Kingdom of heaven - Director's cut
Kingdom of heaven- REALISATEUR:Ridley Scott
- ACTEURS:Orlando Bloom, Eva Green, Jeremy Irons
- GENRE:Historique
- EDITEUR:20th Century Fox Home Entertainment
- DATE DE SORTIE:23 mai 2006
TEST TECHNIQUE
Bien que le film soit dorénavant réparti sur deux disques étant chacun d'une durée inférieure que la précédente édition, l'image de cette director's cut s'avère moins bonne. En raison d'une définition et d'une compression de moindre qualité, les arrière-plans perdent en détails et les grands mouvements de caméra souffrent de légères saccades qui n'apparaissaient pas avant. Espérons que le zone 2 réglera ces quelques problèmes, comme cela s'est déjà vu par le passé pour d'autres films.

Zone 1 Director's cut 2006

Zone 2 Pathé 2005

Zone 1 Director's cut 2006

Zone 2 Pathé 2005
Une autre différence visuelle apparaît entre les deux versions, sans que l'on puisse parler d'un défaut. La colorimétrie diffère d'un DVD à l'autre, puisqu'elle tend vers des teintes plus froides sur la director's cut, alors que la lumière de la version cinéma est plus chaleureuse en même temps que plus réaliste. Vu comme cet écart est marqué, et s'agissant de la director's cut, on peut penser que ce ré-étalonnage du film est un souhait de Ridley Scott.
Il n'est pas nécessaire d'épiloguer aussi longuement en ce qui concerne le rendu sonore : les deux pistes anglais DD 5.1 et DTS n'ont rien perdu de leur force et de leur dynamique. La superbe musique de Harry Gregson-Williams nous enveloppe littéralement, tandis que les effets divers sont admirablement répartis sur tous les canaux. Ces derniers deviennent particulièrement percutants lors du siège final, avec de plus une extraordinaire richesse de détails. Tout cela ne nuit en rien à la clarté des voix, puisque les dialogues sont en toute circonstance parfaitement audibles – et sous-titrés en français.
TEST DES BONUS
Ce coffret 4 DVD fait table rase par rapport à la précédente sortie « technique » (dont le zone 2 est testé ici) de l'an dernier. Exit les différents documentaires historiques alors proposés, mais aussi le long making-of qui est remplacé par un autre… encore plus long. Deux heures trente pour le documentaire principal, plus la même durée de featurettes plus pointues que l'on peut choisir de regarder ou non. C'est la bonne idée de cette interactivité : segmenter au maximum les différentes parties de la production et du tournage, en laissant de côté les modules les plus vus et revus (énumération des costumes, décors, effets visuels, avant-premières…). À noter qu'aucun sous-titre n'est proposé sur ces deux disques de suppléments.

Le documentaire central, intitulé Path to redemption, est divisé en six chapitres, trois par disque. Dans le premier chapitre, Development, il démarre par un making-of de… Tripoli, projet avorté de Ridley Scott prenant place au début du 19è siècle. Cette partie étonnante brise un tabou – on ne parle pas des échecs à Hollywood – et donne le ton de la suite, à savoir pas de langue de bois et une vraie sincérité de la part de toute l'équipe, soudée par l'arrêt de Tripoli (pourtant bien avancé : scénario finalisé, casting complet, construction des décors démarrée) et qui s'est donc lancée avec envie dans Kingdom of heaven. On suit ensuite les premières étapes de raffinement du scénario de William Monahan, avec l'implication à tous les niveaux de Scott : grande documentation, appropriation du script par de longues réunions avec Monahan, mise très rapide dans la boucle de l'équipe technique. Le projet fut ainsi présenté à la Fox dans un état d'avancement très poussé, afin d'éviter cette fois-ci les mauvaises surprises.

