Don Giovanni - Coffret 3 DVD - DVD

Don Giovanni - Coffret 3 DVD

Don Giovanni
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LE FILMStar Rating 9
IMAGEStar Rating 9
SONStar Rating 10
BONUSStar Rating 10
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TEST TECHNIQUE

04 juin 2006 Par Thomas Douineau

L'image de cette édition labellisée THX tient toutes ses promesses. Supervisées pour l'occasion par le chef opérateur Gerry Fisher (qui avait fait le déplacement à Paris pour approuver le master), tous les plans de ce Don Giovanni imposent le respect malgré l'âge du métrage. De cette implication des membres de l'équipe résulte un étalonnage des plus justes. Les couleurs sont parfaitement rendues, les noirs profonds laissent apparaître des détails dans les ombres sans aucune déviance chromatique malgré certains décors plongés dans l'obscurité presque totale. La définition parfaite offre des images piquées et détaillées, y compris dans les arrière-plans. Le master très propre est quasi exempt de défauts (tâches, poussières…). La compression parfaitement maîtrisée grâce à un encodage sur deux disques (laissant beaucoup de place aux informations image) fait montre d'un rendu très cinéma, fluide et agréable à l'œil. Seuls quelques fourmillements sont de temps en temps décelables.


Les principaux défauts viendraient non pas du travail sur support DVD en lui-même, mais plutôt de l'âge des images. Certains plans où les couleurs manquent un peu d'éclat, où la luminosité générale est un peu voilée sont inhérents à la prise de vue de l'époque. On aperçoit par exemple de temps en temps de légers défauts optiques sur les bords de l'image (luminosité un peu plus faible) qui ne doivent en rien gâcher le plaisir proprement cinématographique à voir ce Losey dans un master anamorphique 1.66 parfaitement respecté (en témoignent les bandes noires sur les côtés de l'image) qui rend hommage à cette œuvre splendide.


Toute la partition de Don Giovanni fut enregistrée séparément. Pour l'anecdote, Janine Reiss interprétait pourtant tous les accompagnements au clavecin sur le plateau, donc généralement en extérieurs, malgré les conditions parfois très humides (notamment le récitatif dans le marais) qui altéraient l'instrument. Qu'en est-il de cette fabuleuse bande-son retravaillée avec les technologies actuelles pour le support numérique ?


Tout d'abord, l'éditeur a eu la bonne idée d'intégrer la piste originale Dolby Surround italienne qui se révèle d'un très bon niveau. Le procédé en était encore à ses débuts, l'essentiel du mixage est donc centré sur l'avant et l'ensemble manque d'envergure. Malgré cela, cette piste d'origine ne possède quasiment aucun défaut, nettoyée de toutes les impuretés du temps.

Gaumont Vidéo a eu aussi la bonne idée de proposer le même encodage mais cette fois-ci du nouveau mixage spécialement concue pour cette édition. Bénéficiant en effet d'un travail de restauration/remixage impressionnant et méticuleux sous la direction des ingénieurs du son de l'époque (lire à ce sujet ntre développement dans la partie bonus), on se rend très vite compte du gain en dynamique, en ouverture générale et en clarté.


Mais tout ce travail était surtout destiné à adapter et transposer cette bande-son dans un format sonore numérique multicanal rendu possible par les technologies d'aujourd'hui. Et les responsables de cette bande-son sont allés encore plus loin que tout ce qui s'était fait auparavant puisqu'ils ont choisi le meilleur format actuellement disponible : le DTS 96/24. Vous connaissiez le DTS normal mi-débit (754,75 kbps) encodé en 20/48 (20 bits et 48 Khz), le même en plein-débit (1509,75 kbps) et bien voici le format de la vraie haute-fidélité au cinéma ! Réponse en fréquence de 96 Khz, travail sur 24 bits et débit montant à 2021,75 kbps ! Seul un ampli équipé de la puce adéquate peut décoder ce format. Heureusement, n'importe quel ampli peut « downmixé » ce signal puisque le système fonctionne par adition d'informations (un peu comme le ES ou EX). Cette piste est donc totalement compatible avec les amplis DTS de gamme plus modeste (et croyez-le ou non, la différence est déjà ébouriffante...). Toujours est-il que pour profiter au mieux de ce format, il faut avoir les enceintes qui suivent au risque d'anihiler tout l'apport de ce format, malheureusement peu répandu alors que la majorité des films actuels sont mixés en auditorium au format 96/24.

