Thing (The) - Édition collector - DVD

Thing (The) - Édition collector

Thing (The)
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TEST TECHNIQUE

09 nov 2006 Par Laurent Pécha

En introduction de cette critique, un salut au chargé de programmation de la sixième chaîne hertzienne qui, avec ses fameux « Jeudis de l'angoisse », a su combler le désert télévisuel des non abonnés aux chaînes cryptées ou câblées. Dans cette case qui a diffusé les Freddy aussi bien que les (pires) adaptations de Stephen King, cet inconnu avait réussi à mettre en place un intéressant contre-cinéma de minuit spécialisé dans les séries B horrifiques contemporaines. Largement mis à profit pour combler cette espace, les longs métrages de John Carpenter y ont sûrement acquis la reconnaissance qu'ils ont aujourd'hui (ce n'est qu'une théorie personnelle). Et parmi les nombreuses rediffusions de Christine ou d'Halloween, The Thing s'est imposé comme la plus grande réussite du cinéaste tant il pousse loin l'art de l'ellipse.

 

 

D'ailleurs, tout commence par un vide, un creux laissé par The thing form another world, réalisé en 1951 par Christian Nyby et, en sous main, Howard Hawks. Ce « monster movie » classique, laisse en effet une empreinte cinématographique chez le jeune Carpenter. Le monstre d'alors n'est qu'une chose humanoïde, contre lequel on se barricade en vain puisque la porte s'ouvre vers l'intérieur (la scène située en fin de film est hilarante) ; mais trente ans plus tard, le réalisateur décidera quand même d'établir un pont avec ce souvenir. Il dévoile son acte lors de la visite de Kurt Russell dans la base norvégienne. Le nihiliste barbu, pendant fictionnel de Carpenter, découvre un cercueil de glace dans lequel se dessine une empreinte indicible, celle qui marqua le futur cinéaste. Après avoir donné une vision moderne du western dans Assaut, le réalisateur se place à nouveau devant les restes du cinéma de son enfance et entame un dialogue de cinéphage. Quelle pourrait être la forme d'un monstre de nos jours, maintenant que la vision de celui-ci n'a plus la surprise charmante de l'âge d'or ? Quelle présence pourrait encore effrayer ?

 

 

Ces interrogations se traduisent dans le film par une paradoxale série d'absences. Absence d'explication d'abord, sur le pourquoi d'une chasse au chien-loup, armé d'un fusil à lunette. Ce renversement des proportions provoque le malaise, et ce malaise excise une ouverture fantastique dans le réel. Absence de héros ensuite, puisque Kurt Russell n'assumera ce rôle qu'au bout d'une demi-heure et dans le seul but de sauver sa propre vie. Absence de point de vue enfin, qui permet de traiter en ellipse tous les évènements fondateurs. Dans cette avancée anarchique, seule compte alors la contagion de l'effroi à la limite même du vraisemblable puisque, et ce n'est qu'un exemple, le problème de l'accès à la réserve du sang n'a toujours pas été résolu.

 

 

À l'intérieur de ce récit flottant, John Carpenter oppose alors l'homme et le monstre. Pour ce dernier, au vu sûrement de la multiplication des sous-genres horrifiques et dans la continuité de son dialogue cinématographique, il opte pour une autre absence, celle de la forme. Se nourrissant des êtres environnants, la chose se distingue par sa difformité. Visqueux et sec, plissé et acéré, agressif et défensif, le monstre ne dévoile d'accrocheur qu'un oeil fixant le spectateur du fond des chairs. Parce qu'inidentifiable, seul le sentiment impalpable et incontrôlable de sa présence enclenche la peur. Comme si Carpenter avait mis en images le réflexe de Pavlov du cinéma d'épouvante.


 

 

Reste alors l'effroi, ce pic de dégoût qui surmonte toute montée de frayeur. Le réalisateur de Prince des ténèbres le dispense dans la défaite de l'Homme, le seul être auquel peut s'identifier le spectateur dans le film. Plus qu'un simple combat perdu, c'est un déchaînement sadique qui se déroule sous nos yeux : un cou qui s'étire jusqu'au déchirement, un ventre béant aux dents acérées, des bras croqués à la moitié, des joues absorbées. Si le froid du récit avait anesthésié les parties nerveuses, les pics gore agissent comme des lacérations du nerf optique et rendent douloureusement palpable pour l'audience la fragilité de la chair.



 

Depuis maintenant quatre ans que John Carpenter est absent (beaucoup plus, diront les mauvaises langues), une présence ironique manque dans le cinéma de genre américain. Qui, à part lui, pourrait aujourd'hui oser un « Je t'emmerde ! » comme réplique finale du héros au monstre ? Malheureusement ingéré et digéré par Hollywood, le cinéaste ne semble plus qu'un souvenir que les fans ravivent à coups de jeux vidéo ou de mini séries-séquelles comme celle que prépare actuellement Frank Darabont. Dommage, sa présence nous manque.

Julien Welter.

 

 

 

On va à l'essentiel : cette édition est une totale arnaque. Elle se contente de reprendre à l'identique le DVD qui existait déjà. On ne retrouve donc pas le superbe master 16/9 de l'édition zone 1. Pour découvrir l'étendu des dégâts, on vous renvoie à cette news :


The Thing édition collector zone 2 : L'arnaque

 

Et pour découvrir la seule et unique édition qu'il faut se procurer du chef d'oeuvre de Carpenter, on vous invite à lire notre chronique du DVD zone 1 qui bénéficie de sous-titres français sur le film et les bonus (hors commentaire audio) :

 

Test de l'édition collector zone 1

 

CETTE EDITION

Disque 1: Thing (The) - Édition collector
Emballage: Amaray
Duree: 109 min
Format d'image: 2.35:1
Type de disque: 1 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1

  • Commentaires audio de Kurt Russell et John Carpenter
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La Rédaction 02/04/2007 20:36 par La Rédaction

[DVD] Thing (The) - Édition collector - Zone 2

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