Cette première partie propose aussi quatre galeries d'images et de documents divers : photos de repérages de Tripoli et Kingdom of heaven, première ébauche du script de ce dernier film, et les Scott cards qui contiennent les annotations faites par le réalisateur sur le scénario. Avec le deuxième chapitre, on passe ensuite à la pré-production, avec les phases désormais connues des dvdvores de recréation d'une époque (costumes, décors, accessoires) et de casting – avec un effort particulier pour trouver des acteurs arabes du cru, et non issus de la liste des « usual suspects » d'Hollywood, comme le dit la productrice Lisa Ellzey. Le plus intéressant concerne à nouveau le développement du scénario (le fil rouge, bien mené, de ce documentaire), avec les premières demandes de coupes de la Fox, face auxquelles productrice et réalisateur décident d'un commun accord de tenir bon pour le moment.

Les featurettes et galeries de cette section permettent à ceux qui le souhaitent de s'attarder sur les répétitions, l'aspect des personnages et la création des décors. Ce dernier module est le seul à sortir de l'ordinaire, grâce à la passion communicative du production designer Arthur Wax, dont les yeux pétillent quand il évoque la recréation de Jérusalem au beau milieu du désert marocain, ou le plaisir renouvelé de film en film de découvrir d'autres méthodes et d'autres cultures de construction.

Le journal du tournage proprement dit, réparti sur deux chapitres (Espagne et Maroc), est le point faible du making-of. Il tourne en effet trop souvent au récit de vacances, où acteurs et techniciens s'extasient sur la beauté et le pittoresque des lieux traversés (Huesca, Séville, Ouarzazate). L'intérêt remonte un peu lorsque arrive le tournage de la séquence du siège de Jérusalem, avec la mise en place d'une véritable logistique de guerre, et l'utilisation à leur avantage des aléas de tournage (le feu qui attaqua l'un des murs d'enceinte) par une équipe toujours positive et motivée.

Le siège fait d'ailleurs l'objet d'un documentaire à part, qui en détaille la planification (occasion pour Ridley Scott de détailler son double rôle de réalisateur et producteur) et les anecdotes de tournage – la réquisition de l'armée marocaine et de sa cavalerie, entre autres. L'autre documentaire accessible via le journal de tournage présente le point de vue d'historiens sur le film. Ce bonus sort de la routine habituelle du genre, car les experts conviés ne s'amusent pas à chercher les petits arrangements du long-métrage avec la réalité, mais montrent comment Scott a bien su retranscrire les grandes lignes de la vie de croisé, mais surtout comment il a utilisé cette période du passé pour mettre en lumière les craintes et les conflits du monde contemporain – et faire ainsi de l'histoire vivante.

L'avant-dernier chapitre, consacré à la post-production, donne le vertige. Scott mena en effet de front – et apparemment avec un investissement également important, si l'on en croit les nombreuses images regroupées – montage, étalonnage, supervision des effets visuels (avec une séquence remarquable qui nous montre comment la scène du naufrage fut créée numériquement de toutes pièces à partir de plans récupérés ailleurs et retouchés), sessions d'enregistrement de la musique et campagne marketing. Les réticences de la Fox vis-à -vis du scénario refirent alors surface, et poussèrent Scott à réduire le film de presque une heure. Comme le dit Ellzey, Kingdom of heaven était à leurs yeux « trop sophistiqué » et donc « plus difficile à vendre »… le retour de bâton de ce choix se fera sentir dans la dernière partie du making-of.

Avant d'y venir, il est possible de s'arrêter sur les sous-sections consacrées aux effets visuels et au mixage, classiques (matte-paintings et logiciel Massive pour le premier, bruiteurs et ré-enregistrements des dialogues pour le second) mais efficaces. Plus intéressantes sont les quinze scènes coupées, avec commentaire optionnel de Ridley Scott et de sa monteuse Dody Dorn. Celles-ci sont principalement des approfondissements supplémentaires des personnages dans la première partie du film, et des dialogues d'explications coupés de la seconde moitié du récit pour en accélérer le rythme. Deux de ces séquences allongées auraient mérité d'apparaître dans le montage final, pour leur qualité intrinsèque et pour ce qu'elles apportent à l'histoire : la montée du Golgotha par Balian (qui apporte plus de profondeur à ses adieux à sa femme), et le couronnement du fils de Sibylle.
La montée de la colline du Golgotha

