Doom - Version longue - DVD

Doom - Version longue

Doom
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TEST TECHNIQUE

08 mai 2006 Par Stéphane Argentin

De mémoire, quelles sont à ce jour les adaptations réussies de jeu vidéo au cinéma ? Aucune, ou presque ! Plate-forme (Tomb raider, Mario Bros), beat'em all (Street fighter, Double dragon, Mortal kombat), sans parler des inédits dans nos salles qui ont sans doute aussi bien fait de le rester (House of the dead, Alone in the dark : merci Uwe Boll, on attend avec impatience Bloodrayne !), aucun titre n'est bon à sauver. Seule maigre consolation du lot : Resident evil qui, dans la catégorie des « moins mauvais », s'en tire avec la mention « encouragements » (le premier et non le Apocalypse, faut pas déconner non plus !). Seul léger bémol du film : une ambiance bien moins flippante que celle du jeu et un graphisme passablement édulcoré.


Soit précisément tout le contraire de Doom qui, sans pour autant être qualifiable de « réussite », s'en sort là aussi avec les honneurs grâce à un traitement qui ne s'embarrasse nullement de fioritures. À sa décharge, la catégorie du jeu d'origine – le FPS pour First Person Shot, soit un jeu de tir en vue subjective – n'est pas franchement réputée pour faire dans la dentelle non plus et encore moins dans l'épaisseur scénaristique, à quelques rares exceptions près (le prodigieux Medal of honor, premier du nom, sur fond de Seconde Guerre Mondiale).


L'adaptation d'un FPS au cinéma (on attend de voir ce que donnera Halo) a donc tout du projet casse-gueule par excellence puisqu'il perd son essence : le plaisir hautement jouissif (ou bassement hormonal selon le point de vue) de « blaster » tout ce qui se présente à l'écran sans se poser la moindre question (à part celle de savoir quelle arme de destruction massive choisir). Comment faire dans ces conditions pour compenser la perte d'une interactivité aussi bestiale et par ailleurs récursivement pointée du doigt comme un problème majeur de notre très chère société moderne – la violence des jeux vidéo engendre-t-elle celle de notre quotidien ?


« Nous sommes des soldats et on ne nous paient pas pour réfléchir ». Cette remarque, assénée à plusieurs reprises par The Rock (cliquez sur son nom pour accéder à son interview), correspond parfaitement à l'esprit de Doom, le film. En confiant les rênes de cette adaptation à un metteur en scène spécialiste des long-métrages bien bourrins, Andrzej Bartkowiak (Roméo doit mourir, Hors limites, En sursis) et accessoirement directeur photo plutôt doué (Bartkowiak est le chef op attitré de Sidney Lumet depuis plus de 20 ans, excusez du peu !) ce qui, dans le cas présent (un film très « visuel »), a son importance, et en collant au plus près aux grandes lignes du matériau d'origine, Doom procure ainsi son petit effet (toute proportion gardée).


Exit donc le scénar (dans lequel il aurait d'ailleurs été bon de tailler un peu, le spectateur ayant compris bien avant les protagonistes – des militaires rappelons-le tout de même – de quoi il retourne) et bonjour le gore (ça gicle à tout va et dans tous les sens, soit précisément le vrai reproche de Resident evil, bien trop « propre »), les coursives, chiottes (oui, ils ont osé faire une scène dans les chiottes !) et autres égouts puants, créatures bien dégueus (merci Stan Winston, master es trucages animatroniques), armes de points en tout genre et répliques exactes du jeu, notamment le big maousse blaster de la mort, sans oublier, plaisir final ultime, une petite séquence de 3/4 minutes entièrement en vue subjective (et parfaitement intégrée à l'histoire, si si, y'a quand même un semblant d'histoire imprimé sur un timbre poste !) aux extraits déjà visibles dans la article-details_c-trailers et qui va même jusqu'à reprendre l'arme favorite des plus « chainsaw » d'entre les joueurs : la jubilatoire tronçonneuse.


