Lost in translation - DVD

Lost in translation

Lost in translation
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TEST TECHNIQUE

19 aoû 2005 Par Coralie Bru

Sofia Coppola avait mis la barre haut avec son premier film Virgin suicides, et était très certainement attendue au tournant pour sa deuxième création Lost in translation. Ici point de base comme le livre de Jeffrey Eugenides pour Virgin suicides. Sofia a tout fait comme une grande et le résultat est à la hauteur des attentes les plus folles, d'ailleurs reconnu par la profession avec l'Oscar du meilleur scénario original en 2004.


Dès les premières images de Bob Harris débarquant dans un Tokyo surdimensionné et déjà assommé par le décalage horaire, Sofia Coppola impose son style : images floues de la grande mégalopole et de ses mille lumières, musique rêveuse, personnage un peu perdu. Les traits un tantinet blasés de Bob attirent la curiosité. Lost in translation est d'abord une histoire d'errance et d'étrangeté. Perdu dans un grand hôtel, dans une grande ville, dans un pays inconnu, Bob Harris, magnifiquement interprété par Bill Murray, semble à la merci de tous les dangers et de toutes les faiblesses. Rien ne lui convient dans ce voyage de travail : le but-même du voyage (utiliser sa notoriété passée à des fins mercantiles), le moment de son voyage (alors qu'il est en pleine remise en question de son couple), ni même l'heure de son voyage (il naviguera constamment dans le film d'insomnie en insomnie). La réalisatrice pousse l'exagération jusqu'à une inadaptation pratique et quotidienne : la douche est trop petite, le réveil de l'hôtel ouvre les rideaux automatiquement à une heure trop matinale, la langue locale lui est trop obscure, et comble, les massages japonais légendaires sensés le détendre lui font terriblement mal au dos. Dans le désarroi total qui lui fait traîner ses – trop petites – pantoufles dans les couloirs douillets de l'hôtel luxueux dans lequel il loge, il rencontrera Charlotte, jeune mariée dubitative, belle Scarlett Johansson qui traîne sa moue déjà légendaire depuis les États-Unis d'où elle vient pour accompagner son photographe de mari. Charlotte est agacée aussi : Frank ronfle, les stars qu'il fréquente la font doucement rigoler, elle diplômée de philo à Yale, et surtout la voilà seule, perdue dans cette ville si singulière, qu'elle se met à arpenter au hasard.


Sofia Coppola brosse le portrait d'une relation toute en douceur. La rencontre des deux personnages se fait par étape, au détour d'un ascenseur, au bar de l'hôtel, sur le chemin de la piscine, dans laquelle on nage désespérément après la fatigue. Le film, construit à partir de saynètes, assemble les pièces d'une relation amoureuse impossible et justement contourne habilement l'écueil de cette relation, pour n'en garder que la beauté des prémisses. C'est toute la tendresse d'une séduction que les deux savent dès le début impossible que la réalisatrice dépeint dans ce film réalisé caméra à l'épaule, au plus près des personnages, et au plus près du bouillonnement de la ville. Cet aspect clandestin du tournage, qui amplifie l'identification du spectateur envers Bob et Charlotte, ne dégrade en rien la qualité d'image du film qui bénéficie par-dessus le marché d'un transfert en numérique parfait. La gestion des contrastes est excellente, avec une profondeur des noirs qui fait plaisir à voir au cours des virées nocturnes des deux héros. Le piqué de l'image et sa définition sont eux aussi superbes, ainsi que le prouvent les nombreuses scènes présentant une foule nombreuse et en mouvement en arrière-plan (le métro, le final dans la rue piétonne). Le rendu sonore touche quant à lui du doigt la perfection… en VO uniquement, puisque contrairement à ce qui est annoncé sur la jaquette pour la version française et son affreux doublage (5.1 et DTS), celle-ci n'est disponible qu'en… stéréo. « L'obligation » de sélectionner la version originale n'est finalement que justice pour un film où le décalage linguistique entre les américains et les japonais participe pour beaucoup à la perte de repères que l'on ressent et au charme qui en découle. Les pistes Dolby Digital 5.1 et DTS qui sont réservées à cette version ne sont rien moins que magnifiques.