Le couronnement du fils de Sibylle
Nous voilà arrivés au climax, la partie la plus attendue de l'interactivité accompagnant cette director's cut – celle consacrée à la sortie du film, avec critiques négatives et flop au box-office à la clé. Ces sujets habituellement passés sous silence sont ici évoqués longuement et sans langue de bois, par une équipe (acteurs compris) visiblement fière de son travail et déçue de l'avoir ainsi vu sacrifié. La question du pourquoi d'un tel échec est posée en toute franchise, et leur langage à tous sort du bla-bla marketing habituel pour évoquer les ambitions humanistes du film. Le plaisir de tous face à la reconnaissance d'estime obtenue lors de la sortie de la version director's cut dans une salle à New York en décembre 2005 est dès lors palpable, et permet de conclure ce documentaire sur une note de satisfaction.

Ironiquement, cette ultime partie propose également tout l'arsenal marketing habituel : quatre bandes-annonces, vingt (!) spots TV, des galeries d'affiches et de photos promotionnelles, ainsi qu'un documentaire sur la réalisation de la director's cut, malheureusement superficiel. Une fois venu à bout de la somme monumentale d'informations contenue dans ces deux disques de suppléments, on voit difficilement ce que les trois commentaires audio (Ridley Scott, Orlando Bloom et le scénariste William Monahan ; la productrice, le premier assistant réalisateur et le responsable des effets visuels ; la monteuse) peuvent apporter de plus. Et la réponse est effectivement « pas grand-chose », puisque la grande majorité des remarques des différents intervenants reprennent des éléments déjà présentés dans le making-of et les featurettes associées. Comme ces commentaires ne sont de plus pas sous-titrés et que ceux à plusieurs voix ne sont pas des conversations mais des montages d'enregistrements séparés – donc moins vivants –, on zappe sans regrets. La sanction est identique pour la piste de sous-titres informatifs, qui comporte beaucoup d'anecdotes futiles sur la carrière des différents acteurs et quelques informations historiques détaillées sur les croisades. Pour ces dernières, autant acheter du coup un bon livre sur le sujet.
CETTE EDITION
Emballage: Digipack avec fourreau
Duree: 191 min
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 4 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: NTSC
DISQUE 1
Disques 1 et 2 :
Le film en version director's cut (3h05)
Introduction de Ridley Scott (VONST, 1min)
Commentaires audio de Ridley Scott, Orlando Bloom, William Monahan (scénariste), Lisa Ellzey (productrice), Dody Dorn (monteur), Wesley Sewell (superviseur des effets visuels) et Adam Somner (premier assistant réalisateur)
Piste de sous-titres informatifs The enginer's guideDisque 3 :
Documentaire : Le Chemin de la rédemption (première partie)
Partie I – Développement
– Featurette : Des intentions louables
– Tripoli : Aperçu et galerie (textes et photos)
– Première version du scénario de William Monahan (texte)
– Notes historiques (textes et photos)
– Repérage : Galerie de photos
Partie II – Préproduction
– Featurette : Foi et Courage
– Tests à l'écran (vidéos et commentaires)
– Répétition des acteurs (vidéo)
– Featurette : Conception des costumes et des armes
– Designs et concepts de production, galeries de costumes (textes et photos)
Partie III – Production (Espagne)
– Featurette : Le Pèlerinage commence
– Une reconstitution précise : La parole aux experts (vidéo)
– Comparaison film / storyboard (vidéos multiangles et photos)
– Galeries de photosDisque 4 :
Documentaire : Le Chemin de la rédemption (deuxième partie)
Partie IV – Production (Maroc)
– Featurette : En Terre Promise
– Guerre saine : Préparer le siège (vidéo)
– Comparaison film / storyboard (vidéos multiangles et photos)
– Galeries de photos
Partie V – Post-production
– Featurette : Le Brasier
– Scènes coupées et alternatives (vidéos et commentaires)
– Design sonore (vidéos et sons)
– Les effets visuels (vidéos et commentaires)
Partie VI – La sortie
– Featurette : Pêché et Absolution
– Bandes-annonces et spots TV
– Présentation au ShoWest
– Les press-junket
– Premières à Londres et au Japon
– Galerie d'affiches
– Campagne de promotion de la Director's cut
Captures
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02/04/2007 20:56 par La Rédaction
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