisateurs contactés refusaient car ils considéraient Alien comme un petit film de monstre. Repéré grâce à son premier long-métrage récompensé à Cannes, Les Duellistes, Ridley Scott passa trois semaines à storyboarder le film pour en avoir sa propre vision. Des storyboards si convaincants que les producteurs doublèrent le budget alloué au projet qui s'éleva alors à 8,4 millions de dollars. Désireux de réaliser son Massacre à la tronçonneuse spatial, Scott était très attaché aux détails visuels du film : toute la partie technique (vaisseau, scaphandre ) fut partagé entre l'approche « crédible » de Ron Cobb et une vision plus dépouillée influencée par Moebius et Metal hurlant. Mais c'est par dessus tout le design de l'alien qui resta le plus problématique jusqu'à l'arrivée de Giger sur le projet. Après que Scott eut réussit non sans mal à l'imposer sur le projet, celui-ci pris en charge la conception de tout ce qui avait trait à la créature (bébé alien, attaque faciale, bête adulte ).

Les convoyeurs de l'espace (14min 58s)
Dernier point avant de pouvoir débuter le tournage : les acteurs. La moitié du reportage est consacrée à l'attribution du rôle principal à une femme et au choix de Sigourney Weaver en particulier. La seconde moitié passe ensuite en revue les autres personnages (aucun ne croyait vraiment dans le potentiel du film) avec à chaque fois les circonstances dans lesquels ils ont accepté (Jon Finch était prévu à l'origine pour le rôle tenu finalement par John Hurt).
Également disponible dans cette rubrique, les essais caméra de Sigourney Weaver (4min 29s) avec commentaire audio de Ridley Scott.

Production
Peur de l'inconnu (24min 06s)
Un mot ressortira tout au long du tournage : tension. Toujours à la recherche d'un style visuel bien précis, Ridley Scott passa ainsi les quatre premiers jours à effectuer des tests d'éclairage sans rien tourner puis multiplia ensuite les prises entraînant bien entendu retard du planning et courroux des producteurs. À cela s'ajoutait des conditions difficiles de tournage pour tout le monde et avant tout pour les acteurs à la limite de l'asphyxie dans leurs combinaisons ou de la claustrophobie dans un Nostromo à décor fermé, sans compter les autres anecdotes (tendues toujours) : le latex du visage de Ash qui rétrécit, le jeu de mains qui dégénère entre Weaver et Cartwright

Aux confins de l'espace (17min 27s)
Deux décors étaient primordiaux : le Nostromo et le vaisseau alien. 120 personnes travaillèrent sur les décors pendant six mois, sept jours sur sept, assemblant des pièces récupérées dans des cimetières d'avions pour aboutir au look rétro du Nostromo et de sa technologie « primaire » auquel s'ajoutèrent quelques trucs et astuces pour accroître artificiellement la taille des coursives (miroir) ou bien du vaisseau (filmer des enfants en scaphandres en vitesse accélérée). Giger puisa pour sa part dans des abattoirs pour donner au vaisseau aliens un look intérieur aussi squelettique que possible. Mais Ridley Scott devait à nouveau constamment se battre avec des producteurs inspectant en permanence les plateaux afin de s'assurer que rien n'était construit sans leur accord, ni hors de proportions (budgétaires).

Le huitième passager (31min 38s)
L'alien, véritable star du film (et de la saga) a droit à son propre documentaire (de surcroît le plus long en durée) afin de passer en revue aussi bien sa conception que sa mise en image : les oeufs, le facehugger (la créature accrochée au visage), le premier faisant davantage dans la boucherie, le second dans la poissonnerie ! La scène d'éclatement de la poitrine (avec au passage un petit problème de déchirage de T-Shirt) occupe à elle seule le second tiers du reportage, le dernier tiers étant consacré à l'alien parvenu à l'age adulte avec un acteur costumé pour la version pleine et entière et un certain Carlo Rambaldi (Rencontre du troisième type) chargé des effets avec la tête même si, à l'arrivée, tout le monde était surpris que Ridley Scott ne filme que si peu l'alien.

La fameuse scène de l'éclatement de la poitrine (5min 14s) a par ailleurs droit à un traitement multi-angles (trois en tout) avec commentaire audio optionnel de Scott (détails techniques sur l'éclairage et les trucages) où l'on voit l'actrice Veronica Cartwright tremblée en arrière-plan, littéralement en état de choc puisque, comme précisé dans le documentaire précédent (et dans le commentaire audio), les acteurs ne savaient absolument pas à quoi s'attendre pour cette scène.

Postproduction
Tension (16min 32s)
Le tournage achevé, arrive ensuite la phase de postproduction (un premier montage du film de 3h12 !) qui s'étira sur rien moins que 20 semaines. Le documentaire s'attarde essentiellement sur la musique de Jerry Goldsmith avec un thème principal conçu à contrecoeur, le premier ne plaisant pas à Scott car considéré comme trop baroque et proche de Patton, précédente composition de Goldsmith. Au fil de cette postproduction, les musiques furent donc mises de plus en plus en retrait au profit des effets sonores. Avec la sérénité du recul, Jerry Goldsmith déclare que Ridley Scott pensait davantage le film en termes visuels et qu'il serait intéressant avec l'expérience qu'a acquise à présent le metteur en scène de voir l'approche qu'il en aurait aujourd'hui.

Vers l'extérieur (18min 55s)
Un documentaire qui s'attarde sur le tournage des effets visuels (sans motion control) laissés aux bons soins de Brian Johnson en parallèle du tournage principal. Éternel « insatisfait », Scott supervisait néanmoins le tout d'un oeil attentif et ne cessait de demander des modifications sur les maquettes.
Le cauchemar devient réalité (19min 24s)
Enfin achevée, la bête pouvait être lâchée : files d'attentes interminables, spectateurs quittant les salles mais aussi réactions de rejets et de dégoûts pour certaines scènes : éclatement de la poitrine pour les femmes en âge de « procréer » (en français dans le texte). Croyant son travail délaissé, le scénariste Dan O'Bannon refusa dans un premier temps d'aller voir le film avant de finalement assister à une séance en présence de Warren Beatty et Jack Nicholson qui sursautèrent tout au long de la projection. Le documentaire se conclut sur la très efficace campagne publicitaire du film : l'oeuf sur l'affiche avec le célèbre slogan : « Dans l'espace, personne ne vous entend crier ».

Également proposées dans cette rubrique, sept scènes coupées, toutes proposées au format respectée 2.35, certaines en 16/9 d'autres non (?) pour des durées allant de 2 à 3min 30s.
À toutes ces vidéos s'ajoutent de très nombreuses et très volumineuses galeries de photos (tournage, promotion ) et autres illustrations (storyboards, designs ), tandis qu'il sera également possible de découvrir tous ces reportages et toutes ces photos d'une seule traite grâce à la rubrique Options de navigation offerte via le menu principal.

CONCLUSION
En dépit du soin apporté aussi bien à la qualité du film qu'à l'interactivité, quelques reproches persistent et notamment le fait que les pages de transitions entre les différentes galeries de photos ou d'illustrations n'aient pas daignées être traduites en français. Concernant à présent plus spécifiquement ce premier volet cultissime, on ne sera pas vraiment surpris de constater qu'il s'agit de celui auquel le plus grand soin a été consacré aussi bien d'un point de vue technique (qualité de l'image et du son) que des suppléments qui dévoilent un tournage long, douloureux, éreintant et dans une certaine mesure expérimental en vue d'accoucher d'un film pionnier du genre.
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