Serial lover - DVD

Serial lover, 1997

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Serial lover
2,8
Image Star Rating 7
Son Star Rating 5
Interactivité Star Rating 5
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Test DVD - Serial lover

Rédigé le 26 oct 2005 par Erwan DesboisErwan Desbois

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Star Rating 7
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Test technique

Alors que France Télévisions prépare un DVD regroupant les sketches originaux de Brice de Nice, StudioCanal cherche également à récupérer quelques miettes du champion du box-office 2005 en raclant ses fonds de tiroir pour en ressortir le premier film de James Huth, le réalisateur de Brice de Nice : Serial lover, qui date de 1998 et n'avait jamais été édité en DVD jusque là. Et quand on voit qu'il s'agit d'une édition tout sauf bâclée (des bonus ayant même été réalisés spécialement pour l'occasion – cf. plus bas), on se dit que la loi du marché a des pouvoirs magiques très puissants, pour ainsi transformer un vilain petit canard en titre au potentiel suffisamment important pour mériter un tel traitement de faveur.


Serial lover est en effet passé complètement inaperçu lors de sa sortie en salles : accueilli avec plus de curiosité que d'enthousiasme par la critique, ignoré par le public, il tua plus ou moins dans l'œuf la carrière de réalisateur de James Huth, qui n'eut qu'un projet avorté d'adaptation de la bande-dessinée La marque jaune à se mettre sous la dent avant Brice. Mais un tel OVNI dans la production comique française pouvait-il aspirer à un autre destin ? Serial lover est en effet une sorte de After hours en appartement, qui ne jure de la première à la dernière scène que par un humour féroce et déjanté mené à un train d'enfer.


Le ton est donné dès les premières images : décors qui agressent la rétine, musique tonitruante et décalée, présentation express des différents personnages, et plaisir évident des comédiens à surjouer des rôles caricaturaux. Et à peine a-t-on le temps d'assimiler le point de départ de l'histoire (un dîner organisé à la veille de ses trente-cinq ans par Claire – Michèle Laroque, rendue méconnaissable par sa perruque rousse et sa prestation hystérique – afin de choisir lequel de ses trois prétendants sera l'homme de sa vie), que les évènements s'emballent. D'improbables concours de circonstances – qui nous apprendront par exemple qu'il est plus sûr de ne pas garder un patin à glace et une boule de bowling rangés côte à côte sur une commode – associés à l'angoisse de Claire vont en effet transformer la soirée en jeu de massacre, les invités se faisant trucider l'un après l'autre.


Étonnamment, Serial lover parvient à trouver une vraie cohérence dans ses excès une fois passé un léger temps d'adaptation, qui dure jusqu'au premier « accident ». À partir de ce moment, l'univers branque mis en place par James Huth prend forme : les répliques hilarantes fusent, les acteurs rivalisent de cabotinage (chaque apparition d'Albert Dupontel et d'Isabelle Nanty est à hurler de rire), et le scénario enchaîne les rebondissements inspirés et inattendus qui prémunissent le film contre les chutes de rythme. Avec la présence dans l'immeuble d'un duo de voleurs et de l'équipe de policiers qui pourchasse ces derniers, l'objectif de Claire n'est en effet plus de passer la nuit avec un homme, mais simplement de passer la nuit tout court… et ce n'est pas l'aide peu providentielle de sa sœur et des amis de cette dernière qui vont arranger les choses.


Même si toutes les munitions tirées par Serial lover n'atteignent pas leur cible (aucune des tentatives d'approfondir un tant soit peu les personnages ne convainc vraiment, par exemple) et si la pirouette qui clôt le film tombe un peu à plat, l'évident désir de Huth d'imposer son style ne peut que séduire les fans d'humour noir et absurde. D'autant plus qu'il se révèle être un réalisateur complet, aussi bon dans la direction d'acteurs que dans la technique (la mobilité de la caméra et l'énergie du montage font très bien oublier que l'action se déroule dans un lieu unique) et l'accompagnement musical. James Huth a en effet co-composé l'excellente bande originale avec Bruno Coulais, en plus de placer quelques perles ça et là dans le récit, comme cette séquence où les deux voleurs se retrouvent à chanter le classique Only you a capella – instruments compris. Inoubliable !