Pourquoi donc ne pas avoir proposé l'intégralité du film ainsi, à savoir à la première personne ? Outre la mise en place logistique et le coût prohibitif (la séquence en question a été supervisée en 3D), peut-être parce que cette solution aurait tout simplement été la plus frustrante de toutes, rappelant sans cesse au joueur qu'il n'occupait plus désormais que la place de simple spectateur. Celle retenue est en revanche plus efficace et colle là encore parfaitement au principe d'un tel jeu : le « search & destroy », soit avancer la peur au ventre et les fesses collées au mur dans des lieux de plus en plus glauques et mal éclairés avant de défourailler à tout va à la moindre silhouette suspecte, le tout au gré d'une musique au tempo alternant stress et bon vieux hard bien beauf.


Bref, comme le dit si bien The Rock : « On n'est pas ici pour se poser de questions ». En appliquant cet adage à la lettre, à savoir reprendre aussi fidèlement que possible tous les meilleurs ingrédients du matériau d'origine et tirer sans sommation, Doom le film procure un certain plaisir, certes pas aussi grand que sa version vidéoludique, mais suffisamment agréable pour éviter de rejoindre la longue liste des adaptations de jeu vidéo raté. De là à refaire une deuxième partie, peut-être pas quand même !


À l'image du film, les suppléments du DVD ne font pas vraiment dans la finesse et vont droit au but. Pas de featurette promo présentant l'intrigue (laquelle ?) ou bien les personnages (simple chair à canon) mais uniquement des reportages très concrets sur les éléments les plus importants, à savoir l'entraînement militaire qu'ont subit les différents comédiens (entraînement de base, 10min 34s), les maquillages du faciès de The Rock (les transformations de The Rock, 5min 38s), la fabrication de la créature principale (Les maîtres des effets spéciaux, 10min 56s) ou encore les coulisses du plan séquence de cinq minutes en vue subjective (la séquence du premier tireur, 5min 57s).

  
  

Mais l'élément à la base du long-métrage, à savoir le jeu vidéo Doom, n'est pas oublié pour autant au travers d'un mini reportage, la nation Doom (14min 41s), évoquant les différents volets existants (ainsi que le vrai premier FPS de l'histoire : Wolfenstein 3D) et l'engouement du public ainsi que quelques conseils pour les débutants souhaitant jouer (et survivre) à ce jeu mythique dans c'est parti (6min 48s). Enfin, on trouve les bandes-annonces de Jarhead et Serenity. Quant à la fameuse version longue, on ne trouve guère plus qu'un bout de poitrine féminine et quelques viscères supplémentaires durant une poignée de secondes à chaque fois.

  
  

Sur un plan purement technique, il n'y a rien à redire, l'encodage vidéo effectué offre un magnifique niveau de contraste permettant une parfaite lisibilité d'un bout à l'autre du film pourtant plongé dans une très basse lumière la quasi-totalité du temps avec tout juste une ou deux manifestations compressives ça et là. Quant à la partie sonore, elle est en parfaite adéquation avec le matériau, à savoir très rentre-dedans, avec des effets à profusions sur l'ensemble des voies et une grosse dynamique. La VF DTS sera d'ailleurs à privilégier pour ce dernier point.

CETTE EDITION

Disque 1: Doom - Version longue
Emballage: Amaray avec fourreau
Duree: 115 min
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 1 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1

  • Analyse de la séquence du premier tireur en vue subjective
    Featurette Les Transformations de The Rock
    Documentaire sur l'entraînement militaire de The Rock et du reste du casting
    Documentaire Les Maîtres des effets spéciaux
    Documentaire La Nation Doom : la popularité de Doom à travers le monde et sur le jeu
    Bandes-annonces

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La Rédaction 02/04/2007 21:00 par La Rédaction

[DVD] Doom - Version longue - Zone 2

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