Raging Bull - Ultimate edition - DVD

Raging Bull, 1980

Alertes
Raging Bull - Ultimate edition
4,5
Image Star Rating 10
Son Star Rating 8
Interactivité Star Rating 9
note 2 country_flag dvd

Test DVD - Raging Bull - Ultimate edition

Rédigé le 05 oct 2005 par Erwan DesboisErwan Desbois

Avis image
Star Rating 10
Avis son
Star Rating 8
Avis bonus
Star Rating 9
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Test technique

« Ultimate », l'image l'est aussi tant le fossé est immense par rapport à la précédente édition zone 2 « Spécial vingtième anniversaire ». Premier pas de géant, Raging bull est pour la première fois proposé au format 16/9 et non 4/3. Cet anachronisme enfin corrigé, l'éditeur a poursuivi sur sa lancée en améliorant chaque aspect du rendu visuel du film. Le master retrouve ainsi une nouvelle jeunesse, puisqu'il se voit nettoyé de la plus grande partie des drops et des rayures qui maculaient jusqu'alors les copies utilisées en DVD – le générique d'ouverture est sur ce point un juge de paix indiscutable.


Édition spéciale 20ème anniversaire


Édition ultimate

La perfection est de mise à tous les niveaux (cf. les comparaisons de captures qui suivent) : grain moins présent, compression de meilleure qualité, gestion des contrastes plus précise qui permet de redécouvrir toute la finesse du noir et blanc de Michael Chapman.


Édition spéciale 20ème anniversaire


Édition ultimate


Édition spéciale 20ème anniversaire


Édition ultimate


Édition spéciale 20ème anniversaire


Édition ultimate

Pour tout cela, et malgré la persistance de quelques impuretés sur le master, cette édition de Raging bull mérite le plus naturellement du monde la note maximale, et constitue la plus belle restauration d'images d'un film ancien en DVD de l'année avec À l'est d'Eden.


Les pistes sons de Raging bull n'ont elles non plus plus rien à voir avec ce que l'on pouvait trouver auparavant. Le mixage Dolby digital 5.1 a ainsi été retravaillé et gagne en percussion et en ouverture sur l'ensemble des canaux sans pour autant dénaturer le film. Ces efforts ont en effet été concentrés sur la musique (le générique d'ouverture donne maintenant des frissons tant la musique de Pietro Mascagni nous enveloppe entièrement) et sur l'ambiance des combats (public, bruitages particuliers), conservant un rendu monophonique des dialogues et des scènes de la vie quotidienne. La piste DTS qui apparaît pour la première fois dans cette édition reprend ces atouts, avec cependant encore plus de dynamisme et de clarté dans le mixage.


Les amateurs de version française (qui se révèle tout à fait honnête pour Raging bull) auront de quoi se sentir lésés, car les pistes Dolby Digital 5.1 et DTS françaises tombent dans le piège du m'as-tu-vu évité par les pistes anglaises, avec des effets un peu trop marqués et une enceinte centrale qui se retrouve dès lors mise en sourdine (les commentaires en voix-off des combats de boxe sont ainsi difficilement audibles par moments). Regrettable, mais loin d'être rédhibitoire pour autant.

Test des bonus

Il y a des films qui marquent l'histoire du cinéma. Et il y a des documentaires qui marquent la (plus courte) histoire du DVD. Quand les deux se retrouvent au sein d'un même coffret, cela donne des incontournables comme cette nouvelle édition (dénommée « Ultimate ») de Raging bull et son exceptionnel making-of signé Laurent Bouzereau. D'une durée proche de l'heure et demie, il est divisé en quatre parties (Avant le combat, Sur le ring, Hors du ring et Après le combat) dont chaque minute est passionnante grâce à la somme d'intervenants réunis et à leurs souvenirs tenaces de l'aventure que fut la création de Raging bull.


Le début de la section Avant le combat donne l'impression d'être la suite immédiate du documentaire qui accompagne la récente édition de New York, New York : mêmes témoins (Scorsese et De Niro bien sûr, mais aussi le même duo de producteurs Irwin Winkler et Bob Chartoff), mêmes décors pour les interviews, et surtout enchaînement direct des deux projets puisque c'est sur le tournage de la comédie musicale de Scorsese que De Niro fit lire à ce dernier ainsi qu'aux deux producteurs le livre co-écrit par Jake La Motta qui allait servir de base au scénario de Raging bull. Preuve de l'effervescence créatrice qui régnait à tous les étages d'Hollywood à cette époque, c'est en réalité De Niro qui porta à bout de bras le projet Raging bull, supervisant l'écriture du script, épuisant au passage deux scénaristes (Mardik Martin et Paul Schrader), et convaincant à l'usure Scorsese (alors en pleine crise existentielle et initialement peu intéressé par le sujet) de réaliser le film.


Sans langue de bois ni ego démesuré, tous les participants à ce processus de longue haleine (presque deux ans entre le lancement officiel du projet et le début du tournage) apportent leur pierre à un récit palpitant. Récit qui se poursuit par le casting (arrangé en grande partie par Joe Pesci, dans une étonnante corrélation avec son rôle de manager dans le film) puis le tournage de Raging bull, qui occupe les deux parties Sur le ring et Hors du ring. On y redécouvre l'état de grâce artistique dans lequel se trouvait le duo Scorsese – De Niro à la fin des années 70, entre perfectionnisme éclairé – les centaines de rounds d'entraînement réalisés par l'acteur et les trente kilos qu'il prit pour se mettre dans la peau de La Motta ; la réalisation de toutes les prises de vue des différents combats par Scorsese lui-même avec une unique caméra – et improvisations géniales et inimitables.



