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Narcisse noir (Le) - DVD
Narcisse noir (Le), 1947
Test DVD - Narcisse noir (Le)
Rédigé le 13 avr 2006 par
Sébastien de Sainte Croix
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Avis image
Avis son
Avis bonus
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Test technique
Le verdict est évident dès l'apparition de la célèbre cible des Archers (le logo de la maison de production de Powell et Pressburger) : Le Narcisse noir est présenté dans une qualité d'image parfaite. Chaque minute du film confirme de façon flamboyante cette première impression : la définition est d'une précision inouïe (avec en particulier un rendu superbe du grain de la peau), tandis que les contrastes appuyés offrent un excellent niveau de détail dans la gestion des clair-obscurs. Le télécinéma est lui aussi satisfaisant, malgré quelques sautes de luminosité. Mais la véritable démonstration provient de l'étalonnage, qui transforme Le Narcisse noir en un festival de couleurs franches et resplendissantes, du bleu du ciel au vert de la végétation luxuriante de l'Inde. C'est simple, chaque plan est un enchantement.

Zone 2 Institut Lumière

Zone 1 Criterion

Zone 2 Institut Lumière

Zone 1 Criterion
Comme les captures ci-dessus le montrent, la comparaison avec l'édition Criterion est favorable au zone 2 à tous points de vue - définition, piqué de l'image, contraste, et surtout colorimétrie bien plus chaleureuse De plus, presque tous les défauts (rayures, poussières) du master utilisé pour le Criterion ont disparu.
ED
Le film est présenté en version originale uniquement, avec ou sans sous-titres français. Cette piste est très satisfaisante, avec une bonne qualité d'ensemble (pas de souffle ni de parasites) ainsi qu'une grande richesse dans le rendu des effets et de l'ambiance générale. Le son semble par ailleurs légèrement plus clair que sur le Criterion, avec des voix moins saturées.
ED
Test des bonus
Pour une première c'est un coup de maître. L'institut Lumière, à l'origine de cette collection, déjà éditeur de la traduction française des mémoires de Michael Powell (chez Acte Sud) convoque Martin Scorsese, Thelma Shoonmaker-Powell (monteuse attitrée de Scorsese et dernière femme de Powell), Jack Cardiff et bien d'autres sous la houlette de l'omniprésent et omniscient Bertand Tavernier à intervenir pour célébrer la mémoire de Michael Powell et son acolyte de toujours : Emeric Pressburger (souvent oublié au profit de son glorieux associé).
Si les suppléments ont parfois tendance à se répéter (du en partie à la multiplicité des sources utilisées et des époques de création - les commentaires de Tavernier ont été enregistrés en juillet 2005, le documentaire sur Cardiff date de 2000
) ils permettent d'y voir plus clair sur les personnalités de deux créateurs avant gardistes malheureusement passés sous silence par la critique officielle.

La préface de Matin Scorsese nous permet de mieux comprendre l'influence de Powell sur la « nouvelle » génération de cinéastes Hollywoodiens. Scorsese, lors de cet entretien enregistré pour célébrer le centenaire de son ami Micky, évoque sa rencontre avec le cinéaste anglais ainsi que l'amitié qui s'est noué entre les deux hommes et l'influence constante de Powell sur son travail. Indirectement lié à Scorsese les Souvenirs de Michael Powell par Thelma schoonmaker-Powell nous proposent à travers quatre entretiens (un sur chaque DVD de la collection) de partager ses souvenirs de cinéma et de femme, évoquant avec beaucoup de tendresse aussi bien l'art de son défunt mari (le tournage en musique de la fin du Narcisse noir que Scorsese expérimentera sur certaines séquences des Affranchis) que des souvenirs plus personnels (Powell oublié de tous qui vit reclus et sans le sous dans une ferme au début des années 70). Dommage de ne pas avoir l'intégralité de cet entretien d'une traite obligeant de se procurer les quatre édtions de cette première vague.

Autour du tournage du Narcisse l'Institut Lumière réunit bon nombre de documents rares et pour certains inédits à commencer par deux documentaires autour de Jack Cardiff Painting with light et This is color. Le premier est extraordinaire et permet au néophyte autant qu'à l'apprenti chef opérateur de receuillir de précieuses informations sur le technicolor, le procédé photographique, la peinture et son influence directe sur le travail d'un directeur de la photo. Cardiff rencontre une bonne partie du casting du film et évoque ses souvenirs du tournage et l'importance de ce dernier alors qu'il était au début de sa carrière. Seul « bémol », ce film ne dure que 25 minutes. This is color est une bande démo de 1942 commanditée par une firme anglaise vantant les mérites du Technicolor éclairé par le tout jeune Cardiff

Les audaces d'un aventurier laisse libre court à la cinéphilie galopante de Bertrand Tavernier - véritable initiateur de cette série de DVD - et nous parle du tournage épique du Narcisse noir, évoquant des souvenirs que lui a raconté Powell, des anecdotes sur le cating (le conflit entre Powell et Laurence Olivier pour obtenir la participation de la toute jeune Jean Simmons).

Enfin Autour du Narcisse Noir documentaire anglais où sont convoqués de nombreux témoins directs (assistante monteuse, chef op, acteurs) et indirects (Scorsese et Schoonmaker) revisitent le tournage et la mémoire du film sous la houlette de Ian Christie, historien du cinéma et éditeur des mémoires de Michael Powell.
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