Dead zone - DVD

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Dead zone
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TEST TECHNIQUE

09 déc 2005 Par Thomas Douineau

La rencontre du réalisateur canadien, maître du cinéma fantastique façonné au bistouri et au scalpel, et du prolifique auteur américain dont la plume est responsable de quelques-unes de nos plus belles nuits cauchemardesques, ne pouvait créer que des étincelles. Quand Stephen King rencontre David Cronenberg…

Le résultat, adapté (pour le livre comme pour le film) de la vie du célèbre parapsychologue Peter Hurkos, est un film étrange et captivant, emblème du cinéma fantastique des années 1980 par son esthétique, sa mise en scène et les thèmes qu'il aborde. Pour ses premiers pas aux États-Unis, Cronenberg sort du carcan du cinéma horrifique et signe un film dérangeant et intense émotionnellement, qui lui valu de recevoir un prix de la critique amplement mérité au festival d'Avoriaz 1984.


L'impact du film passe avant tout par l'interprétation de Christopher Walken qui trouvait là l'un de ses meilleurs rôles. Son personnage, victime d'un accident qui lui confère des pouvoirs divinatoires, hante les esprits bien après la fin du film. Fragile, terrifiant et profondément humain, il pose un regard extralucide sur le monde. Personne n'arrive à se soustraire à ce regard qu'on croirait venu d'outre-tombe. Son corps torturé, figure essentielle du cinéma de Cronenberg, blême et froid comme la mort, semble porter en lui tous les accidents de la vie et toute la folie de l'humanité. Telle une figure christique, Johnny Smith porte le poids de l'incompréhension des hommes. En se servant de ses capacités extrasensorielles pour sauver des vies, il s'exclut un peu plus du monde des vivants. Dead zone se pose ainsi comme un conte mystique et glacial qui permet à Cronenberg, malgré son passage dans les arcanes du cinéma dit « commercial », de conserver sa capacité à décrire chirurgicalement une réalité finalement effrayante.


En ne s'éloignant jamais de la dimension émotionnelle de son sujet, le réalisateur évoque ses thèmes de prédilection (confusion réel/imaginaire, horreur intérieure et/ou quotidienne, corps soumis à des transformations physiques et psychiques) et nous offre une réflexion sur la façade que peuvent afficher les hommes qui masque en fait une cruauté insoupçonnée. Il en profite pour doubler son discours d'une peinture acerbe du pouvoir politique (ou de la soif de pouvoir) pouvant anéantir tout espoir de paix et de rémission. Si cette dimension politico-philosophique est parfois naïve, elle n'en demeure pas moins essentielle dans le parcours de Johnny Smith.

On ressort donc étourdi et chamboulé de ce film à la mise en scène épurée qui, à ce jour, apparaît comme une des meilleures adaptations de Stephen King et se hisse parmi les plus grandes réussites de l'auteur du récent History of violence.


Malheureusement, le DVD déjà ancien proposé en zone 2 par l'éditeur Opening n'est pas à la mesure de ce chef-d'œuvre. Jaquette hideuse, menus laissant graphiquement à désirer, chapitrage par vignettes fixes et muettes, bonus minimalistes et qualité technique perfectible.

Comme le montre l'image proposée, assez éloignée des exigences actuelles du support, celle-ci manque de définition et de piqué, et un léger voile blanc confère à l'ensemble un aspect terne. Les couleurs souffrent dès lors d'un manque de vivacité évident et les contrastes laissent à désirer, comme le prouvent les noirs « grisonnants ». Pourtant, la compression n'est pas des pires qui soient, même si elle fait apparaître des artefacts dans certains arrière-plans. Il faut signaler que le travail d'encodage n'est pas aidé par un master souvent poussiéreux qui laisse entrevoir quelques griffures désobligeantes. Pour arriver à retrouver un peu de naturel et de panache à la vision de Dead zone en DVD, il faut se pencher sur les éditions étrangères, qui, sans être non plus des modèles du genre, ont le mérite de proposer des images un tant soit peu plus argentiques, même si elles sont moins lumineuses. En revanche, si l'on regarde le cadrage des différentes éditions, on s'aperçoit que le zone 2 d'Opening se présente comme le DVD respectant au mieux le format original du film. Le choix est cornélien ! D'autant que le zone 2 anglais n'est pas compatible 4/3 mais propose des sous-titres français, alors que le zone 1 offre les caractéristiques inverses (16/9 compatible 4/3 mais uniquement des sous-titres anglais).

Zone 2 français

Zone 2 anglais (16/9 non compatible 4/3)

Zone 1

Zone 2 français

Zone 2 anglais (16/9 non compatible 4/3)

Zone 1

Zone 2 français

Zone 2 anglais (16/9 non compatible 4/3)

Zone 1

Le son bénéficie également d'un traitement assez étrange. En effet, le Dolby Digital 5.1 n'est pas très convaincant et trop souvent artificiel. Un écho désagréable le rend très brouillon. Les différentes voies manquent d'ampleur, de relief et empiètent les unes sur les autres. Cette piste est loin d'être un modèle de précision et d'efficacité. À tel point qu'on lui préférerait presque la VF Dolby Surround, plus naturelle dans son mixage. Malheureusement, les dialogues et le doublage montrent de nombreuses faiblesses, tant du point de vue artistique que technique. Les voix sont la plupart du temps trop présentes, masquant les autres éléments de la bande-son. La musique étrange et angoissante de Michael Kamen tire heureusement, dans les deux cas, son épingle du jeu.


Au chapitre de l'interactivité, le dvdphile n'aura que peu de chose à se mettre sous la dent. Une article-details_c-trailers et des filmographies tout au plus. Mais en fouillant bien, le spectateur découvrira, au détour d'une bibliographie de Stephen King, un petit documentaire (VF, 5min07s) sur le maître de l'horreur, non mentionné sur la jaquette. Documentaire est un bien grand mot, puisqu'il s'agit plutôt d'un diaporama reprenant les couvertures des ses romans et quelques photos sur lesquelles vient se greffer une voix off qui, en cinq minutes, nous fait la biographie express du bonhomme. On ne peut pas vraiment considérer cela comme un bonus digne de ce nom. L'éditeur reprend le même schéma pour un court documentaire (VF, 4min21s) sur David Cronenberg qui, en quelques photos tente un rapide survol de ses thématiques et ses obsessions. Un peu court, d'autant que le document est ancien et s'arrête à « Existenz, dernière réalisation de Cronenberg ». Depuis, le Canadien a bien évidemment mis en scène Spider et History of violence.

Cette édition est donc bien insuffisante éditorialement et techniquement au regard de l'importance du film.

CETTE EDITION

Disque 1: Dead zone
Emballage: Amaray
Duree: 103 min
Format d'image: 1.66:1
Type de disque: 1 DVD-5
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1

  • Filmograhies
    Biographies
    Minidocumentaires sur David Cronenberg et Stephen King
    Bande-annnonce

Captures


LIENS SPONSORISÉS

La Rédaction 02/04/2007 20:45 par La Rédaction

[DVD] Dead zone - Zone 2

Vous pouvez discuter ici du DVD/HD Dead zone. Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/dvd-details-1610.php  LIRE LA SUITE

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