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TEST TECHNIQUE

11 jan 2007 Par Stéphane Argentin

Souvent considérée comme la réponse du petit écran au succès grandissant des longs-métrages d'espionnage du début des années 1960, et plus particulièrement à une certaine saga 007 naissante (Dr. No, Bons baisers de Russie ainsi que les deux meilleurs Bond, Goldfinger et Opération Tonnerre, datent respectivement de 1962, 63, 64 et 65), la série Mission : Impossible, qui vit le jour sur la chaîne américaine CBS en septembre 1966, n'est, rétrospectivement, pas aussi portée sur les gadgets à gogo que le laisserait supposer sa réputation. Un bien pour un mal finalement puisque, 40 ans après, la série n'a pas pris une ride (ou presque si l'on fait abstraction d'un très fort penchant des intrigues pour la Guerre Froide qui occupe à elle seule plus des trois quart des épisodes de cette saison inaugurale) et la (re)découvrir aujourd'hui à l'ère du tout numérique (portable, satellite, GPSÂ…) n'a rien de rédhibitoire, bien au contraire.

 


En effet, passés le générique d'ouverture et son désormais mythique thème musical signé Lalo Schifrin, puis la toute aussi mythique scène d'exposition (« Votre mission, si vous décidez de l'accepterÂ… ») à l'attention, non pas de Jim Phelps mais de Dan Briggs (ce dernier cédera sa place au premier à partir de la deuxième saison), on se retrouve, non pas devant une avalanche de gadgets high-tech en vue de mener à bien ladite mission, mais face à des plans timés à la seconde près et coordonnés en équipe au millimètre où la mascarade, la tromperie et autres faux-semblants constituent le véritable coeœur de chaque intrigue. De ce point de vue, pour aussi réussis que l'on puisse les considérer, aucun des trois longs-métrages adaptés de la série n'est fidèle au matériau d'origine. Certes l'univers de duperie de Brian De Palma se prêtait à merveille au premier volet (le cinéaste ira même jusqu'à reprendre le principe du générique d'ouverture à base d'extraits de l'épisode / film) tandis que J.J. Abrams a bien tenté (en vain ?) de renouer avec l'esprit d'équipe originel dans son M:i:III, mais au final, c'est bien l'opus de John Woo sorti en 2000 qui trahit et traduit le mieux les intentions premières de la franchise sur grand écran : servir avant tout de faire-valoir à Tom Cruise la star.

 

 


Point de cette mise en avant dans les différents épisodes de la série des années 1960 puisque chaque membre de l'équipe a en effet son rôle à jouer : l'élément féminin qui détourne l'attention et les regards (Cinnamon) tandis que le spécialiste des déguisements (Rollin) prend la place d'un autre au moment où l'expert en technologie (Barney) éteint toutes les lumières de l'édifice pour permettre à monsieur muscles (Willy) de sortir tranquillement par la porte de devant au nez et à la barbe de tous avec le précieux chargement avant de rejoindre le véhicule conduit par le « cerveau » de l'équipe (Briggs). Si une permutation des rôles et/ou un effectif plus restreint sont parfois de mise, le principe reste immuable au fil des épisodes sans pour autant qu'un sentiment de lassitude ne s'installe grâce à la diversité des supercheries et des missions à accomplir, permettant ainsi de (re)découvrir chaque épisode avec le même plaisir sans qu'aucun pré-requis ne soit nécessaire.

 

 


C'est d'ailleurs là, sans doute, le seul et unique reproche que les amateurs de séries feuilletonantes d'aujourd'hui pourraient adresser à l'encontre de Mission : Impossible : un manque total d'implication dans la vie privée des différents agents de l'IMF (Impossible Mission Force) alors que l'on retrouve pourtant systématiquement la même équipe au fil des épisodes. Si l'on assiste bien, ici et là, à quelques impacts (une balle dans l'épaule pour Barney dans l'épisode 1.7 – Élection à Valeria, une autre pour Briggs dans l'épisode 1.15 – L'Héritage ou encore une infection au virus de la peste pour Rollin au cours de l'épisode 1.10 – Meurtre en différé), quelques propos sous-jacents sur la supposée attirance de Rollin et Cinnamon (1.4 – Baladins de la liberté) ou encore quelques relations extérieures (l'épisode 1.8 – La Rançon où Dan vient en aide à un ami, par ailleurs la seule mission non commanditée par la fameuse « bande qui s'autodétruit »), le déroulement des différentes missions se révèle très « froid », humainement parlant, à l'égard des personnages principaux.

 

 


Un constat qui n'a finalement rien de surprenant eu égard au network à l'origine de la série (CBS, la grande pourvoyeuse devant l'éternel de shows procéduriers : CSI, Cold case, Numb3rs, Without a trace et autres NCIS actuels) mais qui n'entache en rien les qualités premières de Mission : Impossible (la précision du cadrage et du montage y font toujours merveille en matière de suspense soutenu par les compositions idoines très jazzy de Lalo Schifrin), une série dont le mythe n'a pas pris une ride à l'heure de shows plus musclés sur le même thème (24 et ses innombrables menaces terroristes pour ne citer que la plus connue du moment).

 

 


Sur un plan plus anecdotique en matière de « politiquement correct », on constatera que les différents protagonistes de la série sont bien volontiers amateurs de nicotine (un penchant par ailleurs très utile au cours de plus d'une mission), addiction révolue quarante ans plus tard (essayez un peu pour voir de trouver un épisode de séries actuelles de grands networks américains où les personnages fument ?).

 

 


Tout aussi mythique de la part de l'éditeur pour cette parution tant attendue en DVD : l'absence totale de suppléments. Un manque passablement déplorable en regard de la notoriété du programme (d'autant plus que de nombreux artisans de la série sont toujours en vie et qu'un joli doc rétrospectif à base d'interviews aurait été le bienvenu). Un bien curieux constat à la découverte des différents épisodes qui, de toute évidence, ont subit une restauration (à grands frais on l'imagine) de tout premier ordre. Résultat : il faut se pincer pour croire que les épisodes qui défilent devant nos yeux ont bien 40 ans d'âge !

 

 


Outre des images magnifiques à base de copies dans un bel état de propreté, des couleurs riches et contrastées et un rendu vidéo général précis et bien défini (quelques plans ici et là souffrent bien de menus défauts d'encodage ou d'usure du temps), la bande-son a, elle-aussi, eu droit à sa petite cure de jouvence. Résultat : une VO DD 5.1 là aussi exempte d'altérations dues au temps et qui profite essentiellement aux compositions de Lalo Schifrin sur la façade avant sans pour autant chercher à élargir artificiellement la bande-son sur les voies surround (par ailleurs inexploitées 99,9% du temps). En comparaison, la VF monophonique s'en sort également très bien même si bien entendu elle ne peut pas rivaliser avec l'ouverture sonore de la VO.

 

 

CETTE EDITION

Disque 1: Mission : Impossible - Saison 1
Emballage: Coffret
Format d'image: 1.33:1
Type de disque: 7 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1

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La Rédaction 02/04/2007 21:36 par La Rédaction

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