Celles-ci rythmèrent en effet et le jeu de De Niro, qui trouva en Joe Pesci et Cathy Moriarty des partenaires autrement plus réceptifs que ceux de New York, New York, et la mise en scène de Scorsese, ce dernier multipliant les trouvailles visuelles (en particulier pour magnifier les scènes de combat, dont la complexité inouïe est décryptée par la monteuse Thelma Schoonmaker) autant que sonores. L'utilisation des superbes compositions mélancoliques de Pietro Mascagni ainsi que des bruitages étonnants et uniques (au sens propre) du magicien Frank Warner est d'ailleurs détaillée dans le dernier chapitre Après le combat. Le documentaire se conclut classiquement sur le destin du film, qui ne sera acclamé et considéré comme un chef-d'œuvre que des années après sa sortie houleuse (montage et mixage longs et pénibles, premières critiques catastrophiques). Et c'est Martin Scorsese qui a le mot de la fin, en se montrant très philosophe à propos de cette reconnaissance tardive puisqu'il se considère tout simplement « heureux d'être toujours en vie pour en profiter ».


Ce making-of éclipse complètement les autres suppléments présents sur le second disque, qui paraissent bien fades et quelconques en comparaison. À commencer par Le taureau du Bronx : XXX, qui était le documentaire principal de la précédente édition et qui perd ici tout son intérêt puisque le travail de Bouzereau en reprend l'ensemble des éléments, en mieux : plus d'intervenants (seule Thelma Schoonmaker était présente dans Le taureau du Bronx), plus d'informations, une analyse plus poussée du film et de sa production mouvementée… Rien à regretter donc. Le reste est tout aussi anecdotique : De Niro contre La Motta et La Motta défend le titre se basent sur les quelques images d'archives que l'on a du boxeur, en les comparant à des extraits du film dans le premier cas et en les présentant avec le commentaire d'époque dans le second. Amusant, sans plus.


L'interactivité de ce disque est complétée par un florilège de blagues de Jake La Motta, qui était indéniablement meilleur boxeur que comique, et par la article-details_c-trailers sous influence Rocky du film, non sous-titrée ainsi que MGM aime à les proposer. Le documentaire de Bouzereau serait-il alors la seule chose à retenir parmi les bonus de cette édition Ultimate ? Loin de là, car ce ne sont pas moins de trois commentaires audio qui vous attendent sur le premier DVD.


Ceux-ci regroupent un total de quatorze personnes, allant de Martin Scorsese et Thelma Schoonmaker (sur le premier commentaire) à Jake La Motta et son neveu Jason Lustig (sur le troisième commentaire, qui comprend aussi les deux scénaristes Paul Schrader et Mardik Martin) en passant par des membres de l'équipe aussi divers que le directeur de la photographie, le superviseur de la musique, la responsable du casting, les producteurs… Le montage des interventions de ces derniers (enregistrées séparément) est regroupé sur le deuxième commentaire, dont l'intervenant le plus inattendu n'est autre que John Turturro, qui tenait un minuscule rôle dans le film. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'intérêt de ces témoignages ne dépend pas de l'importance de la personne dans la production de Raging bull mais de sa présence ou non dans le documentaire du second disque. Celui-ci est en effet tellement complet que ceux des intervenants qui y apparaissent n'ont que peu de choses à rajouter dans leur commentaire audio.


Commentaire audio de Martin Scorsese et Thelma Schoonmaker

C'est le cas de Scorsese et Schoonmaker, omniprésents chez Bouzereau et dont la piste de commentaires (qui était pourtant la plus attendue en raison de la volubilité habituelle de Scorsese dans ce genre d'exercice) est la plus décevante, en raison de ses nombreux temps morts et du peu d'informations qu'elle contient : seules les précisions sur les différentes vitesses de caméra employées (parfois au sein d'une même scène) sortent du lot. Les deux commentaires restants, autrement plus réussis, sont dans leur ensemble immanquables si vous voulez tout savoir sur Raging bull. Ils contiennent en effet des pépites inestimables, comme les détails de mise en scène et d'éclairage fournis par le directeur de la photographie Michael Chapman (qui nous apprend par exemple que l'idée des flammes sous la caméra pour créer un effet de flou vient de Samuel Fuller), le témoignage de Turturro sur l'audition passée avec Martin Scorsese, ou encore la gouaille d'un Jake La Motta truculent et entier quant il s'agit d'évoquer sa vie et sa carrière.


Commentaire audio de Jake La Motta et Jason Lustig

Pour une fois, l'épithète « Ultimate » pour une édition DVD n'a rien d'usurpé. Il semble en effet difficile voire impossible de surpasser la quantité d'informations amassées sur ce double DVD, qui peut de plus se targuer de s'adresser aussi bien aux simples curieux (qui s'en tiendront à l'irréprochable making-of) qu'aux personnes désireuses d'approfondir le sujet (via l'écoute des commentaires audio). Peu de films récents ou anciens bénéficient d'un tel traitement, et l'on ne peut que se réjouir qu'un chef-d'œuvre tel que Raging bull fasse partie du lot.

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