La musique tient d'ailleurs une place non négligeable dans l'interactivité du DVD, puisque la chanson Only you sert de fond sonore au menu des bonus et que StudioCanal a pris la très bonne initiative de proposer l'intégralité de la musique du long-métrage (soit vingt-et-un morceaux) en écoute séparée. Parmi les autres suppléments tirés des « archives » du film, on trouve le très réussi story-board de la scène du premier accident mortel, qui ressemble à une vraie bande-dessinée, une galerie de photos, deux bandes-annonces (dont une inédite franchement hilarante, à retrouver dans les bonus cachés) et un making-of. Celui-ci est un montage d'images filmées sur le tournage (malheureusement présentées dans une qualité d'image et de son moyenne), qui dévoile entre autres la maniaquerie de James Huth : il est partout, impose son avis sur tout, et donne en continu des consignes aux acteurs pendant chaque prise !


Le vrai-faux documentaire La vérité vraie, supplément réalisé spécialement pour ce DVD, est quant à lui une tentative peu convaincante de mélanger réalité et fiction en échafaudant un scénario selon lequel les trois acteurs ayant interprété les malheureux prétendants de Claire (Zinedine Soualem, Michel Vuillermoz et Antoine Basler) ne sont plus jamais réapparus après le tournage de Serial lover. La vérité vraie vise à faire la « lumière » sur cette affaire via les témoignages des autres acteurs du film et du réalisateur, le tout sur un ton humoristique. Mais le point de départ et son développement sont trop faibles pour réellement capter l'intérêt, et la plupart des blagues tombent à plat, par manque de conviction ou de préparation en amont. Seul Albert Dupontel tire son épingle du jeu, en ne parlant pas en son nom propre mais en restant dans le rôle de flic qu'il tient dans Serial lover.


À noter que trois des bonus cachés (cf. ci-contre pour trouver leurs emplacements) sont liés à ce supplément : un pseudo-témoignage posthume de Michel Vuillermoz, et deux scènes coupées dont une contient l'anecdote la plus concrète de tout le DVD sur le tournage de Serial lover : le fait que ce dernier fut tourné dans les mêmes studios que L'homme au masque de fer, et que l'équipe du film voyait donc défiler chaque jour sur le plateau Gérard Depardieu, Jeremy Irons, Leonardo Di Caprio et autres. Vous l'aurez compris, l'interactivité de cette édition de Serial lover déçoit par son manque d'informations sur la réalisation du long-métrage (on aurait aimé des interviews rétrospectives, voire un commentaire audio en plus du making-of d'époque), une carence qui se ressent d'autant plus que la partie comique rate le coche.


Comme souvent pour les films « anciens » (Serial lover a déjà presque huit ans), le rendu en DVD s'en sort avec les honneurs sur la colorimétrie (pourtant rudement mise à l'épreuve dans le cas présent par les assemblages hétéroclites de couleurs agressives qui composent les décors et vêtements) et sur le piqué de l'image, pour peu que le master ait été bien conservé – ce qui est le cas ici, avec des drops résiduels très rares. Sans surprise, le bilan est par contre plus mitigé en ce qui concerne la définition, avec des plans moyens qui voient apparaître un effet de flou plus ou moins important selon les scènes mais toujours bien présent, et des sources lumineuses qui bavent quelque peu. Dans l'ensemble, l'image de Serial lover est donc correcte sans atteindre des sommets.


La déception provient de la partie sonore, avec pour seule et unique piste la version Dolby Surround stéréo 2.0 d'origine. Cette configuration paraît bien étriquée par rapport à la débauche de chansons, de cris et d'effets sonores en tous genres du film, que l'on aurait bien aimé pouvoir découvrir en 5.1. D'ailleurs, à quand la création d'une règle obligeant les éditeurs à proposer au minimum une piste Dolby Digital 5.1 pour tous les films intégrant un juke-box actif ?

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