Grand inquisiteur (Le) - DVD

Grand inquisiteur (Le), 1968

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Grand inquisiteur (Le)
3,5
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Test DVD - Grand inquisiteur (Le)

Rédigé le 03 avr 2006 par Francis MouryFrancis Moury

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Avis bonus
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Test technique

Format 1.85 Eastmancolor compatible 16/9 respectant bien mieux la superbe photographie couleurs de John Coquillon – qui signera celle de Les Chiens de paille (Straw Dogs, 1971) de Sam Peckinpah et bien d'autres encore ! - que le zone 2 anglais qui est 1.77. Définition numérique supérieure, couleurs mieux restituées, luminosité supérieure en faveur du Néo Publishing. Pas la perfection chimique (quelques brûlures fugitives par exemple) mais presque.


En revanche les plans dénudés dans la « version export » du DVD anglais sont absents des deux versions originales comme françaises du DVD français. Les actrices correspondantes aux plans de la version « sage » (correspondant à celle baptisée pompeusement « director's cut » dans le DVD anglais) étant plus belles même si moins dénudées, on ne s'en plaint pas, mais il aurait tout de même fallu par souci cinéphilique inclure la copie en supplément. Il est vrai que ces plans concernent davantage une histoire de la firme Tigon qu'un histoire du film de Reeves. Du point de vue stricte de l'image, la France possède avec ce DVD un master bien supérieur à l'Angleterre : paradoxe agréable.


VOSTF et VF sont toutes deux en Dolby digital 2.0 stéréo. La VF est plus courte de 30 secondes environ que la VO mais à quel endroit précis ? Aucune scène importante n'est mutilée apparemment. Ce sont des plans éparses sur la durée du métrage qui totalisent ces 30 secondes. Bon report du son sur les deux pistes. Excellente VF d'époque mais bien sûr, la voix originale de Price est irremplaçable même si sa voix française est bonne. STF imposés sur la VO. Belle musique de Paul Ferris.

Test des bonus

Les menus sont beaux et les suppléments soignés : outre un chapitrage (en douze sections numérotées, titrées et réparties sur trois écrans) on trouve :


The Blood Beast : les films de Michael Reeves (16/9 couleurs + N.&B., VOSTF, 23min 40s)
Documentaire écrit, produit et réalisé par notre ami historien du cinéma, critique et éditeur anglais Pete Tombs, aidé d'Andrew Stark pour Channel Four en 1999 : son format, sa présentation et la voix-off féminine sont identiques à ceux réalisés par Pete pour Channel Four sur le cinéma érotique européen qu'on trouvait dans les premiers DVD qu'il a édités avant de créer le célèbre label Mondo Macabro. Pete a consacré de nombreux beaux travaux au cinéma fantastique mondial mais en tant qu'Anglais, il fallait tout de même bien qu'il honorât un jour les productions nationales. Ne nous avait-il pas confié, à bâton rompu il y a quelques années, que son amour du cinéma fantastique était né pendant une vision de Dracula prince des ténèbres de Terence Fisher ? De Fisher à Reeves, en dépit de la différence d'âge et de culture, le pas chronologique est vite franchi puisque ces deux cinéastes furent contemporains ! Nombreux témoins de première main (y compris le producteur Tony Tenser et l'acteur Ian Ogilvy) et nombreux documents de première main aussi : bravo. Attention au STF : la photo que nous avons capturée montrant Michael Reeves aux côtés de Don Siegel orthographie mal le nom de celui-ci et Vincent Price est orthographié « Prize » : ahurissant ! Sur le fond : intéressants détails biographiques, jugements pertinents de Tenser (il est celui qui dit la vérité du film de 1968 en fait) mais l'œuvre et la vie de Reeves sont davantage survolées qu'analysée sérieusement : on apprend des miettes, on voit des extraits dénués de sens parce qu'extraits. Et le rapport de Tenser à l'A.I.P., les exigences d'A.I.P. sont, elles aussi, survolées bien trop rapidement : dommage. On pourra compléter avec certains passages du livre de David McGillivray, Doing Rude Things, History of the British Sex films 1957-1981, Londres 1992 qui comporte quelques témoignages intéressants sur Reeves, et sur la biographie du producteur-distributeur Tony Tenser (fondateur des sociétés anglaises de distribution Compton-Caméo puis Tigon) ainsi que sur celle du co-producteur Arnold Miller.


