Enfer des loups (L') - DVD

Enfer des loups (L'), 2004

Alertes
Enfer des loups (L')
3,0
Image Star Rating 8
Son Star Rating 6
Interactivité Star Rating 4
note 2 country_flag dvd

Test DVD - Enfer des loups (L')

Rédigé le 09 jan 2006 par Frédéric RenaultFrédéric Renault

Avis image
Star Rating 8
Avis son
Star Rating 6
Acheter Enfer des loups (L') sur Amazon.fr
Test technique

Le mythe du lycanthrope a toujours enflammé les imaginations de part son attrait éminemment sulfureux, mais il a surtout alimenté le cinéma d'exploitation en films, si ce n'est inventifs et réussis, du moins tentant de faire vivre une certaine conception du cinéma fantastique. Que ce soit du Pacte, de L'Empire, ou de L'Enfer, les loups sont décidement la bête noire du cinéma, car malheureusement pour le spectateur, L'Enfer des loups fait partie de la branche pourrie de l'arbre généalogique des films de loups-garous. Il ira rejoindre au pilori des avatars filmiques tout aussi téméraires que le Cursed de Wes Craven.


Production s'inscrivant dans le renouveau du cinéma fantastique espagnol, L'Enfer des loups entreprend de traiter sous un angle vaguement fantastique un fait divers galicien remontant à la fin du XIXe siècle. Partageant l'affiche avec l'ibère (mais pas trop rude) Elsa Pataky, c'est à l'inénarrable Julian Sands, un des apôtres du B-movie fantastique direct-to-video depuis la trilogie des Warlock ou le « chef d'œuvre » Le Fantôme de l'Opera de Dario Argento, que revient l'insigne honneur de tenir le haut de l'affiche dans la peau du serial-garou-killer psychotique au regard ténébreux.


L'ensemble aurait pu s'avérer intéressant, notamment au niveau du traitement de la lycanthropie vue sous son aspect psychiatrique, ainsi que vis-à-vis des ramifications rurales du mythe du loup-garou, ou encore des relations chaotiques entre les hommes et les loups au sens général. Seulement l'histoire n'a ni queue ni tête et le réalisateur se prend complètement les pieds dans son scénario. Qu'il tente d'expliquer la lycanthropie en tant que maladie mentale ou qu'il tente de monter de toutes pièces une pseudo love-story vaguement malsaine, le résultat finit immanquablement par se montrer indigeste. D'autant plus que l'aspect fantastique est complètement anecdotique. Ce qui après tout n'est peut-être pas si grave quand on voit la seule scène de transformation du métrage. Pis, la réalisation est affligée d'une lenteur catastrophique qui finit de désintéresser le spectateur de ce qui se passe sous ses yeux. On en vient alors à se demander si le sujet d'étude du film ne serait pas plutôt le paresseux-garou que le loup, et c'est avec un immense soulagement que l'on accueille le générique de fin.


Seul réel bon point à mettre au crédit du film : la photographie, particulièrement réussie et bien restituée sur la présente édition DVD. D'une manière plus générale, la mise en images et la composition visuelle font preuve d'une grande sobriété, voire d'une certaine élégance, à l'exception de la seule scène de transformation du film, qui fleure bon les (mauvaises) animations image par image à l'ancienne.


Une fois la pilule avalée, les plus courageux se tourneront vers l'interactivité du disque, intégralement en VO sous-titrée, pour constater que le salut ne viendra pas de ce côté là non plus. On commence ainsi par un anti making-of de dix minutes, patchwork semi brut d'images du tournage et d'extraits de film vaguement agrémenté d'un commentaire du réalisateur Paco Plaza, et qui est le parfait exemple de ce qu'il ne faut pas faire si l'on veut instruire le spectateur. Vous n'apprendrez donc rien à sa vision, soit au moins autant qu'avec la ribambelle d'interviews proposées, tout aussi inutiles que le making-of, et dont la durée va de 25 secondes à trois minutes pour un total de 25 minutes.


La plus spectaculaire d'entre elles est celle de la comédienne, Elsa Patakine, la plus courte du lot, et où l'on est heureux d'apprendre que l'on transpire beaucoup dans un costume en Galice en plein été. Précisons alors que la pauvre est coupée en plein milieu d'une phrase, et que ce traitement d'une remarquable courtoisie est infligé à pratiquement tous les intervenants durant leurs allocutions respectives. Notons aussi que la plus longue interview est celle du directeur artistique (8 minutes), qui aurait très bien pu se substituer au making-of.


