I'll / CKBC - DVD

I'll / CKBC, 2002

Alertes
I'll / CKBC
3,0
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Son Star Rating 8
Interactivité Star Rating 3
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Test DVD - I'll / CKBC

Rédigé le 08 mai 2006 par Jean-Noël NicolauJean-Noël Nicolau

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Star Rating 7
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Star Rating 8
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Test technique

À priori, le néophyte en matière d'animation japonaise n'a que peu de raisons de se pencher sur le « shônen », genre particulièrement destiné aux ados de sexe masculin. C'est souvent ici que l'on retrouve les travers les plus décriés de l'animation, que ce soit au niveau de la violence, de l'érotisme, de l'humour vulgaire ou des thèmes peu fédérateurs. C'est aussi dans le « shônen » que les histoires sportives fleurissent, même si l'on connaît des exceptions notables lorgnant vers un public plus féminin (Jeanne et Serge en serait l'avatar le plus connu dans nos contrées). Il est amusant de noter que presque tous les sports ont été abordés en manga (puis dans leurs adaptations pour le petit écran), même si le curling et la pétanque manquent encore cruellement à l'appel…


I'll / CKBC est certes, dans ses prémisses, un pur « shônen » dans le milieu sportif (le basket en l'occurrence), et l'on y suit deux adolescents en plein tourments existentiels qui se résolvent sur le parquet d'un gymnase. Mais nous sommes bien là à des années lumières d'un Olive et Tom, qui traitait le football à la manière des combats de Dragon Ball, dans le délire le plus total, où certains matches pouvaient s'étendre sur presque une dizaine d'épisodes. La très courte durée de I‘ll / CKBC (deux OAV de 30 minutes chacune) permet de se focaliser sur des bribes de confrontations et au final sur un seul match, clé de toute l'œuvre, qui occupe le dernier quart d'heure. Cette condensation du récit est l'une des forces mais aussi la grande faiblesse de cette adaptation d'un manga nettement plus long et plus développé.


En effet, I'll / CKBC fait preuve d'une rare finesse dans la description de ses deux héros et de leurs errements. Si les bases sont très classiques (l'un est poussé par sa famille, l'autre est en pleine crise d'adolescence et de découragement), la construction en flash-back et la non linéarité du récit (en particulier dans sa première partie) sont particulièrement rafraîchissantes. Parvenir à faire tenir au moins 5 ou 6 volumes du manga en à peine une heure amène le réalisateur et son scénariste à miser sur une ambiance onirique, à la fois nerveuse (dans les rapports des protagonistes) et très éthérée (dans le visuel, très réussi et fidèle à l'œuvre dessinée). Mais cette réduction drastique de l'histoire entraîne aussi une grande frustration, tant certains aspects sont à peine effleurer, et le personnage de Akane Tachibana en souffre particulièrement, en perdant sans doute beaucoup de sa complexité.


Néanmoins, grâce à la qualité graphique et à une musique mélodramatique omniprésente mais dont le décalage apporte une touche de mélancolie à presque toutes les scènes, I'll / CKBC sort de l'ordinaire du genre. Et, contrairement à un Slam Dunk, également situé dans le monde du basket, ici le sport est secondaire, et même si les quelques scènes de match sont d'une belle intensité, l'œuvre est avant tout une étude de caractère, discrète, un peu inachevée, gorgée d'une sensibilité visiblement très à l'étroit dans ce qui n'est en fait que le pilote d'une série qui n'a jamais vu le jour. La coda de I'll / CKBC, située après le générique de fin, témoigne une dernière fois du potentiel de son sujet, en laissant un sentiment de satisfaction face à la grâce de ce qu'il nous a été donné de voir, mais aussi une déception bien réelle qui ne permet pas à cet animé de devenir l'indispensable qu'il aurait pu être.


Les bonus présents sur le DVD concernent tous le doublage du film, avec deux interviews des doubleurs des deux héros (10min), qui s'en tiennent à des propos très superficiels, en évoquant leur peur de ne pas trouver le ton juste et leur affection pour le manga (qu'elle soit sincère ou dictée par la langue de bois d'usage). Le très bref documentaire sur l'enregistrement du doublage (3min 35s) s'avère encore plus anecdotique, ne proposant que des images brutes de l'enregistrement d'une séquence, et l'aspect informatif est inexistant ou presque (on peut découvrir que les doubleurs enregistrent devant des scènes non finalisées, parfois à peine digne d'un story-board). La poignée de bandes-annonces japonaises (5min 05s) achève cette interactivité très légère.


L'image, assez terne, peu contrastée, un peu floue, s'avère paradoxalement tout à fait adéquate et le manque de couleurs semble même tout à fait volontaire de la part des créateurs. I'll / CKBC est une série pastel, qui semble parfois s'effacer littéralement dans sa mélancolie. Les deux pistes sonores (VO et VF DD 2.0) sont de bonne qualité, avec comme toujours une préférence pour le mixage, plus naturel, de la VO. La musique, parfois un peu envahissante, ne vient cependant pas gâcher l'atmosphère de l'œuvre et les scènes de basket possèdent quelques bruitages particulièrement efficaces.

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