Autant le dire tout de suite, nous entrons là dans une autre dimension sonore. Le gain audible est nettement plus convaincant que le passage du DTS au DTS-ES par exemple. La dynamique devient réellement impressionnante, la tessiture sonore monte de plusieurs crans, donnant au moindre son une couleur sidérante qui n'a plus rien de numérique. L'étagement des plans sonores est fabuleux, chaque détail arrive à nos oreilles avec clarté et finesse, réparti dans un espace sonore qui n'a jamais été aussi large et ouvert. Les amateurs de musique classique seront comblés et apprécieront les nuances des plus belles voix du bel canto.

On peut regretter que la technologie (au niveau du grand public, attention aux amalgames !) évolue plus vite que le taux d'équipement des foyers. Qui peut exploiter avec toutes ses capacités ce nouveau format ? Pendant ce temps-là, DTS annonce déjà le DTS HD sur les nouveaux supports haute-définition (HD-DVD, Blu-ray). Le débit est trente fois plus important puisqu'il est annoncé pour 24Mbps !!! Du délire !

TEST DES BONUS

04 juin 2006 Par Thomas Douineau


C'est sur le troisième disque que l'on trouve l'ensemble des bonus de cette édition réparti en cinq segments vidéo qui se répondent harmonieusement entre eux pour former à l'arrivée une interactivité tout simplement exemplaire. L'éditeur a même poussé le luxe jusqu'à reproduire l'intégralité du texte de Lorenzo da Ponte, en italien et en français au sein d'un livret conséquent de 176 pages où l'on trouvera aussi des notes de Joseph Losey qui mettent en lumière certaines de ses orientations de mise en scène ou encore sa compréhension des personnages, des documents d'archives inédits comme des correspondances mettant l'accent sur le désastre du choix du Dolby (Losey au producteur Robert Nador), un texte de Frantz Salieri, le directeur artistique… En quelque sorte de quoi déjà satisfaire bon nombre de DVDphages.


Une fois absorbé cela, c'est donc avec un certain enthousiasme doublé d'une réelle curiosité que l'auteur de ses lignes a d'abord voulu en savoir plus sur la restauration effectuée au niveau de la bande-son puisque le sujet bénéficie à lui tout seul d'un sujet de plus de 40 minutes. Intitulé L'odyssée sonore, voici un document véritablement passionnant qui nous retrace en trois parties, de 1978 à 2006, les difficultés d'enregistrement et de mixage rencontrées à l'époque, aggravées par l'utilisation du procédé Dolby Stéréo, encore balbutiant, puis revient sur la préparation du nouveau mixage : la recherche du master 16 pistes qui mena jusqu'aux archives Sony à New York, et les techniques employées pour sauver et restaurer ces bandes. Enfin, la dernière partie propose de comparer les deux versions sonores, celle de 1979 et celle présente au sein de cette édition.



Au-delà de la résolution des problèmes techniques, Jean-Louis Ducarme ingénieur du son sur le film et Jean-Paul Loublier, mixeur de son état, ont dû à nouveau faire face à la question de l'esthétique sonore du film, et trouver un équilibre entre le respect des intentions de Losey et la correction des erreurs musicales qui lui avaient été reprochées. Par exemple, comment faire correspondre les us et coutumes de l'opéra au niveau des voix qui doivent toujours s'entendre sur un même niveau sonore et les règles filmiques qui privilégient toujours une certaine logique de distanciation sonore en fonction de la disposition des personnages au sein d'un même plan ? Il est à noter que ce document doit s'écouter en 5.1 afin de profiter pleinement des démonstrations tant techniques qu'artistiques.


