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13 Tzameti - Édition collector - DVD
13 tzameti, 2005
3,5
Image
Son
Interactivité
Test DVD - 13 Tzameti - Édition collector
Rédigé le 08 aoû 2006 par
Erwan Desbois
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Test technique
Pour son premier long-métrage, le jeune réalisateur d'origine géorgienne, Gela Babluani réussit un coup de maître en devenant le premier cinéaste français à remporter le grand prix de Sundance. Après avoir récolté le Lion du futur au dernier festival de Venise, 13 Tzameti arrive avec cette réputation de bête de festival flatteuse que le film parvient en partie à concrétiser.

Par la grâce d'une mise en scène déjà mature et recherchée et d'une photo noir & blanc remarquable, le film se place en effet très vite au dessus du lot de la production auteurisante française. Après un début hésitant et quelque peu maladroit dans la présentation du personnage principal (Sebastien et son univers prolétaire), le film est lancé sur les bons rails lorsque son héros prend le train vers un destin pour le moins mystérieux. Une fois le huis clos établi (des hommes jouent à une version « amélirorée » de la roulette russe pour le bon plaisir de parieurs clandestins), 13 Tzameti enchaîne ses joutes morbides de plus en plus stressantes et destructrices pour le jeune Sebastien, pris au piège comme le spectateur d'un jeu inhumain. Des séquences souvent insoutenables qui permettent à Gela Babluani de montrer toute l'étendue de son talent de conteur, le cinéaste parvient à en renouveler sans cesse la tension inhérente à la situation mais sans pour autant réussir à créer un véritable suspense.

Sans démériter aucunement, alors que plane forcément sur lui l'ombre de Cimino et les insurpassables scènes de roulette russe de Voyage au bout de l'enfer, Babluani signe un conte initiatique déviant et cauchemardesque solidement interprété. Dommage simplement que le réalisateur rate sa sortie en nous imposant une ultime séquence qui brille par l'absence de subtilité et d'incertitude qui avait jusqu'ici fait la force de son 13 Tzameti.
Avis artistique par Laurent Pécha

MK2 a offert à son poulain doré une édition soignée, qui aurait pu l'être encore plus. Les suppléments, d'une durée cumulée d'une heure (l'édition collector contient également l'album de la bande-originale du film), font dans le classicisme efficace entre interviews et scènes coupées. Ces dernières sont au nombre de six, et leur rôle consistait pour la plupart à expliciter oralement le déroulement du récit. À l'exception de la dernière, qui renforce l'ironie et la fatalité de l'épilogue et aurait pu rendre celui-ci moins abrupt, ces scènes sont donc superflues et le film fonctionne mieux sans elles.

L'interview des frères Babluani (Gela, le réalisateur-scénariste, et son petit cadet Georges, l'acteur principal) comporte de très bonnes choses malgré un rythme trop lent, et fait presque oublier l'absence de making-of. La parole est la plupart du temps accaparée par Gela, qui explique en détails comment il a mis à profit chaque étape de la production - casting, choix des décors, tournage - pour aboutir à la création d'une atmosphère très travaillée. Par ailleurs, il assume pleinement le caractère ambitieux de son premier film, dans le message (un récit allégorique visant à exposer « la part laide de l'homme ») comme dans ses influences puisées chez les cinéastes russes, d'Eisenstein à Tarkovski. Mais il sait également garder la tête sur les épaules lorsqu'il parle des récompenses obtenues ou du projet de remake américain de 13 Tzameti, ce qui donne le même mélange efficace que l'on retrouve dans son film.

Numéro 6 est un entretien avec l'acteur Aurélien Recoing, qui se montre admiratif devant le talent et la maîtrise du jeune réalisateur et se dit fier d'avoir pu participer à ce film et profiter d'un tel rôle. Enfin, le témoignage d'un survivant est un bonus d'un tout autre genre, puisqu'il s'agit du recueil par Gela Babluani des propos d'un ancien participant à un jeu de mort proche de celui décrit dans le film. Si l'on aurait aimer que le contexte de cette interview soit mieux précisé, on est impressionné par la façon qu'a Babluani de s'accorder dans un premier temps la confiance de son témoin par des questions commodes, pour mieux le mener au final à exprimer franco le fond peu reluisant de sa pensée : « Je ne suis pas un assassin[ ], car ce n'étaient pas des meurtres mais des accidents de jeu ». La réalité dépasse alors soudainement la fiction

Techniquement, ce DVD se distingue surtout sur le rendu sonore, avec une configuration stéréo à abandonner sans aucun regret si vous en avez la possibilité, tant la piste DD 5.1 impressionne. Le gros travail de spatialisation effectué sur la musique nous plonge en effet dès les premières secondes au cur de l'ambiance envoûtante du film. La bande-son bénéficie de plus d'une clarté et d'un dynamisme remarquables, qui confèrent à l'ensemble un relief sonore d'une grande richesse.

L'impression est plus nuancée en ce qui concerne l'image. Celle-ci souffre en effet d'un encodage incertain, qui se traduit par des défauts notables de compression : arrière-plans pixellisés, fourmillements. La définition est elle aussi insuffisante, et le master pas toujours très propre, ce qui nuit à l'appréciation des qualités visuelles de cette édition, telle la très belle gestion des contrastes poisseux et grisâtres du film.


