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Servante et le samouraï (La) - DVD
Servante et le samouraï (La), 2004
Test DVD - Servante et le samouraï (La)
Rédigé le 19 mai 2006 par
Erwan Desbois
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Test technique
Si votre curiosité vous a poussé à délaisser blockbusters américains et français pour donner sa chance au poétique Samouraï du crépuscule actuellement dans les salles (et dont Patrick Antona vous dit tout le bien qu'il en pense ici), vous savez déjà tout le bien qu'il y a à penser du classicisme au sens du noble du terme du réalisateur vétéran Yoji Yamada. Et vous avez de quoi vous réjouir, car son mélange de reconstitution minutieuse des us et coutumes d'une époque pas si lointaine pour les japonais (cent cinquante ans) et de destins individuels tragiques et émouvants fait également merveille dans La servante et le samouraï, qui sort dans le même temps en DVD.

Les éléments qui composent les deux films sont les mêmes, dans la forme comme sur le fond. Yamada adapte à nouveau une nouvelle de Shuuhei Fujisawa : il s'agit cette fois-ci, sur fond d'ouverture du Japon à l'Occident, d'un samouraï défiant l'ordre établi pour une question d'honneur et pour l'amour d'une domestique. Sur ce canevas, le réalisateur appose une mise en scène sans effets de manche, qui impressionne par la précision des cadrages et l'intelligence des mouvements de caméra.

Le regard de Yamada sur ses personnages est d'une grande finesse, privilégiant l'empathie sur le manichéisme ; et l'excellence avec laquelle il retranscrit les vies de groupes rend totale l'immersion au cur de cet univers. Récit intimiste mélangeant mélodrame et brusques accès de violence, La servante et le samouraï (dont Patrick Antona pense également le plus grand bien, comme il le développe plus longuement ici) est un film superbe et poignant, qui surprend par ses thèmes débordant largement du cadre du Japon, ancien ou actuel.

Une qualité que n'a malheureusement pas l'interactivité qui accompagne le film. La plupart des suppléments sont très orientés vers les japonais (le making-of s'attarde principalement sur les détails de la reconstitution, les interviews du festival de Fukuoka tournent autour du titre original du film et du dialecte parlé par les personnages) ou ceux qui s'intéressent de près à leur histoire le documentaire La fin de l'ère Edo sur les évolutions militaires de cette époque est ainsi aussi exhaustif que très pointu. Seules se distinguent les trop courtes interventions du réalisateur : à la fin du making-of, quand il cite son grand-père, qui a vécu à l'époque décrite dans le film, comme source d'inspiration ; lors d'une remise de prix (celui de la personnalité culturelle japonaise de l'année), à l'occasion de laquelle il revient sur sa carrière éclectique et sur sa passion pour le cinéma. Enfin, le module sur le festival de Berlin a pour principal intérêt de montrer des images d'un autre festival que celui de Cannes.

En ce qui concerne l'audio, La servante et le samouraï est proposé uniquement en version originale sous-titrée, dans des configurations Dolby Digital 5.1 et DTS. Le résultat est des plus convaincants, avec une grande clarté générale (dialogues et musique parfaitement audibles et complémentaires) parachevée par un bel effort de spatialisation sur les bruitages. Qu'il s'agisse des sons liés aux armes ou de ceux de la vie de tous les jours, tout cela nous plonge entièrement dans ce village du Japon du XIXè siècle, pour notre plus grand plaisir.

L'option DTS n'apporte malheureusement pas grand-chose, si ce n'est qu'elle doit sûrement contribuer (avec la durée 2h12 du film) à la qualité moyenne de l'image. Celle-ci manque en effet de piqué et s'avère particulièrement granuleuse dans les scènes nocturnes. La compression n'est pas non plus optimale, de même que les contrastes qui ne sont pas assez appuyés, donnant une tonalité assez fade à l'ensemble. A la décharge de CTV, il est à noter que ces soucis étaient déjà présents sur l'édition japonaise.