Joseph Losey et Rolf Liebermann sur le tournage de Don Giovanni

Il est alors temps de se plonger avec délectation dans l'heure et quart de Don Giovanni, le film-opéra, un documentaire somme qui mêle habilement une série d'interventions marquantes des acteurs et témoins privilégiés du projet au sein d'images d'époque du tournage et d'extraits du film. On y suit bien entendu la genèse du projet initié par Rolf Liebermann, le directeur de l'Opéra de Paris de 1973 à 1980 qui rêvait d'une « création totale », et Daniel Toscan du Plantier, alors tout jeune directeur général de la Gaumont et passionné d'art lyrique, qui va lui donner les moyens de ses ambitions. À eux deux ils n'ont qu'une ambition c'est de « démocratiser l'opéra ». En fil rouge on y entend la voix de Joseph Losey (tirée d'entretiens avec Michel Ciment) qui s'amuse à épingler a posteriori les habitudes de travail des chanteurs d'opéra diamétralement opposées aux siennes et plus généralement à ceux du cinéma. Au final, rien ni personne ne semble avoir échappé au réalisateur Thibault Carterot et son film est sans conteste à mettre au rang des plus belles réussites en la matière.

Ruggero Raimondi                                                              Daniel Toscan du Plantier


On pourra ensuite visionner un document exhumé des archives Gaumont qui propose en un peu moins de 30 minutes d'extraordinaires images afférant à la production de Don Giovanni. On y suit ainsi l'enregistrement à l'Eglise du Liban à Paris en 1978, la création des costumes, la préparation des chanteurs, les répétitions puis le tournage en play-back dans les jardins et villas de Palladio… Si beaucoup d'entre elles ont déjà été vues dans le film de Carterot, le fait de les voir au sein de leur montage originel reste une expérience plus qu'appréciable.


Michel Ciment

Le quatrième segment vidéo de taille est une analyse des plus pertinentes bien que rôdée du film et de la carrière de Losey par Michel Ciment, rédacteur en chef de la revue Positif et auteur de deux livres définitifs sur le réalisateur : L'OEil du maître et Le Livre de Losey. Il n'est pas en effet inutile de rappeler que si Don Giovanni fut d'abord une commande pour Losey, il n'en demeure pas moins, par les thèmes abordés et la mise en scène, un film que s'est évidemment approprié le cinéaste américain pour en faire une œuvre qui s'inscrit en droite ligne de sa filmographie exemplaire.

Pour finir Gaumont vidéo nous offre la longue article-details_c-trailers d'époque en 1.66 masterisé en 16/9 toute en musique. Que du bonheur !

Il ne reste plus qu'à conclure sur la packaging à la fois sobre et élégant qui propose au sein d'un beau coffret au volume massif deux digipacks (le premier renfermant les deux galettes du film et le second proposant le disque de suppléments) et le fameux livret de 176 pages décrit en introduction de cette partie. Un bien bel objet qui fera honneur à toute DVDthèque digne de ce nom !

SG

CETTE EDITION

Disque 1: Don Giovanni - Coffret 3 DVD
Emballage: Digipack
Duree: 173 min
Format d'image: 1.66:1
Type de disque: 3 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1

  • Don Giovanni, le film opéra (1h14min)
    L'Odyssée sonore (1978-2006) (41min)
    A propos de Don Giovanni (26min)
    Losey et Don Giovanni (15min)
    Bande-annonce originale (3min46s)
    Livret (176 pages)

Captures


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La Rédaction 02/04/2007 20:49 par La Rédaction

[DVD] Don Giovanni - Coffret 3 DVD - Zone 2

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