Le quotidien américain de Bob et Charlotte semble ainsi d'autant plus terne comparé à une simple virée à l'hôpital, qu'ils arrivent à rendre distrayante au possible. La femme de Bob est obnubilée par le choix de la moquette du bureau de son mari, et le mari de Charlotte ne passe qu'en coup de vent lui rendre visite, elle qui ne s'accorde décidément pas avec son entourage de paillettes. Pas de nuit d'amour au sens classique du terme entre l'acteur et la jeune diplômée, mais une nuit d'amour véritable, où leur seul contact physique sera la main protectrice que pose Bob sur le pied de Scarlett, main rassurante. Main consolatrice aussi car Bob, plus avancé dans la vie et dans le mariage, ne cache aucun de ses affres à la jeune femme. Cette dernière devient peu à peu son double et l'allégorie du sort cruel du temps, qui lui fait rencontrer la femme de sa vie vingt ans trop tard. Sofia Coppola nous laisse en plus le luxe de nous laisser imaginer la fin de ce séjour de rêve, en nous rendant inaudibles les paroles que murmure Bob à Charlotte à son départ.


Comme dans le DVD de Virgin suicides, les menus de Lost in translation, teintés des lumières de Tokyo, sont très esthétiques, et l'enchaînement en fondus d'extraits du film en font un gigantesque clip. La liste des bonus est tout à fait honorable. Le making-of commence fort, très fort… puis s'arrête. Il a ceci d'original qu'il ne traite que du pré-tournage et des toutes premières scènes tournées. On reste définitivement sur sa faim, malgré son grand intérêt. Le fait qu'il soit réalisé par Spike Jonze, le mari de Sofia Coppola et réalisateur en vogue également (Dans la peau de John Malkovich) amène de bons cadrages et des questions pertinentes de réalisateur à réalisateur. On apprend notamment que la plupart des scènes de rue ont été tournées illégalement, l'équipe n'ayant pas l'autorisation de filmer. Les images volées du film sont par conséquent, on l'apprend, réellement volées, parfois même tournées depuis un café dont la baie vitrée présentait un angle de vue intéressant. On découvre également une Sofia Coppola débrouillarde et passionnée. Par contre, nulle trace de Scarlett Johansson dans ce reportage, mais beaucoup de Bill Murray, qui est à la hauteur du culte que semble lui vouer la réalisatrice, et y va de ses petites plaisanteries à maintes reprises.


Si vous voulez plus de Bill, vous serez enchanté par l'émission multicolore et « ecstasyée » de l'épuisant et multicolore Matthew, ici dans sa version longue, et plus sérieusement par la discussion entre Sofia Coppola et Bill Murray à la suite du tournage, dans laquelle l'importance de l'acteur se confirme, puisqu'on apprend que le film n'aurait pas été tourné sans Bill Murray. Tenace Sofia Coppola qui a « persévéré » dit-elle, pour accéder à Bill Murray pour son second opus. Enfin, les scènes coupées présentées sont globalement anecdotiques.

CETTE EDITION

Disque 1: Lost in translation
Emballage: Amaray
Duree: 102 min
Format d'image: 1.85:1
Type de disque: 1 DVD-9
Encodage: MPEG2
Disque standard: PAL

DISQUE 1

  • Making-of Lost in location (29min40s)
    5 scènes coupées (10min40s)
    Version intégrale de l'émission Matthew's Best Hit TV (4min30s)
    Conversation avec Bill Murray et Sofia Coppola (9min30s)
    Clip vidéo City Girl
    Bande-annonce

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La Rédaction 02/04/2007 20:32 par La Rédaction

[DVD] Lost in translation - Zone 2

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