Le cinéma gothique anglais (16/9, VF, 24min 30s)
Entretien filmé en 2005 par Daniel Gouyette avec le cinéaste et historien du cinéma Jean-Pierre Bouyxou, auteur de plusieurs études historiquement importantes sur le cinéma fantastique et le cinéma de science-fiction et qui a vécu en temps réel la réception française du cinéma fantastique anglais hammerien et néo-hammerien sur les écrans français des années 1955-1975. Le point de vue d'un témoin français de cet âge d'or anglais est toujours appréciable d'autant qu'il est enrichi par la beauté du souvenir et l'apport du recul réflexif. Quelques observations : le titre est un peu aberrant puisqu'on y parle aussi de films qui ne sont pas gothiques (Le Voyeur de Powell, les films de Crabtree comme Crime au musée des horreurs, par exemple, sur le DVD cinéma de quartier on trouve un supplément avec Bouyxou) ; la firme Tigon est bien discutée sur une dizaine de minutes et Le Grand inquisiteur en une ou deux seulement : il ne faut pas en attendre une analyse du film ni des informations spécifiques sur lui. C'est un supplément qui aurait finalement beaucoup mieux convenu aux « Trésors de la Hammer » de Metropolitan puisque la Hammer est son sujet majeur, en fin de compte. Reste que pour le connaisseur, l'ensemble n'est évidemment pas inintéressant (parce qu'on a lu Bouyxou et qu'on le surprend en pleine intimité bibliophile : mais le bruit vidéo excessif sur l'arrière-plan nous empêche parfois de bien reconnaître tel livre alors que nous reconnaissons immédiatement celui de Sabatier qui a d'ailleurs assez influencé le jugement sur Baker et Berman : normal cela dit puisque Sabatier a écrit la vérité sur eux et que tout bon critique ou cinéphile ressent et fait sienne cette vérité en voyant leurs films) mais n'apprend strictement rien : il pourra en revanche être matière à une base de discussion infinie sur les sujets qui nous sont, à nous autres, habituels : les plans d'exportations de la Hammer, la décadence de la Hammer ou son renouvellement vers 1970, les mérites comparés de la Universal et du cinéma fantastique américain du premier âge d'or de 1931-1945, de la Hammer, de la Amicus et de la Tigon. Et certaines remarques sont suggestives. Pour celui qui ignore tout de cette période, il aura un saisissant résumé de son ambivalence et de sa richesse en écoutant Bouyxou opposer les deux fameux jugements réciproques de Fisher sur Powell et de Powell sur Fisher. La touche « sociale » finale – sur laquelle Bouyxou insiste pour conclure - vient de loin : elle est presque émouvante pour le connaisseur de l'historiographie française du cinéma fantastique – et de ses nuances politiques - mais convenons qu'elle est juste. Cet aspect de la Hammer est important, partie intégrante de sa profonde virulence ressentie en salles.


Galerie photos
Une vingtaine de photos couleurs d'exploitation (détourées hélas !) ou de plateau, un peu petites et pas très belles, et quelques pâles affichettes. Pourquoi n'avoir pas non plus reproduit la splendide affiche française d'époque offerte en couverture du boîtier « digipack slim », bien supérieure à l'illustration Néo Publishing pourtant déjà assez belle de l'étui ? Il manque aussi l'affiche américaine A.I.P. fondamentale à une connaissance de la vie du film et à sa tentative de rattachement à la série Edgar Poe de Corman, par la bande…


Fiche technique
Précise sur deux écrans mais ne mentionne pas les noms des personnages interprétés par les acteurs secondaires qu'elle crédite : le générique final du film s'en charge à sa place de toute manière. Elle ne mentionne pas non plus le célèbre titre alternatif américain, (issu d'un poème de Poe) du film : The Conqueror Worm.

Filmographies
Du cinéaste anglais Michael Reeves, des acteurs Vincent Price, Ian Ogilvy, Rupert Davies, Robert Russel et de l'actrice Hilary Dwyer (la fiche est titrée de son véritable nom « Hilary Heath » ce qui est utile mais mentionne « 1916-1976 » ce qui est gênant car elle n'est de toute évidence pas née en 1916 et est encore vivante). Les noms de personnages qu'ils interprètent sont mentionnés entre parenthèses : bien. Certains titres originaux distribués en France sont privés de leurs titres français d'exploitation, la nationalité des films n'est pas mentionnée, leurs réalisateurs non plus : moins bien.

Film-annonce
Format proche davantage du 1.77 que du 1.85 et en état chimique médiocre, VO sans STF, durée 2min 25s – document devenu rare.

Une interactivité insuffisante
Après avoir visionné tout cela, on ne sait strictement rien concernant le sujet du film, ni sur le rapport réalité historique et fiction (puisque Hopkins a bel et bien existé) ni sur les différentes versions (anglaise et export avec plans érotiques visibles dans le zone 2 anglais) existantes du film, ni sur sa version américaine exploitée par A.I.P. Mais enfin l'ensemble mérite la moyenne à cause des quelques informations de première main qu'on peut grappiller sur Reeves lui-même dans le documentaire anglais de 1999 et de la reproduction de l'affiche française sur le recto du boîtier.

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