Final Fantasy VII : Advent Children - Édition spéciale - DVD

Final Fantasy VII : Advent Children, 2004

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Final Fantasy VII : Advent Children - Édition spéciale
3,5
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Test DVD - Final Fantasy VII : Advent Children - Édition spéciale

Rédigé le 08 juin 2006 par Erwan DesboisErwan Desbois

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Star Rating 8
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Test technique

« À tous ceux qui ont aimé ce monde et les compagnons qu'ils s'y sont faits : nous vous dédions ces retrouvailles ». Cette déclaration placée en exergue de Final Fantasy VII : Advent Children est on ne peut plus appropriée. À l'image du récent Silent Hill, Final Fantasy VII : Advent Children s'adresse en effet avant tout aux fans du jeu vidéo dont il représente la suite fidèle. Relier pour la première fois directement jeu vidéo et cinéma en partant du jeu vidéo : voilà le pari inédit que s'est lancé Squaresoft, le studio japonais qui a construit sa fortune et sa gloire sur la saga des jeux Final Fantasy – et qui a failli connaître la faillite par cette même saga, lorsqu'ils ont tenté il y a six ans d'en tirer un long-métrage animé, visuellement splendide mais qui n'a intéressé personne.


Ayant retenu la leçon, Squaresoft repart cette fois-ci à l'assaut avec comme atout tout le background de Final Fantasy VII. L'histoire reprend là où le jeu s'achevait, et les joueurs qui ont passé des dizaines d'heures sur celui-ci retrouveront vite leurs marques entre les « materia », source des pouvoirs magiques des personnages, la multinationale tentaculaire Shinra, source des problèmes des personnages, et ces derniers, tous présents – Cloud, Tifa, Sephiroth… Le premier défi surmonté haut la main est d'avoir réussi à faire de ces derniers des vrais personnages de fiction, en lieu et place de simples avatars ou boss de fin de jeu à abattre.


Au cours d'une première demi-heure étonnamment paisible, portée par une superbe musique onirique, Final Fantasy VII : Advent Children pose en effet les bases d'une tragédie potentiellement puissante, mettant en scène des personnages tiraillés par des devoirs et des aspirations qui les dépassent. Malgré un rythme quelque peu haché – qui fait penser à une mise bout à bout de scènes cinématiques d'un jeu vidéo plutôt qu'à un « vrai » film –, on se prend au jeu et on est prêt à suivre les héros plus en avant dans leur univers post-apocalyptique.


Le hic, c'est que l'histoire s'arrête là. Une fois ces fondations mises en place, le film les oublie sans autre forme de procès et se transforme en une immense scène d'action non-stop qui nous amène directement jusqu'à l'épilogue. La performance force indéniablement le respect, et même l'admiration lors d'une poursuite en moto dans laquelle les possibilités infinies des images de synthèse sont exploitées pour exploser toutes les lois de la physique et offrir un spectacle monumental.


Mais à force d'appuyer à fond sur l'accélérateur de bout en bout, la sensation de vitesse s'estompe. Ce qui devait être le climax du récit (la renaissance de Sephiroth, méchant culte et charismatique en diable du jeu Final Fantasy VII, et son affrontement avec Cloud) se retrouve alors dilué au milieu de toute cette frénésie, et devient un combat anonyme parmi d'autres. Une fois ce duel au sommet passé, il faut d'ailleurs un certain temps pour se convaincre que le film touche à sa fin – étant donné qu'on n'est pas bien sûr qu'il ait démarré.


La frustration créée par Final Fantasy VII : Advent Children est à la hauteur de la prouesse graphique. Car oui, ce long-métrage est bel et bien l'orgie visuelle annoncée. Chaque plan est d'une beauté inouïe, avec des décors remplis de détails et baignés par une lumière magnifique, une profondeur de champ à tomber, des personnages aux visages et aux mouvements plus vrais que nature. La plus grande réussite de Squaresoft est, qu'à une ou deux exceptions près (les mouvements de foule en arrière-plans de l'action lors de l'attaque des dragons sur la ville), l'illusion que cet univers numérique est vivant est parfaite, grâce à la restitution de tous ces mouvements imperceptibles qui font la différence : mouvement de l'herbe sous le vent, mouvement des cheveux, mouvement des grains de poussière dans les rais de lumière…


Format numérique du film oblige, toutes ces merveilles sont parfaitement rendues dans cette édition DVD. La définition est parfaite tant dans les arrière-plans (à la netteté exceptionnelle) que dans les gros plans sur les visages, dont le niveau de finition laisse sans voix – surtout les heureux possesseurs d'un grand écran. Autre point qui impressionne, les nombreux et très rapides mouvements de caméra sont rendus de manière très fluide. Les couleurs saturées et les contrastes appuyés complètent ce tableau idyllique.


La qualité sonore est également au rendez-vous. Même si Final Fantasy VII : Advent Children ne propose pas de piste DTS (alors que c'est d'ordinaire une habitude sur les films japonais), le mixage Dolby Digital 5.1 japonais, anglais ou français – identique pour les trois langues – assure le spectacle, d'explosions dévastatrices en effets surround en tous genres au moindre mouvement de caméra ou action d'un personnage. La bonne clarté des dialogues et l'ampleur remarquable de la musique sont aussi à relever. Enfin, chose suffisamment rare pour être signalée, le film s'apprécie avec un égal bonheur quelque soit la langue choisie, les doublages étant dans tous les cas d'un très bon niveau (avec un léger bémol pour Cloud, un peu fade en anglais et en français).


La grosse déception de ce double DVD concerne les suppléments, aussitôt vus aussitôt oubliés. On pense en particulier au making-of qui, après une introduction intéressante des créateurs du jeu et du film sur leurs intentions et leurs craintes au moment de se lancer dans ce projet, enchaîne mollement les interventions quelconques des différents membres de l'équipe.


Les scènes coupées ne sont pas plus mémorables – il faut dire qu'avec une durée cumulée de trois minutes pour les onze tronçons, cela tenait de la gageure. Quant à la présentation du film au festival de Venise (un montage de vingt minutes tirées du long-métrage) et aux bandes-annonces diffusées à l'époque au compte-goutte, elles perdent leur intérêt maintenant que le film définitif est disponible. Le seul bonus qui atteint son but est dès lors Réminiscence de Final Fantasy VII, montage d'une vingtaine de minutes de séquences cinématiques et de scènes de dialogues tirées du jeu qui ravira les nostalgiques en leur permettant de revivre de manière originale le scénario et l'ambiance de cette aventure mythique. Là où les autres, misérables incultes, ne sauront voir rien d'autre qu'une bouillie de pixels…

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