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Génération perdue - DVD
Génération perdue, 1987
Test DVD - Génération perdue
Rédigé le 13 oct 2004 par
Laurent Pécha
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Avis image
Avis son
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Test technique
À l'heure des rééditions incessantes et des films empaquetés dans des éditions Collectors (qui n'en ont parfois que le nom), on ne s'étonne pas de la sortie d'un nouveau DVD de Génération perdue, cette fois-ci dans un luxe (édition double DVD avec multitude de bonus) digne de son statut de film culte. Car, oui, Génération perdue (The Lost Boys) est un film culte. Comment, vous en doutez ? Et pourtant, les preuves sont bien là, devant votre nez ou plutôt dans les suppléments de l'édition.
En effet, dans les différentes featurettes, plus ou moins intéressantes (souvent moins d'ailleurs), les interviewés proclament haut et fort le statut de leur film. De Kiefer Sutherland, qui annonce le plus calmement du monde que Lost boys est le genre de film culte qui a passé les générations et qu'on voit dans les cinés d'art et essai à la séance de minuit (il faudra que le père Kiefer nous donne l'adresse de son ciné), à Corey Feldman qui, en parlant de sa performance de comédien influencée par les vicissitudes de sa vie privée de l'époque, n'hésite pas à proclamer le plus stoïquement du monde qu'« il y a un prix à payer pour l'art », en passant par le comédien Jamison Newlander, totalement sûr de lui lorsqu'il proclame que « c'est dur de se rappeler ce qu'étaient les films de vampires avant Génération perdue », ou encore le producteur exécutif, Richard « Arme fatale » Donner (« C'est un film de genre tellement unique qu'il a détourné le genre »), tous semblent persuadés que Génération perdue a marqué les esprits. La beauté, la grandeur même de cette double édition DVD est donc de pouvoir constater le décalage tout de même abyssal entre les propos tenus dans les bonus et la véritable valeur intrinsèque du film de Joel Schumacher.

Allez, ne soyons pas si durs avec les auteurs du film et leurs remarques : oui, Génération perdue a de la graine de film culte. Non pas par sa patte esthétiquement punk (décors décadents, lumière agressive, mouvements de caméra hargneux et aériens) cherchant à « teenager » notre idée iconique du vampire, mais plutôt dans sa capacité à réunir une équipe artistique totalement hétéroclite, surtout au regard du DVDphage des années deux mille. Le constat est effectivement éloquent : le (futur) réalisateur de Batman 3 et 4, associé à Michael Chapman, le chef op de Raging bull et de Taxi Driver (commençant là sa longue descente aux enfers on l'a vu récemment « éclairer » le risible Watcher avec Keanu Reeves), filmant les quasi-débuts à l'écran de Jack Bauer (Kiefer Sutherland, sa boucle d'oreille, ses cheveux jaunes pailles brossés : jeunes fans de 24, vous allez avoir du mal à en croire vos yeux) et d'une des plus belles gueules de rebelle qu'Hollywood ait connue récemment (Jason Patric, le mec qui aurait pu avoir la carrière d'un Tom Cruise s'il n'avait d'évidentes convictions artistiques l'un des documentaires nous apprend qu'alors qu'il était inconnu, il refusa durant six semaines le rôle vedette, jugeant l'histoire sans intérêt, jusqu'à ce que Schumacher emporte le morceau ), donnant naissance au duo mythique (du moins pour les aficionados des comédies teenager américaines des eighties) des Coreys' (Corey Haim et Corey Feldman), le tout sous l'il tendre et « chaperoneux » de Diane Wiest, loin, très loin de l'univers de Woody Allen et de son récent oscar (à l'époque) d'Hannah et ses surs.

Une tel mix, associé à une tentative avant l'heure de Scream de « juvéniliser » le cinéma d'horreur, offre effectivement à Génération perdue un certain statut, ou du moins un certain genre, en dépit de la qualité finalement médiocre des divers rebondissements et actions qu'il propose. Assez pour supporter plusieurs visionnages ? Assurément pas, même si, après avoir fait le tour des bonus de cette édition, à commencer par la commentaire audio de Joel Schumacher (VO, comme d'habitude chez l'éditeur) qui fait preuve de gros efforts professoraux pour instruire son auditoire de sa conception du cinéma, on éprouve une vraie sympathie pour l'entreprise, allant même jusqu'à se laisser tenter pour l'hypothétique suite que les intervenants évoquent brièvement : Lost girls !
Pour ce qui est de la qualité technique de cette nouvelle édition, l'amélioration de l'image est d'une évidence absolue. Aux oubliettes le précédent DVD de Génération perdue, véritable titre ancêtre du support, tant désormais l'image proposée brille par une définition solide, une colorimétrie bien plus flamboyante (les rouges sont enfin rouges) et surtout une compression nettement plus maîtrisée. Comme quoi, cela sert de mettre tous, mais alors tous les suppléments sur un second disque (remarque que certains éditeurs devraient prendre en compte, cf Les Rivières pourpres 2).




Pour la bande-son, on retrouve la même piste DD 5.1 anglaise qu'auparavant (sympathique mais un peu poussive, car manquant de dynamique et de spatialisation), et malheureusement presque la même piste française. On passe ainsi d'un simple DD 2.0 stéréo à un DD 2.0 Surround. À ce rythme, on peut espérer une piste 5.1 française pour la quatrième hypothétique réédition du film. Mais, comme nous l'a rappelé Kiefer et sa bande, Génération perdue influence tellement les générations de spectateurs que tout espoir reste permis !
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