C'est alors que nous découvrons un très court segment illustrant le story-board, animé s'il vous plaît. Intérêt : zéro, même si l'on y évoque une scène prévue au scénario mais non tournée (ouf !), ou bien les divergences de la scène du chariot en flammes par rapport à son montage initial.


Viennent ensuite les scènes coupées, d'une durée totale de 25 minutes, que le réalisateur nous fait là encore l'honneur de commenter. Le film étant déjà d'une extrême lenteur, on se félicite alors d'apprendre que nombre des coupes ont été faites pour des questions de rythme, ce que Mr Plaza se charge de nous rabâcher consciencieusement dans un style tout à fait personnel (réussir à répéter jusqu'à trois fois la même chose dans la même phrase relève plus de l'exploit que du trouble du langage). L'intérêt des scènes coupées étant généralement proportionnel à celui du film dont elles ont été exclues, il va sans dire qu'aucune n'arrive à se détacher du peloton. On se prend alors à rêver que le monteur aurait pu faire quelques coupes supplémentaires dans le film pour venir enrichir la présente section sans que l'on trouve à y redire.


Enfin, la partie la plus spectaculaire des bonus est sans conteste le long (très long) supplément de 55 minutes sobrement intitulé « L'histoire vraie de Romasanta ». Sorte de documentaire échappé du Discovery Channel croisé avec des chutes du making-of et des interviews mentionnées précédemment, il est présenté et commenté par Alfredo Conde, l'auteur du livre dont le film est l'adaptation.


Ce dernier commence alors par débiter d'effarantes banalités touristiques sur la Galice : « Ses montagnes ne sont pas les plus hautes ni les plus abruptes mais c'est là qu'elles sont en plus grand nombre » dont nous vous laisserons apprécier toute la pertinence géologique, pour enchaîner avec une collection de souvenirs d'enfance du producteur, du réalisateur, et même d'un paysan du cru. Chacun évoque alors les contes de grand-papa ou les histoires de loup racontées au coin du feu pour faire peur aux petits enfants. Passionnant.

Ce n'est qu'au bout de 30 bonnes minutes de considérations rébarbatives sur le loup et la mythologie (celtique notamment) qu'on finit par entamer l'histoire de Manuel Ramonsata, pour constater avec dépit que malgré ses accents de stentor, la voix-off continue de débiter les lapalissades avec une constance effrayante : « Le petit Manuel a descendu ces marches des milliers de fois » tout en nous racontant la vie du tueur sur un ton paternaliste qui donne l'impression de visionner un docu-drama pour enfants.


L'interactivité s'achève alors sur des bandes-annonces. Cela ne sert à rien mais ça remplit toujours un peu le disque. Fort heureusement, l'éditeur a eu la bonne idée de nous épargner un commentaire audio du réalisateur, car quand on mesure sa capacité à se répéter dans une interview de 30 secondes ou un commentaire de scène coupée de 2 minutes, on n'ose imaginer le résultat sur 1h30 de film.


Du côté de la technique, le master fait preuve d'une excellente définition. La compression est invisible, les contrastes sont parfaits, et la saturation retranscrit à merveille la photographie de Javier Salmones. Bref, si on s'ennuie à cent sous de l'heure durant le film, ce dernier a au moins le mérite de ne pas faire souffrir inutilement les rétines.


La partie sonore n'est pas non plus en reste car les deux pistes DD 5.1, VO et VF, sont bien honorables pour une petite production de ce genre. Les ambiances sont essentiellement bucoliques, mais elles savent se montrer percutantes quand c'est nécessaire, et les dialogues se détachent parfaitement sur la centrale. La spatialisation est tout à fait sympathique, et c'est la partition qui en profite le mieux avec une belle ouverture à l'avant.

L'Enfer des loups ou l'enfer du spectateur, le doute reste permis devant ce DVD éditorialement indigent mais techniquement correct, qui ne mérite qu'une seule destination : les oubliettes.

Liens sponsorisés

Films attendus
W. - L'Improbable président
Mesrine : L’instinct de mort
James Bond : Quantum of Solace
Hellboy 2 : Les légions d'or maudites
Coluche
L'Echange
Harry Potter 6
Séries télé du moment
Heroes
Lost, les disparus
Desperate housewives
Prison break
Grey's Anatomy
Ugly Betty
24
Stars du moment
Jennifer Lopez
Paris Hilton
Jessica Alba
Britney Spears
Eva Longoria
Lindsay Lohan
Carmen Electra